Comment est né le mythe de Sékou Touré petit-fils de Samory ?

Aujourd’hui, 26 mars 2014, c’est le 30ème anniversaire de la mort de Sékou Touré. On doit respecter les morts, je suis d’accord, mais les guinéens ont droit à connaitre l’histoire de leur pays et de la nettoyer des mensonges officiels qui continuent à la souiller. Un de ces mensonges est que le premier Président de notre pays était descend direct de l’Almamy Samory Touré, considéré comme héros en Guinée, mais roi sanguinaire, notamment dans le nord de la Cote-d’Ivoire.

Ce billet est extrait du livre de feu le Prof. Almamy Fodé Sylla, Itinéraire sanglant, que l’on pouvait consulter gratuitement sur le site du Mémorial du Camp Boiro, actuellement inaccessible. Il semble que le site pourra etre à nouveau consultable dans quelques jours, grâce à la disponibilité du Prof Tierno Bah et à l’initiative d’Ahmadou Baldé qui a lancé un appel à financement en ligne pour répondre au plus urgent, qui a été couronnée de succès. Tous ceux qui sont soucieux de voir l’histoire de la Guinée dépouillée des mensonges qui l’ont souillée doivent se mobiliser pour assurer l’accessibilité au site campboiro.org de manière permanente.

Une version assez répandue à Kankan soutient que Sékou aurait fait tuer son vrai père, un garde-cercle qui servit longtemps dans cette ville, et que le nom Fadiga que porte sa mère serait plutôt le nom de famille de la femme qui l’a élevée, son homonyme. Mais la version la plus courante, la plus connue et la plus crédible est la suivante :

Un certain Sidi Mohamed, grand marabout maure serait arrivé à Kissidougou, dont les vieux lui auraient demandé un travail divinatoire d’invocations et de prières à Dieu. Il aurait entrepris un ermitage de 40 jours, réclusion au sortir de laquelle il aurait constaté l’état anormal de sa femme (cette Guinéenne du nom de Minata serait mariée à ce marabout suivant la coutume des maures, commis-voyageurs, propagateurs de la foi à travers l’Afrique sahélo-soudanienne qui, s’abstenant de commettre l’adultère, se marient temporairement à nos sœurs tout juste pour la période de leur mission ; ils laissent la « mariée circonstancielle » en rentrant en Mauritanie).

Interrogée, Minata aurait dénoncé un certain Kouyate, boucher de son état. C’est donc celui-ci qui serait le vrai père de Sékou Touré et non Alpha, autre boucher qui aurait marié, en secondes noces, la jeune femme après le départ du marabout et sur accord de Kouyate, à qui sa main aurait été refusée par les anciens à cause de l’acte amoral dont il s’est rendu coupable en mettant Minata en grossesse.
Avant de partir de Kissidougou, précisément d’Albadaria, le grand marabout aurait annoncé l’avenir lumineux de l’enfant que Minata porte dans son sein. Ce n’est donc pas très surprenant que Sékou Touré soit un boucher, car il a bien eu, dans sa vie deux bouchers, son père et son oncle-tuteur. Mais l’on suppose que ceux-là tuaient des bœufs et non des hommes… C’est la « petite différence » entre Sékou et ses parents bouchers !

Comment est né le mythe de petit-fils de Samory ?

En 1965 la brouille de M. Sékou Touré avec ses voisins atteint son paroxysme. Il lance des insanités, des insolences à maintes personnalités africaines (Senghor Président du Sénégal et Houphouët Boigny de Côted’Ivoire). Les radios Conakry, Abidjan, Dakar frisent la vulgarité que n’admet aucune civilisation surtout les traditions africaines qui tiennent particulièrement à la qualité des rapports de voisinage. Maurice Yaméogo, président de la Haute-Volta (Burkina Faso), se mêle à la bagarre, guerre froide qui durera des mois, au désespoir de toute l’Afrique africaine.
Yaméogo dont le père adoptif, le sage Houphouët, évite de répondre à M. Sékou Touré, qualifie ce dernier d’enfant naturel, fils non d’Alpha mais de Sidi Mohamed, un esclave maure ! Complètement démasqué, démystifié, Sékou cherche un autre mythe autour de sa naissance. Il dit, énervé, en réunion du B.P.N.:
— Il ne sait pas que je suis petit-fils de Samory ?
Ça y est !

