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Afrique: Année 2012, une croissance économique à peau de léopard

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Un communiqué de la Banque mondiale en date du 15 avril fait savoir que la croissance économique en Afrique subsaharienne devrait atteindre plus de 5 % en moyenne en 2013-2015. Cette croissance, cependant est due essentiellement aux prix mondiaux élevés des matières premières et à l’augmentation des dépenses affectées à la consommation.

Cette période fait suite à une longue période de de croissance, dont celle de l’année 2012, qui a vu un quart des pays africains enregistrer taux supérieurs ou égaaux à 7 %. Il y a même un groupe de pays, dont font partie, notamment la Sierra Leone, le Niger, la Côte d’Ivoire, le Liberia, l’Éthiopie, le Burkina Faso et le Rwanda, qui figurent parmi les pays qui connaissent la croissance la plus rapide au monde. Pour que cette croissance profite à une plus grande partie de la population, l’accès aux services de base doit être généralisée et ne pas représenté un privilège pour les "gens de en haut".  Makhtar Diop vice-président de la Banque mondiale, pense que:

"Les pays africains devront procurer plus d’électricité, une alimentation nutritive, des emplois et des opportunités aux familles et communautés du continent afin d’améliorer leurs vies, de mettre fin à l’extrême pauvreté et de promouvoir une prospérité commune », déclare le , . « Sans apport supplémentaire d’électricité ni d’augmentation de la productivité agricole, le développement futur de l’Afrique ne pourra être mené à bien.La bonne nouvelle est que les gouvernements africains ont la ferme intention de changer la situation actuelle. "

Cependant, cette étude de la Banque mondiale relève des améliorations. Dans le communiqué de presse, on peut lire:

Africa’s Pulse suggère qu’un nombre de tendances émergeant sur le continent pourrait transformer son état actuel de développement au cours des années à venir. La promesse de revenus importants provenant de l’exploitation minière, une hausse des revenus créée par une expansion considérable de la productivité agricole, la migration à grande échelle des populations de la campagne vers les villes d’Afrique, et un dividende démographique potentiellement créé par la croissance rapide de la population jeune d’Afrique, comptent parmi les facteurs susceptibles de transformer l’Afrique.

L'agriculture et l'élevage doivent constituer les leviers du développement. Photo de T L Miles sur commons.wikimedia.org

L’agriculture et l’élevage doivent constituer les leviers du développement. Photo de T L Miles sur commons.wikimedia.org

Mais dans de nombreux pays, à des  taux de croissance élevés correspond un cout de la vie insupportable pour la majorité de la population. Cette croissance basée sur les exportations minières engendre un accroissement des importations de produits de luxe et alimentaires qu’on pourrait produire sur place. L’exode rural et l’incapacité de l’agriculture locale à répondre aux besoins de la population augmentent. L’argent, abondant pour les privilégiés, renchérit le cout de la vie. C’est ainsi que dans certains pays, exportateurs de pétrole par exemple, des loyers au prix du pain, les plus pauvres sont obligés de supporter des couts qui n’ont souvent pas de rapport avec ce qu’ils gagnent.

Heureusement, il y a des pays où, malgré certains aspects condamnables en ce qui concerne le respect des droits humains, l’accroissement de la richesse est aussi du à des facteurs diversifiés et contribue à faire sortir plus de gens de la pauvreté. Shanta Devarajan, économiste en chef pour la région Afrique de la Banque mondiale et auteur principal de ce rapport, relève que:

de 2005 à 2010, l’Éthiopie et le Rwanda ont connu une expansion de leurs économies de l’ordre de 8 à 10 % (soit entre 5 et 8 % par habitant), ce qui a entraîné une chute annuelle de 1,3 à 1,7 point de pourcentage de leurs taux nationaux de pauvreté.

Ministère des ressources naturelles, Kigali, Rwanda. Une photo que j'ai fete en juillet 2012

Ministère des ressources naturelles, Kigali, Rwanda. Une photo que j’ai fête en juillet 2012, lors de mon pèlerinage.

Le flux des investissements contribue à la croissance. Selon les données de la BM en 2012, par exemple, les flux nets de capitaux privés vers l’Afrique ont augmenté de 3,3 %, pour atteindre un niveau record de 54,5 milliards de dollars, et les entrées d’investissements directs étrangers ont connu un taux de croissance de 5,5 % en 2012, se chiffrant à 37,7 milliards de dollars. A ces flux, on doit aussi ajouter l’envoi de fonds estimés à 31 milliards de dollars pour 2012 et 2011, de la part des émigrés.

