Archives de Catégorie: Religion

Guinée: Incapacité et nettoyage ethnique du gouvernement

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Alpha Conde - World Economic Forum Annual Meet...

Alpha Conde – (Photo credit: World Economic Forum)

Je me suis abonné le 26 juillet au téléphone fixe à Nice avec une option qui me donne la possibilité de voir aussi des chaines de TV africaines dont la RTG. Naturellement, animé des meilleures intentions j’en ai immédiatement profité pour voir le JT. Quelle désillusion tant par le contenu que pour le nettoyage ethnique effectué dans la sélection des gens qui réalisaient les services. Pendant que le quart d’heure que j’ai résisté, il y a eu à Conakry un service sur le commerce du riz par le gouvernement à des prix défiant toute concurrence, une file de femmes qui faisaient la queue à Zérékoré pour puiser de l’eau dans l’enceinte d’une mosquée.

Les chœurs de remerciement du Président Alpha Condé se succédaient. C’est la meilleure preuve du niveau de pauvreté auquel nous sommes arrivés en Guinée!!!Incapable d’adopter des politiques qui puissent inciter la population à produire plus, le gouvernement se substitue aux opérateurs économiques. Et dans la capitale de ce qui fut autrefois le grenier de la Guinée, où les agriculteurs faisaient deux récoltes de riz par an, après 54 ans d’indépendance, l’accès à l’eau n’est possible que grace à un forage dans l’enceinte de la mosquée.

Mais le plus pénible a été de voir la politique de l’exclusion faite par les autorités parmi les journalistes et techniciens qui ont assuré les services. Tous ceux portent des noms peuls ou forestiers sont exclus. En un quart de JT, le temps que mon entêtement a résisté, il n’y a eu qu’une personne avec un nom peul et une, forestier. Les fractures sociales et ethniques que  le Président Alpha Condé a su habilement exploiter pour gagner les élections, sont devenues un moyen de gouverner, sans se soucier de la cohésion nationale. Alpha Condé avait promis de reprendre la vie politique et économique de la Guinée au point où Sékou Touré l’avait laissée, il est entrain d’y arriver plus vite que prévu. Au moment de la mort de ce dernier, le tiers de la population du pays avait trouvé son salut dans l’exil, les forces vives avaient été complètement annihilées. La politique de AC risque de mener la Guinée à une catastrophe encore majeure.

Kenya: UHURU face aux attentats diaboliques

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Kenya: UHURU face aux attentats diaboliques

Me trouvant au Kenyalors des dernières attaques terroristes, j’ai senti de mon devoir d’écrire ce billet pour le réseau auquel je fais par solidarité et pour informer le monde de ce qui se passe. Chers amis, vous trouverez que les bandits qui ont perpétré ces agressions ne reculent devant rien. Et ce qu’il font dans ce pays pourraient être répété dans d’autres pays. Le Kenya peut prendre des mesures pour se défendre, bien qu’il soit difficile de se défendre

Un des pères de l'indépendance africaine. Photo de l'auteur

Un des pères de l’indépendance africaine. Photo de l’auteur

contre des terroristes, comme le montre l’expérience de la plus grande puissance militaire du monde. Mais que peuvent d’autres états beaucoup plus faibles?

Le titre original est:

Kenya : Après les attentats, appels à l’unité

La traduction a été faite par Mme Suzanne Lehn

(Tous les liens sont en anglais) A quelques jours seulement de l’ouverture du Sommet GV2012 à Nairobi, le Kenya a connu des attentats meurtriers et un enlèvement dans les villes de Mombasa et Garissa. Une explosion a tué 3 personnes dans un bar le 24 juin, au lendemain de l’avertissement de l’ambassade américaine aux autorités kenyanes sur l’imminence d’un attentat dans la ville. Les clients étaient venus au bar regarder le match de quart de finale de l’Euro 2012 entre l’Angleterre et l’Italie.

Beegeagle cite un témoin direct :

“Je venais d’arriver et étais en train de consommer en attendant le début du match de football, quand j’ai entendu une explosion, puis encore une, et encore une. Je me suis allongé sur le ventre. Puis j’ai vu une voiture démarrer en trombe et des corps étendus partout,” a dit Muthoni.

