Le discours du Président Sarkozy à Dakar, avait déçu tous les africains et de nombreuses personnes à travers le monde qui comprennent autrement l’humanité. Je veux parler de ces nombreuses personnes qui considèrent que tous les hommes appartiennent à la même espèce, celle des humains.
Malheureusement, il y en a d’autres qui ont une conception différente de notre espèce. Au niveau des états, dans certains pays maghrébins la discrimination raciale existe dans les textes et dans la pratique. Autrement comment qualifier un état qui a comme mention réservée aux noirs dans les actes de naissance "Esclave affranchi de…", comme nom de famille, en Tunisie, où les noirs représenteraient 15 pour cent de la population? Même en Mauritanie, d’après certaines sources, 10 à 20 pour cent de la population serait esclave. Ciré Bâ et Boubacar Diagana ont écrit dans la dernière livraison de pambazuka.org:
Cet enrôlement s’est révélé, dans son application, être une opération d’exclusion et de bannissement des noirs, suspectés d’être sénégalais ou maliens, ou d’avoir acquis frauduleusement les états civils en leur possession. Nombre d’entre eux, qui se sont vu refuser l’enregistrement, deviennent donc apatrides dans leur (propre) pays, d’autres l’ont été au prix d’humiliations de toutes sortes. Même de hautes personnalités civiles et militaires, ayant servi le pays pendant des décennies, se sont dans un premier temps fait exclure de l’enrôlement. Dans le même temps, échappent à ces exactions, des étrangers, originaires de pays arabes, installés parfois depuis peu en Mauritanie. Parmi eux, des Libanais, des Maghrébins et… des touareg maliens ou nigériens.
Pour ce racisme-là on ne se sent pas seul, pour le combattre. En plus de celui-là, il y a celui que l’on subit à titre individuel, souvent en silence sans aucun témoin ou bien lorsqu’il y en a, personne ne court à votre secours. Ils partent des regards, des petits gestes que seulement la victime voit aux humiliations les plus graves.
A l’age de plus de 72 ans, bien que musulman, marié au Vatican, père et grand-père de personnes nées et grandi en Europe, vivant sur ce continent depuis plus de 50 ans, j’ai subi ce genre de traitements, à plusieurs reprises. D’habitude, je me limite à répondre par le sourire ou bien une petite blague montrer gentille qui prend la liberté de vous tutoyer, uniquement parce que vous êtes noir.
Cependant, ce qui m’est arrivé le 4 mai dernier à Nice ne m’était jamais arrivé jusqu’à présent. Ce jour-là, comme je suis fan de l’AS ROME, je suis allé dans un restaurant italien de la zone piétonnière pour voir le match contre la Fiorentina, où j’ai étudié de 1963 à 1967. Le garçon sans même me donner le temps de lui demander s’il y avait une place pour diner, dès qu’il m’a vu, il est venu vers moi d’un air menaçant. Il a mis ses mains sur mes deux épaules pour me dire qu’il n’y avait pas de place pour moi. Lorsque je lui ai dit qu’il y avait des manières plus gentilles pour me le dire, il a répondu comment. Je lui ai dit en ne mettant pas ses mains sur mes épaules. Il m’a dit que s’il n’avait pas mis ses mains sur mes épaules, il m’aurait cassé la gueule. Ensuite, la main droite sur mon épaule, de la main gauche, le bras tendu, il a pointé l’indexe vers la porte en me poussant.
Que pouvais-je faire?
Après cet incident j’ai passé un sale temps dans cette ville de Nice que j’adore. Heureusement que le 14 mai, en allant à une conférence de Patrick Poivre d’Arvor, une jeune dame m’a gentiment demandé sur la Promenade des anglais si elle pouvait me faire une photo pour des raisons professionnelles. Lorsque j’ai voulu savoir pourquoi, moi et pas quelqu’un d’autre, elle a eu des mots qui ont flaté mon égo un peu souffrant. Et m’ont rappelé combien d’autres fois des personnes que je connaissais peu ou prou m’ont apprécié.
Naturellement, cela ne doit pas m’empêcher de continuer mon combat pour l’affaire désagréable dont j’ai été victime.