Dans de nombreux pays, la gouvernance a tendance à s’améliorer. Justement, à cause du déficit en matière de gouvernance, la Guinée, malgré ses réserves minières importantes et son potentiel agricole, restera encore pour longtemps en dessous de la richesse à laquelle ses habitants pourraient s’attendre. Après cinquante ans de production et d’exportation minières, les populations sont plus pauvres que jamais.

Guinée: Primauté de l’impunité sur l’état de droit en Guinée

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Human Rights Watch  (Photo credit: Wikipedia)

La Guinée a été la première colonie française d’Afrique noire à accéder à l’indépendance en 1958. Du mois de septembre 1958 au mois d’avril 1984, un pouvoir qui se qualifiait de révolutionnaire a transformé le pays en une immense prison à ciel ouvert, arrêtant, torturant, emprisonnant et tuant des citoyens innocents. En 2010, M. Alpha Condé, professeur de droit a accédé au pouvoir après des élections entachées de violences des forces de sécurité et des affrontements inter ethniques.

Une histoire où l’impunité faisait déjà loi

L’historien guinéen, Prof. Tierno Siradiou Bah, Directeur exécutif du Mémorial virtuel Camp Boiro, a écrit sur blog (anglais) :

Arbitrary arrests, detention, torture, fake trials, and executions became a routine. Military barracks turned into detention centers and killing grounds. Thousands of political prisoners disappeared there. The country itself became a global prison. Everyone was a potential target of the ‘revolutionary’ secret police, including children and the elderly. The terror peaked in 1976. Then, in a series of provocative and self-destructive speeches, Sekou Touré incited to ethnic warfare and genocide against the main ethnic group: the Fulɓe.
Located in the center of Conakry, the Camp Boiro National Guard Barracks was the epicenter of the Guinean Gulag. It is estimated that more than 50,000 political prisoners disappeared there. The purges targeted the country’s brightest minds but also the entrepreneurs, the unions leaders, women…

28 septembre en Guinee. Photo via la page facebook de Guinee58

28 septembre en Guinee. Photo via la page facebook de Guinee58

Arrestations et détentions arbitraires, torture, procès truqués et exécutions étaient devenues une routine. Des casernes ont été transformées en centres de détention et des lieux d’exécutions. Des milliers de prisonniers politiques ont disparu là-bas. Le pays lui-même fut devenu en une prison générale. Tout le monde était une cible potentielle de la police secrète «révolutionnaires», y compris les enfants et les personnes âgées. La terreur atteint son sommet en 1976. Puis, dans une série de discours provocateurs et auto-destructeurs, Sekou Touré incita à la guerre ethnique et au génocide contre le principal groupe ethnique: les Fulɓe.
 Situé dans le centre de Conakry, le Camp Boiro, Caserne de la Garde nationale a été l’épicentre du Goulag guinéen. On estime que plus de 50.000 prisonniers politiques ont disparu là-bas. Les purges ciblèrent les esprits les plus brillants du pays, mais aussi des entrepreneurs, des dirigeants des syndicats et des femmes …

L’armée en Guinée via Abdoulaye Bah dans le billet du 2 octobre 2011
Et après Sékou Touré?

Depuis sa mort, d’autres dictateurs ont dirigé le pays, causant eux aussi des violences extrajudiciaires contre la population civile pour diverses prétextes : manifestation syndicale ou étudiante, révolte des femmes contre les conditions misérables et le côut de de la vie, etc.

En 2011, l’ACAT-France ensemble avec de nombreuses organisations guinéennes militantes pour les droits humains ont effectué une enquête à travers le pays et publié une étude sur le phénomène tortionnaire en Guinée, ” Torture : la force fait loi.” A la suite de cette enquête, l’ACAT-France a lancé une pétition en ligne  “GUINÉE. Halte à la torture” adressée au Président Alpha Condé qui se clôturera le 31 décembre. On peut y lire :

la torture reste une pratique courante dans le pays, que ce soit à l’encontre de détenus de droit commun, à l’occasion de répressions de manifestations ou pour sanctionner les militaires suspectés de sédition. Dans un contexte politique qui reste tendu, les autorités feront-elles le choix de rétablir l’état de droit ou de laisser prévaloir l’impunité ?