Le 1er juillet, dans la ville kenyane de Garissa, des assaillants masqués ont tué 17 personnes et en ont blessé 45 dans une attaque au fusil et à la grenade contre deux églises. La ville est une garnison de l’armée kenyane d’ou elle lance ses opérations contre les insurgés de Somalie liés à al-Qaida

Dans un billet repris par Sahara Reporters, James Macharia note :

Si les Kenyans sont en majorité chrétiens, Garissa est plus fortement musulmane. La ville d’environ 150.000 habitants, un marché important pour le commerce de chameaux, ânes, chèvres et bétail, a une forte population d’ethnie Somalie.

La ville de Garissa dans la province kenyane du Nord-Est. Photo publiée sous licence Creative Commons (CC BY-SA 3.0) sur Wikipedia par Chking2.

Francis Njuguna écrit sur CatholicPhilly :

Les attentats simultanés contre la cathédrale Notre-Dame de la Consolation et l’église protestante Africa Inland dans la ville de Garissa au Nord sont les plus récents d’une série d’incidents depuis que les troupes kenyanes ont été envoyées en Somalie en octobre écraser les militants al-Shabaab.

Lors d’une autre attaque sanglante au camp de réfugiés de Dabaab, quatre humanitaires étrangers du Canada, de Norvège, des Philippines et du Pakistan ont été enlevés et leur chauffeur kenyan tué par des militants Al-Shabaab suspectés. Ils ont été libérés après trois jours de captivité par une opération conjointe des armées nationale somalienne et kenyane.

Protestations et réactions sur internet ont été rageuses, pour condamner les attentats, appeler à l’unité nationale et organiser des actions préventives de futurs attentats. Un article sur le site web nation.co.ke du principal journal kenyan a généré de nombreux commentaires d’internautes.

Ahmed Mohamed écrit :

C’est un jour sombre pour le Kenya. Ces lâches veulent faire naître la guerre civile ; ils ont déjà détruit leur propre pays de cette façon. Ne les laissons pas introduire la haine chez nous. Musulmans et Chrétiens vivent côte à côte depuis des siècles dans l’harmonie et nous vivrons éternellement ainsi. Leur acte lâche n’aura pas d’effet sur notre pays.

Pour Michelline Ntara, le gouvernement kenyan devrait aider les camps de réfugiés au Kenya :

…. Il est pourtant grand temps que le Kenya réévalue ses principes d’hospitalité. L’armée kenyane a contribué à restaurer la paix dans de nombreuses zones à l’intérieur de la Somalie. Les camps de réfugiés à la frontière entre Kenya et Somalie devraient être fermés maintenant et les gens aidés à rentrer dans leur pays. Très probablement, ces terroristes perpètrent leurs actes lâches à partir de ces camps puis s’y faufilent à nouveau sitôt après. Même si nos forces de sécurité font de leur mieux pour attraper ces criminels, il est difficile de combattre un ennemi de l’intérieur.

Triple A écrit :

Cher Pays, il est temps de tous nous mettre à appeler ces attaques par leur nom……des attentats terroristes. Les appeler des attaques d’églises, c’est n’importe quoi alors que nous savons tous que des éléments extrémistes liés à Alshabab sont derrière. Les Kenyans payent au prix fort des années d’ignorance…nous savions tous qu’il y avait des extrémistes dans notre pays et nous avons préféré garder le silence…..mais nous ne pouvons plus continuer cette politique de l’autruche. Le premier pas est d’appeler ces attaques par leur nom, du terrorisme

Un autre lecteur, Mohamed Abdi, demande :

10h20 du matin ? c’était en plein jour. Quelque chose ne colle pas, où était le personnel de sécurité, l’armée, la police, les AP (NdT : unité spéciale de la police) ? Comment deux ou trois hommes armés peuvent ils agir en toute impunité à 10h du matin quand Garissa compte des milliers d’agents de sécurité ? Il était beaucoup plus simple de boucler la zone et de coffrer les coupables. Une fois de plus le personnel de sécurité a fait défaut à des Kenyans innocents qui les paient de leurs impôts chèrement gagnés. quelle honte !

