Les violences basées sur le sexe en Guinée

J’ai reçu le rapport de l’enquete indiqué ici et l’analyse de ses résultats. Je vous livre cette dernière ci-dessous:

L’enquête nationale sur les violences basées sur le genre (VBG) conduite en 2009 par le Ministère des Affaires Sociales avec l’appui de l’UNFPA, de l’UNICEF, du PNUD et de l’OMS indique que 50% des femmes interviewées ont indiqué avoir été victimes de violences sexuelles, 90 pour cent d’une forme de violence physique ou psychologique. Selon l’enquête, un pourcentage important d’hommes a aussi déclaré avoir été victime de violence sexuelle une fois dans leur vie (47 pour cent en Guinée Forestière).

Le 28 septembre 2009 et les semaines suivantes n’étaient pas la première fois que le viol a été utilisé comme un outil de répression. En janvier-février 2007, pendant la crise sociale réprimée très violemment, plusieurs femmes ont été victimes de violences sexuelles, d’où l’élaboration des directives nationales pour la prévention et la prise en charge intégrées des viols et violences sexuelles par les Ministères de la Santé et de l’Hygiène publique et des Affaires Sociales avec l’appui des partenaires humanitaires. Les auteurs de ces violences n’ont jamais été punis.

En 2009, selon la Commission d’Enquête Internationale, au moins 109 femmes ont été victimes de violences sexuelles, mais de nombreuses survivantes n’auront pas dénoncé la violence par peur d’être stigmatisées ou d’être victimes de représailles par les auteurs. Nombreuses sont les survivantes qui n’ont pas eu accès aux soins d’urgence, un nombre limité de survivantes ont accédé à une assistance, qui en général reste insuffisante. Les auteurs présumés des violences perpétrées le 28 septembre étaient des militaires et des hommes armés en tenue civile.

Selon l’enquête de 2009 sur les VBG, la majorité des survivantes connaissaient les auteurs, 10 pour cent des survivantes ont déclaré que l’auteur était un membre des forces de défense ou un étranger. Selon l’enquête, la violence est perpétrée principalement à la maison, suivie par les lieux publics et la rue.

Seulement un nombre très limité des survivantes décident d’aller en justice. D’après l’étude, seulement 1,5 % des survivantes ont déposé une plainte, par peur de rendre publique la violence et être stigmatisées. Très souvent, la famille intervient pour entamer une médiation à l’amiable entre l’auteur et la survivante qui très souvent n’est pas au bénéfice de la survivante. Le non accès à la justice est aussi motivé par la méconnaissance des procédures, l’inexistence et la faiblesse de structures d’orientation adéquate, le manque de confiance dans les institutions et des frais illégaux qui sont demandées.

Très souvent les violences affectent les mineurs, comme par exemple les violences sexuelles perpétrées dans des mariages précoces et forcés, les violences domestiques ou celles commises par une personne qui a abusé de l’autorité que lui confèrent ses fonctions. A signaler, notamment, l’importance de la violence scolaire qui est fréquemment signalée par les enfants.

Récemment, le Ministère des Affaires Sociales, de la Promotion Féminine et de l’Enfance a développé une Stratégie Nationale de Lutte contre les Violences Basées sur le Genre qui prévoit de nombreuses actions à long terme pour la prévention et la prise en charge.

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