Union européenne: Parité entre les sexes, une chimère?

Dans 2 jours c’est le 8 mars! La fête des femmes, qui sera célébrée partout dans le monde et des voeux seront formulés sur les engagements de chacun pour la promotion de la parité des deux moitiés de l’humanité, des voeux dont, malheureusement, la traduction dans la réalité sera vite oubliée.

Lorsque l’on parle avec les européens de la promotion des droits de la femme, dans la plupart des cas, ils pensent que cela ne regardent que les autres parties du monde. Pourtant, même en Europe, il reste encore beaucoup de progrès à faire même pour accepter le principe que la femme est l’égale de l’homme.

Happy Women's Day

Photo de Drogan Cintam (Anh Dang) sur flickr.com

L’enquête sur l’accès des femmes aux postes de direction dans l’UE publiée le 5 mars révèle qu’il existe encore un grand nombre d’européens pour lesquels du simple fait de leur sexe fait que l’on les femmes n’ont pas les mêmes qualités que les hommes pour occuper un poste. Au-delà des statistiques sur les violences faites aux femmes, du nombre de celles qui sont tuées par l’homme auquel elles se vouaient corps et âmes ou à la non participation des hommes aux taches ménagères, cette simple constatation illustre le chemin à parcourir pour parvenir à l’égalité des sexes.

D’après cette enquête de Eurobaromètre, en Slovaquie 47% des personnes interrogées ont répondu que les femmes n’avaient pas toujours les qualités et compétences requises pour occuper des postes à responsabilité. Sans atteindre ce niveau, dans bien d’autres pays le pourcentage de personnes partageant cet avis, était très élevé. C’est le cas de l’Autriche et de la Pologne avec 36%, de la Hongrie avec 34%, de la Lituanie avec 32% et de Italie avec 31%. Maigre consolation en France avec 9%, au Luxembourg avec 7% et en Suède avec 6% ce pourcentage n’atteint pas 10 pour cent.

Dans ces conditions à 3 ans de la fin de la période pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, il reste beaucoup à faire pour l’objectif No 3 (Parité homme/femme). En effet dans de nombreux domaines, en particulier dans les parlements au niveau national et dans les conseils d’administration des grandes entreprises, le nombre de femmes est encore trop bas.

Selon la Fondation R. Schumann, parmi les 27 pays membres de l’UE, dans aucun pays membre il n’y a encore une parité. Les pays d’Europe du nord enregistrent, certes, des taux élevés de féminisation dans les institutions publiques, mais il n’y avait qu’en Finlande, au Danemark et en Autriche où les femmes occupaient 40 pour cent ou plus des postes ministériels. A la fin de 2011, la moyenne générale était à peine de 24,15 pour cent, mais avec 25 gouvernements où leur nombre ne dépassait pas 5. En Hongrie, il n’y en a même pas une!

En Italie, où « super Mario » a remplacé à la tete du gouvernement le fougueux Berlusconi, pour qui les capacités d’une femme se mesuraient selon des critères pas toujours intellectuels, il n’y a que 3 femmes dans l’exécutif. En les présentant, Mario Monti révélant un machisme sous-jascent, a insisté sur l’importance des postes qu’elles occupaient. Comme si cela suffisait à justifier le fait qu’elles ne sont que trois dans un gouvernement de 18 membres.

Dans les parlements ce n’est guère bien mieux. En effet, le pourcentage de femmes dans les parlement nationaux n’est que de 24,62 pour cent.

La même étude rappelle que:

Au niveau européen, la Vice-présidente de la Commission européenne, Mme Reding, a invité, en mars 2011, les entreprises cotées en bourse à signer l’engagement pour « Davantage de femmes dans les conseils d’administration : une promesse pour l’Europe » et à mettre en place des initiatives d’autorégulation afin que davantage de femmes puissent accéder aux postes de haut niveau, l’objectif étant d’atteindre une part de 30% de femmes au sein des conseils d’administration des entreprises cotées en bourse d’ici à 2015 et de 40% d’ici à 2020.

Une Charte des femmes avait été adoptée en septembre 2010 avec un programme d’action ambitieux : la Stratégie pour l’égalité entre les femmes et les hommes qui couvre la période 2010-2015. Ce programme définissait les priorités dans différents secteurs : indépendance économique égale ; égalité de rémunération pour un même travail ou un travail de même valeur ; égalité dans la prise de décision ; dignité, intégrité et fin des violences fondées sur le sexe ; égalité entre les femmes et les hommes dans les politiques extérieures.

Toutefois, c’est toujours mieux dans les domaines de l’économie, de la sciences et de la recherche, être un homme qu’une femme pour avoir une place la direction des affaires. Dans l’étude qui a servi de base pour l’élaboration de la Stratégie les constations étaient troulantes car:

En 2010, une grande entreprise sur trois (34%) dans l’UE et au moins la moitié de toutes les entreprises étudiées dans dix pays ne comptent aucune femme dans leur conseil d’administration et un autre tiers (32%) des entreprises ne comptent qu’une seule représentante féminine. Au sein des plus grandes entreprises européennes cotées en bourse, en moyenne seul un membre des conseils d’administration sur dix est une femme, et seuls 3% d’entre elles les président.

Cependant, il est intéressant de relever que selon l’étude:

Au niveau de l’Union, une écrasante majorité (88%) d’Européens est d’accord avec l’affirmation selon laquelle « à compétences égales, les femmes devraient être représentées en nombre équivalent aux postes de direction des entreprises » : 55% sont tout à fait d’accord et 33% sont plutôt d’accord. Seule une faible minorité (9%) n’est pas d’accord : 7% ne sont plutôt pas d’accord et 2% ne sont pas du tout d’accord.

L’enquête révèle que pour atteindre la parité, les européens sont

Le mal constaté, quels sont les remèdes? Sur ce point les opinions sont plus contrastées.  On peut lire dans l’analyse de l’enquête [page 45] que:

Près d’un tiers des répondants pense que le meilleur moyen est « l’autorégulation : les entreprises fixent leurs propres objectifs (31%). Un peu plus d’un quart estime que cela exige des « mesures juridiquement contraignantes » (26%). De plus, un cinquième cite « les mesures volontaires comme les codes de gouvernance des entreprises et les chartes non contraignantes » (20%).

Dans une interview accordée au quotidien italien Corriere della Sera publiée ce 6 mars 2012, Viviane Reding estime que depuis les engagements pris en 2010, il y a eu une augmentation de 1,9 pour cent du nombre de femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises. Selon elle au rythme actuel des changements il faudra plus de 40 ans pour atteindre un équilibre significatif entre les deux sexes.

Armons-nous donc de patience. Mes petites filles verront ce changement avant d’aller à la retraite, comme elles sont actuellement 5,5 ans et bientôt 3 ans. Mais en bénéficieront-elles?

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