Mazzaroth Darkman écrit :

Le NSIS (NdT : service de renseignement) doit dire aux Kenyans qui jette des grenades dans les églises et fait croisade, si c’est une mouvance de l’ombre dans la politique kenyane nous voulons savoir et si c’est Al shabab alors le renseignement militaire doit se réveiller, déployer des agents infiltrés dans ces mêmes coins sombres de Kismayu à Eastleigh et en finir avec le préjudice extrême …arrêtons d’être gentils. Ce n’était jamais destiné à être une campagne militaire régulière

Une association musulmane a offert d’aider à sécuriser les églises :

Bien plus, il est même de notre devoir de musulmans de sauvegarder et protéger toute vie innocente, y compris dans les églises. Nous implorons nos frères de diffuser nos messages et encourager la résistance parmi nous musulmans qui se saisiront de ceux qui se prétendent musulmans mais ne sont que des ouvriers du diable et perpètrent ces atrocités.

L’information a été reprise par le blog My Joy Online, avec ce commentaire de John Mensah :

Parlez de coexistence pacifique. Ceci devrait être un modèle pour tous. Même l’intention est louable.

Mais les auteurs de ces actes de terreur semblent indifférents à ces réactions :

La police kenyane aurait arrêté jeudi un homme porteur de deux grenades qui tentait de s’introduire sur le terrain de la foire agricole à Nakuru, quelques instants avant l’arrivée sur les lieux du président kenyan Mwai Kibaki.

Entre temps, les investigations se poursuivent et quatre vingt-trois personnes ont été arrêtées en une rafle massive lancée après les deux attaques de dimanche contre les églises de Garissa

Un des rares dirigeants du continent à mener son pays à l'indèpendance

Un des rares dirigeants du continent à mener son pays à l’indèpendance

Un des rares dirigeants du continent à mener son pays à l'indèpendance

Un des rares dirigeants du continent à mener son pays à l’indépendance. Photo de l’auteur

Un des pères de l'indépendance africaine. Photo de l'auteur

Un des pères de l’indépendance africaine. Photo de l’auteur

Mali: Génocide culturel à Tombouctou dans l’indifférene du monde

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J’ai écrit l’article suivant pour Global Voices online après la sous le titre de

Mali: Passivité du monde devant la destructions des mausolées de Tombouctou

Le 30 juin 2012 entrera dans l’histoire du Mali et de l’héritage culturel de l’humanité, comme une des plus funestes.  En effet, en réaction au classement par l’UNESCO de Tombouctou, dans la liste du patrimoine mondial en péril, les islamistes d’Ansar Dine, un des groupes armés contrôlant le nord du Mali, ont entrepris samedi de démolir les mausolées de saints musulmans dans la ville de Tombouctou.

Le 30 juin, saharamedias.net a écrit:

Les combattants du mouvement ont détruit des mausolées construits comme étant les tombeaux de savants et saints jouissant d’une grande estime au sein des populations de la ville historique, avec comme objectif d’ôter toute trace permettant de déterminer l’emplacement de ces lieux.

saharamedias.net, dont un correspondant a assisté aux destructions,nous fait part du fanatisme qui a entouré ce sacrilège:

Les démolitions avaient un caractère particulier. Un homme qui remercie Dieu après avoir détruit un tombeau plus protubérant que les autres ; un autre qui loue Allah de leur avoir accordé toutes ses victoires et de leur avoir permis d’appliquer Sa Loi sur terre’ ; Un troisième qui savoure la victoire et souhaite qu’il en soit ainsi dans tous les pays du monde musulman.

Même si c’est la destruction du mausolée du Saint Sidi Mahmoud Ben Amar, déjà profané le 4 mai 2012, qui fait le plus parler d’elle, il n’y a pas de doutes sur le sort des 15 autres. En effet, selon Sanda Ould Boumama, porte-parole d’Ansar Eddine à Tombouctou, cité dans un billet publié par senego.com:

Ansar Edine va détruire aujourd’hui tous les mausolée de la ville. Tous les mausolées sans exception

Le site maghrebemergent.com pense trouver une explication de cet acharnement des islamistes contre des lieux qui symbolisent la mémoire collective des maliens et leur contribution au patrimoine culturel mondial:

Outre les mosquées, le site classé compte 16 cimetières et mausolées qui étaient des composantes essentielles du système religieux dans la mesure où, selon la croyance populaire, ils étaient le rempart qui protégeait la ville de tous les dangers

Les réactions ont été nombreuses sur la blogosphère. Sur le site france24.com le lecteur Rg a écrit:

C’est comme cela que la religion dérive en totalitarisme. En occident, on a connu l’inquisition, en Chine il y a eu la révolution culturelle, etc

Sur le portail du quotidien français lemonde.fr, parmi les intervenants on peut citer Michèle FAUDRIN qui a écrit:

Les islamistes ont détruit plusieurs monuments…autodafé ! Entre eux et nous un fossé ; Ils sont intolérants, nous nous efforçons d’être tolérants. Ils ne tolèrent pas notre tolérance, nous ne tolérons pas leur intolérance.

Commentant un article paru sur tempsreel.nouvelobs.com nouen marie-claude a exprimé ainsi ses craintes :

Quelle tristesse ! On ne peut plus trouver de mots pour qualifier un tel délire ! ……Ils sont déjà en Afghanistan , en Syrie , un peu partout en Afrique ….ils me font penser aux nazis qui ont commencé ..par brûler des livres …….L’Europe a un incendie en face de ses côtes méditerranéennes….allumé par des inquisiteurs au 21 ème siècle ….Horrifiée et inquiète !

Réagissant au même article Kangoo Durant a écrit:

ils se dissent agir au nom de DIEU, ils ont vu DIEU ces malades???? Faudrait leur dire que DIEU bâti, il ne démolit pas des lieux saints lui étant destinés. Mais avant toute chose, ce sont des lieux de l’histoire humaine, avec des âmes!

Ahmed Mouhlay pense que:

A ce niveau, on quitte le domaine de la croyance/religion pour entrer dans celui de la psychiatrie. Une opération “de force” contre ces gens-là ne serait pas une guerre, mais une thérapie.

Marc Esnoult croit que:

Nouvel Afghanistan, mais plus près. Nous ne comprenons pas bien cette histoire de saints musulmans rejetés par les islamistes extrémistes; peut-être représentation interdite par la charia; c’était plus net en Afghanistan quand les statues préislamiques ont été détruites par les talibans. Il serait étonnant qu’il n’y ait pas là-bas des camps d’entrainement type Al qaida.

Sur Twitter, Totosy de Madecasse™ ‏@Toshikoshi commentant un billet paru sur slateafrique.com penseque c’est:

Un véritable génocide culturel s’est opéré à #Tombouctou -http://goo.gl/XKRzX

Toujours sur Twitter l’utilisateur hdstanton ‏@hdstanton1 conclut que:
#Tombouctou Au delà de la destruction des mausolées, les islamistes veulent montrer qu’ils détruiront toute civilisat° étrangère à leur dogme.
Cette réaction de Toni972 publiée le 24 mai dernier sur le portail de rfi.fr après les premiers crimes des extrémistes, garde encore toute son actualité et résume la situation d’un gouvernement malien tétanisé et une communauté internationale qui garde un silence assourdissant:
C’est d’autant plus révoltant que le gouvernement malien ne peut rien pour lutter efficacement contre ces intrus, sachant que la seule solution pour les éradiquer est une lutte armée sans merci. On ne négocie pas avec avec des terroristes on les élimine physiquement purement et simplement. Vivement une intervention musclée pour que ces régions redeviennent libres.

temoust.org,  pense:

Pour tout cela, la situation désastreuse que vit Tombouctou n’est pas qu’une affaire interne au Mali. Elle intéresse l’humanité entière car cette fois, il ne s’agit pas de chasser un dictateur, mais bien d’effacer la trace d’une humanité entière, sa mémoire, ses rites, ses traditions, ses langues et, bien sûr, l’enjeu, la mort d’une des villes dont les mausolées et les demeures d’hommes et de femmes s’ouvrent sur le désert.

Pendant que la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, exprime son  désarroi et sa consternation, les islamistes continuent leurs destructions et assujettissement des populations à la sharia, tout en se renforçant militairement par l’arrivée de nouvelles troupes. Le site malikounda.com rapporte l’arrivée à Tombouctou d’une trentaine de djihadistes algériens le 29 juin.

