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La culture pour la promotion de la langue maternelle en 2012

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La seule manière de préserver sa langue c’est de l’utiliser.  Nos langues ont besoin qu’on les utilise plus fréquemment.  Pourtant pour les intellectuels de la diaspora ce simple constat est difficile à réaliser tous les jours à cause de l’isolement et l’habitude perdue de le faire car les langues apprises dans les classes ont pris le dessus, depuis la plus tendre enfance.

Burkina Faso: primary school in Dourtenga

Apprendront-ils leur langue? Image Wikipedia

Image via Wikipedia

A l’école primaire, il était interdit de parler sa langue maternelle pendant la période coloniale. A Pita, en Guinée, où j’ai fait le primaire, à partir d’un certain niveau de connaissance du français, le matin dès l’arrivée à l’école si le maitre entendait un enfant parler sa langue il lui remettait ce qu’on appelait le témoins. Ce premier enfant devait le remettre à son tour à celui qu’il entendait faire la même chose. A la fin des cours, le maitre demandait au premier gosse à qui il avait remis le témoins qui avait été le deuxième à le recevoir et celui-ci devait indiquer le suivant jusqu’au dernier et qui devait l’avoir. Le maitre identifiait ainsi tous ceux qui avaient parlé leur langue maternelle. Ensuite il nous divisait en groupes de deux et nous intimait de se gifler. Si un d’entre nous le faisait sans trop de conviction le maitre se prenait la relève en giflant celui qui était considéré comme plus mou.

Une autre manière de nous faire passer l’envie de parler nos langues était de nous obliger à faire le « tire-oreille ». L’exercice consistait à tenir le lobe de l’oreille gauche avec la main droite et le lobe de l’oreille droite avec l’autre main. Ensuite on devait faire la génuflexion jusqu’à ce que les fesses touchent les talons le plus rapidement que nous pouvions, pendant quelques minutes.

C’est pour cela que de nombreux intellectuels qui ont fréquenté l’école pendant la période coloniale parlent mieux le français que leurs langues. Ce qui a pour conséquence que nous utilisons peu nos langues et qu’il y en a qui sont en danger. Mais ce n’est pas seulement en Afrique francophone qu’il y a des langues en danger de mort car le nombre de locuteurs les utilisant diminue d’année en année. Avec 96 % des 6000 langues parlées par seulement 4 % de la population mondiale, l’UNESCO fait savoir que près de la moitié des langues parlées dans le monde aujourd’hui pourraient avoir disparu d’ici la fin de ce siècle.

L’Atlas de l’UNESCO des langues en danger fait savoir qu’avec la disparition de langues non écrites et non documentées, l’humanité perdrait non seulement une richesse culturelle, mais aussi d’importantes connaissances ancestrales, contenues en particulier dans les langues indigènes.

Depuis la proclamation du 21 février comme Journée de la langue maternelle en 1999 par l’UNESCO, les pays africains ont participé activement aux célébrations et quelques actions concrètes ont vu le jour. Voici quelques exemples de ce qui était au programme cette année dans quelques pays.

Dans un billet publié sur afriquesenlutte.org, on apprend qu’au Bénin, les manifestations suivantes devaient se dérouler du 18 au 21 février 2012 pour la commémoration de cette Journée:

1 La marche pour sa langue maternelle le 18 février de la place de l’Etoile Rouge au CPA ;

2 L’exposition des livres et matériaux en langues maternelles du 18 au 21 février au CPA ;

3 La conférence publique ainsi que les manifestations culturelles le 21 février 2012 au CPA.

A Dakar, au Sénégal, dans un communiqué le ministère de l’Enseignement élémentaire, du Moyen, du secondaire et des Langues nationales a annoncé qu’un se serait tenu ce mardi 21 février au siège local de la représentation de l’UNESCO sur ‘’L’utilisation des langues maternelles pour une éducation inclusive, l’expérience sénégalaise et les leçons tirées de la mise à l’essai de l’introduction des langues nationales à l’école entre 2002 et 2008’’.

Suite à ce débat Elh Meïssa Diop, directeur de l’Alphabétisation et des Langues nationales (DALN) a annoncé que:

 Il y a une initiative importante dans laquelle le Sénégal est avec 8 autres pays [Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Mali, Niger, République Démocratique du Congo, Sénégal] appuyés par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) pour redémarrer l’expérience de l’introduction des langues nationales à l’école’’.

