Près de 200 Guinéens franchissent la frontière versle Sénégal

Le 16 décembre dernier l’Agence sénégalaise d’information a publié une dépêche selon laquelle près de 200 Guinéens de Conakry ont franchi la frontière sénégalo-guinéenne près du village de Dindéfélo au sud de Kédougou.

Tous disent craindre le pire dans leur pays, après la tentative du lieutenant Aboubacar Diakité dit « Toumba », d’assassiner le chef de la junte Moussa Dadis Camara. »Cette situation accentue l’instabilité et assoit la peur », ont-ils notamment déclaré.

« Par les temps qui courent, il ne fait pas bon vivre en Guinée », a confié Mamoudou Barry, habitant de Labé, la deuxième ville de Guinée, soulignant que certaines populations et leurs biens sont ’’particulièrement visées par les exactions ».

Il en appelle ainsi à la communauté internationale afin qu’elle joue aux sapeurs-pompiers, car « la case guinéenne, dit-il, est en train de brûler ».

Moutarou Diallo, le doyen du groupe qui porte le même nom que le jeune leader des +Forces vives+ ne cache pas son inquiétude. « Un vieux comme moi ne marche pas plus de 100 Km pour rien », dit-il, avant de s’emporter : « Nous sommes fatigués en Guinée, fatigués d’être humiliés, fatigués d’être les otages des militaires, fatigués de devoir tout le temps être écrasés ! ».

‘’Heureusement que les pays limitrophes nous comprennent et nous permettent de rejoindre nos enfants installés sur leur sol », déclare-t-il.

« Nous ne voyageons pas, parce que les Peuls sont des nomades attitrés, mais bien parce que la situation l’impose. Nous sommes désespérés et dans le pays tout marche au ralenti », se désole Aissatou Diallo, une fille de 18 ans qui a cessé les cours qu’elle suivait au lycée Lansana Conté de Labé.

Dans les rangs des candidats à l’exil, des hommes, des femmes, des adultes et même des enfants qui, malgré tout, disent aimer profondément la Guinée et que tôt ou tard, ils rentreront au pays natal. Mais les conditions de ce retour ne seront mieux réunies que lorsque le pouvoir reviendra aux civils et les casernes aux militaires, précise l’un des déplacés.

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