Comme Leuck le lièvre qui dit à l’Assemblée des animaux : « donnez-moi une place, je vais naître »
Oh ! il est né là parmi nous, il est donc le plus jeune en même temps le plus intelligent. M. Sékou Touré vient d’appartenir à la famille de l’Empereur de Ouassoulou. Soit. Mais même si cela était vrai, M. Sékou aurait-il raison de mépriser le peuple que son grand-père a chéri et défendu ? Là encore le doute serait permis sur l’authenticité de tel lien. Revenons à la réunion où M. Sékou devient le prolongement de Samory. Son demi-frère Ismaël, qui ne put se retenir comme plusieurs autres membres du B.P.N., réplique violemment :
— Comment peux-tu être petit-fils de Samory, toi ? Comment peux-tu, par simple propos incontrôlé, nous faire changer de clan.

Mais Sékou, dont la qualité dominante est le manque de pudeur, persistera dans ce mensonge historique, répandant partout l’idée de ses liens de sang avec Samory, une sorte de vengeance de la société, qui compte des personnes bien au-dessus de lui sur le plan de la naissance. Il tuera le [petit]-fils de Kèmé Bouréma, le vrai petit-fils de l’Almamy Samory. L’arrière-petit-fils du grand oualiou de Dinguiraye, les principaux cadres de Dinguiraye. Les localités saintes de Kankan, Kong, Dalein, Labé, Koula, Zawiya, Sagalé, Khouréralandé (Boffa), Koubia (Ouassou), Bambaya (Tondon), seront visitées par le tyran. Il y sera béni par l’assemblée des fidèles musulmans entre 1950 et 1958. Déjà sûr de lui-même, il n’hésitera plus à tuer Dr. Maréga BocarDr. Bah Thierno, vétérinaire, Dr. Sow Mamadou, vétérinaire (4), Thiam Baba Hady, économiste, Diop Tidiane, professeur, Baydi Guèye, homme d’affaires, Tall Habib, Lt. Dia SaïdouLt. Sow Hassane, tous de Dinguiraye, que nous choisissons en exemple, car c’est l’une des plus petites préfectures de Guinée. Et s’il tue 10 cadres là, à Kankan, Macenta, NZérékoré, Guéckédou, Kindia ou Boké, Mamou, Labé, Kouroussa ou Forécariah. La liste serait effrayante. Cette haine implacable contre le genre humain ne quittera jamais Sékou Touré.

 Une carte d’identité énigmatique

Sous sa propre dictée, les autorités de la police délivrent à Sékou, après en avoir vérifié l’authenticité sur son extrait de jugement supplétif tenant lieu d’acte de naissance. La carte d’identité ainsi libellée : Sékou Touré, né vers 1922 à Faranah, cercle de Dabola. Fils de Alpha Touré et de Doussou Touré. Comptable domicilié à Sandervalia, Conakry.
État civil relevé le 20 juin 1939 à Conakry, à l’occasion de la délivrance d’un certificat de bonne conduite et mœurs à Sékou qui préparait un concours. Le 28 décembre 1949, Sékou se fait délivrer la carte d’identité suivante : carte d’identité no. 14.043 du 28.12.1949 délivrée à M. Sékou Touré sous le même état civil que celle du 30.06.1949 citée plus haut. Le seul changement est : comptable au trésor au lieu de comptable tout court.

Carte d’identité no. 17.526 du 3 novembre 1950 également libellée de la même manière que les précédentes. De même, les tribunaux de Conakry connaissent Sékou comme étant fils de Alpha Touré et de Doussou Touré au lieu de fils d’Alpha Touré et de Aminata Fadiga.
C’est sous le premier état civil qu’il a été condamné à six jours de prison avec sursis et 200 francs d’amende le 14 juin 1950, par le tribunal correctionnel de Conakry, pour infraction à la loi relative au droit de grève. Le bénéfice de grâce a été conditionné par le paiement de l’amende.

 

 

3 réflexions au sujet de « Comment est né le mythe de Sékou Touré petit-fils de Samory ? »

    1. Vous pourriez être au moins plus poli, si vous êtes si ignare que vous contredisez des témoignages de personnes qui sont mieux informées que vous. Ce que vous croyez ne correspond pas nécessairement à la vérité.

      Soyez humble et informez-vous avant de m’attribuer des « mensonges » qui ne viennent pas de moi.

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