Ho-Chi-Min ville: Le musée des vestiges de la guerre

Ce musée des vestiges de la guerre expose dans la cour les instruments de la mort que les américains ont utilisés contre une armée de paysans. A l’intérieur des bâtiments, il y a des armes, des photos des corps de femmes, d’enfants et de paisibles habitants déchiquetés dans les villages bombardés.

Attention, cette vidéo présente des images difficiles à supporter!

De 1961 à 1970, les américains ont déversé des tonnes de produits dévastateurs aussi bien pour la nature que pour les personnes, sur une grande partie des zones d’opérations militaires. Les victimes sont vietnamiennes, laotiennes, cambodgiennes, américaines et d’autres ressortissants des alliés, australiens, canadiens, néo-zélandais, sud-coréens. On estime entre de 3 et 4 millions le nombre de vietnamiens victimes de cette barbarie.

L’effet dévastateur de l’agent Orange ne se limite pas au paysage ou aux victimes directes et immédiates pour avoir été exposées au produit au moment de l’épandage. Les composants chimiques continuent à tuer, à faire naître des êtres malformés plusieurs générations après. Les terres continuent à ne pas être utilisables. Dans le musée, les derniers nouveau-nés handicapés dont on voit les photos, ont vu le jour en 2005, soit 30 ans après la fin de la guerre. Mais plusieurs sources rapportent que 40 ans après la fin des opérations militaires, il y a toujours des naissances d’enfants déformés.

Le site vned.free.fr, les enfants de la dioxine au Vietnam, révèle les quantités estimées de produits chimiques déversés sur le pays :

66.650.086 litres de produits chimiques, selon le Département de la Défense des USA, plus, peut-être, 4 millions de litres, selon des scientifiques américains. Comprenant: des herbicides, défoliants, gaz asphyxiants, gaz lacrymogènes, gaz neuro-toxiques et des insecticides.

fr.wikipedia.org, de son coté, nous dit que :

 On a découvert plus tard que la dioxine de Seveso, 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-para-dioxine (TCDD), était présente parmi les impuretés dérivant de la fabrication du 2,4,5-T, et donc présente dans cet herbicide. Ce poison peut être à l’origine de plusieurs sortes de cancers, comme le lymphome non-hodgkinien, la maladie de Hodgkin et la leucémie lymphoïde chronique. Dès lors, le 2,4,5-T a été interdit dans de nombreux pays.

Jean-Pierre Dubois a écrit sur 2ccr.wordpress.com :

L’agent orange, qui contient de la dioxine, est un danger pour l’être humain. Les personnes exposées peuvent développer des cancers de divers types ou, s’il s’agit de femmes, mettre au monde des enfants présentant des malformations rares et monstrueuses : absence partielle ou totale de membres, tête disproportionnée, tronc a deux têtes, absence de cerveau, …

De tels enfants continuent de naître aujourd’hui car les mutations génétiques acquises par les personnes contaminées se transmettent à leur descendance. Selon les autorités vietnamiennes, 800.000 personnes seraient encore malades du fait de leur exposition à la dioxine et 150.000 enfants souffriraient de malformations.

Et il se demande :

Après la Seconde Guerre mondiale, les dirigeants de l’entreprise IG Farben qui avaient produit le gaz Zyklon B utilisé dans les chambres à gaz ont été jugés, reconnus coupables de crimes de guerre et condamnés. Serait-il anormal que les dirigeants civils et militaires des Etats-Unis qui portent la responsabilité de l’épandage de l’agent orange sur le Vietnam subissent le même sort ?

Parmi les personnes qui se battent pour faire connaître les conséquences de cette sale guerre, il y a André Bouny. Il est né handicapé, atteint de spina-bifida. Après des études paramédicales (en odontologie) à Paris, il participe au combat contre la guerre au Viêt Nam, dans la rue et par ses peintures exposées au Grand Palais. Il a créé le Comité International de Soutien aux victimes vietnamiennes de l’Agent Orange (CIS) qui regroupe de nombreuses personnalités de différents pays. Dans le site présentant sa vidéo Agent Orange, Apocalypse Viêt Nam présente ainsi son combat sur editionsdemilune.com :

 Ému par la découverte de ce pays ravagé par la guerre, où il rencontre mutilés et malades, il fonde en 1997 l’association caritative DEFI Viêt Nam, (Donner Ensemble Former Informer), qui s’engage également dans la campagne contre les mines antipersonnel. Quelque 300 tonnes d’équipement médical, recueillies et mises en conformité, sont expédiées par bateaux (électrocardiographes, lits médicalisés, fauteuils roulants, à destination de services de chirurgie et de radiologie, de maternités, cabinets dentaires, etc). L’association à but non lucratif pourvoit aussi à la formation de personnel médical vietnamien en France, facilite le parrainage d’enfants (une petite fille issue d’une famille misérable est récemment devenue institutrice) ; informe sur l’Agent Orange et distribue des aides aux victimes de ce poison chimique contenant de la dioxine.

