Archives de Catégorie: Spéculation sur les terres

La Guinée bâillonnée et baillée

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Kouroussa, Guinea Location Map; created with t...

Emplacement de Kouroussa, Guinée de l’utilisateur:Acntx. (Photo crédit: Wikipedia)

http://www.grain.org/fr/article/entries/4565-accaparement-des-terres-et-souverainete-alimentaire-en-afrique-de-l-ouest-et-du-centre

L’accaparement des terres est entrain de priver les petits paysans africains de leurs terres arables d’une manière croissante, avec la complicité de fonctionnaires nationaux. D’après plusieurs sources d’informations, de nombreux pays sont concernés.

Selon grain.org:

"En Guinée, la société américaine Farm Lands Guinea Inc (FLGI, désormais Farmlands of Africa) contrôle plus de 100.000 ha pour la production du maïs et du soja destinés à l’exportation ou à la production de l’agrocarburant. Des investisseurs britanniques (AIMI) contribuent au financement de l’affaire. De plus, FLGI est responsable, pour le compte du gouvernement, de la prospection de 1,5 millions d’ha pour la concession de baux à d’autres investisseurs. Contre quoi FLGI touchera une commission de 15% sur les ventes".

Bah Mamadou Lamine, grand reporter au journal satirique Le Lynx de Conakry, confirme cette information et dévoile son opinion dans ce billet qu’il m’a fait parvenir.

De ténébreuses informations font état de l’existence d’une société dénommée "Farmlands of Guinea" que dirige un certain Mark Keagan. Elle est enregistrée au Nevada. Elle dispose d’une filiale, Land and Ressources (Guinea) en Guinée. Cette dernière prévoit de développer 8.815 ha dans les villages de N’Dema et de Konindou (Dabola) pour y produire de maïs et du soja. Ceci ne serait qu’un projet pilote avant le développement de 98.400ha dans Saraya (Kouroussa). Les parcelles de Konindou et N’Dema ont bénéficié de baux de  99ans accordés par le Ministère guinéen de l’Agriculture. Dans le cadre d’un "Contrat pour le développement" conformément au programme de développement agricole en Guinée datant du 16 septembre 2010. Le même jour, Land et Ressources et ce Ministère ont signé un contrat d’option ("option agreement" qui permet à Land et Ressources de prendre à bail quelque 98.400 hectares situés dans SARAYA (Kouroussa).

Le 28 octobre 2010, cette même société Land et Ressources, signe un protocole d’accord avec notre sacré Ministère. Selon ce protocole, l’entreprise s’engage à étudier et cartographier d’autres terres guinéennes sous-utilisées d’une surface pouvant aller jusqu’à 1,5 million d’hectares; elle s’engage également à mettre ces terres en état pour les faire développer par des sociétés tierces dans le cadre de baux de 99 ans.

Bah Mamadou Lamine

  N’Dema, Konindou et Saraya

 On a vendu vos terres !

La Guinée a toujours eu des terres à profusion pour ses fils. Elle va bientôt avoir des paysans sans terres. Particulièrement à N’Dema (et son immense montagne) et à Konindou (abritant la rivière du même nom qui marque la limite historique entre le Fouta précolonial et le Woulada). De Konindou ce pays des Chérif, pour aller à Saraya (Kouroussa) on rend visite aux Nabé (Banko) aux Kébé (Kébéya) et aux Cissé (Cissela). On nous a toujours vanté les potentialités agricoles de cette zone depuis le lycée – Dabola et Kouroussa peuvent être les greniers de toute la Guinée.

Mais comme le bon Dieux dans son infinie générosité ne fait pas pleuvoir le riz, l’igname ou le taro, il faut les cultiver, les planter. Nous avons par mimétisme, un Ministère de l’Agriculture dont la vocation (sur le papier) est de concevoir des politiques et des programmes pour nous épargner d’importer à manger. Mais, depuis 54 ans qu’il existe nous importons toujours tout. Conakry et les villes de l’intérieur du pays ravitaillent les villages en riz et autres produits. Dans le monde entier  c’est  l’inverse : les paysans et les éleveurs des campagnes ravitaillent les villes qui n’ont pas l’espace pour mener ces activités.

Voilà, le Ministère de l’Agriculture, bête et corrompu, qui vend à des Blancs d’Amérique et d’ailleurs les terres des paysans de N’Dema, Konindou et Saraya. Sans les consulter. La terre de leurs ancêtres, leurs terres. Ils vont se réveiller un jour, prendre la daba et aller au champ. Au premier coup de pioche, un gardien, policier ou militaire va les chasser et leur dire que ce n’est plus leur terre.

