Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin 2013

C’est le 4 décembre 2000, que l’Assemblée générale des Nations unies a adopté à l’unanimité la résolution 55/76, fixant la Journée internationale des réfugiés à célébrer à partir du 20 juin 2001. Cette année marquait le 50ème anniversaire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Le 20 juin était déjà célébré par l’Organisation de l’unité africaine (OUA) comme la Journée du réfugié africain. Son but est d’attirer l’attention de l’opinion publique sur les conditions inhumaines infligées aux réfugiés, ainsi que sur les millions d’entre eux forcés de quitter leur pays à cause de guerres, de persécutions politiques ou religieuses ou bien encore à cause de catastrophes naturelles.

Le rapport 2012 du Haut Commissariat des Nations unies aux réfugiés fait savoir que l’année 2012 a été l’une des pires depuis que des statistiques sont tenues sur les réfugiés. Le nombre de réfugiés varie suivant le nombre de guerres ou de régimes dictatoriaux en cours dans les 4 coins du monde. Le site afriquinfos.com publie un billet ces données extraites du rapport:

Selon le rapport statistique 2012 du HCR sur les tendances mondiales, fin 2012, plus de 45,2 millions de personnes étaient déracinées (42,5 millions fin 2011), ce chiffre comprend 15,4 millions de réfugiés, 937.000 demandeurs d’asile et 28,8 millions de personnes forcées de fuir à l’intérieur des frontières de leur propre pays, et les nouveaux déracinés sont près de 7,6 millions dont 1,1 million de réfugiés et 6,5 millions de déplacés internes.

« Cela signifie qu’il y a un nouveau réfugié ou déplacé interne toutes les 4,1 secondes », a déclaré le Haut-Commissaire aux Réfugiés, Antonio Guterres.

La guerre demeure la principale cause des déplacements de population. Pas moins de 55% des réfugiés recensés dans le rapport du HCR sont originaires de cinq pays touchés par un conflit (Afghanistan, Somalie, Irak, Syrie, Soudan).

Dans la région ouest-africaine, il y a eu malheureusement de nombreux conflits, de pays confrontés à la montée du fondamentalisme religieux, des dictatures et une augmentation de la pauvreté; ceci a engendré d’importants mouvements de population. Aucun pays de la CEDEAO n’a été épargné par des facteurs déstabilisateurs, sur son propre territoire ou celui de son voisin qui provoquent les vagues de réfugiés. Par exemple, en Cote-d’ivoire, la guerre qui a suivi les élections et la longue période d’instabilité avant, l’ont transformée de  pays d’accueil à pays de départ de réfugiés. Sur le site koaci.com, Wassimagnon relève que:

L’on assiste à des phénomènes jamais observés dans notre pays avec l’exode de milliers d’enfants et de jeunes sur les routes de l’exil, fuyant l’insécurité, les dénonciations et leur stigmatisation en tant que pro-Gbagbo. De terre d’accueil, notre pays est devenu gros pourvoyeur de réfugiés dans des pays frères de la sous-région Ouest-africaine comme le Ghana, le Togo et le Benin. Combien sont-ils encore aujourd’hui, les jeunes ivoiriens, dans les camps d’Elubo, d’Ampain au Ghana et d’Avepozo au Togo, pour ne citer que ces deux pays ? » déclare-t-on dans un communiqué du Front populaire ivoirien (FPI) signé du secrétaire général intérimaire.

Diénéba DEME-DIALLO fournit dans un billet qu’elle a écrit pour le site journaldumali.com des données sur le nombre de réfugiés maliens enregistrés dans les pays voisins, suite à l’agression des fondamentalistes contre leur pays:

Selon les chiffres de OCHA, le nombre totale de réfugiés maliens au 06 juin 2013 s’élève à 174 129.
Mauritanie: 74 108
Niger: 50 000
Burkina Faso: 49 875

De son coté, le site republicoftogo.com fait savoir:

Près de 24.000 réfugiés sont installés au Togo ; principalement des Ivoiriens, des Rwandais et des Congolais.

Dans la partie Afrique de l’ouest, de son « Aperçu sous-régional 2013 », le HCR fait savoir que:

Suite à l’apaisement des tensions observé en Côte d’Ivoire, des plans ont été élaborés pour permettre le rapatriement librement consenti des Ivoiriens réfugiés dans la région. Le HCR et le Gouvernement ivoirien ont signé des accords tripartites distincts avec le Ghana, le Libéria, la Guinée et le Togo.

En ce qui concerne les Libériens dont le statut de réfugié a pris fin en 2012, le HCR continuera à mettre en œuvre sa stratégie axée sur des solutions globales, en mettant l’accent sur l’intégration sur place.

Environ 168 000 réfugiés, principalement des Ghanéens, des Ivoiriens, des Libériens, des Mauritaniens et des Sénégalais, sont dispersés dans des zones urbaines et rurales à travers plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Le HCR cherche à remédier durablement à leur sort par l’intégration sur place ou le rapatriement, voire par des solutions liées à l’application des clauses de cessation.

Le nombre de rapatriements prévus dans la sous-région était d’environ 71 000 pour l’année 2012. En juin, quelque 83 000 retours librement consentis avaient déjà été enregistrés. Le HCR a facilité le transport d’environ 17 000 réfugiés, pour la plupart libériens, ivoiriens et mauritaniens, tandis que les pays assuraient l’accueil des 83 000 rapatriés et contribuaient à leur réintégration.

En plus des réfugiés à l’étranger, il y a aussi ceux, plus nombreux qui n’ont pas la possibilité d’aller loin et se limitent à changer de régions dans leur propre pays. Dans un article publié en décembre dernier le site la revue online irinnews.org, donnait les chiffres officiels du HCR concernant cette catégorie de personnes que cette institution a enregistrées:

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), l’Afrique compte 9,7 millions de PDIP. La République démocratique du Congo, la Somalie et le Soudan comptent, à eux seuls, plus de cinq millions de PDIP.

Malheureusement, les chiffres officiels sont loin de donner le nombre exact de personnes obligées de quitter leur lieu de résidence habituelle pour aller chercher la sécurité ailleurs à cause de la folie des hommes. Les répressions sanglantes des forces de l’ordre de l’année dernière et même en Guinée ont sans aucun doute provoqué une modification du peuplement avec le déplacement de personnes vers les zones où leur ethnie est majoritaire. Mais, aucune statistique n’est disponible sur ces mouvements forcés.

L’entrée en vigueur de la Convention de l’Union africaine (UA) pour la protection et l’assistance aux personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP) de 2009, également connue sous le nom de Convention de Kampala, le 6 décembre, si elle était respectée pourrait aider à répondre aux besoins spécifiques des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays. Malheureusement, les dirigeants africains ne nous ont pas habitués à respecter les engagements qu’ils prennent, même au niveau international.

Pour marquer la Journée mondiale des réfugiés, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a publié un rapport spécial rédigé par Nicole Schilit sur les journalistes qui ont fui leur pays en raison de persécutions liées à leur travail. en Afrique, ce sont surtout la Somalie et l’Erythrée qui alimentent ce flux.

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