Guinée: Ahmed Sékou Touré, ce tyran qui continue à aveugler des guinéens

C’est surprenant et triste que des jeunes continuent à considérer le tyran Sékou Touré comme le meilleur président que la Guinée ait jamais eu. Certes, il avait une maitrise de la dialectique sans nul autre pareil. Il savait hypnotiser son auditoire avec ses discours-fleuves qui duraient des demis journées entières. Mais, s’il avait été aussi bon pourquoi à sa mort plus d’un tiers des guinéens avaient fui le pays? Pourquoi des gens risquaient leur vie pour laisser ce paradis qu’il avait, selon certains, construit en Guinée? A sa mort, il fallait 2 jours pour pour couvrir la distance d’environ 320 Km de Pita à Conakry.

Pour vous donner une idée de la tension dans laquelle on vivait du vivant du tyran et comment on pouvait finir facilement au Camp Boiro, je vais vous raconter une mésaventure que j’ai personnellement vécue. En 1964, je suis allé en vacance, par bateau parce que le billet était moins cher que par avion. Le jour de mon arrivée à Conakry des amis sont venus me rendre visite. Notre résidence familiale se trouve au carrefour de Boussoura, celui où une route mène à la gare de Dixinn, l’autre vers la corniche et celle du milieu à l’aéroport. Au crépuscule, j’ai raccompagné mes amis sur la route qui porte vers l’aéroport. Notre porte donne directement sur

Monseigneur Raymond Marie Tchidimbo, archeveque de Conakry, passa de nombreuses années de sa vie au Camp Boiro. Source: campboiro.org

cette route. Manque de chance, juste en face, il y avait un camion de la milice qui faisait le contrôle d’identité. Je n’ai même pas eu le temps de dire à un de mes frères restés dans la maison de me prendre mon document qui était dans la poche de ma veste, que j’avais déjà été projeté dans le camion où il y avait de nombreuses autres personnes, direction Camp Boiro. Je n’ai du mon salut qu’au fait que lorsque nous sommes arrivés au camp, je me suis assis un peu loin de la porte d’entrée du bâtiment où on prenait les noms avant de jeter les victimes dans les cellules. Mon père, informé, est venu me chercher en compagnie de mon oncle Barry III.

Quelques années plus tard mon père a été arrêté, uniquement parce qu’associé à Kébé Mamady, beau-frère de Sékou Touré, il avait dénoncé la mauvaise gestion de l’entreprise qu’ils avaient fondée en commun. Le régime sanguinaire a nationalisé nos biens. Chaque membre de la famille

Encore aujourd’hui papa les larmes me coulent, lorsque je vois votre photo, après avoir été torturé, en n’ayant rien commis de répréhensible. Source: campboiro.org

a été expulsé de nos propriétés avec le droit d’emporter seulement ce qu’il portait comme habits. Ma mère a voulu prendre son tapis de prière, un ancien compagnon de classe à moi le lui a retiré. Pourtant, mon père n’a jamais fait de la politique, il a constitué sa fortune, bien avant l’indépendance. Pour vous en donner une idée, il a acheté sa première voiture en 1949. Les administrateurs coloniaux étaient alors transporté dans des hamacs porté par des hommes.

L’entreprise qu’il avait fondée avec Kébé dans les années ’60 était toujours en activité, la dernière fois que j’ai été à Conakry. Un terrain, en face de la mer, qui nous appartient à Kaloum est toujours inutilisé, mais la documentation dont nous disposons est insuffisante pour pouvoir faire valoir nos droits.

C’est inconcevable que des jeunes disposant de toutes les informations que les nouvelles technologies de l’information mettent à votre disposition, que vous continuez à prendre vos positions politiques sur la base de votre appartenance ethnique, où que vous soyez dans le monde. Profitez-en pour pouvoir éviter les erreurs qui ont été commises par les générations qui vous ont précédés.

