Conakry: La "malvie" entre car-hijacking, vols et meurtres

Sortons un peu du passé et des horreurs de la dictature de Sékou Touré! Avec le grand reporteur de l’hebdomadaire le Lynx, faisons une visite de la capitale guinéenne. Mais plaçons-nous d’abord dans le contexte dans lequel se trouve cette triste réalité de la ville qui se targuait d’être la perle de l’Afrique de l’ouest. C’est la capitale d’un état en faillite. Quelque soit les critères prix en considération, la faillite de la Guinée saute aux yeux. Sur le plan économique, même au niveau sous-régional, la Guinée fait partie du peloton de queue. En 2012,  d’après la Banque africaine de développement, alors qu’elle n’enregistrait que 4,2 pour cent, la croissance économique de ses voisins avait été Sierra Leone 9,6%, Côte d’Ivoire  9,3%, Ghana  8,4%, Burkina Faso 7 et 8 % et Liberia  7.7 % .

D’après les données de l’UNICEF, pour les taux de mortalité et le poids moyen des enfants de moins de 5 ans, elle est 12ème au niveau mondial, en 2012, en commençant par le fonds. Le taux, au niveau national, pour l’accès à des toilettes décentes est de 18 pour cent. Pour l’électricité, c’est encore pire car à peine 6 pour cent de la population y a accès. Pas étonnant, donc, que de ces mauvaises statistiques l’espérance de vie à la naissance ne soit que de 54 ans.  Le pays se situe au 178e rang sur 187 pays considérés par l’Indice de développement humain (IDH) publié par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).  

Autant dire que la Guinée fait partie des pays qui ne centreront pas aucun des Objectifs du millénaire du développement (OMD).

Mais donnons la parole à BML:

Débarquer à Conakry en provenance de n’importe quel coin du pays et du monde est un pénible exercice. Tant nombreux et variés sont les désagréments qui assaillent le visiteur.

De quoi rendre notre "Scandale Géologique" (sans pétrole ni gaz) invendable.

De quoi décourager le touriste le plus téméraire.

La puanteur :

Les générations d’ordures accumulées depuis des temps immémoriaux dégagent des odeurs pestilentielles renforcées par celles des immondices brûlées à même les rues. Ajoutons à cette savoureuse mixture, les eaux évacuées des fosses sceptiques surannées…et les dégagements des pots d’échappements des motocyclettes et des véhicules  surannés, directement ramassés dans les poubelles d’Europe.

Etat, où es-tu ? "Je suis dans les fèces et étouffe à cause du remugle. Vite, du parfum, s’il te plait, je me meurs."

L’obscurité :

C’est la compagne collé-serré du Guinéen, singulièrement de Conakry, notre abominable capitale.  C’est la malédiction électrique qui nous colle à la peau depuis toujours, y compris et surtout depuis que notre Prof’ de Prési est là, lui et ses mille et une promesses fallacieuses.

Etat, où es-tu ? "Je suis dans le noir. Dis aux Blancs de me donner une bougie, pardon !"

La poussière :

Elle est omniprésente, obsédante, irrespirable morbide. Comme  de Boussoura, Matam, à Madina-Marché. Cette voie s’est lentement, mais inexorablement

Les blogueurs de Conakry donnent la parole aux ordures de la capitale ... Source: conduit.com

Les blogueurs de Conakry donnent la parole aux ordures de la capitale … Source: conduit.com

détériorée dans l’indifférence du Gouvernement du Grimpeur (surnom peu obséquieux du Président Alpha Condé). Devant cette démission, une société industrielle riveraine a versé de la latérite sur la chaussée. C’était au cours de la dernière saison sèche. La boue d’alors s’est transformée en poussière. La Mairie s’en fout et le Gouvernorat s’en balance. Les gens qui subissent les conséquences de cette situation ne comptent pas. On ne peut compter sur le Gouverneur que lorsqu’il s’agit de frapper et tuer les manifestants de l’opposition surtout ceux de Bambéto-Cosa. Etat, où es-tu ? "J’ai mordu la poussière…"

