Guinée : Dangereux emballement de la violence postélectorale

La section guinéenne de la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) publié un communiqué de presse pour dénoncer les actes de violence qui ont secoué la Guinée depuis la proclamation des résultats de l’élection présidentielle le 15 novembre 2010. La RADDHO n’avait certainement pas eu les dernières informations sur le nombreindiqué fourni par l’hopital national de Donka, à la sortie de la cité administrative de Conakry, est de 7 de cadavres. En effet, le site guineelibre.com écrit:

« L’hôpital national Donka de Conakry faisait jeudi état d’un bilan de sept morts et 199 blessés reçus dans ses services ces trois derniers jours.

Ces chiffres ne rendent compte que d’une partie du bilan total des victimes de ces derniers jours de violences, dans la capitale mais aussi dans l’intérieur du pays, qui laissent craindre que la situation ne dégénère en conflit ethnique entre les deux principaux groupes de Guinée.

Une majorité des victimes seraient peul, comme le perdant du scrutin, l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo. Ses partisans ont déclenché des émeutes dans les heures après l’annonce, lundi soir, de la victoire de l’opposant historique Alpha Condé. L’armée, essentiellement composé de membres de l’ethnie malinké, comme le président-élu, est intervenue pour réprimer les émeutiers. »

La RADDHO dans un communiqué de presse rendu public depuis Dakar, Sénégal, le 17 novembre 2010 déclare qu’elle « est scandalisée, indignée et fortement préoccupée par l’emballement et la montée de la violence ethno-politique en Guinée Conakry, accentué par la répression sans nuance des troupes de la FOSSEPEL. Pire ces actes ignobles sont accompagnés de pillages, de vols et de viols dont les principales victimes appartiennent à la communauté peule.

On compte une dizaine de morts sur l’ensemble du territoire national dont quatre (4) sont à la morgue de l’hôpital Donka et deux cent quinze (215) blessés dont trente six(36) sont hospitalisés .

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A l’exception Kaloum, tous les quartiers de Conakry sont en effervescence, de même que toutes les préfectures de la Moyenne Guinée.
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A Pita, on compte deux morts, (Amadou Lamarana Ba âgé de 14 ans et Abdou Aziz Diallo) et trente six (36) blessés,
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A Labé, on compte deux morts, Abdoulaye Kindy Diallo et Kosi enterré cet après midi ainsi que de nombreux blessés.

La haine inter communautaire n’épargne pas la région forestière où on note des barrages à Nzérékoré et à Beyla. Les graves risques de généralisation, d’emballement de la violence et de réelles menaces de conflit inter ethnique ont amené le gouvernement de transition à décréter l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire.

La Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) :

Condamne avec force la répression aveugle et l’usage disproportionné de la force par des éléments de la FOSSEPEL qui n’hésitent pas à tirer à balles réelles contre des civils ;

Demande l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire afin d’identifier tous les responsables de ces crimes afin qu’ils répondent de leurs actes devant les tribunaux guinéens ;

Appelle les éléments des forces de sécurité à plus de retenue et surtout à bannir tout usage des armes à feu contre les populations civiles guinéennes ;

Invite TOUS les leaders politiques et leurs partisans, toutes les organisations démocratiques et toutes les organisations de la société civile guinéennes, toutes tendances et toutes communautés confondues à travailler ensemble, la main dans main, à la restauration de la paix civile et au renforcement de la cohésion et de l’unité nationales;

Recommande au prochain Président élu de la Guinée à inscrire comme priorité dans son programme : Une conférence nationale post électorale sur la paix, la vérité, la justice et la réconciliation nationale ;

Exhorte la Communauté africaine et internationale à sortir de sa torpeur et de son silence par rapport à la violence et aux crimes qui se perpétuent en Guinée pour agir avec plus de vigueur et de détermination auprès des leaders politiques, de la société civile et fondamentalement de l’armée pour éviter que la Guinée ne connaisse l’expérience tragique et désastreuse du Rwanda ou de la Côte d’Ivoire.

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