Il a ajouté que:

Le Sénégal va s’appuyer aussi sur l’expérience du Burkina, qui a fait des avancées dans le domaine de l’introduction des langues nationales dans son système éducatif. Des experts sénégalais ont participé à ce processus, selon le Directeur des Langues nationales.
‘’Le Burkina Faso a aujourd’hui des collèges multilingues et il est important de s’inspirer de ce qu’ils ont fait dans ce domaine pour éviter certains erreurs. Cela ne sert à rien de réinventer la roue’’, a estimé Elh Meïssa Diop.

En Côte-d’Ivoire la Journée a été célébrée sous le signe de langue nationale et cohésion sociale. A cet effet, plusieurs initiatives ont eu lieu autour de ce thème avec la participation de hautes autorités du pays.

Le blog afrikakom.com nous informe que dans ce cadre :

Le ministre de la Culture et de la Francophonie, Maurice Kouakou Bandama et son équipe veulent faire de la promotion des langues maternelles en Côte d’Ivoire l’une de leurs priorités. Car, cela permettra d’assurer une bonne éducation des enfants et surtout de préserver la culture ivoirienne dans sa diversité.

Une vidéo a été produite et publiée sur Youtube.

Le blog camer.be a annoncé dans un billet du début de cette année une initiative visant à faciliter l’accès à la connaissance de la Constitution camerounaise et du Code pénal par l’usage de la langue maternelle d’une des populations du nord du pays:

De l’impératif de traduire les Constitution et Code Pénal du Cameroun en langues nationales. Cet article s’inspire du courage de notre compatriote Monsieur Oumarou Sanda qui a osé traduire le nouveau code de procédure pénale en langue nationale Fufuldé.

En république centrafricaine, une radio a pris une heureuse initiative, mais qu’il serait souhaitable de continuer au-delà de cette journée. En effet, elle a écrit sur son site:

Une fois n’est pas coutume. Les auditeurs de Radio Ndeke Luka se sont réveillés ce matin du 21 février 2012 avec des salutations en divers dialectes nationaux, au démarrage des programmes de leur station.  Ce geste professionnel marque la célébration ce mardi à travers le monde de la Journée Internationale de la  « Langue Maternelle ».

A Madagascar, selon matv.mg, la Journée a été célébrée de la manière suivante :

En ce sens, une exposition sur le «Hira Gasy» se tiendra du 21 au 23 février prochain au Cemdlac d’Analakely. Elle s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale de la langue maternelle, célébrée chaque année le 21 février. En outre, une exposition des activités de cette direction aura également lieu le 21 février prochain à la bibliothèque nationale d’Ampefiloha.
La direction du ministère de la Culture et du Patrimoine veut organiser  un concours d’art oratoire «Kabary». Ce concours s’adressera à tous les établissements scolaires du pays, pour cette année 2012. Il devra s’inscrire dans le cadre de la célébration du 600ème anniversaire du Kabary.

Par curiosité et pour me convaincre que le Kabary fetait bien son 600ème anniversaire, j’ai tapé le mot sur Google. Le mot apparait  129 000 fois. M. Rabenandrasana Lalao, Vice-président de l’ Association des orateurs malgaches (FIMPIMA) explique la signification du:

“kabary” vient de l’arabe “kabar”. Par contre, son contenu renferme bien notre mentalité. Par définition, le kabary est un discours prononcé à haute voix devant un public. Il doit être illustré par des proverbes et des maximes pour émerveiller l’auditoire. Il ne s’agit pas seulement de faire vibrer le coeur ou l’âme.

En République démocratique du Congo Aimé MBG relève sur congoopportunities.net que:

Jadis, une importance particulière était accordée  aux langues maternelles : à l’école, il y avait un programme adapté ;  voire en famille,  les parents apprenaient à leurs progénitures l’identité culturelle linguistique. Dans les grandes villes du pays actuellement, la langue maternelle est considérée comme un facteur de sous-développement voire de complexe.Maimouna Barry

Les nouvelles technologies contribue activement à faciliter l’accès à un usage écrit des langues maternelles. Il existe des blogs et des pages Facebook qui n’utilisant que ces langues. C’est le cas du groupe peulh/fulfulde Peeralinternational qui a ouvert une page Facebook ayant recueilli déjà plus de 1900 membres qui a publié le 21 février la liste des 11 écrivains qui ont le plus publié dans cette langue. Son blog a été vu plus de 500 000 fois en 4 ans d’existence.