L’exemple le plus tristement fameux de ces violences qui aient attiré l’attention de la communauté internationale ont été les massacres du 28 septembre 2009 et les jours suivants. Amnesty International rappelle les faits sur son site:

Le 28 septembre 2009, les forces de sécurité guinéennes avaient abattu plus de 150 manifestants non armés durant un rassemblement de l’opposition dans ce même stade. Plus de 40 femmes avaient été violées en public, au moins 1 500 personnes avaient été blessées et beaucoup d’autres avaient disparu.

Nathalie Zajde, maître de conférences, Université de Paris VIII, responsable de la cellule psycho-sociale du Centre Mère et Enfants à Conakry, écrivait sur le site web du quotidien français lemonde.fr à l’occasion de l’anniversaire du deuxième anniversaire des massacres du 28 septembre 2009 :

Je ne sais si Mme Nafissatou Diallo a été ou non victime de violences sexuelles à l’hôtel Sofitel de New York en mai. En revanche, je sais, et nous sommes très nombreux à en avoir les preuves, que plus de 100 femmes guinéennes, dont une majorité de Peules, ont été le 28 septembre 2009 et les jours qui ont suivi, victimes de viols atroces et de tortures commis par des militaires, gendarmes et responsables politiques guinéens dont certains clairement identifiés, et qu’à ce jour, exactement deux ans après les terribles événements, aucun n’a été arrêté, ni même convoqué par des juges.

L’impunité manifeste aujourd’hui

Les Nations unies et l’ONG Human Right Watch avaient chacune envoyé une mission d’enquête en Guinée pour évaluer l’ampleur des violences et dresser une liste des responsables.

Toutefois, en 2011, HRW écrivait :

Personne n’a encore eu à rendre des comptes deux ans après que les forces de sécurité guinéennes eurent abattu des manifestants non armés lors d’un rassemblement de l’opposition à Conakry, la capitale, rappelle aujourd’hui Human Rights Watch…., le gouvernement guinéen doit faire davantage pour s’assurer que justice soit faite pour les victimes du massacre du 28 septembre 2009.

Pourtant, selon la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et l’Organisation guinéenne des droits de l’Homme (OGDH) la Commission d’enquête de l’ONU a remis son rapport au Conseil de sécurité le en juillet 2012 reconnaissant qu’il s’agissait bien de crimes contre l’Humanité et appelant à la saisine de la Cour pénale internationale.

Toutefois, aucune des personnalités qui étaient aux postes de commande des forces de sécurités lors de ces violences n’a été inquiétée, mais au contraire, l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’Homme (OGDH), note:

Nous assistons impuissants à la promotion de certains présumés auteurs de la barbarie à de hautes fonctions civiles et militaires.

Parmi les militaires qui étaient à des postes de commandement et qui ont  été promu pas le Président Alpha Condé, il y a le lieutenant-colonel Tiégboro Camara, inculpé par la justice guinéenne en février passé et qui a été promu au poste de Secrétaire général chargé exclusivement des Services spéciaux, de la Lutte contre la Drogue et le Crime organisé, avec rang de ministre.

Le dernier cas de violence a eu lieu le 9 novembre 2012 lorsque Mme Aissatou Boiro qui enquêtait sur un cas de corruption à haut niveau, a été abattue lorsqu’à la fin de son travail en voulant rentrer à la maison des hommes en armes ont bloqué sa voiture et lui ont tiré dessus en pleine journée. Un billet sur le site de l’ONG Human Rights Watch raconte:

Les hommes ont surgi d’un autre véhicule qui s’était arrêté de manière à bloquer la voiture d’Aissatou Boiro et ont tiré deux fois sur leur victime. Les amis et la famille d’Aissatou Boiro ont rapporté qu’elle avait reçu des menaces de mort…..

Ses collaborateurs ont partagé avec Human Rights Watch qu’elle mènait une enquête sur un détournement de fonds publics présumé de plus de 13 milliards de francs guinéens (1,8 million de dollars américains).

Ecrit par Abdoulaye Bah

Paru en premier lieu sur: http://fr.globalvoicesonline.org/2012/11/24/129200/

Guinée: Depuis 3 ans des viols politiques restent impunis

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Le 28 septembre 2012, date anniversaire des violences sciemment organisées par le pouvoir aux mains des militaires à Conakry, Zainab Bangura, la première dame à avoir occupé le poste de ministre des affaires étrangères de la Sierra-Leone, en sa qualité de Représentante Spéciale du Secrétaire général chargée de la question des violences sexuelles en conflit, a fait une importante mise au point sur l’impunité dont jouissent les responsables de crimes contre l’humanité et, en particulier sexuels, sous le gouvernement du Prof. de droit Alpha Condé. C’est frustrant et douloureux pour les victimes et leurs familles de voir des individus qui devraient recherchés par la justice internationale occuper des postes de responsabilité les narguer ainsi chaque jour leur en exhibant leur puissance à toutes les occasions.