Les premiers crimes avaient provoqué une réaction violente de la population avec des manifestations de rues et des affrontements avec les terroristes. Cette fois-ci, malheureusement, les populations vivant dans la terreur et réduites au silence depuis longtemps trouveront difficilement des leaders qui les conduisent à des nouvelles manifestations

Africae Munus Le Pape Benoît XVI trace la route pour l’église africaine

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Voici un article que j’ai écrit pour l’hebdomadaire La Lance de Conakry sur le message Africae Munus. 

Par une heureuse coïncidence de calendrier, la célébration, le 23 novembre, pour la première fois, de la Journée internationale contre l’impunité et le voyage du Pape Benoît XVI au Bénin, du 18 au 20 novembre, se sont succédés à peu de jours d’intervalle. Les prises de position que le Saint-Père est venu délivrer aux africains démontrent aussi combien sont saugrenues les idées exprimées par Mgr Vincent Coulibaly, archevêque de Conakry, co-président de la Commission de réflexion sur le processus de réconciliation nationale, à l’occasion du lancement du message “la marche vers la réconciliation nationale”, en septembre 2011. Elles donnent raison aux nombreux guinéens qui ont de sérieux doutes sur la capacité de cette personnalité à remplir le rôle qui lui est confié.

L’objectif principal du voyage du souverain pontife était de remettre le document intitulé Africae Munus, « l’engagement de l’Afrique » aux évêques aux prêtres, aux diacres permanents, aux personnes consacrées, aux catéchistes et aux laïcs de notre continent et des îles voisines. Cette Exhortation apostolique post synodale a été publiée au Vatican le 19 novembre 2011. Mais c’est dans le village de Ouidah, à 40 km de Cotonou, en plein cœur du pays d’origine du vaudou que ce document a été signé plutôt ce même jour. Le document comprend deux parties divisées en chapitres pour un total de 135 pages.

Déjà qualifié par les médias de “Feuille de route pour l’Eglise en Afrique”, il définit le rôle que veut jouer l’église en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. Il est basé sur  les travaux de la deuxième Assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques qui s’est déroulée du 4 au 25 octobre 2009 sur le thème de «L’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix».

L’Exhortation apostolique Africae Munus, vient compléter le travail de réflexion initié avec la première assemblée spéciale tenue du 10 avril au 8 mai 1994, à l’issue de laquelle le Pape Jean-Paul II avait signé l’Exhortation “Ecclesia in Africa”.

Dès son introduction le document relève les différentes situations sociopolitiques, ethniques, économiques ou écologiques que vivent quotidiennement les Africains encore aujourd’hui.  « Les Africains savent mieux que quiconque combien, trop souvent malheureusement, ces situations sont difficiles, troublées voire même tragiques. Je rends hommage aux Africains et à tous les chrétiens de ce continent qui les affrontent avec courage et dignité. Ils désirent, avec raison, que cette dignité soit reconnue et respectée. Je puis les assurer que l’Église respecte et aime l’Afrique. »

Le Saint-Père ajoute « La mémoire de l’Afrique garde le souvenir douloureux des cicatrices laissées par les luttes fratricides entre les ethnies, par l’esclavage et par la colonisation. Aujourd’hui encore, le continent est confronté à des rivalités, à des formes d’esclavage et de colonisation nouvelles. »

Malgré ces difficultés et les grandes pandémies le Pape voit de nombreux motifs d’espérance et d’action de grâce et affirme que les africains maintiennent leur joie de vivre. “Je vois également un motif d’espérance dans le riche patrimoine intellectuel, culturel et religieux dont l’Afrique est dépositaire. Elle désire le préserver, l’explorer davantage et le faire connaître au monde. Il s’agit là d’un apport essentiel et positif.’’

Le premier chapitre du document, intitulé «  AU SERVICE DE LA RÉCONCILIATION, DE LA JUSTICE ET DE LA PAIX”. rappèle que ”Si l’on ne crée pas dans les cœurs la force de la réconciliation, le présupposé intérieur manque à l’engagement politique pour la paix.”