La désorganisation :

http://youtu.be/OtjQYQEwNWg  Tout est sens dessus-dessous ; les sens interdits sont autorisés et/ou négociables ; nos flics lorsqu’il y en a sont pour le dialogue, surtout tarifé. Très souvent ces flics-ripoux sont aidés dans les carrefours compliqués par des citoyens sans tenue. C’est une première mondiale. (Il faut bien que les Guinéens inventent quelque chose !) Même les détenteurs du permis de conduire guinéen y perdent leur Code de la Route. Si vous respectez la loi, vous êtes pénalisé parce que ceux qui ne la respectent pas sont si nombreux (et ils paient) que vous paraissez bizarre, incongru ! On se gare n’importe où et les vendeurs de véhicules d’occasion installent leurs stands où bon leur semble. Y a pas de loi, y a pas de municipalité.

Etat, où es-tu ? "Je ne sais pas."

L’insécurité :

De nouveau, comme au temps des Mathias dans les Années 1994-1995, dès que la nuit tombe, les Conakrykas sont bercés par les tirs d’armes de guerre effectués par les bandits, des bandits souvent en tenue militaire. Ces mêmes individus sèment la terreur dans les rues partout. Ce n’est plus une exclusivité de la haute banlieue ou des quartiers soi-disant mal famés. En opérant des car-jackings brutaux et sanglants. Tout récemment notre collègue Susanne Souaré en a fait les frais sous le nez et sous la barbe des cerbères du Camp Camayenne, anciennement Camp Boiro. Ce jour-là, Jeudi 07 Novembre, il était à peine 21 H. Sa voiture, une Toyota Prado n’a jamais été retrouvée. Tous les jours des magasins sont dévalisés, des essenceries pillées, des citoyens tués. Les agents des forces de sécurité (FDS) bien tenus par Resco, le Roi des ordures de Conakry sont très compétents pour bousiller les enfants de Bambéto-Cosa. Dès qu’il s’agit de lutter contre les bandits, ils s’évanouissent. Ou s’abritent derrière des barrages nocturnes inutiles et qui n’empêchent pas les bandits d’opérer.

Etat, où es-tu ? "Je suis mourant, mais je n’ai pas perdu mes capacités de nuisance. Je peux encore flinguer, surtout les enfants qui manifestent dans les rues!"

Les mendiants :

L’Alpha Gouvernance a  été le plus grand producteur de haine

Conakry, la poubelle urbaine | Ma guinée plurielle

Conakry, la poubelle urbaine | Ma guinée plurielle

inter-ethnique, de cadavres et de mendiants de la Guinée contemporaine. …. Il y a quelques années, on les voyait surtout à Madina, Route Leprince et à la Grande Mosquée. Aujourd’hui, ils sont partout et ils ont construit une petite cité autour de cette mosquée, des maisons faites de bric et de broc entourées d’ordures, de matières fécales et de puanteur. Tout juste en face de la Morgue de l’Hôpital de Donka.

La Grande Mosquée ! Une belle œuvre abandonnée qui se noie dans les ordures et qui fait eau de toutes parts. On attend les bailleurs de fonds du monde musulman et les ouvriers marocains pour l’entretenir et la nettoyer, elle et ses abords. Inch’Allah

 Etat, où es-tu ? "Je suis dans le trou et je fais mandjalladji. Appelle  les bailleurs de fonds. Ce sont mes vaches à lait."