Voici le texte de son message:

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Zainab Bangura, Représentante Spéciale du Secrétaire général chargée de la question des violences sexuelles en conflit  (Photo credit: Wikipedia)

Il y a trois ans de cela, les atrocités commises contre des manifestants pacifiques par les forces de sécurité en Guinée-Conakry ont choqué le monde. Les femmes étaient des cibles particulières de la violence. Les viols publics et collectifs de femmes en plein jour ont dramatiquement montré que les violences sexuelles ne sont pas seulement une arme en temps de guerre. Servant en tant que tactique de conflit ou faisant partie du répertoire de la répression politique, l’objectif est le même : humilier, faire taire, intimider et punir les victimes.
La Commission internationale d’enquête sur les événements du 28 septembre 2009 en Guinée avait confirmé que, en plus du massacre d’au moins 150 manifestants non armés, au minimum 109 femmes ont été victimes de viol et d’autres formes d’abus sexuel. Selon la Commission internationale d’enquête, ces attaques généralisées et systématiques pourraient constituer des crimes contre l’humanité.
Je me félicite de l’inculpation, annoncée au début de ce mois, du colonel Abdoulaye Chérif Diaby, ancien ministre de la Santé du gouvernement Moussa Dadis Camara, pour sa responsabilité présumée dans les événements du 28 septembre 2009. Il est important que ces accusations, ainsi que d’autres, soient traitées rapidement et de manière approfondie, surtout étant donné que la justice en Guinée a déjà été retardée pendant trop longtemps. Bien que le lieutenant-colonel Moussa Tiégboro Camara a été inculpé au début de cette année pour son rôle présumé dans le massacre, à ce jour pas un seul auteur a été reconnu coupable.

En novembre 2011, mon prédécesseur s’est rendu en Guinée pour rencontrer des victimes de viol, des représentants des associations de victimes et des responsables gouvernementaux. Un Communiqué conjoint avait été convenu entre le gouvernement de la Guinée et de l’Organisation des Nations Unies, en indiquant clairement l’engagement du gouvernement à lutter contre l’impunité et, finalement, de prévenir et de décourager les violences sexuelles. Le Communiqué conjoint a également salué l’aide de l’Équipe d’experts sur l’Etat de droit / violences sexuelles dans les conflits pour apporter un appui au Panel de juges en Guinée, créé pour mener des enquêtes nationales et initier des poursuites sur les incidents de 2009. L’Équipe d’experts est actuellement engagé dans des discussions avec les autorités nationales afin de déployer un expert sur les violences sexuelles, et je tiens à encourager le gouvernement de Guinée à faciliter ce déploiement le plus tôt possible.
Il y a un besoin urgent d’aider les survivants et de traduire les coupables en justice. Il est également crucial que toutes les victimes, d’autres témoins et leurs familles bénéficient d’une protection complète et qu’aucun effort ne soit épargné pour assurer leur sécurité tout au long de ce processus. Des agresseurs connus ne doivent pas être autorisés à détenir des positions d’autorité.

S’attaquer à ces atrocités est indispensable pour favoriser la réconciliation, la confiance dans le système de justice et une paix durable. Nous nous sommes engagés à soutenir les efforts du gouvernement pour lutter contre l’impunité pour les violences sexuelles et à faire en sorte que de telles atrocités ne se répètent jamais. Nous continuerons de surveiller la situation en Guinée-Conakry et ailleurs où puissent se produire les violences sexuelles.

Mali: La tragédie des déplacés et exilés

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Watertaxi/bus near Mopti, Mali, on the river N...

taxi sur l’eau/bus sur le Niger à coté de Mopti, au nord du Mali, (Photo credit: Wikipedia)

Pour les populations civiles toutes les guerres se ressemblent car ce sont toujours les innocents à en payer les conséquences. Que faire sinon fuir si des fanatiques qui veulent faire retourner le pays aux siècles des pires violences contre des gens sans arme, leur prennent leurs biens et leur liberté? Les habitants du nord du Mali n’y font pas exception. Exposés aux exactions des terroristes, ils sont obligés de tout abandonner pour sauver leur vie dans les pays voisins.

