Archives de Catégorie: violences extra-judiciaires

Guinée: L’élite politique contre le peuple

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Conakry-ville

Conakry-ville (Photo credit: Wikipedia)

Un autre article de Bah Mamadou Lamine du Lynx. Il me l’a envoyé après sa publication sur cet hebdomadaire satirique de Conakry, sous le titre:

LES ELITES GUINEENNES VEULENT ATOMISER LA GUINEE

Parmi l’élite guinéenne, le Grimpeur n’est pas le 1er à surfer sur les mortels replis identitaires. Mais, étant donné son parcours scolaire et universitaire et son expérience politique, c’est le moins pardonnable. Diaspo qui a vécu plus en France qu’en Guinée et qui se dit Professeur émérite, ses thuriféraires n’ont de cesse de crier à qui veut les entendre qu’il a été « démocratiquement élu », lui le Mandela de  la Guinée Tous s’attendaient à ce qu’il bâtisse un Etat de Droit fondé sur la citoyenneté et  qu’il refuse de confiner chaque Guinéen à ses origines tribales et régionales.

Les cinq décennies de présence coloniale sur le territoire de la Guinée Française n’ont pas donné le temps à la France de jeter les fondements d’un Etat moderne : Administration Publique, Justice, Système Foncier, Ecole…

1-Qu’on se rappelle, en 1958, les élèves guinéens passaient le Bac à Dakar ; dans notre pays, il n’y avait aucun Lycée. La France est partie sans laisser à notre pays une masse critique de cadres formés à même de constituer une classe dirigeante capable de nous sortir du merdier. Les rares cadres qui existaient ont été ravagés par la révolution cannibale  du PDG. En dépit du bla-bla populiste qu’il a sans vergogne plagié chez Marx, Lénine, Mao et autres Castro, Sékou a fondé sa gouvernance sur le racisme, le népotisme et le régionalisme. En particulier depuis la fin des Années 1940, il s’est acharné sur le "féodalisme" foutanien et aux Peulh. Le

paroxysme de cette haine irraisonnée a été, en 1976, l’appel au génocide contre cette communauté. Pendant tout son règne il a tout fait pour déstructurer le Fouta en détruisant ses élites traditionnelles et modernes par l’enfermement, la mort ou l’exil.

English: Guinea's President Lansana Conté duri...

Lansana Conté, un dictateur qui a dirigé la Guinée du avril 1984 au 22 décembre 2008
(Photo credit: Wikipedia)

2-Lansana Conté a emboité le pas à son Maitre et Saigneur (sic) dès Juillet 1985 en massacrant ses héritiers : E Fataara ! avait-il dit aux pillards et aux loubards téléguidés qui s’en prenaient aux Malinkés et à leurs biens. Dieu seul sait combien cette communauté  de Haute Guinée a souffert des brutalités militaro-policières de la Fory Gouvernance…

3-En 1993, à Faranah, feu Bâ Mamadou ( paix à son âme), en campagne au nom de son UNR, s’écrie en puisant on ne sait quel article dans on ne sait quelle Loi Fondamentale ou dans quel Code électoral que « Maintenant, c’est le tour des Peulh » .Et ça, c’est de la part d’un banquemondialiste (ancien fonctionnaire de la Banque mondiale)!

4-Mansour Kaba, leader du Parti Dyama, tient lui aussi des discours incendiaires contre les Peulh et le Fouta. Et ça c’est d’autant plus étonnant que c’est un ancien militant de l’ex-RGE que dirigeait feu Siradiou Diallo ( paix à son âme). C’est sûr que si lui ou son parti arrivait au pouvoir, il va organiser un génocide contre cette communauté. Pour un diaspo il y va un peu fort et n’a pas besoin du vote de la Moyenne Guinée.

5-Le Général Konaté, président par défaut de la Transition, a également sorti son couplet contre les Peulh à qui il interdit l’accès au pouvoir politique. Sans doute que dans une perspective de conquête du pouvoir par  coup d’Etat, il a organisé cela. Pour les élections, il n’a fait que se déculotter devant l’opinion.

6-Même le Procureur de la République s’est comporté en digne fils de Sékou Touré en ressortant le vieux disque 78 tours usé du Complot Peulh à l’occasion du procès médiatisé en cours  à Conakry des présumés coupables de l’agression contre le domicile du Grimpeur. Même la Justice s’emmêle les pinceaux dans le tribalisme et le régionalisme triomphants.

Aujourd’hui, n’importe quel bougnoul qui veut dire quelque chose même s’il n’a rien à dire se croit obligé de s’en prendre aux Peulh. Il est assuré d’avoir la bénédiction du pouvoir en place et de faire son beurre avec la gouvernance grimpante et professorale de Karamoko Alpha Mo Kouroussa. N’est-ce-pas Samba ?

 BML

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Diallo Telli

Diallo Telli (Photo credit: Wikipedia)

J’ai commenté une publication parue sur la page Facebook d’un de mes "amis" faisant les éloges de Ahmed Sékou Touré, provoquant de nombreuses réactions contrastées.

Le titulaire de la page a écrit: – "wow sekou toure faisai les grandes personalites du monde". Aussi invraisemblable que cela puisse paraitre, une affirmation aussi insensée a enregistré 23 clics "J’aime".

