Dadis Camara sort du silence

Les Guinéens ont dans l’ensemble accueilli avec satisfaction le discours du cpt Dadis Camara les appelant à soutenir les efforts du Général Konaté pour remettre le pays sur les rails. Quant àmoi de ce discours je retiens surtout ces phrases qui sonnent comme des menaces: « Je serais bientôt parmi vous » et « Je suis…. une convalescence suivie, que je suis libre de passer où je voudrais ». Après les terribles violences dont les enquetes de la Commission des Nations Unies et l’ONG Human Rights Watch l’ont trouvé coupable, son retour en Guinée n’est pas souhaitable.

S’il pense qu’il peut passer sa convalescence loin des bancs des accusés d’un Tribunal international, c’est qu’il a des soutiens sur lesquels il peut compter.

En tout cas voici la dépêche de l’AFP qu’a publiée la version ligne de l’hebdomadaire panafricain jeueafricain.com:

Dadis sort du silence et appelle à soutenir Konaté

Lors de sa première déclaration publique depuis le 3 décembre, Moussa Dadis Camara a appelé les Guinéens à « apporter le soutien nécessaire » au président de la transition, Sékouba Konaté. Le chef de la junte est apparu au Palais présidentiel de Ouagadougou, marchant lentement et prononçant son discours d’une voix hésitante.

Le chef de la junte guinéenne Moussa Dadis Camara, blessé lors d’une tentative d’assassinat et en convalescence au Burkina Faso, a appelé dimanche à Ouagadougou les Guinéens à « apporter le soutien nécessaire » au président de transition, le général Sékouba Konaté.

« Je vous demande de lui apporter le soutien nécessaire pour la cause de la démocratie, que nous appelons de tous nos voeux dans notre pays », a-t-il indiqué dans une « adresse à la Nation » prononcée au palais présidentiel du chef de l’Etat burkinabè, Blaise Compaoré, médiateur dans la crise.

« Je serai parmi vous bientôt »

Il s’agissait de sa première déclaration publique depuis la tentative d’assassinat menée par son propre aide de camp, le 3 décembre dans un camp militaire de Conakry, à la suite d’une dispute relative au massacre de plus de 150 opposants le 28 septembre.

« Je vous déclare que ma santé s’est grandement améliorée et que ma vie est hors de danger. Mais pour consolider cet état, j’ai besoin de repos, donc d’une convalescence suivie, que je suis libre de passer où je voudrais », a ajouté le capitaine Camara, assis aux côté du général Konaté.

Avant d’ajouter un peu plus tard, sans plus de précision: « je serai parmi vous bientôt ».

Habillé d’un blouson beige, portant des lunettes de vue, il a lu un texte de cinq pages d’une voix faible et hésitante. Il a marché d’un pas lent. Pour monter et descendre les escaliers menant à la salle de la présidence, il a dû être soutenu par deux personnes.

L’accord de sortie de crise « ne m’a pas été imposé »

Il est ensuite revenu sur l’accord de sortie de crise signé vendredi à Ouagadougou par lui-même et MM. Konaté et Compaoré, prévoyant son maintien en convalescence à l’étranger et la tenue d’une élection présidentielle « dans six mois ».

« Cette déclaration est notre déclaration, elle ne m’a pas été imposée, elle ne nous a pas été imposée », a-t-il insisté.

« La question de ma candidature et celle des autres membres du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte) aux futures élections présidentielles est définitivement réglée », a-t-il poursuivi.

« Le ministre de la Défense (le général Konaté, devenu président de la transition) a eu, de moi, la charge d’assurer l’intérim de la présidence de la République », a-t-il rappelé.

« Le président intérimaire et moi-même continuerons la concertation dans l’intérêt d’une transition réussie qui aboutira à l’élection d’un président démocratiquement choisi par les Guinéens », a précisé le capitaine Camara, arrivé mardi dernier au Burkina après une hospitalisation de plus d’un mois au Maroc.

Le capitaine Camara, arrivé au pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat militaire le 23 décembre 2008, s’est ensuite adressé à ses partisans.

« Depuis que je suis arrivé ici à Ouagadougou, je sais que beaucoup de gens ont pris d’assaut l’aéroport de Conakry et certaines rues de la capitale, réclamant ainsi mon retour au pays », a-t-il assuré.

« Je vous comprends. Je vous demande de regagner vos domiciles et de vaquer à vos occupations dans le calme car des personnes mal intentionnées pourraient profiter de ces regroupements pour commettre des forfaitures et nous en faire ainsi porter la responsabilité », selon lui.

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