Comme ce qui est arrivé aux populations riveraines des forêts de Ziama ou des mines de Zogota. Pour une poignée de dollars, nos élites vendent le pays. Et vont produire des paysans sans terre. Et bonjour les dégâts : conflits, famine, guerre civile. Parce qu’un imbécile de fonctionnaire a vendu ce qui ne lui appartient pas. Au lieu d’imaginer des moyens pour que les populations propriétaires de ces sols puissent les travailler.

Nous avons appelé à N’Dema, le Sous-préfet. Il a été affecté dans ces lieux en 2011. Bien après ces contrats corrompus et dénués de tout processus participatif. Il n’est au courant de rien.

La décentralisation a produit les organisations de la société civile, dons les organisations paysannes. Ces OSC ne doivent pas fonctionner seulement autour des séminaires-ateliers-sandwichs et per diem. Elles doivent "mouiller le maillot" et défendre les pauvres, les faibles et les sans voix.

Quant au Grimpeur, au début de son mandat, il avait reçu les organisations paysannes. Il ne doit pas les oublier au bénéfice des ripoux et des corrompus de ce Ministère vendeur des terres arables de Guinée au bénéfice exclusif de ses agents les plus pourris.

 B M L

Afrique : Exigeons plus de transparence dans les transactions foncières de terres arables

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Lova, un des auteurs, réviseurs et traducteurs des articles du réseau mondial, Global Voices en français, a écrit un article sur l’accaparement des terres africaines de la part d’acteurs économiques étrangers dans différents pays africains. C’est un problème auquel je suis très sensible, c’est pour cela que dès que j’ai vu son billet sur notre plateforme commune, je l’ai immédiatement traduit.

La Guinée ne figure pas parmi les pays ayant le plus grand nombre de projets d’accaparement de terres, parce que probablement ce secteur qui est flou dans le reste du monde est encore plus flou en Guinée. Peut-être aussi que le nombre de projets en Guinée masque le fait qu’avec 11 pour cent de nos terres déjà aux mains de l’étranger, elle soit le deuxième pays, après le Liberia à avoir hypothéquer l’avoir des futures générations comme on peut le lire dans l’infographe présenté en page 12 de l’étude approfondie du phénomène menée par farmlandgrab.org intitulé L’accaparement des terres et la crise alimentaire mondiale.

Dans cette étude le cas suivant est cité

- 2011: La société américaine Farm Lands of Guinea Inc. contrôle plus de 100.000 ha en Guinée pour la production du maïs et du soja pour l’exportation. Des investisseurs britanniques (AIMI) contribuent au financement de l’affaire. En plus, FLGI est responsable, pour le compte du gouvernement, de la prospection de 1,5 millions d’ha pour la concessions des baux à d’autres investisseurs. contre quoi FLGI touchera une commission de15% sur les ventes.

C’est toute l’Afrique qui court un grave danger pour sa souveraineté alimentaire car le phénomène de l’accaparement des terres cultivables par les multinationales ou des pays étrangers. Au niveau mondial, de nombreuses ONG ayant pris conscience des conséquences que pourraient avoir ces accaparements sur la satisfaction des besoins alimentaires de nos populations tirent la sonnette d’alarme.

En Afrique aussi, les ONG locales commencent à s’impliquer. Ainsi des représentants de ces  organisations de la société civile venues de 13 pays africains se sont réunies à Ouidah les 08 et 09 février pour mettre au point  leurs stratégies de lutte. Ils venaient de du Burkina Faso, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, de la Guinée Conakry, du Mali, du Niger, du Sénégal, de la Siérra Léone, du Togo et du Zimbabwé et du Bénin.

Marcel Zoumènou a écrit un article publié sur lanouvelletribune.info du Bénin fort révélateur de la situation. Intitulé "Lutte contre l’accaparement des terres : les Osc d’Afrique dénoncent le mutisme des gouvernants", il y rappelle que Simon Bodéa, Secrétaire général de Synergie paysanne, désignée pour coordonner les activités qui seront menées par la plateforme jusqu’au prochain forum de Dakar, a fustigé le comportement des pouvoirs publics qui ne s’associent pas à cette lutte aux côtés des organisations paysannes.

Cliquer ici pour lire l’article de Lova sur l’accaparement des terres africaines:

Afrique : Un appel à plus de transparence dans les transactions foncières de terres arables

Target countries of land deals from the Land Matrix Project

Les pays cibles de transactions foncières,carte du projet Land Matrix

Guinée: Expropriation de terres agricoles à Saoro

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Le gouvernement de M. Alpha Condé continue de faire preuve d’incompétence. D’après une dépeche de RFI depuis Conakry, l’armée aurait tiré sur de pauvres paysans sans armes.