Le site mboasu.com informe  que :

Après le Mali, la culture africaine sera une fois de plus célébrée au Tchad et plus précisément dans la ville de Fada le 24 au 26 février 2012 dans le cadre du festival des cultures sahariennes.

Au Mali, Boukary Konaté, parmi tant d’autres, multiplie les activités dans l’utilisation des blogs, Facebook et Twitter en bambara dans les villages les plus reculés du Mali.

Dans tous les pays africains les chansons en langues maternelles sont prisées dans toutes les couches de la société. Cette vidéo de l’artiste Guinée en malinké Sékouba Bambino a été vue près de 54 000 fois ; celle de Petit Yero de Bantingel en pulaar plus de 108 000 fois et cette autre de Rica intitulée “Djomba” (la jeune mariée) plus de 404 000 fois. De nombreux blogs, vidéos sur Youtube ou pages FB sont consacrés à la musique nationale ou bien publient des classements des meilleures ventes de disques et de films.  La facilité avec laquelle on peut monter une radio ou une TV en ligne permet aussi de coaguler de nombreuses personnes intéressées par les mêmes sujets autour de sites de partage.

Malheureusement, dans ma pauvre Guinée il semble que l’on ait d’autres chats à fouetter en ce moment.

La culture pour la promotion de la langue maternelle en 2012

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La seule manière de préserver sa langue c’est de l’utiliser.  Nos langues ont besoin qu’on les utilise plus fréquemment.  Pourtant pour les intellectuels de la diaspora ce simple constat est difficile à réaliser tous les jours à cause de l’isolement et l’habitude perdue de le faire car les langues apprises dans les classes ont pris le dessus, depuis la plus tendre enfance.

Burkina Faso: primary school in Dourtenga

Image via Wikipedia

A l’école primaire, il était interdit de parler sa langue maternelle pendant la période coloniale. A Pita, en Guinée, où j’ai fait le primaire, à partir d’un certain niveau de connaissance du français, le matin dès l’arrivée à l’école si le maitre entendait un enfant parler sa langue il lui remettait ce qu’on appelait le témoins. Ce premier enfant devait le remettre à son tour à celui qu’il entendait faire la même chose. A la fin des cours, le maitre demandait au premier gosse à qui il avait remis le témoins qui avait été le deuxième à le recevoir et celui-ci devait indiquer le suivant jusqu’au dernier et qui devait l’avoir. Le maitre identifiait ainsi tous ceux qui avaient parlé leur langue maternelle. Ensuite il nous divisait en groupes de deux et nous intimait de se gifler. Si un d’entre nous le faisait sans trop de conviction le maitre se prenait la relève en giflant celui qui était considéré comme plus mou.

Une autre manière de nous faire passer l’envie de parler nos langues était de nous obliger à faire le « tire-oreille ». L’exercice consistait à tenir le lobe de l’oreille gauche avec la main droite et le lobe de l’oreille droite avec l’autre main. Ensuite on devait faire la génuflexion jusqu’à ce que les fesses touchent les talons le plus rapidement que nous pouvions, pendant quelques minutes.

C’est pour cela que de nombreux intellectuels qui ont fréquenté l’école pendant la période coloniale parlent mieux le français que leurs langues. Ce qui a pour conséquence que nous utilisons peu nos langues et qu’il y en a qui sont en danger. Mais ce n’est pas seulement en Afrique francophone qu’il y a des langues en danger de mort car le nombre de locuteurs les utilisant diminue d’année en année. Avec 96 % des 6000 langues parlées par seulement 4 % de la population mondiale, l’UNESCO fait savoir que près de la moitié des langues parlées dans le monde aujourd’hui pourraient avoir disparu d’ici la fin de ce siècle.