Si notre pays est aujourd’hui parmi les derniers dans tous les domaines, bien que son sol et son sous-sol regorgent de richesses et que ses élites qui ont du fuir leur patrie aient contribué au développement d’autres pays, en particulier africains, n’est pas le fruit du hasard. Soyez curieux, cherchez à savoir pourquoi. Demandez pourquoi et comment ont pu finir au camp Boiro ou bien pendus, des personnalités aussi célèbres que Keita Fodéba, créateur des Ballets africains, Diallo Telli, Premier secrétaire exécutif de  l’OUA, Barry III, Inspecteur des contributions directes pour l’AOF avant l’indépendance, Barry Diawadou, le premier député guinéen à se battre au Parlement français pour l’africanisation des cadres dirigeant du principal parti d’opposition après l’indépendance, qui a rejeté toutes les tentatives de le corrompre de la part du pouvoir colonial afin de diviser les dirigeants guinéens sur le choix du fameux « NON » du 28 septembre 1958, Magassouba Moriba,  médecin, maire de Kankan et compagnon de l’indépendance de Sékou Touré, ministre,  etc. Il n’existe malheureusement aucune liste exhaustive des nombreuses victimes que la révolution touréenne a dévorées. Demandez où sont les fosses communes dans lesquelles ces fils dignes de notre pays gisent encore, sans même que leurs familles en soient informées?

Quatre des plus hauts cadres du pays finissent pendus, sans avoir rien fait, par la seule volonté du tryan, Sékou Touré
Quatre des plus hauts cadres du pays finissent pendus, sans avoir rien fait, par la seule volonté du tyran, Sékou Touré

9 réflexions au sujet de « Guinée: Ahmed Sékou Touré, ce tyran qui continue à aveugler des guinéens »

  1. vos discours trompeurs et falsificateurs ne sont que des prêches dans le désert car les guinéens ne croient qu en ce qu ils ont vécu. C est pour cela que vos torchons de livres écrits qui ne ressortent qu un cote des faits n arrivent a convaincre personne.
    cette photo fond de commerce n émeut nullement plus, car elle représente ceux qui ont sans pitié organise la boucherie du 22 novembre que vous occultez sans scrupule.
    ces individus ont subi de la colère d un peuple qui a été endeuille par le massacre de plusieurs centaines de ses fils en plein mois de carême. C est cela l histoire que vous voulez charcuter.

  2. je m’incris en faux ce ne sont que vos propre idees tous ceux qui ce sont retrouvé au camp boiro reconaissent qu’ils etaient dans un complot soutenu par l’occident donc du calme on vous connait desolé pour ton pauvre pere mais aucune personne ne peut venir te prendre chez toi pour directement t’envoyer dans un camp sauf si tu es coupable je sais bien que le coupable ne revele jamais ces faits donc n’esssaye pa de mettre le feu dans la plaie.

  3. Chers lecteurs, j’ai publié ces commentaires, parmi d’autres, car ils illustrent bien ce que je voulais démontrer dans mon article. Au lieu d’accepter de s’informer, nombreux sont les guinéens qui préfèrent les insultes. Très souvent ce sont des gens qui vivent à l’étranger, mais se plaisent à végéter dans l’ignorance des raisons qui ont porté le pays à un échec lamentable du principalement à son mauvais départ.

    Pauvre pays! Sékou Touré a été un véritable cancer pour la Guinée.

  4. Mr Bah, ne vous etonnez pas de certains commentaires. ces maudits ne comprendront jamais parce que leur haine egoiste et leur ignorance n’accordent aucune place à la raison. Pour qu’ils le comprennent, il faudrait qu’ils soient aussi victimes malheureusement.

    1. Vous avez parfaitement raison et c’est préoccupant car c’est la classe dirigeante guinéenne de demain qui prend comme un flambeau ce dictateur sanguinaire. Ils ne se posent meme pas de questions en ce qui concerne les victimes car le pouvoir a toujours raison pour eux. Comment la Guinée va-t-elle sortir de ce gouffre, je me le demande. Je suis vraiment content d’avoir élevé mes enfants dans une totale ouverture mentale qui fait d’eux des citoyens du monde. Mes petites-filles aussi grandissent sans jamais poser de question sur d’où vient leur grand-père.

  5. Il manque curieusement le contexte historique à votre rédaction. Ne serait-il pas intéressant de l’interroger pour mieux se positionner en répondant à quelques questions toutes bêtes  » peut être »

    Tout d’abord, vous vous attaquer à Sekou Touré pour justifier au prime abord par votre arrestation par une milice. Je voudrais vous raconter la mienne. Décembre 2012, j’ai été curieusement arrêté dans la voiture en compagnie de mes cousins, par aussi les militaires, parce que je rentrais tardivement d’une soirée. Et en plus j’étais en vacances en Guinée comme vous. La question est-ce Sekou Touré ou les  » milices »?

    Pour revenir au fameux contexte historique dont je fais allusion en introduction, j’aimerais bien poser quelques questions.