Lorsque j’ai répondu : "Ahmed Sékou Touré a été le plus grand assassin de l’histoire de la Guinée. Le retard qu’il nous a fait accumuler est à la base des difficultés actuelles de notre pays." Il n’y a eu qu’une seule personne qui ait fait la même chose.

Un autre participant à la discussion a dit: "- arèté de nous dire ke sekou touré etai 1bon president kelkun ki tué san motif ctai le plus movai president en afrique moi perssonelment je ne vx mem pas entndre parlé de lui, on sai ke ce ls peules ki on bcoups subi ce nous k’on torturé ces nous k’on toué mai bon je pnce ke dieu vas le jujé..,". Une seul clic "J’aime"

Le titulaire de la page FB: "ouais bro rien n est mieux que la paix"

Ma réponse a été: "une paix bâtie sur des violations des droits des autres n’est qu’une fausse paix, destinée à réveiller les vieux démons. C’est pour cela que nous demandons que l’état guinéen fasse enfin face à ses responsabilités et nous indique les fosses communes dans lesquelles gisent les innocentes victimes, comme Diallo Telli, premier Secgen de l’OUA, réhabilite leur mémoire et restitue les bien confisqués pendant la révolution".

Une autre s’est exprimé en ces termes: "Nous n’avions pas besoin d’oublier le mal,mais il faut s’avoir pardonne.Puis qu’on a pue pardonnée l’esclavagiste et aujourd’hui on c mais a table avec le colon pour trouvée une solution.Plus loin donnée moi le temps d’un régime en Guinée ou le sans n’a pas couler???j’ai honte"

Ce qui m’a poussé à répondre:

Pardonner est ce que nous voudrions faire le plus. Mais à qui, lorsque nous avons des gens qui réhabilitent le tyran et oublient les victimes? On cache la vérité pour faire des mensonges des vérités de l’état.

Au Rwanda, avec les Gacaca, les familles des victimes ont eu au moins la possibilité de voir les bourreaux et ces derniers ont tenté d’expliquer leurs crimes et à demander pardon. Résultat, les uns et les autres se sont serrés la main, un Mémorial a été érigé où les survivants et les familles des victimes du génocide peuvent aller se recueillir. Des pays aussi divers que le Canada, l’Australie, l’Ile Maurice ou le Liberia  ont  mis en place des Commissions Vérité, Justice et Réconciliation en mettant à leur disposition des moyens suffisants pour examiner les pages tristes de leur histoire, dont certaines remontent à plus d’un siècle, voire deux ou plus encore.

En Guinée, on demande aux victimes des violences extrajudiciaires de se taire pour une pseudo réconciliation nationale, comme si ceux qui ont été prélevés chez eux et tués comme des animaux, sans avoir rien fait , n’avaient jamais existé.

Trop de temps est passé entre les premiers crimes, qui ont frappé toutes les ethnies, pour que les jeunes générations sachent ce que notre peuple a souffert. Sur le site virtuel du Mémorial des victimes du Camp Boiro, il y a une liste partielle de victimes  et des témoignages sous forme de livres des survivants ou des rapports d’organisations internationales militantes pour les droits humains, que l’on peut consulter gratuitement.  Consultez-les pour avoir une idée de l’ampleur de la tragédie.

Le retard actuel de la Guinée est du au fait que des entrepreneurs, des cadres, des planteurs, des paysans, des jeunes de toutes les ethnies ont perdu leur vie au moment où le pays avait le plus besoin de ses forces vives, qui ont été anéanties au moment où elles pouvaient être le plus productives.

On ne peut pas faire comme si rien ne s’était passé car on ne veut plus jamais ça dans notre chère Guinée.

Mali: Génocide culturel à Tombouctou dans l’indifférene du monde

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J’ai écrit l’article suivant pour Global Voices online après la sous le titre de

Mali: Passivité du monde devant la destructions des mausolées de Tombouctou

Le 30 juin 2012 entrera dans l’histoire du Mali et de l’héritage culturel de l’humanité, comme une des plus funestes.  En effet, en réaction au classement par l’UNESCO de Tombouctou, dans la liste du patrimoine mondial en péril, les islamistes d’Ansar Dine, un des groupes armés contrôlant le nord du Mali, ont entrepris samedi de démolir les mausolées de saints musulmans dans la ville de Tombouctou.

Le 30 juin, saharamedias.net a écrit:

Les combattants du mouvement ont détruit des mausolées construits comme étant les tombeaux de savants et saints jouissant d’une grande estime au sein des populations de la ville historique, avec comme objectif d’ôter toute trace permettant de déterminer l’emplacement de ces lieux.

saharamedias.net, dont un correspondant a assisté aux destructions,nous fait part du fanatisme qui a entouré ce sacrilège:

Les démolitions avaient un caractère particulier. Un homme qui remercie Dieu après avoir détruit un tombeau plus protubérant que les autres ; un autre qui loue Allah de leur avoir accordé toutes ses victoires et de leur avoir permis d’appliquer Sa Loi sur terre’ ; Un troisième qui savoure la victoire et souhaite qu’il en soit ainsi dans tous les pays du monde musulman.