L’Atlas de l’UNESCO des langues en danger fait savoir qu’avec la disparition de langues non écrites et non documentées, l’humanité perdrait non seulement une richesse culturelle, mais aussi d’importantes connaissances ancestrales, contenues en particulier dans les langues indigènes.

Depuis la proclamation du 21 février comme Journée de la langue maternelle en 1999 par l’UNESCO, les pays africains ont participé activement aux célébrations et quelques actions concrètes ont vu le jour. Voici quelques exemples de ce qui était au programme cette année dans quelques pays.

Dans un billet publié sur afriquesenlutte.org, on apprend qu’au Bénin, les manifestations suivantes devaient se dérouler du 18 au 21 février 2012 pour la commémoration de cette Journée:

1 La marche pour sa langue maternelle le 18 février de la place de l’Etoile Rouge au CPA ;

2 L’exposition des livres et matériaux en langues maternelles du 18 au 21 février au CPA ;

3 La conférence publique ainsi que les manifestations culturelles le 21 février 2012 au CPA.

A Dakar, au Sénégal, dans un communiqué le ministère de l’Enseignement élémentaire, du Moyen, du secondaire et des Langues nationales a annoncé qu’un se serait tenu ce mardi 21 février au siège local de la représentation de l’UNESCO sur ‘’L’utilisation des langues maternelles pour une éducation inclusive, l’expérience sénégalaise et les leçons tirées de la mise à l’essai de l’introduction des langues nationales à l’école entre 2002 et 2008’’.

Suite à ce débat Elh Meïssa Diop, directeur de l’Alphabétisation et des Langues nationales (DALN) a annoncé que:

 Il y a une initiative importante dans laquelle le Sénégal est avec 8 autres pays [Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Mali, Niger, République Démocratique du Congo, Sénégal] appuyés par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) pour redémarrer l’expérience de l’introduction des langues nationales à l’école’’.

Il a ajouté que:

Le Sénégal va s’appuyer aussi sur l’expérience du Burkina, qui a fait des avancées dans le domaine de l’introduction des langues nationales dans son système éducatif. Des experts sénégalais ont participé à ce processus, selon le Directeur des Langues nationales.
‘’Le Burkina Faso a aujourd’hui des collèges multilingues et il est important de s’inspirer de ce qu’ils ont fait dans ce domaine pour éviter certains erreurs. Cela ne sert à rien de réinventer la roue’’, a estimé Elh Meïssa Diop.

En Côte-d’Ivoire la Journée a été célébrée sous le signe de langue nationale et cohésion sociale. A cet effet, plusieurs initiatives ont eu lieu autour de ce thème avec la participation de hautes autorités du pays.

Le blog afrikakom.com nous informe que dans ce cadre :

Le ministre de la Culture et de la Francophonie, Maurice Kouakou Bandama et son équipe veulent faire de la promotion des langues maternelles en Côte d’Ivoire l’une de leurs priorités. Car, cela permettra d’assurer une bonne éducation des enfants et surtout de préserver la culture ivoirienne dans sa diversité.

Une vidéo a été produite et publiée sur Youtube.

Le blog camer.be a annoncé dans un billet du début de cette année une initiative visant à faciliter l’accès à la connaissance de la Constitution camerounaise et du Code pénal par l’usage de la langue maternelle d’une des populations du nord du pays:

De l’impératif de traduire les Constitution et Code Pénal du Cameroun en langues nationales. Cet article s’inspire du courage de notre compatriote Monsieur Oumarou Sanda qui a osé traduire le nouveau code de procédure pénale en langue nationale Fufuldé.

En république centrafricaine, une radio a pris une heureuse initiative, mais qu’il serait souhaitable de continuer au-delà de cette journée. En effet, elle a écrit sur son site:

Une fois n’est pas coutume. Les auditeurs de Radio Ndeke Luka se sont réveillés ce matin du 21 février 2012 avec des salutations en divers dialectes nationaux, au démarrage des programmes de leur station.  Ce geste professionnel marque la célébration ce mardi à travers le monde de la Journée Internationale de la  « Langue Maternelle ».