Dans un passage que nous devrions bien méditer en Guinée, il dit que “seule une authentique réconciliation engendre une paix durable dans la société…. Pour devenir effective, cette réconciliation devra être accompagnée par un acte courageux et honnête : la recherche des responsables de ces conflits, de ceux qui ont commandité les crimes et qui se livrent à toutes sortes de trafics, et la détermination de leur responsabilité. Les victimes ont droit à la vérité et à la justice. Il est important actuellement et pour l’avenir de purifier la mémoire de construire une société meilleure où de telles tragédies ne se répètent plus.”

Le document dénonce aussi l’exploitation et les malversations locales et étrangères, l’opulence des gouvernants et des entrepreneurs véreux qui choquent la conscience humaine, au détriment du bien-être des populations locales. Il dénonce aussi les atteintes contre la nature, les forêts, la flore et la faune, mettant en péril l’existence d’innombrables espèces qui risquent de disparaître à tout jamais. Ces actions de l’homme menace “l’écosystème tout entier et, par conséquence la survie de l’humanité. J’exhorte l’Église en Afrique à encourager les gouvernants à protéger les biens fondamentaux que sont la terre et l’eau, pour la vie humaine des générations présentes et futures et pour la paix entre les populations’’.

En ce qui concerne la gouvernance, le document explique que ‘’Le non respect de la Constitution nationale, de la loi ou du verdict des urnes, là où les élections ont été libres, équitables et transparentes, manifesterait une défaillance grave dans la gouvernance et signifierait un manque de compétence dans la gestion de la chose publique.”

Après avoir traité de la criminalité, du respect des droits humains des prisonniers, de la mondialisation et de l’aide internationale, le document affronte les problèmes de la communion et des relations interreligieuses, de la sorcellerie et des difficultés de la double appartenance qui déchirent les chrétiens partagés par de la «double appartenance», au christianisme et aux religions traditionnelles africaines. Malgré les conditions de vie des chrétiens dans certains pays le Pape exhorte l’Église, à persévérer dans l’estime des musulmans.

Ensuite, c’est autour des problèmes internes à l’église et à la communauté chrétienne d’être analysés. Il s’agit en particulier des activités des nombreux mouvements syncrétistes et des sectes qui ont aussi vu le jour en Afrique au cours de ces dernières décennies. ‘’Il est parfois difficile de discerner s’ils sont d’inspiration authentiquement chrétienne ou s’ils sont simplement le fruit d’un engouement pour un leader prétendant avoir des dons exceptionnels. Leur dénomination et leur vocabulaire prêtent facilement à confusion, ils peuvent égarer des fidèles de bonne foi.’’

Benoît XVI n’esquive pas les problèmes douloureux pour l’église africaine, notamment ceux touchant au comportement de certains prélats qui a conduit à des démissions d’évêques comme en Tanzanie, au Bénin, en République centrafricaine ou au Burkina Faso et au Congo. Il leur leur dit “Votre autorité morale et votre prestance qui soutiennent l’exercice de votre pouvoir juridique, ne proviendront que de la sainteté de votre vie’’.

Women in Cotonou, Benin

Image via Wikipedia

Sur le plan de la gestion des biens de l’église locale, il ajoute ‘’Pour que votre message soit crédible, faites que vos diocèses deviennent des modèles quant au comportement des personnes, à la transparence et la bonne gestion financière. Ne craignez pas d’avoir recours à l’expertise des audits comptables pour donner l’exemple aussi bien aux fidèles qu’à la société.’’

Dans ses interventions publiques il s’est exprimé sur le problème du SIDA “Le problème du sida exige certes une réponse médicale et pharmaceutique. Celle-ci est cependant insuffisante car le problème est plus profond. Il est avant tout éthique”.

Est-ce une manière de reconnaitre que les dogmes religieux ne suffisaient pas pour arreter cette pandémie et de confirmer une certaine inflexion de l’église quant à l’usage du préservatif? Espérons-le !

Guinée: Le Lynx fustige la désorganisation du pèlerinage 2011

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Dans son 31 octobre, l’hebdomadaire 2011 de Conakry "Le Lynx"   publie les commentaires de El Hadj Camara sur l’organisation du Hadj 2011. Voici le texte gracieusement fourni par la rédaction. Comme toujours, j’avertis les lecteur que l’article est écrit dans le langage typique de ce journal forgé à partir du Français.