Le Bureau régional de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies vient de publier le rapport No. 10 sur la situation au Mali, en date du 27 juin 2012, d, soit pour une autre région du pays soit pour un pays voisins.On apprend ainsi qu’à a date du 25 juin, le nombre des déplacés intérieurs enregistrés par les services compétents étaient 158 857 personnes.

Les combats entre les factions armées des 12 et 13 Juin 2012 avaient accéléré les mouvements de population du nord du Mali vers le sud. Cet exode ne concerne pas que des maliens. Il y a aussi des ressortissants des pays voisins qui s’étaient installés au nord du Mali qui se voient contraints de quitter la région soit pour rentrer chez eux soit pour d’autres parties du Mali. Le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés a ainsi enregistré 2.250 nigériens qui sont retournés au Niger.

Sénégal: La parité sur les listes se traduira-t-elle par un parlement plus féminisé?

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English: Map of countries showing CEDAW enforc...

Pays appliquant le mieux les recommandations de la CEDAW Photo extraite de Wikipedia)

Au moment où le Comité des Nations Unies chargé de veiller à l’application de la Convention  sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (la CEDAW) s’apprête à  célébrer son 30ème anniversaire lors d’une réunion qui se tiendra à New York le 9 juillet, les sénégalais sont conviés aux urnes pour des élections législatives historiques ce 1er juillet. En effet, pour la première fois dans l’histoire démocratique de leur pays, les partis politiques étaient obligés d’appliquer la loi sur la parité stricte entre hommes et femmes dans les listes de leurs candidats, sous peine d’être rejetées.

Lors de l’adoption de la loi sur la parité, en 2010, Elodie ADOU avait écrit sur djibitv.com:

L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté un projet de loi visant à instituer la parité absolue homme-femme dans toutes les institutions totalement ou partiellement électives.
…  Dans son article 2, il stipule que "les listes sont alternativement composées des deux sexes.“Les listes de candidatures doivent être conformes aux dispositions" de cette loi "sous peine d’irrecevabilité", selon des source parlementaire. Le projet de loi sur la parité homme-femme a été adopté par la majorité des députés dont seulement trois ont voté contre.

Les partis ne pouvaient donc pas ignoré cette loi, bien que certains d’entre eux aient présenté les candidates dans des circonscriptions difficiles à gagner. Elles ne seront probablement pas nombreuses à entrer au parlement. N’importe, ce sera une prochaine fois. L’important c’est que la loi soit respectée. Les leaders des partis finiront bien par comprendre qu’il est de l’intérêt de tous que la parité soit rendue effective.

Les initiatives et les appels pour une forte participation aux élections ont été lancé par les médias et la blogosphère. Ainsi, les hashtags #sunu2012 #senegal font le buzz en ce moment aussi bien sur Facebook, Tweeter que les blogs personnels.

IjahManNattySeydi@NattySeydi a écrit sur Tweeter:

n’oubliez pas d’aller voter ce dimanche pour choisir vos deputes c’est tout aussi important que l’election d’un president #sunu2012 #senegal

La page Facebook sunu2012 "Je VOTE et je préserve mon PAYS", compte près de 4000 fans. Parmi les différentes interventions, celle qui a retenu le plus mon attention est celui de senegalmedias.blogspot.com qui a première vue n’a pas trait directement aux élections, car il traite de la pénétration des NTIC au pays de la Teranga.

Les médias sociaux ne peuvent jouer un rôle important dans la vie politique et sociale d’un pays que si leur diffusion atteint un seuil significatif. Pour le Sénégal, si ce seille n’est pas atteint, on y approche.  On apprend, en effet, que Facebook compte 712 880 utilisateurs soit une pénétration de 5,06% de taux pénétration dans la population totale,  77,24% de taux pénétration de la population en ligne. Ces chiffres placent le Sénégal au 9ème rang africain pour le nombre d’utilisateurs et au 88ème rang mondial pour le nombre d’utilisateurs. Avec 1 989 396 utilisateurs d’Internet, les internautes qui appuient dans leur grande majorité la loi sur la parité, leur nombre actuel leur permet de jouer un rôle de catalyseur pour la mobilisation des électeurs et aussi pour la surveillance dans le processus électoral.