Même si c’est la destruction du mausolée du Saint Sidi Mahmoud Ben Amar, déjà profané le 4 mai 2012, qui fait le plus parler d’elle, il n’y a pas de doutes sur le sort des 15 autres. En effet, selon Sanda Ould Boumama, porte-parole d’Ansar Eddine à Tombouctou, cité dans un billet publié par senego.com:

Ansar Edine va détruire aujourd’hui tous les mausolée de la ville. Tous les mausolées sans exception

Le site maghrebemergent.com pense trouver une explication de cet acharnement des islamistes contre des lieux qui symbolisent la mémoire collective des maliens et leur contribution au patrimoine culturel mondial:

Outre les mosquées, le site classé compte 16 cimetières et mausolées qui étaient des composantes essentielles du système religieux dans la mesure où, selon la croyance populaire, ils étaient le rempart qui protégeait la ville de tous les dangers

Les réactions ont été nombreuses sur la blogosphère. Sur le site france24.com le lecteur Rg a écrit:

C’est comme cela que la religion dérive en totalitarisme. En occident, on a connu l’inquisition, en Chine il y a eu la révolution culturelle, etc

Sur le portail du quotidien français lemonde.fr, parmi les intervenants on peut citer Michèle FAUDRIN qui a écrit:

Les islamistes ont détruit plusieurs monuments…autodafé ! Entre eux et nous un fossé ; Ils sont intolérants, nous nous efforçons d’être tolérants. Ils ne tolèrent pas notre tolérance, nous ne tolérons pas leur intolérance.

Commentant un article paru sur tempsreel.nouvelobs.com nouen marie-claude a exprimé ainsi ses craintes :

Quelle tristesse ! On ne peut plus trouver de mots pour qualifier un tel délire ! ……Ils sont déjà en Afghanistan , en Syrie , un peu partout en Afrique ….ils me font penser aux nazis qui ont commencé ..par brûler des livres …….L’Europe a un incendie en face de ses côtes méditerranéennes….allumé par des inquisiteurs au 21 ème siècle ….Horrifiée et inquiète !

Réagissant au même article Kangoo Durant a écrit:

ils se dissent agir au nom de DIEU, ils ont vu DIEU ces malades???? Faudrait leur dire que DIEU bâti, il ne démolit pas des lieux saints lui étant destinés. Mais avant toute chose, ce sont des lieux de l’histoire humaine, avec des âmes!

Ahmed Mouhlay pense que:

A ce niveau, on quitte le domaine de la croyance/religion pour entrer dans celui de la psychiatrie. Une opération “de force” contre ces gens-là ne serait pas une guerre, mais une thérapie.

Marc Esnoult croit que:

Nouvel Afghanistan, mais plus près. Nous ne comprenons pas bien cette histoire de saints musulmans rejetés par les islamistes extrémistes; peut-être représentation interdite par la charia; c’était plus net en Afghanistan quand les statues préislamiques ont été détruites par les talibans. Il serait étonnant qu’il n’y ait pas là-bas des camps d’entrainement type Al qaida.

Sur Twitter, Totosy de Madecasse™ ‏@Toshikoshi commentant un billet paru sur slateafrique.com penseque c’est:

Un véritable génocide culturel s’est opéré à #Tombouctou -http://goo.gl/XKRzX

Toujours sur Twitter l’utilisateur hdstanton ‏@hdstanton1 conclut que:
#Tombouctou Au delà de la destruction des mausolées, les islamistes veulent montrer qu’ils détruiront toute civilisat° étrangère à leur dogme.
Cette réaction de Toni972 publiée le 24 mai dernier sur le portail de rfi.fr après les premiers crimes des extrémistes, garde encore toute son actualité et résume la situation d’un gouvernement malien tétanisé et une communauté internationale qui garde un silence assourdissant:
C’est d’autant plus révoltant que le gouvernement malien ne peut rien pour lutter efficacement contre ces intrus, sachant que la seule solution pour les éradiquer est une lutte armée sans merci. On ne négocie pas avec avec des terroristes on les élimine physiquement purement et simplement. Vivement une intervention musclée pour que ces régions redeviennent libres.

temoust.org,  pense:

Pour tout cela, la situation désastreuse que vit Tombouctou n’est pas qu’une affaire interne au Mali. Elle intéresse l’humanité entière car cette fois, il ne s’agit pas de chasser un dictateur, mais bien d’effacer la trace d’une humanité entière, sa mémoire, ses rites, ses traditions, ses langues et, bien sûr, l’enjeu, la mort d’une des villes dont les mausolées et les demeures d’hommes et de femmes s’ouvrent sur le désert.

Pendant que la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, exprime son  désarroi et sa consternation, les islamistes continuent leurs destructions et assujettissement des populations à la sharia, tout en se renforçant militairement par l’arrivée de nouvelles troupes. Le site malikounda.com rapporte l’arrivée à Tombouctou d’une trentaine de djihadistes algériens le 29 juin.

Les premiers crimes avaient provoqué une réaction violente de la population avec des manifestations de rues et des affrontements avec les terroristes. Cette fois-ci, malheureusement, les populations vivant dans la terreur et réduites au silence depuis longtemps trouveront difficilement des leaders qui les conduisent à des nouvelles manifestations

Guinée: Bourses universitaires pour les enfants des victimes des violences extra-judiciaires

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Loffo Camara, one of the victims, in West Germ...