 Les moustiques :

Dans les années 1960, nous étions interne aux Lycées technique puis classique de Donka. Il n’y avait pas de moustiques dans les dortoirs. Les anciens locataires du bâtiment T et autres immeubles récupérés par Poly [d'anciens bâtiments des lycées transformés qui hébergent l'Ecole polytechnique] s’en souviennent. Par la faute des Blancs, ces méchants colons, impérialistes et consort qui avaient la manie de bombarder y compris par avions nos gentils moustiques de produits démoustiquant. Et surtout, la Ville de Conakry était propre parce qu’entre autres, il y avait des services municipaux fonctionnels et des citoyens civilement éduqués. Aujourd’hui, grâce notamment à Resco et ceux qui l’ont nommé, les municipalités ne s’occupent plus du bien-être des Conakrykas, mais de la liquidation des jeunes militants de l’Opposition. Les moustiques, les maladies et la  mort ont le temps de prospérer.

 Etat, où es-tu ? "Je me noie dans la gadoue d’Avaria, à Madina. Je distribue du palu et de la typhoïde à qui veut".

Les embouteillages :

 Ils ont quitté Lagos et sont devenus le quotidien des Conakrykas. Tous les teufs- teufs  chassés d’Europe, d’Amérique et d’ailleurs et refoulés des pays d’à côté parce que non conformes à leurs réglementations sont accueillis ici à bras ouverts. Ici aucune loi n’existe; chacun fait ce qu’il veut. Alors bonjour les difficultés de circuler dans les venelles obscurs et puantes de notre proprette capitale. D’ailleurs, de ces embouteillages, le Grimpeur et ses gouvernants n’en ont cure. Lui, il est en hélicoptère et ses collaborateurs, à leurs passages, ils privatisent les rares routes carrossables qui existent à coup de sirène et de flics et  gendarmes insolents, arrogants et brutaux à l’égard des usagers lambda.

 Etat, où es-tu ? "Je suis dans le go-slow. Attendez-moi à l’Assemblée nationale. J’y arrive le 30 Février prochain."

A ce tableau peu reluisant révélateur d’une gouvernance mourante, ajoutons les vendeurs à la sauvette particulièrement agressifs, les aliénés mentaux et les drogués, les révoltés de l’électricité qui, dans les rues, sèment la pagaille et les FDS qui passent leur temps à tirer en l’air pour terroriser tout le monde, les chiens enragés et errants…

Conakry est un vrai paradis terrestre à ne pas fréquenter pour qui veut la paix et la tranquillité.

La Guinée, Etat de moins en moins viable, s’approche de plus en plus de la Somalie et de la RCA. Aucun service public n’est capable de fonctionner : Ministères, Directions Centrales, Régionales, Préfectorales, Sous-préfectorales ou Communales… tout est paralysé. Dans les commissariats et autres brigades de gendarmerie, si vous formulez une plainte, prière d’aller avec les papiers, les stylos à bille, les ordinateurs et… celui qui doit écrire.

 Etat, où es-tu ? "Mort et enterré, je parle d’outre tombe. Je compte sur les Députés cuvée 2013 pour me ressusciter. Alors gare à celui qui va refuser de siéger à l’Assemblée Nationale !"

BAH Mamadou Lamine

Pour mémoire rappelons que le commandant Sékou Resco Camara, gouverneur de Conakry a été  entendu le 14 février et inculpé par la justice guinéenne. Il est accusé d’actes de torture perpétrés en 2010, suite à une plainte déposée par 17 personnes, soutenues par la Fédération internationale des droits de l’homme et son membre guinéen, l’Organisation guinéenne des droits de l’homme (OGDH). Malheureusement, aucune suite n’a été donnée à cette inculpation, tout comme celles d’autres personnalités. En particulier, le Colonel Claude Pivi, chef de la sécurité présidentielle et le Lieutenant-ColonelMoussa Tiegboro CAMARA, directeur de l’Agence nationale chargée de la lutte contre le trafic de drogue, avec rang de ministre. Ces deux personnalités ont été accusées par la justice guinéenne de crimes contre l’humanité, mais elles ont obtenu une décoration avec promotion de la part du chef de l’état et continuent à occuper les mêmes fonctions qu’au moment de leurs crimes.

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