Une interview de Béa Diallo boxeur guinéen, aujourd’hui député belge

J’ai réalisé cette interview à notre compatriote, devenu élu belge au niveau local, national et européen pour Global Voices, un réseau de bloggers et traducteurs en ligne qui publie dans une trentaine de langues. J’ai retenu opportun de la reprendre sur mon blog personnel, parce que mes deux lectorats ne sont pas exactement les mêmes.

Le sextuple champion intercontinental IBF (International Boxing Federation) des poids moyens Lansana Béa Diallo, plus connu comme Béa Diallo, né au Libéria et d’origine guinéenne, est devenu un homme politique belge.

Béa Diallo, dernier combat comme boxeur. Photo extraite de sa pageFacebookElu au Parlement régional bruxellois et au Parlement de la Communauté française, Béa Diallo est échevin de la Jeunesse, de l’Emploi, de la Famille, des Relations Inter-générationnelles et de l’Egalité des chances à Ixelles  une des 19 communes de Bruxelles-Capitale.

Global Voices lui a posé quelques questions.

Global Voices (GV): On vous a connu champion de boxe, vous voilà élu local en Belgique ?  Quel parcours !

Béa Diallo (BD): Oui en effet les guinéens m’ont connu comme boxeur mais surtout comme un homme qui essayait de vendre l’image de la Guinée et aujourd’hui. Je suis non seulement député au parlement belge depuis bientôt 10 ans, mais aussi élu local depuis bientôt 7 ans. Je deviens un homme d’expérience et reconnu par le monde politique ce qui n’était pas acquis.

GV: Souvent, il est difficile d’associer sport de haut niveau et études, vous êtes licencié en sciences économiques.

BD: En effet, sport de haut niveau et études universitaires sont souvent incompatibles, mais comme je le dis souvent avec de la détermination on peut réaliser beaucoup de choses et moi mon rêve c’était de réussir les deux pour pouvoir servir mon pays d’origine un jour. Aider la Guinée à devenir un vrai pays indépendant et surtout faire profiter cette richesse au peuple.

GV: Comment êtes-vous entré en politique ?

BD: j’y suis arrivé vraiment par hasard, je n’avais jamais voulu faire de la politique, mais étant un homme de combat, engagé pour pleins de causes on m’a proposé un jour de soutenir un parti en tant que candidat d’ouverture sans pour autant être en position éligible puisque j’occupais la 69ème place sur la liste. Je me suis retrouvé 5eme sur 25 élus.

GV: Vous avez livré un combat de boxe en Guinée, quel souvenir en gardez-vous ?

BD: Je pense que c’est le plus beau moment de ma carrière sportive. Ce sont des souvenirs inoubliables, boxer devant 60.0000 personnes et plus de 300.000 dans les rues. C’est tout simplement magique.

GV:   Vous aviez tenté d’aider les habitants de Conakry, notamment dans le domaine du transport. Comment et quelles leçons en tirez-vous ?

BD: Vous savez je n’ai aucun regret j’estime qu’il fallait le faire à ce moment la même; si j’ai perdu beaucoup d’argent avec la mauvaise foi de nos hommes politiques qui continuent d’ailleurs à tuer le peuple en vivant dans l’opulence sans aucun projet pour les guinéens.

GV: Avez-vous d’autres ambitions pour votre pays d’origine, la Guinée ?

Béa Diallo en homme politique. Photo extraite de sa page Facebook, oeuvre de Francine VerstraetenBD: La seule ambition que j’ai pour la Guinée est toujours la même aider ce merveilleux pays à se libérer de ses chaînes qui sont imposées par nos propres frères guinéens: les hommes politiques, majorité comme opposition .

GV: Facebook, twitter et un blog ! Faut-il en conclure que Béa Diallo et les médias sociaux, c’est comme Obama qui s’en sert régulièrement, ou bien c’est occasionnel ?

BD: Non, malheureusement pas assez, je dois encore optimaliser et surtout professionnaliser l’utilisation de ces réseaux qui sont une vraie force de communication

GV: Il y a de plus en plus de jeunes africains qui cherchent à venir en Europe, malgré les graves risques auxquels ils s’exposent. Que leur conseillez-vous ?

BD:  C’est difficile de donner des conseils à des jeunes qui cherchent à améliorer leurs conditions de vie ainsi que celles de leurs familles avec tout ce que ça comporte comme risque. En même temps, aucune politique n’existe pour encourager ces jeunes à rester dans le pays ou sur le continent.

Mais, en Europe aujourd’hui c’est difficile de trouver du travail et de régulariser sa situation quand on vient d’Afrique alors le combat doit continuer sur le continent avec une nouvelle génération qui prend le pouvoir pour le rendre au peuple.

GV: Auriez-vous un mot pour conclure ?

BD: Ma conclusion, c’est mon rêve! Que les africains viennent en Europe comme les européens vont en Afrique c.-à-d. en vacance et rentrent chez eux parce qu’ils ont du travail et une famille qui les attendent.

GV: Merci d’avoir répondu à nos questions et bon courage pour vos projets.

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