A Madagascar, selon matv.mg, la Journée a été célébrée de la manière suivante :

En ce sens, une exposition sur le «Hira Gasy» se tiendra du 21 au 23 février prochain au Cemdlac d’Analakely. Elle s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale de la langue maternelle, célébrée chaque année le 21 février. En outre, une exposition des activités de cette direction aura également lieu le 21 février prochain à la bibliothèque nationale d’Ampefiloha.
La direction du ministère de la Culture et du Patrimoine veut organiser  un concours d’art oratoire «Kabary». Ce concours s’adressera à tous les établissements scolaires du pays, pour cette année 2012. Il devra s’inscrire dans le cadre de la célébration du 600ème anniversaire du Kabary.

Par curiosité et pour me convaincre que le Kabary fetait bien son 600ème anniversaire, j’ai tapé le mot sur Google. Le mot apparait  129 000 fois. M. Rabenandrasana Lalao, Vice-président de l’ Association des orateurs malgaches (FIMPIMA) explique la signification du:

"kabary" vient de l’arabe "kabar". Par contre, son contenu renferme bien notre mentalité. Par définition, le kabary est un discours prononcé à haute voix devant un public. Il doit être illustré par des proverbes et des maximes pour émerveiller l’auditoire. Il ne s’agit pas seulement de faire vibrer le coeur ou l’âme.

En République démocratique du Congo Aimé MBG relève sur congoopportunities.net que:

Jadis, une importance particulière était accordée  aux langues maternelles : à l’école, il y avait un programme adapté ;  voire en famille,  les parents apprenaient à leurs progénitures l’identité culturelle linguistique. Dans les grandes villes du pays actuellement, la langue maternelle est considérée comme un facteur de sous-développement voire de complexe.Maimouna Barry

Les nouvelles technologies contribue activement à faciliter l’accès à un usage écrit des langues maternelles. Il existe des blogs et des pages Facebook qui n’utilisant que ces langues. C’est le cas du groupe peulh/fulfulde Peeralinternational qui a ouvert une page Facebook ayant recueilli déjà plus de 1900 membres qui a publié le 21 février la liste des 11 écrivains qui ont le plus publié dans cette langue. Son blog a été vu plus de 500 000 fois en 4 ans d’existence.

Le site mboasu.com informe  que :

Après le Mali, la culture africaine sera une fois de plus célébrée au Tchad et plus précisément dans la ville de Fada le 24 au 26 février 2012 dans le cadre du festival des cultures sahariennes.

Au Mali, Boukary Konaté, parmi tant d’autres, multiplie les activités dans l’utilisation des blogs, Facebook et Twitter en bambara dans les villages les plus reculés du Mali.

Dans tous les pays africains les chansons en langues maternelles sont prisées dans toutes les couches de la société. Cette vidéo de l’artiste Guinée en malinké Sékouba Bambino a été vue près de 54 000 fois ; celle de Petit Yero de Bantingel en pulaar plus de 108 000 fois et cette autre de Rica intitulée "Djomba" (la jeune mariée) plus de 404 000 fois. De nombreux blogs, vidéos sur Youtube ou pages FB sont consacrés à la musique nationale ou bien publient des classements des meilleures ventes de disques et de films.  La facilité avec laquelle on peut monter une radio ou une TV en ligne permet aussi de coaguler de nombreuses personnes intéressées par les mêmes sujets autour de sites de partage.

Malheureusement, dans ma pauvre Guinée il semble que l’on ait d’autres chats à fouetter en ce moment.

La Palestine à l’UNESCO, abstention des états et soupçons des bloggers africains

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J’ai écrit l’article ci-dessous pour Global Voices en français. Pour accéder à l’original cliquez ici.

L’admission de la Palestine comme membre à part entière de l’UNESCO, le 31 octobre 2011, a provoqué un vif débat sur Internet et des prises de position très contrastées. Les africains, tant ceux qui vivent sur le continent que la diaspora, ont pris une part active dans le débat sur le web. Cependant les prises de positions ont consisté à transférer le débat sur les problèmes intérieurs de leur pays.

Unesco admets la Palestine photo de Salaam Shalom sur Flickr (CC BY-NC-SA 2.0)

Le site ouestaf.com révèle quels sont les pays africains qui se sont abstenus:

Trois pays ouest africains figurent dans le lot des abstentionnistes : Côte d’Ivoire, Liberia, Togo. Ils constituent avec le Cameroun, l’Ouganda [la Zambie] et le Rwanda les seuls pays africains à n’avoir pas voté en faveur de la résolution faisant de Palestine un Etat membre à part entière de l’Unesco.