Au-delà du Sénégal, il faut dire que d’une manière générale, au niveau mondial, selon des données établies par l’Union interparlementaire à partir d’informations fournies par les parlements nationaux, à la date du 31 mai 2012, 32 pays comptaient plus de 30 % de femmes à la chambre basse de leur parlement, dont neuf pays avec un chiffre de 40 % et plus. Parmi les pays ayant un fort pourcentage de femmes élues il y a de nombreux états de notre continent. Des 7 pays les plus performants, le premier au niveau mondial est le Rwanda avec 56,3 pour cent, suivi des Seychelles avec 43,8 (5éme), de l’Afrique du sud avec 42,3 (7ème). Mais de nombreux autres pays africains ont atteint et même dépassé les 30 pour cent. On compte, en effet, en tout 7 pays d’Afrique sub-saharienne. En plus de ceux déjà cités, il y a le Mozambique avec 39,2 pour cent au douzième rang, l’Angola avec 38,2 pour cent au 15ème au niveau mondial, la Tanzanie avec 36,0 pour cent, 18ème, l’Ouganda aavec 35 pour cent au 19ème, le Burundi avec 30,5 pour cent au 29 rang.

Un taux de présence de 30 pour cent est considéré par l’UIP comme ce seuil critique, les femmes peuvent peser davantage sur l’agenda politique dans leur pays.

Il est triste de remarquer dans ce classement que malgré les révolutions qui ont eu lieu en Afrique du nord, l’Algérie, le premier pays de cette sous-région, n’est que 26ème avec 31,6 pour cent de femmes au parlement.

Afrique: La 4ème semaine de l’eau du 14 au 18 mai 2012 au Caire

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La 4ème Semaine africaine de l’eau (aww-4), aura lieu au Caire en Égypte du 14 au 18 mai 2012. Hors des hôtels et des lieux huppés, lorsqu’on se rend dans les villes ou les campagnes africaines ce qui frappe certainement le plus ce sont les efforts des femmes et des enfants pour approvisionner les foyers en eau. A Conakry, en Guinée, par exemple, comme les gouvernements qui se sont succédés depuis l’indépendance n’ont pensé qu’à comment conserver le pouvoir même contre la volonté populaire n’ont rien fait pour satisfaire les besoins les plus élémentaires des populations, l’eau que l’on trouve partout sauf dans les conduites d’eau, les femmes veillent toute la nuit pour attendre que le précieux liquide daigne sortir des robinets pour remplir des récipients pour les besoins des familles, dans les familles privilégiées. Dans les quartiers les plus pauvres, qui sont aussi les plus nombreux, elles sont contraintes d’aller faire des queues interminables pour se servir auprès des rares points d’eau. Dans les campagnes, elles doivent parcourir de longs trajets pour aller puiser dans les cours d’eau les plus proches, soit à des Km de leur foyer.

La situation est tellement critique que la vente de l’eau transportée dans des charrettes est une activité qui occupent de nombreux jeunes déscolarisés comme le signale la  West Africa Democracy Radio:

A Conakry la capitale de la Guinée, le transport par charrettes ou par  brouettes  de bidons d’eau de 20 litres est devenu une activité génératrice de revenus pour de nombreux jeunes déscolarisés, une activité de survie.

Le manque d’eau  à Conakry et sa périphérie a favorisé l’émergence  de cette activité  qui attire de plus en plus de jeunes d’autres régions en dehors de la capitale. L’accès à l’eau potable demeure un défi à relever dans ce pays pourtant appelé château  d’eau de l’Afrique occidentale.

Cette semaine du Caire sera une autre occasion pour les ministres en charge de l’approvisionnement en eau des pays africains de se rencontrer, étaler des constats pitoyables et prendre des engagements qui ne seront jamais tenus.

D’après ses organisateurs, le Conseil des Ministres Africains de l’Eau(AMCOW) elle:

intervient à une époque où une attention plus grande encore doit être fournie au lien entre eau, croissance et développement, d’où la décision de rappeler comment le continent a exploité les ressources en eau pour développer les économies africaines étant donné le lien entre agriculture, énergie, transport, environnement et santé. 2012 est aussi l’année du 10ème anniversaire de l’AMCOW et le thème de aww-4  "Eau pour la croissance en Afrique, le bilan de l’AMCOW après 10 ans" prend la mesure de l’organisation continentale avec le mandat de l’UA procurant un leadership politique, des directions politiques et un plaidoyer pour la distribution, l’utilisation et la gestion des ressources en eau pour un développement socio-économique durable et le maintien des écosystèmes en Afrique.