Mme Camara Loffo, une des victimes, en RFA, 1962 (Photo credit: Wikipedia)

J’ai le plaisir de vous révéler que grâce aux relations d’un des membres de l’Association des victimes du Camp Boiro,  (AVCB) un programme de bourses d’études universitaires a pu mettre au point avec une université internationale de la Malaisie disposant d’ équipements ultramodernes.

Ce programme est destiné à des jeunes issus de familles de victimes de violences de l’état guinéen. L’AVCB espère ainsi leur éviter les difficultés que ses membres ont du supporter pour porter à terme des études supérieures à cause des violences du régime de Sékou Touré. Après leurs études ils pourront mieux soutenir leurs familles. Les bourses couvrent les frais d’étude, de logement et la nourriture.

L’université offre des formations en administration des entreprises, en comptabilité, en informatique, en nouvelles technologies de l’information et de la communication.

En attendant qu’une Commission Vérité, Justice, Réhabilitation et Réconciliation sérieuse puisse rendre le devoir de mémoire de la Nation envers nos martyrs, mieux vaut nous préparer pour des lendemains meilleurs.

Pour plus d’informations me contacter.

Guinée: Après les violences, les excuses des gendarmes à une journaliste

Vidéo

J’ai écrit l’article suivant pour le réseau de blogueurs et traducteurs globalvoicesonline.org qui publie dans 21 langues à travers le monde. Je remercie Lova Rakotomalalaqui en a assuré la révision et la mise en page. Le titre original est:

Guinée : Agression d’une journaliste par la gendarmerie de Conakry

La gendarmerie guinéenne vient de faire un geste qui a surpris de nombreux citoyens, surtout parmi les professionnels des médias, suite à l’agression de la journaliste Kounkou Mara de la part d’agents chargés de la sécurité à la Banque centrale de la république de Guinée à Conakry le 27 février dernier. Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Mme Mara, journaliste du journal privé Le Lynx, s’est vu refuser l’entrée à la Banque centrale de Guinée le 27 février dernier, malgré le fait qu’elle ait présenté sa carte de presse professionnelle aux gendarmes affectés à la sécurité de ladite institution et expliqué qu’elle devait interviewer son gouverneur.

La Journaliste Kounkou Mara, un jour après l’agression, photo publiée avec permission de la journaliste.

Le CPJ précise les détails de l’agression [fr]:

Les officiers de gendarmerie lui ont dit qu’elle constituait une menace pour la sécurité des employés de ladite banque et des agents l’ont ainsi jetée dans la rue. Les gendarmes l’ont poussé sans ménagement hors de la banque. Elle a déclaré s’être cognée la tête contre une voiture stationnée. Elle a souffert de multiples contusions sur son corps, soulignant qu’elle a dû aller à l’hôpital pour un traitement.

La journaliste Fatoumata Kéita de kaloum Presse donne [fr] les réactions de la gendarmerie suite à cette agression :

 ”Au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée aujourd’hui au Conseil National de la Communication, la gendarmerie nationale a reconnu le tort commis par ses agents. « Dès que le Haut Commandant de la Gendarmerie nationale, Directeur de la Justice militaire a été saisi de cet incident qui est de nature à saper la liberté de la presse, des instructions fermes ont été données et les éléments mis en cause ont été aussitôt mis à la disposition de la Direction des investigations judiciaires pour des fins d’enquête. Le Haut Commandement de la gendarmerie nationale réaffirme sa volonté de garantir la liberté de la presse en Guinée sans compter celles des libertés individuelles”.

Dans un language coloré, très proche de celui du journal satirique Le Lynx, le journal pour lequel travaille la journaliste agressée, Oumar Kateb Yacine donne lui aussi son compte rendu [fr] :

Le vendredi 9 mars 2012, un gotha d’officiers de la gendarmerie nationale était devant les journalistes de tout secteur confondu. Pas pour une conférence de presse.  Mais pour une séance d’excuse.

Les pandores étaient venus demander pardon aux scribouillards, suite à une bavure commise par certains de leurs qui étaient en exercice de leur fonction au siège de la Banque centrale de la République de Guinée sur une consœur de la presse écrite privée, en l’occurrence Kounkou Mara du Groupe de presse le Lynx-la Lance qui, elle aussi, était en exercice de sa fonction.

En Guinée, depuis l’indépendance, l’impunité et l’arrogance des agents de sécurité et de tout ce qui symbolise l’état ont prévalu jusqu’à présent. Pour Boubacar Sanso Barry, qui s’exprime [fr] dans un billet paru sur Guinée Conakry Info :

Ce n’est pas tous les jours qu’entre gendarmes guinéens et professionnels des médias de ce pays, le courant passe. Et c’est pourquoi la cérémonie de ce vendredi au CNC avait quelque chose de particulier. Parce que, pour une fois, la gendarmerie et les journalistes voyaient dans la même direction.

La victime est une journaliste connue dans le pays pour son sérieux et appréciée pour sa compétence. Elle travaille depuis plusieurs années dans le groupe de médias Lynx-Lance, considéré parmi les plus crédibles du panorama médiatique guinéen. Le Lynx, un des premiers journaux satiriques d’Afrique, s’est forgé un langage particulier et ne ménage personne. La victime, une des meilleures journalistes du pays, a remporté le prix Hadiatou Sow [fr] du journalisme féminin qui récompense depuis 2010 les meilleures professionnelles dans ce métier.