Chacun de ces pays qui ont opté pour l’abstention ont donné des raisons officielles que les blogueurs ont vite démontées. Le site amaizo.info a publié un article qui donne des raisons valables pour la plupart des pays:

En réalité, ces pays ont en commun d’assurer une partie de leur sécurité rapprochée jusqu’au niveau des gardes présidentielles avec Israël sans compter les aides économiques.

Ces « neutralistes » se cachent derrière l’obligation de réserve au lieu d’expliquer qu’ils sont tous directement ou indirectement tributaires du soutien des pays qui ne veulent pas entendre parler d’un Etat Palestinien pour le moment.  Nommons Israël, les Etats-Unis, le Canada et la Colombie, etc. La France a voté en faveur de l’adhésion de la Palestine à l’UNESCO, mais annonce qu’elle s’abstiendra au Conseil de Sécurité.

Expliquant la position de la Cote d’Ivoire, seul payé africain dirigé par un président musulman à avoir opté pour l’abstention, S.Débailly explique dans un article intitulé ‘’ La Palestine à l’Unesco / La Côte d’Ivoire s’abstient – Pourquoi Alassane Ouattara n’a pas dit oui à Nicolas Sarkozy” publié par abidjan.net:

Une source au ministère d’Etat, ministère des Affaires étrangères reconnaît que la pression a été forte. Mais, ajoute-t-elle, elle est restée fidèle à sa nouvelle ligne de conduite dictée par la recherche de la paix par la négociation et la volonté de préserver les amitiés avec tous les Etats du monde. Un peu comme la philosophie diplomatique du père fondateur [Félix Houphouët-Boigny], à savoir : ‘’la Côte d’Ivoire, amie de tous, ennemie de personne’’.

Mais Roch Tieh, un résident de Sétif au Maroc, commentant cet article, a toute une autre explication, plus intime, pour le Président Abdourahmane Dramane Ouattara (ADO):

Loin de partager l’avis de la plupart des frères qui sont intervenus sur ce sujet, j’ai une autre vision de la chose. Je risque de choquer certains, mais pour ceux qui me voient souvent prendre position pour ADO, je dirai ici (Sans en avoir la preuve) que le vote de notre Pays a été influencé, par la Première Dame (Que je respecte beaucoup). Elle serait d’origine Juive et donc comme le dit l’Agade: Ce qui Femme veut, DIEU le veut aussi. Notre Président a demandé que notre Pays s’abstienne, si on ne peut pas voter pour l’adhésion de la Palestine à l’Unesco, il faut rester neutre. C’est sage de sa part et il n’y a pas de Palabres inutiles à la maison.

Un billet écrit par Alain NOAH AWANA du journal Le Messager publié sur cameroon-info.net:

Joint sur son téléphone portable alors qu’il se trouvait à Paris, le Pr. Messanga Nyamding donne les trois raisons qui, selon lui, ont poussé le Cameroun sur la voie de l’abstention….En filigrane, on peut comprendre que le pays a choisi la neutralité pour ne pas attirer les foudres de la communauté internationale, notamment celles des Etats-Unis. Deuxièmement, il se pourrait que le Cameroun ait voulu éviter de «frustrer» un pays ami. Là, le professeur parle d’Israël, qui était formellement opposé à l’admission de la Palestine à l’Unesco. «Le Cameroun a de très bonnes relations avec Israël, sur les plans économique et militaire. C’est un partenaire privilégié que nous n’avons pas voulu frustrer», argue-t-il. Enfin, et c’est la troisième raison, la position du Cameroun tient lieu du fait que c’est un pays très attaché aux groupes du tiers monde et des non alignés. «Nous avons donc choisi la voie du milieu, en attendant qu’il y ait visibilité. Et c’est d’ailleurs ce que le chef de l’Etat a toujours prôné», appuie-t-il.