Rappelons que la cible 10 de l’objectif 7 des objectifs du Millénaire pour le développement vise à diviser par deux la proportion de la population qui n’a pas accès à un approvisionnement en eau potable salubre et à des services d’assainissement de base avant 2015. Le 6 mars 2012, l’Organisation mondiale de la santé et l’UNICEF ont annoncé que cet objectif avait été atteint. De nombreux africains ont émis des doutes en ce qui concerne leur continent.

UNESCO-Guinée équatoriale: STOP au prix Obiang Nguema Mbasogo

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Une lettre signée par 23 organisations et journalistes africains militant pour la protection des droits des médias a été adressée aux membres du Conseil Exécutif de l’UNESCO demandant de révoquer le prix Obiang Nguema Mbasogo pour la Recherche en Sciences de la Vie. Cette lettre est venue en un moment opportun car il ne faudrait pas que les difficultés financières dans lesquelles verse cette organisation conduisent son Conseil exécutif à lever sa suspension qui avait été décidée la dernière fois en octobre 2011. Le principe de son maintien devait être débattu ce printemps.

Le lobby constitué par les pétrodollars soustraits par la corruption et l’achat de biens mal acquis à la population de la Guinée équatoriale avait réussi en 2010 à faire accepter ce prix d’un montant total de 3 millions de dollars destiné à des chercheurs qui se sont distingués dans différents domaines de la médecine. C’est malheureux, que ce soient les pays de l’Union africaine, dont le dictateur assure la présidence tournante qui soient les plus chauds partisans du maintien de ce prix, que l’on devrait plutôt qualifié de la honte.

Voici le texte intégral de la lettre, tandis que la liste complète des 23 organisations et journalistes africains est accessible ici.

Le 29 février 2012

Les Membres du Conseil Exécutif
L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO)
Siège de l’UNESCO
7, Place de Fontenoy
75352 Paris 07 SP
France

CPI : Irina Bokova, Directrice Générale

Objet : Prix International UNESCO-Obiang Nguema Mbasogo pour la Recherche en Sciences de la Vie

Chers Membres Délégués du Conseil Exécutif

Nous soussignés organisations et journalistes Africains pour la protection des droits des medias, vous écrivons pour nous opposer sans équivoque au Prix International UNESCO-Obiang Nguema Mbasogo pour la Recherche en Sciences de la Vie et de vous demander de révoquer ce prix lors de votre prochaine session.

L’UNESCO étant une organisation qui championne la liberté d’expression et encourage la liberté des medias en particulier, ne devait jamais accepter le don de $3 million fait par le Président de la Guinée Equatoriale pour financer ce prix. Le régime du Président Obiang, au pouvoir depuis 32 ans, a systématiquement étouffé la liberté de la presse et a fait taire les voix critiques. Bien qu’un petit pourcentage de la population locale puisse avoir accès aux informations en provenance de l’étranger par le biais de l’internet et par les émissions de satellite, le gouvernement ne cesse de restreindre de main forte les activités de la plupart des medias et ainsi limite l’accès des citoyens à l’information. Les stations de radio et de télévision qui existent dans le pays sont les fiefs du gouvernement ou des membres de la famille du Président Obiang et l’ensemble de la section de la presse écrite qui sortent de manière régulière est contrôlé soit par l’état soit par les proches du président.

Deutsch: UNESCO-Chefin Irina Bokowa bei der Er...

Irina Bukova Image via Wikipedia

Les journalistes étrangers et locaux sont systématiquement harcelés, détenus et censurés. En février 2011 le gouvernement a interdit aux présentateurs d’émettre les rapports relatifs aux soulèvements du Printemps Arabe. Un présentateur de la radio d’état a été par conséquent suspendu pour avoir parlé de la Libye lorsqu’il était à l’antenne. En juin 2011 un équipage de télévision allemande ont vue leur séquences détruites avant d’être expulsé, ce, pour avoir filmé les quartiers pauvres de la capitale et pour avoir interviewé un avocat de la défense des droits humains et un membre du parti de l’opposition.

Nous avons appris que le Président Obiang a proposé une modification du titre du prix par la suppression de son nom, mais cela ne va pas effacer nos préoccupations du fait que son don de $3 million associe lui-même et les abus perpétré par son gouvernement à l’UNESCO, et de cette façon nuit à la mission précieuse de l’organisation. Nous avons également conscience du fait que ce fonds serait contaminé par la corruption du haut niveau dont la Guinée Equatoriale est renommée. Ce n’est pas un secret que les enquêtes toujours en cours en France et aux Etats Unis ont mené à la confiscation des biens de Teodoro Nguéma Obiang Mangue, le fils du Président. Des documents produits en matière des enquêtes séparées menées par le Sénat américain ainsi que le Département de la Justice des Etats Unis suggèrent une constante de corruption systématique au plus haut niveau du régime du Président Obiang. Malheureusement, les journalistes qui se trouvent au sein du pays ne peuvent pas rapporter ces faits étant donné les restrictions sévères qui leur sont imposées.