Cette agression a créé une vive indignation des journalistes et des blogueurs guinéens et africains. Le blog africabusiness.com a publié [en] un billet citant Mohamed Keita responsable de la région Afrique au Comité pour la protection des jounralistes:

 What happened to Kounkou Mara constitutes an assault, and authorities have an obligation to conduct a criminal investigation and bring appropriate charges. Guinea’s new democratically elected government has an opportunity to turn the page on years of abuse and impunity in security forces’ attacks on journalists.

Ce qui est arrivé à Kounkou Mara constitue une agression et les autorités ont l’obligation de mener une enquête criminelle et formuler les accusations appropriées. Le nouveau gouvernement démocratiquement élu en Guinée a la possibilité de tourner la page sur les années de violence et d’impunité dans des attaques des forces de sécurité contre les journalistes.

Sur le blog Guinee Conakry Info, la journaliste Salematou Diallo ajoute que :

Et c’est justement la nature gratuite et totalement infondée de l’agression qui a conduit l’ensemble des professionnels des médias guinéens, à sortir de leur silence pour condamner cette attitude qui procède certainement d’un excès de zèle et d un déficit de formation au sein des forces de défense et de sécurité nationales.

Salematou Diallo cite [fr] Martine Condé, Présidente du Conseil national de la communication (CNC) qui exprime son indignation tout en indiquant les limites de la liberté de la presse en Guinée :

 ”Les journalistes ne sont pas des ennemis à abattre ». Elle a saisi l’occasion pour rappeler que « les sources non accessibles sont celles relatives à la sécurité  intérieure et extérieure de l’Etat, à la protection de l’honneur  et de la dignité du citoyen et au respect de l’instruction judiciaire ». Hormis ces dernières, précise-t-elle, la carte professionnelle donne au détenteur le droit d’accès à toutes les sources non protégées. Condamnant l’agression contre Kounkou Mara, Martine dit souhaiter de la part des autorités de la gendarmerie « des mesures disciplinaires à l’encontre des auteurs de ladite agression ».

Cet événement s’est vérifié quelques temps après l’adoption à l’ONU d’une résolution sur les droits de l’homme en Guinée. Traitant de cette résolution, Aboubacar Cissé a écrit [fr] dans un billet publié sur le site guineenews.org :

 Si dans son rapport, la haut commissaire [Navanethem Pillay] indexe l’impunité sur les événements du 28 septembre 2009, elle reconnait cependant que “la discipline commence à revenir au sein des forces armées et que le secteur de la justice commence également à mettre en œuvre les recommandations faites au cours de ses états généraux, avec la nomination de nouveaux juges pour revitaliser le système judiciaire en Guinée”. Le document souligne d’autre part les efforts fournis pour l’établissement d’une institution nationale indépendante des droits de l’homme et en faveur de la commission nationale de réconciliation.

Plus d’un an après l’élection du Prof. Alpha Condé à la présidence du pays et la formation d’un gouvernement civil, il y a eu de nombreuses violations des droits humains et de violence excessive occasionnant même la mort d’innocents. Dans son billet Oumar Kateb Yacine, après en avoir rappelé quelques uns qui ont vu les forces de sécurité user de la violence contre des citoyens, a écrit [fr]:

Certes, on nous apprend que pour tous ces cas cités ci-haut, les auteurs ont été radiés de l’effectif et mis à la disposition de la justice. Reste à savoir ce que fera cette dernière. Une tâche qui, en principe ne devrait pas être ardue dans la mesure où le Général Baldé, chef du Haut Commandant de la gendarmerie nationale est celui qui dirige la justice militaire. Une occasion pour lui d’extirper l’épine de ses pieds en sanctionnant ces malfrats à la hauteur de leur forfaiture.

Dans cette vidéo, Kounkou Mara raconte [fr] sa mésaventure sur les ondes de Radio Espace, une radio de Conakry, suivi d’un débat entre des journalistes.

Ecrit par Abdoulaye Bah

Source: http://fr.globalvoicesonline.org/2012/03/16/102006/

Sujets Liberté d’expression, Gouvernance, Droits humains, Médias citoyens, Femmes et genre, Média et journalisme

2011, jamais autant de journalistes en prison dans le monde depuis 1990

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Le 8 décembre 2011, le Comité pour la protection des journalistes a publié un rapport sur le nombre des travailleurs des médias emprisonnés à travers le monde au cours de l’année qui s’achève.

D’après ce rapport, le nombre de journalistes emprisonnés dans le monde entier a augmenté de plus de 20 pour cent pour atteindre son plus haut niveau depuis le milieu des années 1990, une hausse principalement due aux emprisonnements au Moyen-Orient et en Afrique du Nord pendant le printemps arabe. Au premier décembre 2011, ils étaient 179 écrivains, éditeurs et photo-journalistes à croupir derrière les barreaux soit une augmentation de 34 par rapport à ses 2010. C’est son son plus haut niveau depuis le milieu des années 1990.

