Barak H. Obama, les Etats Unis et le Monde, un an après !

Il y a un an, le 4 novembre 2008, le monde entier se réveillait avec l’élection du premier président noir aux Etats Unis d’Amérique, je veux dire Mr Barak Hussein Obama.
Rarement élection aura intéressé autant de personnes en dehors même des frontières du pays considéré. Elle a enthousiasmé la planète par l’espoir qu’elle soulevait.
Nous écrivions à l’époque, dans un article daté du 20 janvier 2009, jour de son investiture, que cette élection permettrait à l’Amérique de se réconcilier avec elle même tout d’abord, avec le reste du monde ensuite.
Il serait intéressant, un an après, de voir si l’espoir soulevé a connu un début de réalisation et si le programme qui lui a permis d’être élu a tenu ses promesses.
Le legs fait par Mr Georges W. Bush à son successeur était lourd de périls divers à savoir deux guerres (Irak, Afghanistan), la crise économique et financière (les subprimes), le chômage et un début de récession.
Mr Obama, lors de l’un de ses premiers discours a dit aux Américains qu’il ne fallait pas s’attendre à des miracles et que le chemin à parcourir pour redresser l’économie serait long et semé d’embûches.
Sur le plan intérieur Mr Obama a commencé son mandat avec un niveau de popularité rarement atteint. Rappelons que les noirs ne constituent que treize pour cent de la population totale. Il a donc été élu de manière transversale aussi bien par des blancs que des hispaniques. D’où la force de persuasion de son fameux slogan « yes we can ».
Aujourd’hui, malgré la reprise de la croissance, après l’injection de dizaines de milliards de dollars et plusieurs trimestres de récession, le chômage touche encore une bonne partie de la population active.
Le président Obama n’a pas encore réussi le pari de l’extension de l’assurance maladie à quarante six millions d’Américains qui en sont exclus. D’où sa chute de popularité dans les sondages et la déception de bon nombre de ses électeurs. Des centaines de milliers de citoyens Américains n’ont pas pu récupérer leurs biens immobiliers perdus lors de la crise de l’année dernière.
Mais comme vous pouvez vous en douter, « la politique est l’art du possible » et rien ne dit qu’il ne puisse rebondir après trois ou quatre trimestres de croissance soutenue et l’obtention du financement de l’assurance maladie.
Il a réussi le pari de la réconciliation de l’Amérique avec elle-même avec un sens aigu de la recherche du consensus pour faire avancer les idées.
Au plan international, il avait promis aux Américains de faire revenir les GI’S stationnés en Irak au bercail et de se désengager de ce bourbier. C’est chose faite.
La fermeture de la prison de Guantanamo était aussi l’un de ses crédos ainsi que de mettre fin à la torture sur les prisonniers de guerre.
Il privilégie la concertation avec les autres pays sur les grands problèmes de ce monde plutôt que l’unilatéralisme auquel l’administration Bush nous avait habitués.
Il vient aussi d’abandonner le fameux programme d’installation de missiles sur le sol Européen, en Pologne par exemple, aux portes de la Russie. Ce qui contribue à ralentir la course aux armements.
Il donne surtout de l’Amérique une image positive que celle qui a prévalu jusque là. Le monde n’est plus tout à fait bipolaire et il n’ya pas d’un côté les bons et de l’autre les méchants, des Etats démocratiques et des Etats voyous.
Pour preuve, les négociations engagées avec l’Iran viennent de donner les résultats escomptés à savoir l’abandon de son programme de recherche nucléaire sur le plan militaire contre la poursuite de celui concernant le civil.
En Afghanistan, il consulte encore pour savoir si oui ou non il faut envoyer des troupes supplémentaires pour sa pacification.
Le Nobel de la paix lui a été décerné cette année non pas pour tout ce qu’il a réalisé mais plutôt pour l’encourager dans la voie qu’il s’est fixée et pour le respect de ses engagements de campagne.
Le seul dossier international sur lequel il n’ya pas d’avancées c’est celui concernant le conflit Israélo Palestinien. On a l’impression d’un recul de la position de neutralité au détriment des Palestiniens, par rapport à la résolution de ce conflit.
Les Etats Unis s’apprêtent à signer le protocole de Kyoto contre le réchauffement climatique et sont devenus l’un des acteurs du prochain sommet qui doit se tenir au mois de décembre prochain à Copenhague.
Pour ce qui est de l’Afrique, et comme il l’avait annoncé, il met l’accent sur la bonne gouvernance aussi bien politique qu’économique. C’est ainsi qu’il a réservé son premier déplacement en terre de ses ancêtres, en tant que président, à un pays qui sert d’exemple d’alternance démocratique paisible et de croissance économique c’est-à-dire le Ghana de J. Kuufor et d’Atta Mills.
Il déclarera d’ailleurs lors de cette visite que, « ce dont a besoin l’Afrique ce n’est pas des hommes forts mais plutôt des institutions fortes ».
Les dictateurs Africains et autres tripatouilleurs de constitutions n’ont qu’à bien se tenir car ils sont devenus « hors la loi » aux yeux de l’administration Obama.
Comme vous pouvez vous en rendre compte, l’on a rarement vu un homme politique mettre en pratique l’essentiel de ses engagements de campagne aussi rapidement et de manière substantielle. D’où la décision du jury du Prix Nobel. La tâche ne sera pas facile car il n’est pas aisé d’abandonner une position dominante et surtout de heurter les pesanteurs d’une société imbue de sa supériorité universelle.
Le bon ses est de retour dans la première puissance économique et militaire du monde.
Aboubacar Fofana
Economiste
Président du Club DLG.
Email : aboufof2@yahoo.fr
Blog : http://www.prospectives.over-blog.net
Paris le 6 novembre 2009.

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