Père adoptif d’enfants vietnamiens, il dénonce :

Le 10 août est la Journée des victimes de l’Agent Orange, 2012, le 51ème anniversaire du premier épandage. Les années passent, la dioxine demeure. De nouvelles victimes naissent tandis que d’autres meurent. Voici comment les victimes de l’Agent Orange sont otages des géostratégies du monde et des firmes multinationales.

Comble de cynisme, Monsanto et les autres firmes productrices de ces poisons ont reconnu leurs responsabilités et accepté de dédommager les vétérans américains à l’amiable. Ni ces firmes ni le gouvernement américain ne reconnaissent quoique ce soit aux vietnamiens. Sur le site legrandsoir.info, on peut lire :

Depuis cinquante ans, la chaîne alimentaire continue d’être contaminée. Cancers, cécité, malformations congénitales frappent toujours les descendants des victimes directes. Monsanto et les fabricants Dow Chemical, Thompson, Diamond, Hercules et Uniroyal ont fait l’objet de plaintes diverses en justice. En 1984, ces entreprises ont signé un accord amiable avec les associations américaines de vétérans en échange de l’arrêt des poursuites. Les fabricants ont versé, alors, 180 millions de dollars à un fonds de compensation. Une goutte dans l’océan. Les plaintes des Vietnamiens et des Sud-Coréens n’ont pas pu aboutir, notamment un recours collectif, présenté aux États-Unis par l’Association vietnamienne des victimes de l’agent orange/dioxine contre (trente-sept) fabricants d’herbicide, pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Quant à l’État fédéral américain, premier mis en cause par les victimes, il bénéficie d’une immunité pour tout acte commis en temps de guerre

Toutefois dans le même article, André Bouny

Après un long débat, le Congrès américain a adopté, et le Président Obama a signé, le projet de loi FY11 d’un montant de 18,5 millions de dollars. Cependant, 34 millions de dollars sont nécessaires – en première estimation – pour une surface à traiter de 3 hectares et demi seulement sur l’ancienne base américaine de Da Nang. Or, les USA se sont débrouillés pour prendre à leur compte moins de la moitié de ce coût, soit 15,5 millions, allouant par ailleurs les 3 autres millions à des programmes liés à la santé… mais probablement par l’intermédiaire d’organisations étasuniennes comme East Meets West, Save the Children et Assistance au Vietnam pour le Handicap, car le Président de l’Association Vietnamienne des Victimes de l’Agent Orange/Dioxine (VAVA) a déclaré dernièrement que pas un centime n’était arrivé à ce jour.

Il conclut sous forme de « Nota bene », un billet de Christine Abdelkrim-Delanne paru sur le portail virtuel du magazine afrique-asie.fr

en citant Le Courrier du Vietnam du 5 au 11 avril 2013 qui révèle que:

Il faudra 300 ans pour déminer le territoire vietnamien. Le Comité d’État de pilotage pour la résolution du problème des bombes et des mines laissées par la guerre (…) confirme plus de 100000 morts et blessés entre 1973 et 2000. Quatre mille personnes en sont victimes chaque année (…) le comité estime encore à au moins 800000 tonnes la masse d’engins non explosés ».

De la stupidité de la guerre

Quarante ans après la fin de la guerre, en visitant Ho-Chi-Min ville, par le libéralisme économique, le nombre de touristes américains de tout âge, les fast-foods, la langue et l’importance de l’argent, les USA ont conquis le Vietnam. Partout, on trouve des symboles du capitalisme de type américain. Les enseignes américaines varient des fast-food aux bureaux de change où le dollar est roi. De tous les pays que j’ai visités, c’est la première fois que j’ai vu des commerces qui délivrent des tickets de caisse libellés en monnaie locale et en dollars.

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