Avec 42 journalistes derrière les barreaux, l’Iran se place en tête comme le pire endroit où exercer les métiers liés à l’usage du droit d’expression, suivi de l’Erythrée, de la Chine, de la Birmanie, du Vietnam, de la Syrie et de la Turquie. En Afrique sub-saharienne, les pays qui se signalent le plus par le nombre de journalistes emprisonnés, les conditions de l’emprisonnement et une législation tendant à museler les travailleurs des médias sont en plus de l’Erythrée, la Gambie et l’Ethiopie. Le rapport cite ces pays comme  exemple de ceux où les gouvernements nient l’existence même de ces journalistes emprisonnés. Il ajoute que:

des cas de mauvais traitement et de torture sont souvent rapportés et les autorités concernées opèrent sans obligation de rendre compte et en violation des normes internationales. Selon des informations non encore confirmées, au moins six de ces journalistes seraient morts à la suite de mauvais traitements en prison. Le CPJ continue d’inclure ceux-ci sur la liste des journalistes en prison pendant qu’il enquête sur leurs cas.

Le rapport relève que l’emprisonnement des journalistes sans inculpation est la pratique la plus couramment pratiquée par le gouvernement de l’Érythrée, le deuxième pays à incarcérer des journalistes dans ce triste classement mondial avec au moins 28 derrière les barreaux:

Bien que beaucoup soient emprisonnés depuis une décennie, aucun journaliste érythréen détenu n’a jamais été publiquement inculpé d’un crime.

En Ethiopie aussi, sept journalistes étaient détenus en Ethiopie, dont cinq sous des accusations vagues et non fondées de terrorisme, des journalistes étrangers ont aussi été emprisonnés. En effet, deux Suédois, Johan Persson et Martin Schibbye, qui ont été jetés dans les geoles du régime, alors qu’ils faisaient des reportages sur les activités d’un groupe séparatiste. Souvent les accusations avancées sont vagues et non fondées de terrorisme. Le rapport note que:

Malgré les critiques internationales, l’Éthiopie a agressivement étendu l’utilisation de sa loi antiterrorisme pour pénaliser toute couverture médiatique concernant les groupes d’opposition.

En Afrique de l’ouest, en plus de la Gambie, le CPJ signale la Cote d’Ivoire où quatre journalistes ont été emprisonnés. De Novembre 2010 à Février 2011, Aboa a été l’un des quatre modérateurs du programme Raison d’État de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI), qui avait pour invités des personnalités favorables à l’époque, au Président Laurent Gbagbo, selon des recherches du CPJ. Des journalistes du quotidien pro-Gbagbo, Notre Voie d’Abidjan ont été arrêtés le 24 novembre 2011. Il s’agit de César Etou, Didier Dépry, Boga Sivori. Ils ont été arrêtés et détenus pour avoir critiqué l’achat l’acquisition par le nouveau gouvernement de Mercedes Classe E pour les membres du cabinet, au mépris de la législation en vigueur sur la liberté de la presse et les procédures. Au mépris de la  détention préventive, ils n’ont été jugés que le 29 novembre 2011, alors que la loi ne prévoit que 48 heures de détention sans comparution devant un juge.

Rappelons que le corps criblé de balles de Lago Sylvain Gagneto, rédacteur en chef de Radio Yopougon, une station communautaire, fut retrouvé dans un charnier de Yopougon, fief de l’ancien président Laurent Gbagbo, selon le Comité pour la protection des journalistes et des sources du CPJ. D’après des informations confirmées par des témoins oculaires, des membres des FRCI l’ont exécuté publiquement avec quatre autres personnes accusées d’être des miliciens de Gbagbo, le 8 mai 2011.

Malgré la fin de la guerre civile, les conditions de travail des journalistes restent difficiles dans ce pays. Dans un autre rapport daté du 24 mai, le CIPJ disait avoir:

documenté de nombreuses allégations de harcèlement, de menaces et d’intimidation de journalistes par des éléments des FRCI en patrouille qui prétendent être la recherche d’armes dans les quartiers d’Abidjan, selon des recherches du CPJ. Cette semaine, deux rédacteurs en chef, Ferdinand Bailly du site Web d’information Infocotedivoire.net et Florida Basile Bahi du journal Sport Mag, sont entrés dans la clandestinité après avoir été dénoncés comme étant des « journalistes de Gbagbo » par des jeunes dans les rues de la localité, selon le CIPJ.

Espérons qu’après les élections législatives de ce dimanche 10 décembre 2011, le pays va faire son plein retour parmi les pays où l’exercice de la liberté d’informer ne comportera plus de risques.

Africae Munus Le Pape Benoît XVI trace la route pour l’église africaine

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Voici un article que j’ai écrit pour l’hebdomadaire La Lance de Conakry sur le message Africae Munus. 

Par une heureuse coïncidence de calendrier, la célébration, le 23 novembre, pour la première fois, de la Journée internationale contre l’impunité et le voyage du Pape Benoît XVI au Bénin, du 18 au 20 novembre, se sont succédés à peu de jours d’intervalle. Les prises de position que le Saint-Père est venu délivrer aux africains démontrent aussi combien sont saugrenues les idées exprimées par Mgr Vincent Coulibaly, archevêque de Conakry, co-président de la Commission de réflexion sur le processus de réconciliation nationale, à l’occasion du lancement du message “la marche vers la réconciliation nationale”, en septembre 2011. Elles donnent raison aux nombreux guinéens qui ont de sérieux doutes sur la capacité de cette personnalité à remplir le rôle qui lui est confié.