En tant qu’une organisation qui plaide pour “l’accès à l’information et à la connaissance” l’UNESCO ne doit pas accepter l’argent d’un leader dont les actions au cours des décennies font fi de ces principes. Nous vous encourageons à abolir en sa totalité ce prix Obiang de l’UNESCO et de mettre en œuvre de nouvelles directives susceptibles d’empêcher directement ou indirectement, dans l’avenir, la création des prix qui par intermédiaire de leur association aux individus ou gouvernements contredisent le mandat principal de l’UNESCO.

Guinée: Madifing Diané, ancien tortionnaire nommé ambassadeur au Sénégal

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L’association Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djalon (Ensemble pour le développement du Fouta-Djallon) dénonce la nomination de Madifing Diané  comme ambassadeur de la Guinée au Sénégal qui suscite beaucoup d’émoi parmi les militants des droits de l’homme, les associations de victimes et tous les citoyens guinéens soucieux de coopération et d’intégration régionale. Un appel a été adressé aux organisations internationales listées ci-dessous. Les destinataires sont autorisés à le transmettre à qui ils estiment nécessaire.

Voici comment Mr. Madifing est présenté. Il:
"fut un tortionnaire notoire durant le régime de Sékou Touré. Avant d’être recruté comme membre des équipes du sinistre Siaka Touré, Mr. Madifing Diané  fut instituteur à l’école primaire du camp Boiro. Son rôle consistait entre autres, à  tenir le registre des personnes à arrêter, à conduire des interrogatoires sous la torture et à préparer des rapports sur  les aveux  pour la présidence.  En outre il était en charge de la censure des aveux enregistrés avant leur diffusion à la radio nationale de l’époque. En plus, Mr. Madifing Diané  était le correspondant des agents secrets en charge de déstabiliser l’opposition qui était regroupée à l’extérieur pour échapper à la répression. A ce titre, comme il l’a lui-même reconnu, entre 1971 et 1984,  Mr. Madifing Diané  était en contact avec l’ancien espion du PDG, Jean-Marie Doré qui fut premier ministre du gouvernement de transition.  Lié à l’ancien président guinéen, Lansana Conté, par le même passé d’agent des services secrets de Sékou Touré,  Mr. Diané sera promu au rang de ministre de la sécurité par ce dernier.
D’après cette association, en sa qualité ambassadeur au Sénégal  Mr.  Diané aura pour  mission:
"d’infiltrer et de déstabiliser la communauté guinéenne.   Le président guinéen voit en cette communauté une base favorable à son ancien adversaire politique. Dans de récentes déclarations, Mr. Alpha Condé a fait allusion à des complots en préparation contre lui à partir du territoire sénégalais. Parmi les scenarios de la mission de l’ambassadeur, il y a celui de la création d’incidents contre  les citoyens  sénégalais établis en Guinée afin de susciter des mesures de rétorsion contre l’importante diaspora Guinéenne au Sénégal. Ces informations sont à prendre au sérieux étant donné  le nombre de citoyens guinéens (principalement peuls) résidant au Sénégal.   Notre association en appelle à la vigilance dans notre communauté,  à l’intérieur comme au Sénégal,  afin de déjouer toutes provocations de nature à compromettre les relations fraternelles entre les citoyens sénégalais et guinéens.
Cette nomination vient après celles de deux religieux El Hadj Mamadou Saliou Camara, imam de la grande mosquée Fayçal, et monseigneur Vincent Koulibaly, archevêque de Conakry, pour co-présider une «Commission provisoire de réflexion sur les conditions de mise en oeuvre et de réalisation de la réconciliation nationale», celle de personnalités figurant sur la liste de personnes ayant commis des actes contre l’humanité établie par  les Nations Unies et la promotion à des grades supérieurs de militaires qui se sont distingués dans la répression contre des manifestants désarmés.
L’élection d’un civil à la présidence de la Guinée, qui prétend avoir été professeur de droit à la Sorbonne, avait suscité quelques espoirs chez ces électeurs et des craintes de la part de ses nombreux détracteurs, malheureusement son action depuis son élection déçoit les premiers et donne raison aux seconds.