    1- Pour Pierre Serna, je cite: Toute révolution est guerre d’indépendance. La révolution, qu’elle soit française ou de passage en Tunis, au Caire, de Tripoli à Sana’a, fait toujours sa place dans l’histoire des peuples. Le NON du 28 septembre de Sékou Touré, soutenu par le peuple de Guinée était-il bon ou mauvais ? normal ou anormal? juste ou injuste ?
    2- à la place de Sékou Touré, quelles solutions appliquerions-nous face aux puissances impérialistes qui en voulaient et qui en veulent toujours nos biens et services à notre détriment ?
    3- Très malheureusement, l’homme noir est toujours contre son frère et sœur noir. Et pire encore, il n’écrit pas et lit très mal ce qu’on écrit les autres (les blancs ou les amis des blancs). C’est pourquoi, ils l’ont fait comprendre et accepté que la traite négrière était un COMMERCE au lieu d’un CRIME, que les PATRIOTES ou panafricains étaient des sanguinaires et DICTATEURS. Ils sont entrain de l’enseigner aussi les nouveaux concepts de DEMOCRATIE et de BONNE GOUVERNANCE comme s’il n’avait pas un passé ou d’empire à d’organisation socio-politique et économique structurée.
    4- Pouvons-nous se réveiller et cesser de salir Sekou Touré qui n’a été que la voix de la Guinée car la décision du CAMP BOIRO était voulu par le peuple de Guinée. La quasi-totalité des familles de Guinée a perdu un ou des éléments dans cette « révolution » y compris celle de Sekou Touré. Allons nous continuer à pleurnicher le passer ou serrer la ceinture pour l’avenir qui n’est pas dispenser des guerres et luttes pour le développement dans un monde plus mondialiser pour l’occident ?

    Dommage qu’il n’y ait pas de justice, vous sauriez qui accusé

    1. Merci pour votre commentaire. A ce peuple, pendant toute la période de la révolution, il n’a été demandé qu’à applaudir, comme aujourd’hui en Corée du nord. Pour le contexte dont vous parlez, voici comment le journal du PDG l’a décrit, le 3 avril 1984:

      L’unique hebdomadaire de Guinée, Horoya, décrit cette journée du 3 avril qu’a marquée, à la suite de la prise du pouvoir par l’armée, l’ouverture du Camp Boiro : « Pendant plus de deux décennies, le peuple de Guinée, labouré dans sa chair et son âme par des mains sanglantes, a connu le plus grand calvaire de son existence. Dans l’éclipse totale, il a marché en égrenant le chapelet de la faim, de la soif et de l’ignorance. Dépersonnalisé par une politique de chasse à l’homme, une politique d’individus tarés, avides de pouvoir personnel. Le peuple guinéen n’avait jamais goûté à un seul instant de bonheur… ». Ce bonheur, la foule qui a afflué au Camp Boiro l’a résumé en un cri : « Vive l’armée ! » En ouvrant les cellules de l’une des geôles les plus sinistres de l’univers, les militaires ont cherché à détruire le symbole — combien concret — de la terreur « sékoutourienne ».

      Source: Mohamed Selhami « Le Camp Mamadou Boiro, l’usine de la mort », Editions Jeune Afrique. Collection Plus. Paris. 1985. 215 p.

  6. Vous n’êtes que des traîtres.vous ne comprendrez jamais ce qu’est la Révolution sékoutourienne.c’est vous,votre traîtrise qui a fait de feu Ahmed Touré ce qu’il fût.traîtres jusqu’aux dents,l’Afrique vous combattra jusqu’à la derniere guoutte de sang.traîtres,indignes.

    1. Je publie volontiers vos insultes car elles démontrent le fossé qui nous sépare lorsque nous parlons du futur de la Guinée. Mais pour cela je vais emprunter les mots de Horoya, organe officiel du PDG, la seule publication existante dans le pays, le 3 avril 1984, jour de prise du pouvoir des militaires. Comme vous vous voyez ce jour-là, même ce parti, comme tout ce peuple descendu dans les rues pour exprimer sa joie dans la liesse:

      L’unique hebdomadaire de Guinée, Horoya, décrit cette journée du 3 avril qu’a marquée, à la suite de la prise du pouvoir par l’armée, l’ouverture du Camp Boiro : « Pendant plus de deux décennies, le peuple de Guinée, labouré dans sa chair et son âme par des mains sanglantes, a connu le plus grand calvaire de son existence. Dans l’éclipse totale, il a marché en égrenant le chapelet de la faim, de la soif et de l’ignorance. Dépersonnalisé par une politique de chasse à l’homme, une politique d’individus tarés, avides de pouvoir personnel. Le peuple guinéen n’avait jamais goûté à un seul instant de bonheur… « .

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