L’objectif principal du voyage du souverain pontife était de remettre le document intitulé Africae Munus, « l’engagement de l’Afrique » aux évêques aux prêtres, aux diacres permanents, aux personnes consacrées, aux catéchistes et aux laïcs de notre continent et des îles voisines. Cette Exhortation apostolique post synodale a été publiée au Vatican le 19 novembre 2011. Mais c’est dans le village de Ouidah, à 40 km de Cotonou, en plein cœur du pays d’origine du vaudou que ce document a été signé plutôt ce même jour. Le document comprend deux parties divisées en chapitres pour un total de 135 pages.

Déjà qualifié par les médias de “Feuille de route pour l’Eglise en Afrique”, il définit le rôle que veut jouer l’église en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. Il est basé sur  les travaux de la deuxième Assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques qui s’est déroulée du 4 au 25 octobre 2009 sur le thème de «L’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix».

L’Exhortation apostolique Africae Munus, vient compléter le travail de réflexion initié avec la première assemblée spéciale tenue du 10 avril au 8 mai 1994, à l’issue de laquelle le Pape Jean-Paul II avait signé l’Exhortation “Ecclesia in Africa”.

Dès son introduction le document relève les différentes situations sociopolitiques, ethniques, économiques ou écologiques que vivent quotidiennement les Africains encore aujourd’hui.  « Les Africains savent mieux que quiconque combien, trop souvent malheureusement, ces situations sont difficiles, troublées voire même tragiques. Je rends hommage aux Africains et à tous les chrétiens de ce continent qui les affrontent avec courage et dignité. Ils désirent, avec raison, que cette dignité soit reconnue et respectée. Je puis les assurer que l’Église respecte et aime l’Afrique. »

Le Saint-Père ajoute « La mémoire de l’Afrique garde le souvenir douloureux des cicatrices laissées par les luttes fratricides entre les ethnies, par l’esclavage et par la colonisation. Aujourd’hui encore, le continent est confronté à des rivalités, à des formes d’esclavage et de colonisation nouvelles. »

Malgré ces difficultés et les grandes pandémies le Pape voit de nombreux motifs d’espérance et d’action de grâce et affirme que les africains maintiennent leur joie de vivre. “Je vois également un motif d’espérance dans le riche patrimoine intellectuel, culturel et religieux dont l’Afrique est dépositaire. Elle désire le préserver, l’explorer davantage et le faire connaître au monde. Il s’agit là d’un apport essentiel et positif.’’

Le premier chapitre du document, intitulé «  AU SERVICE DE LA RÉCONCILIATION, DE LA JUSTICE ET DE LA PAIX”. rappèle que ”Si l’on ne crée pas dans les cœurs la force de la réconciliation, le présupposé intérieur manque à l’engagement politique pour la paix.”

Dans un passage que nous devrions bien méditer en Guinée, il dit que “seule une authentique réconciliation engendre une paix durable dans la société…. Pour devenir effective, cette réconciliation devra être accompagnée par un acte courageux et honnête : la recherche des responsables de ces conflits, de ceux qui ont commandité les crimes et qui se livrent à toutes sortes de trafics, et la détermination de leur responsabilité. Les victimes ont droit à la vérité et à la justice. Il est important actuellement et pour l’avenir de purifier la mémoire de construire une société meilleure où de telles tragédies ne se répètent plus.”

Le document dénonce aussi l’exploitation et les malversations locales et étrangères, l’opulence des gouvernants et des entrepreneurs véreux qui choquent la conscience humaine, au détriment du bien-être des populations locales. Il dénonce aussi les atteintes contre la nature, les forêts, la flore et la faune, mettant en péril l’existence d’innombrables espèces qui risquent de disparaître à tout jamais. Ces actions de l’homme menace “l’écosystème tout entier et, par conséquence la survie de l’humanité. J’exhorte l’Église en Afrique à encourager les gouvernants à protéger les biens fondamentaux que sont la terre et l’eau, pour la vie humaine des générations présentes et futures et pour la paix entre les populations’’.

En ce qui concerne la gouvernance, le document explique que ‘’Le non respect de la Constitution nationale, de la loi ou du verdict des urnes, là où les élections ont été libres, équitables et transparentes, manifesterait une défaillance grave dans la gouvernance et signifierait un manque de compétence dans la gestion de la chose publique.”

Après avoir traité de la criminalité, du respect des droits humains des prisonniers, de la mondialisation et de l’aide internationale, le document affronte les problèmes de la communion et des relations interreligieuses, de la sorcellerie et des difficultés de la double appartenance qui déchirent les chrétiens partagés par de la «double appartenance», au christianisme et aux religions traditionnelles africaines. Malgré les conditions de vie des chrétiens dans certains pays le Pape exhorte l’Église, à persévérer dans l’estime des musulmans.

Ensuite, c’est autour des problèmes internes à l’église et à la communauté chrétienne d’être analysés. Il s’agit en particulier des activités des nombreux mouvements syncrétistes et des sectes qui ont aussi vu le jour en Afrique au cours de ces dernières décennies. ‘’Il est parfois difficile de discerner s’ils sont d’inspiration authentiquement chrétienne ou s’ils sont simplement le fruit d’un engouement pour un leader prétendant avoir des dons exceptionnels. Leur dénomination et leur vocabulaire prêtent facilement à confusion, ils peuvent égarer des fidèles de bonne foi.’’