Les habitants du district de Saoro, près de Yomou, dans le sud de la Guinée, ont été expropriés de leurs terres par la Soguipah (Société guinéenne de palmiers à huile et d’hévéas) avec l’appui des autorités régionales de N’Zérékoré. Des affrontements entre ces habitants et les forces de l’ordre s’en sont suivis et ont fait de nombreux blessés. Des villageois ont été faits prisonniers. Au moins 109 personnes ont trouvé refuge à la cathédrale de N’Zérékoré sous la protection et l’assistance de la Croix-Rouge internationale et de l’Organisation chrétienne pour la protection humaine.

Source:http://www.rfi.fr/afrique/20110802-guinee-expropries-district-soro-manifestent-leur-revolte

Afrique: Spéculation sur les pauvres d’Afrique

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Le blog grigrinews.com a publié un article sur le bradage des terres agricoles africaines par les gouvernements au profit d’investisseurs étrangers. Abou Cissé y décrit brièvement comment:

les fameux fonds de pension internationaux en majorité basés en Angleterre par le biais de la société « Emergent » une capitalisation de trois cents cinquante millions d’euros… tous ces fonds sont investis pour acheter en masse les terrains agricoles Africains : une aubaine pour ces spéculateurs rachetant ces terrains pour une bouchée de pain vu l’extrême pauvreté des populations! Le secteur de l’agriculture étant vital pour pallier aux besoins alimentaires des populations une famine gigantesque s’annonce! La société « Emergent » espère un rendement supérieur à vingt cinq pour cent annuellement… L’Afrique crève de faim et cela n’est pas prêt de cesser avec le pillage de ses richesses naturelles c’est maintenant le tour au pillages des richesses agricoles. Si aucunes mesures sont prises par les présidents des pays concernés : Ethiopie, Tanzanie, Sud-Soudan, Sierra Leone, Mali et Mozambique on coures inexorablement à une catastrophe humanitaire à grande échelle! Que fait l’ONU, le PAM et la communauté internationale…

D’après un article paru sur le blog legriot.info:

le gouvernement éthiopien nourrit de grandes ambitions agricoles : il vise à atteindre 245 000 hectares de terres principalement dédiées à la culture de la canne à sucre, laquelle, comme les autres cultures mineures qui y seront développées, sera exporté. A cette fin, des terres situées dans la vallée de l’Omo (Sud-Ouest) auraient été cédées à des compagnies malaisiennes, italiennes et coréennes. Pourtant, 90 000 personnes issues des tribus indigènes survivent grâce aux mêmes terres agricoles. Ainsi, pour qu’elles ne fassent pas entendre leurs réclamations, le gouvernement éthiopien aurait interdit d’accès la région  à la presse et aux étrangers. En parallèle, la police réprimerait sévèrement toute revendication par la torture, l’emprisonnement ou d’autres pratiques dissuasives. Conséquence : un climat de terreur s’est substitué au calme habituel de la vallée de l’Omo.

Un autre blog au nom original de toiquiviensdethiopie.com, nous révèle que:

Alors que des millions de personnes sont gravement menacées de famine dans la Corne de l’Afrique, des investisseurs étrangers récoltent dans la même région des tonnes de céréales à destination de l’Asie ou des pays du Golfe. Et d’ajouter:

Dans l’un des pays les plus pauvres au monde, l’accaparement des terres agricoles ne fait que commencer, et au pire moment. L’Ethiopie a faim. La sécheresse dévastatrice qui frappe toute la Corne de l’Afrique depuis quelques mois menace plus de 10 millions de personnes.

« Ici c’est encore une région désertique, mais bientôt nous allons y construire de nouveaux champs de canne à sucre et d’huile de palme », confie Karmjeet Singh Sekhon, à bord de son pick-up Toyota.

A droite et à gauche de la piste, la brousse est déjà en feu. A 68 ans, l’investisseur indien est pressé. Son énorme ferme dans l’ouest de l’Ethiopie couvre une superficie de 300 000 hectares, une des plus grandes de la région.

Ce n’est pas étonnant qu’en Ethiopie et autres pays de la Corne de l’Afrique des millions de personnes innocentes sont entrain de mourir de faim. C’est comme si les intérets du gouvernement d’Addis-Abéba et ceux de ses populations ne correspondaient pas.