Guinée: La gangrène de la corruption, ennemie No. 1

Übersicht des Korruptionswahrnehmungsindexes, ...
Carte du monde de l'indice de perceptions de la_corruption (année 2007) (Photo credit: Wikipedia)

Commentant la partie sur les pays africains du rapport de Transparency International, sur la perception de la corruption, Justine Gonsse note dans un article publié sur slateafrique.com, note en ce qui concerne la Guinée: »

En 2006, c’était le pays le plus corrompu d’Afrique et le quatrième du monde selon le classement IPC. Depuis, d’autres pays se sont incorporés au classement et la Guinée stagne toujours entre la 160ème et la 164ème place. Malgré tout, son indice a augmenté et se tient aujourd’hui à 2,1 point, toujours loin derrière le Botswana, premier pays africain avec 6,1/10.

Quiconque a vécu en Guinée sait que dans notre pays, la corruption et très répandue dans la vie de tous les jours et à tous les niveaux. C’est dès l’aéroport qu’on en fait la découverte, meme lorsque vos documents sont en règle, il y aura toujours un agent pour chercher à vous soutirer des sous. Dans les bureaux, il est considéré comme normal que vous mettiez la main à la poche pour obtenir tout service ou document officiel dont vous avez besoin. Dans la rue, ne soyez pas étonnez que l’on vous demande des documents qu’ailleurs dans le monde personne ne l’aurait fait.

Lors d’un de mes séjours, un ami français et sa copine guinéenne m’ont invité à diner dans un restaurant à Coléah, banlieue de Conakry. Lorsqu’ils me raccompagnaient, dès la sortie du parking du restaurant, il y avait un barrage pour le contrôle d’identité, des agents de sécurité nous ont arrêtés pour nous demander nos documents. A eux deux, comme ils avaient tous leurs documents personnels et ceux de la voiture en règle, on leur a demandé le certificat de mariage. Ce n’est pas une blague. Heureusement que devant l’ironie de notre part ils ont renoncé à trop insister, après tout de même une bonne demi-heure.

A street scene in Conakry
Vue d'une scène de rue à Conakry (Photo credit: Wikipedia)

A moi, lorsque je leur ai sorti mon passeport de la CEDEAO (Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest), ils m’ont dit que le document n’était valable que pour voyager. Pour m’effrayer, ils m’ont dit de monter dans leur camionnette, je leur ai dit d’accord. Quand je suis sorti de la voiture de mes amis, les agents m’ont dit que tout pouvait « s’arranger » entre nous. M’étant acheminer vers la camionnette, mes amis sont eux-aussi descendus de la voiture et ont leur dit qu’ils devaient embarquer tous les trois. Et l’homme blanc bénéficiant encore de quelques égards, ils ont renoncé à nous embarquer. Sur un trajet de moins de 2 Km, la scène s’est répétée deux/trois fois avec des variantes une plus saugrenue que l’autre.

Une autre fois, j’ai garé ma voiture devant le cybercafé Mouna au cœur de Conakry. A ma sortie, j’ai trouvé des agents autour de ma voiture. Ils m’ont dit qu’il était interdit d’y garer et que je devais payer une contravention. Je leur ai dit qu’il n’y avait pas de problème, bien qu’il n’y avait aucun signal le confirmant. Simplement, je voulais un reçu. Ils ont commencé à me dire que tout pouvait « s’arranger », que nous devions nous comprendre entre pères de famille, si j’acceptais de payer sans le reçu. Lorsque j’ai insisté pour l’avoir, ils m’ont dit que s’ils me donnaient le reçu, c’est leurs patrons qui auraient empoché l’argent.

Lors de la visite de mon fils et de sa fiancée qu’il était venu me présenter, des gendarmes nous ont créer des problèmes parce qu’elle avait photographié une montagne à la sortie de Mamou. Lorsque nous leur avons dit que nous faisions du tourisme, ils nous ont répondu que le ministère du tourisme était à Conakry que la-bas c’était eux qui commandaient.

Il ne s’agit là que de cas de la petite corruption. Mais la corruption est répandue à tous les niveaux de l’administration: marchés publics passés de gré à gré, gonflement des comptes Dans un billet publié sur lejourguinee.com, Amadou Kendessa Diallo écrivait en décembre 2011:

La corruption cause d’énorme perte à l’Etat guinéen.  500 milliards de francs guinéens par an c’est le montant  détourné par des fonctionnaires véreux et les bandits à col blanc au détriment de l’administration publique selon les autorités en charge du secteur des Audits, du Contrôle économique et financier.

Avec l’élection du Président Alpha Condé, on aurait espérer une amélioration dans la lutte contre la corruption, cette gangrène qui empêche notre pays de se développer au profit des malfaiteurs. Mais, beaucoup de chemin reste à faire et une plus grande volonté politique à démontrer.

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