Benoît XVI n’esquive pas les problèmes douloureux pour l’église africaine, notamment ceux touchant au comportement de certains prélats qui a conduit à des démissions d’évêques comme en Tanzanie, au Bénin, en République centrafricaine ou au Burkina Faso et au Congo. Il leur leur dit “Votre autorité morale et votre prestance qui soutiennent l’exercice de votre pouvoir juridique, ne proviendront que de la sainteté de votre vie’’.

Women in Cotonou, Benin

Image via Wikipedia

Sur le plan de la gestion des biens de l’église locale, il ajoute ‘’Pour que votre message soit crédible, faites que vos diocèses deviennent des modèles quant au comportement des personnes, à la transparence et la bonne gestion financière. Ne craignez pas d’avoir recours à l’expertise des audits comptables pour donner l’exemple aussi bien aux fidèles qu’à la société.’’

Dans ses interventions publiques il s’est exprimé sur le problème du SIDA “Le problème du sida exige certes une réponse médicale et pharmaceutique. Celle-ci est cependant insuffisante car le problème est plus profond. Il est avant tout éthique”.

Est-ce une manière de reconnaitre que les dogmes religieux ne suffisaient pas pour arreter cette pandémie et de confirmer une certaine inflexion de l’église quant à l’usage du préservatif? Espérons-le !

Guinée: Tortures et impunité un an après les élections

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Alain Juppé et Alpha Condé, président de la Ré...

Source: francediplomatie via Flickr

Je saisis l’occasion de la première célébration ce 23 novembre 2011 de la Journée internationale contre l’impunité pour publier des extraits du rapport d’une mission en Guinée de l’ACAT-France publiée le 9 novembre à Conakry et le 15 à Paris sous la signature des organisations de défense des droits de l’homme, Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-France) Association des Victimes, Parents et Amis du 28 septembre 2009 (AVIPA), Les Mêmes Droits pour Tous (MDT) et l’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH). On peut lire le rapport entier ici: ‘’Torture : la force fait loi – Etude du phénomène tortionnaire en Guinée’’ peut etre consulté ici.

Dans le cadre d’un projet financé par la Commission européenne intitulé « Renforcer les mécanismes d’enquête, d’information, d’alerte et de suivi en matière de tortures et autre mauvais traitements », l’ACAT-France a mené une mission en Guinée du 20 juin au 1er juillet 2011 avec un appui technique et logistique du Programme concerté de Renforcement des capacités des Organisations de la société civile et de la Jeunesse Guinéennes (PROJEG) sur le terrain.

Ce rapport de mission confirme malheureusement les conclusions d’autres ONG nationales et internationales (Amnesty International, Human Right Watch, OGDH, FIDH etc.): sous le gouvernement du Président Alpha Condé les violences graves contre le peuple de Guinée continuent dans une totale impunité.

Il s’agit du recueil d’entretiens confidentiels relatant les témoignages vécus ‘’de 36 personnes indiquant avoir été victimes d’actes de tortures ou de peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants commis par des agents des forces de défense et de sécurité essentiellement entre 2010 et 2011. La plupart d’entre elles présentaient des cicatrices et des traces de ligotages excessifs’’. Il en ressort de ce rapport qu’un an après l’élection d’Alpha Condé à la présidence de la République de Guinée en décembre 2010, à l’issue d’un scrutin ‘’démocratique’’, malgré les graves violences interethniques et les morts d’hommes, le phénomène tortionnaire existe toujours en Guinée.

Comme d’habitude, les forces de sécurité usent et abusent encore ‘’régulièrement de la torture et de mauvais traitements – lors d’arrestations, de gardes à vue ou de détentions – à l’encontre de suspects de droit commun, de prisonniers, de personnes considérées comme des sympathisants de l’opposition politique et de militaires accusés de vouloir renverser le pouvoir en place.’’ Faut-il rappeler que l’impunité, surtout parmi les hauts responsables de l’armée et de l’administration, est encore de règle ? Des personnalités soupçonnées des crimes les plus odieux non seulement occupent toujours des postes de responsabilités, mais elles obtiennent même des avancements.

Le Président Alpha Condé, avant de s’envoler pour le Brésil du 17 au 23 novembre a pris l’initiative de libérer des prisonniers politiques et de rencontrer les principaux dirigeants de l’opposition. Espérons qu’il va continuer sur ce chemin favorable à la détente. Pour le moment ce sont surtout ces initiatives à caractère ethnique et le fait de considérer la Guinée comme la propriété de sa région d’origine, qui retiennent l’attention.

Cette vidéo réalisée par des amis qui vivent en Guinée et publiée par le blog Bakchich.TV illustre bien la tragédie dans laquelle vivent les guinéens.

Guinée: Identification des deux pendus du 25 janvier 1971

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Roundel of the airforce of Guinea (République ...

Couleurs nationales de la Guinée. Source: Wikipedia

Dans un message personnel que Nadine Bari, une amie française veuve d’une des victimes du régime sanguinaire de Sékou Touré, qui vit en Guinée m’informe quelle a enfin pu obtenir les noms des deux victimes de la fureur du régime dictatorial, tuées sans jugement par l’état guinéen le 25 janvier 1971. Il s’agirait de Loua Paul, militaire et de Bah Mamadou Saliou, de Pita. Nadine a même découvert le lieu où les deux victimes auraient été enterrées. Malheureusement, nous manquons d’informations sur ces deux victimes.