Explications qui ne semblent pas convaincre Massaknowall qui commente :

La garde rapprochée de Biya est formée par les israëliens ceci explique peut-être cela tout simplement

Dans un commentaire à un billet de Justin Daboné intitulé “La Palestine à l’UNESCO : Ces anti-démocrates américains” paru sur le site online de L’Observateur Paalga au Burkina Faso, un lecteur nommé osiris a écrit, en s’adressant à M. Obama:

vous devez user de votre influence pour amener les durs d’ Israel à mettre un peu d’eau dans leurs vins§ beaucoup d’Israeliens ont payé de leur vie et idem pour les palestiniens ! Il est temps de donner un état à ce peuple.

Clive Chanda trouve une autre raison pour l’abstention de la Zambie [en]:

in 1991, several Jewish Rabbis, came to Zambia, and held a press conference at one of the top hotels in Lusaka, I forget which one. At this conference, they said that God Almighty had told them that there was a lost tribe of Jews in northern Zambia.

En 1991, plusieurs rabbins juifs sont venus en Zambie et ont tenu une conférence de presse dans les grands hôtels de la ville. Ils avaient dit que Dieu tout puissant leur aurait dit qu’une des tribus perdues d’Israel serait dans le Nord de la Zambie

Un autre commentaire de Yambayamba publié sur zambianwatchdog.com tire les coclusions qui résument les points de vue de nombreux africains:

Palestinians have suffered long enough. Telling Israel this truth does not mean, or should it ever be interpreted as being ANTI JEWISH. Good friends tell friends the truth. Sometimes truth is hard to hear, but it is the truth nonetheless. Because for along are the Israelis going to sustain the current existing “status quo” between them and their neighbors, the Palestinians? The earlier they deal with this issue, the less physical and psychological damage it is going to cause to future generations in that part of the world. Just think about it!!!!

Les Palestiniens ont souffert assez longtemps. Dire à Israël cette vérité ne veut pas dire, ou ne devrait jamais être interprété comme être ANTI JUIF. Les bons amis doivent dire aux amis la vérité. Parfois, la vérité est dure à entendre, mais c’est la vérité tout de même. Pour combien de temps encore les Israéliens continueront-ils à soutenir le “statu quo” actuel entre eux et leurs voisins, les Palestiniens? Plus tôt ils résoudront cette question, moins de dommages physiques et psychologiques elle provoquera entre les générations futures dans cette partie du monde. Pensez-y!!

Afrique sub-saharienne: La diffusion de la téléphonie mobile

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Le site gallup.com a publié une enquête de Bob Tortora et Magali Rheault sur la pénétration de la téléphonie mobile dans 17 pays d’Afrique sub-saharienne. Il en résulte que le possesseur moyen d’un téléphone portable est plus souvent un homme, lettré vivant dans une ville. Je suis tenté d’ajouter que ce possesseur a plus de chance de vivre dans un pays anglophone que francophone. C’est en Afrique du sud, au Nigeria, Botswana et Ghana que l’on trouve les taux de pénétration les plus élevés. Parmi les 10 premiers pays inclus dans l’enquete il n’y a que le Sénégal et le Cameroun qui sont francophones; ce dernier étant d’ailleurs bilingue.

Staint Gabriel protège nos portables, photo faite

à Nice le 24 septembre 2011 par abkodo2

l’ensemble des pays considérés, 57 pour cent  de la population adulte possédaient un portable en 2010, c’est-à-dire 151 millions de personnes. Le possesseur de téléphone portable dans les 17 pays est mâle dans 62 pour cent de l’ensemble de la population masculine contre 52 pour cent parmi les femmes. Tandis que dans la distribution par groupe d’âge ce sont les personnes âgées de 19 à 29 ans qui forment le plus grand nombre de propriétaires de portables avec 63 pour cent, suivies de celles dont l’âge se situe entre le groupe de 30 à 45 ans, avec 60 pour cent. Dans l’ensemble des pays de l’enquête, 51 pour cent des personnes du groupe d’âge de plus de 46 ans ont répondu qu’elles possédaient un portable, taux qui tombe à 40 pour cent parmi les jeunes de 15 à 18 ans.

Les différences entre un pays et un autre varient énormément car si en Afrique du sud ce pourcentage atteint le chiffre de 84, en république centrafricaine il arrive à peine à 16.

C’est en Afrique selon une citation de la CNUCED que le téléphone mobile a connu la croissance la plus élevée du monde depuis 2003.