Archives de Tag: violences

Guinée: Nos parents gisent toujours dans des fosses communes anonymes

Image
es sur le mont Kakoulima

Moment de recueillement des parents et amis des victimes dans des fosses communes sur le mont Kakoulima. Photo de Mata Thiam sur BlackBerry

Le 18 octobre l’Association des victimes du camp Boiro et de tous les autres camps de concentration où des innocents ont perdu la vie en Guinée ont organisé un voyage sur le mont Kakoulima pour commémorer la mort de leurs parents et amis y ensevelis dans des fosses communes.

Le régime de la première république dirigé par Ahmed Sékou Touré a été une longue succession de discours inflammatoires, plein de haine et de crimes contre notre peuple. Dans la nuit du 17 au 18 octobre 1971, notre pays connaissait une des pires épurations de ce régime sanguinaire. Plusieurs personnes innocentes dont des ministres, des commerçants, des agriculteurs et de simples citoyens furent arrêtées, humiliées, et torturées avant d’être sauvagement tuées. Aucune ethnie ni aucune classe socio-professionnelle n’y échappera. Sur les 26 membres que comptait le gouvernement, 10 furent physiquement éliminés.

Voilà quarante ans que la Guinée a été privée de l’apport de ces valeureux cadres et artisans de l’édification d’une économie qui aurait pu sortir notre pays des conditions de vie misérables dans lesquelles ses populations continuent à se débattre. Leurs corps n’ont eu aucune sépulture. Ces martyrs, comme ceux des nombreuses autres exécutions extra-judiciaires qui ont souillé l’histoire de notre pays, ont été jetés dans des fosses communes dont leurs familles ignorent encore les emplacements pour aller y prier pour le repos de leur âme. Ce qui rend plus douloureux le deuil des familles de victimes c’est que, jusqu’à tout récemment, les régimes qui se sont succédés au pouvoir en Guinée après avoir commis des crimes, refusant d’endosser leurs responsabilités cachaient le sort des détenus ou cherchaient à minimiser leurs forfaitures.

L’Association des victimes du camp Boiro et de tous les autres camps d’extermination du régime sanguinaire de la première république a essayé de dresser uneliste des victimes de cette nuit funeste du 17 au 18 octobre d’il y a quarante. Malheureusement, elle n’a pu en retrouver que quelques noms. Quant aux biens saisis, un grand nombre n’a toujours pas été rendu aux légitimes héréditaires.  De nombreux descendants de familles illustres versent aujourd’hui dans des conditions pénibles, alors que des biens que leurs parents ont réussi à se procurer ont été détruits ou sont encore utilisés par d’autres.

Lorsque les autorités parlent de réconciliation nationale, nous sommes parmi les premiers à la vouloir. Nous l’avons toujours appelée de tous nos vœux. Cependant, nous tenons à réitérer nos simples exigences pour que ce processus par que de nombreux états dans le monde ont entamé, aboutisse en Guinée : localisation, aménagement et restitution des sites où gisent nos martyrs, identification des responsabilités, demande de pardon de la part de l’état et des survivants de la chaine des horreurs, réhabilitation des victimes et restitution des biens aux ayant droits.

Plus jamais ça !

Guinée: M. André Lewin ami de Sékou Touré, mais non de la Guinée

Standard

Dans le cadre de la manifestation "Les 72 heures du livre en Guinée" du 23 au 25 avril 2011, organisée par le Centre culturel franco-guinéen Kouyaté Sory Kandia de Conakry et la maison d’édition française l’Harmattan, l’ancien ambassadeur de France auprès du régime de Sékou Touré de 1975 à1979, a présenté le huitième tome de sa thèse de doctorat sur la Guinée, consacré à Ahmed Sékou Touré (AST). Tout ce qui concerne le premier président et grand dictateur guinéen intéresse beaucoup de monde dans ce pays et ailleurs.

Le tout Conakry intellectuel s’était donné rendez-vous ce dimanche au CCFG pour entendre ce que M. Lewin allait dire à ce peuple dont la majorité ne retient du long règne d’AST que la misère, les camps de concentration, les pendaisons, les fosses communes, les tortures, les humiliations de milliers d’innocents et le décollage économique et social manqué de la Guinée, malgré ses nombreuses ressources naturelles et son potentiel agronomique.

Des membres de l’Association des victimes s’étaient donnés la parole et mobilisés pour cette occasion, renvoyant leur assemblée générale d’une semaine. L’ancien ambassadeur de France est une personnalité qui déroute les guinéens. Fils d’une famille qui a du quitté Aix-la-Chapelle (Aachen) en 1938 pour fuir la dictature nazie, il s’est lié d’amitié avec un dictateur qui a fait plus de 50 000 victimes dans son pays, au point de demander à son médecin traitant, peu de temps avant de mourir, selon le site guineenews.com: « Est-ce que j’aurai le temps de vivre assez longtemps pour réparer le tord que j’ai fais à mon peuple »? Il se proclame ami de la Guinée, mais malgré tous les sévices que son ami sanguinaire a infligé au peuple de ce pays, il a courtisé tous les dirigeants qui l’ont ruinée, trouvant pour chacun des excuses pour sa faillite. Ce qui a conduit le Prof. Ansoumane Doré à relater dans un billet de janvier 2008 sur le site guineepresse.info: "Pour nous, les hommes d’où qu’ils viennent et qui cautionnent les marionnettistes et les m’as-tu vu qui vivent sur la misère du peuple guinéen, ne nous apparaîtront jamais comme des vrais amis de la Guinée."

Après la présentation du livre, l’assistance a voulu poser des questions, mais M. Sansy Kaba Djakité, directeur général de l’Harmattan Guinée, craignant des débordements a écourté les débats. Les membres de l’AVCB ont été déçus. Mais il semblerait que M. Diakité aurait cru à des bruits qui voulaient que nos membres aient planifié d’agresser M. Lewin. Il aurait cité notamment Mme Nadine Bari comme potentielle meneuse de l’action de perturbation planifiée. Pour tant tout esprit équilibré ne pouvait pas cru à de telles balivernes. En effet, cette dame, ancienne fonctionnaire de l’ONU et de l’Union européenne, veuve d’un intellectuel disparu sans jugement sous la dictature, auteur de plusieurs livres sur sa lutte pour savoir les circonstances dans lesquelles celui-ci a été tué en 1971, est tout sauf une championne de lutte ou de boxe. Il s’agissait donc clairement d’un simple manque de volonté d’approfondir le débat.

Les membres de l’AVCB a vite élaboré une stratégie pour faire connaitre ce que M. Lewin n’avait pas révélé au public, la portée de la terreur de son ami. M Telly Diallo, fils du premier secrétaire exécutif de l’Organisation de l’unité africaine qui fut une des illustres victimes de la dictature écrit sur notre Forum:

"pendant que nos doyens Nadine Barry et René Gomez participaient à la clôture officielle des 72 hrs du livre présidée par le ministre de la culture, dr Amadou Tounkara et moi-même étions au siège du Lynx pour une interview de l’AVCB; plusieurs sujets abordés dont la réconciliation, le besoin de justice en Guinée, l’incident au CCF hier, la CPI ,les dérives récentes avec tirs par balles sur la population, jugements en cour pénale d’enfants de 8 ans alors qu’il y a une cour pour les enfants,André Lewin et sa fixation alimentaire sur ast devenu son gagne pain….
notre attente depuis bientôt 3 mois pour être reçus par le PRG…..parution mercredi ou jeudi dans la Lance.. … On vous scannera une copie