Hadj 2011  Satan conduit la marche

Docteur – Professeur son Excellence El Hadj Koutoubou Sanoh était donc un as du pèlerinage. En deux temps, quatre mouvements, assaisonnés de billets d’avion impayés, il pouvait vous expliquer les tenants et les abrutissants de tout ce qui avait pu disparaître des caisses et du budget des Hadj 2009 et 2010. Là où l’explication était simple, on la compliquait. Là où elle était compliquée, on la compliquait davantage. Résultat: la fin de l’explication constituait une délivrance. On pouvait respirer à pleins poumons.

Seulement voilà. Avec le Hadj 2011, la tradition guinée-haine aura été respectée à la lettre. Celle-ci consiste à s’enfoncer chaque année davantage. A la malgouvernance de l’Administration, se sont ajoutés le vol et la tricherie de certains candidats au turban. On vole pour pouvoir visiter les lieux saints de l’Islam. On triche pour s’acquitter des exigences du 5è pilier de l’Isam. On ment pour obtenir le titre d’El Hadj. On embrouille le Consulat d’Arabie Saoudite pour mieux tromper les candidats malheureux au pèlerinage. Parce qu’il y a des candidats malheureux. Comme au Bac. Tout se passe comme si personne ne contrôle plus rien. Satan excepté. C’est lui qui conduit la marche.

Pourtant, cette “ pagaille organisée ” est une simple affaire de Toto. Si les opérations de pèlerinage sont bien ficelées, que mangeront les prédateurs ? Quelque 6800 visas avaient été négociés avec les Saoudiens. Plus de 8 000 ont été déjà délivrés. Au compte gouttes, affirment certains des déçus du pèlerinage 2011. Un simple petit contrôle effectué la semaine passée en Arabie Saoudite a permis de déceler 50 fraudeurs parmi les pèlerins. Il y en a qui se sont ingéniés à se rendre en Arabie Saoudite “ sans payer ”. Ou du moins, sans payer à une caisse connue. A l’heure qu’il est, ils ont dû commencer à faire leur “ Tawaf ” entre Safa et Marwa. En toute confiance.

Mais, ce petit exploit ne mérite pas que l’on s’y arrête, compte tenu des performances du 26è et du 27è convois. Les négociations pour le déroulement du Hadj 2011 ont été si rondement menées que ces convois-là n’ont pas pu atterrir directement à Médine. Le coucou a pris la direction de Jeddah. Pour déverser ses passagers qui ont été bloqués-là pendant deux jours. En ce qui concerne la Première Dame de la République qui était de ce convoi, une solution “ protocolaire ” a pu être trouvée. Le reste du lot a élu domicile là où bon lui semble. “ Jusqu’à ce que la situation se débloque ”.

C’est dans ce tohu-bohu que 8 ex-futurs pèlerins ont été appréhendés à Jeddah. Ils avaient tout simplement effectué le voyage avec des passeports d’autres candidats pèlerins, restés, eux, à Conakry. Quand nous mettions sous presse, Jeddah n’avait pas accepté d’annuler la décision de les réembarquer pour Conakry. Carrément.

Paradoxalement, que dis-je, parallèlement, des imams des préfectures de l’intérieur du pays, invités à la Mecque par le Président de la République, ont dormi à la belle étoile à  Conakry. “Faute de visas ”.

Le Secrétariat général aux affres religieuses a sorti une cinquantaine de ces précieux visas de l’Ambassade saoudienne. Mais, ce n’était guère une “ bonne nouvelle ” parce qu’ils étaient destinés à la même présidence de la République pour “ ses protégés ”. Entre invités et protégés, on savait parfaitement qui privilégier. A part ces quelques désagréments, le pèlerinage reste un privilège.

El Hadj Camara

Guinée: Madifing Diané, ancien tortionnaire nommé ambassadeur au Sénégal

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L’association Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djalon (Ensemble pour le développement du Fouta-Djallon) dénonce la nomination de Madifing Diané  comme ambassadeur de la Guinée au Sénégal qui suscite beaucoup d’émoi parmi les militants des droits de l’homme, les associations de victimes et tous les citoyens guinéens soucieux de coopération et d’intégration régionale. Un appel a été adressé aux organisations internationales listées ci-dessous. Les destinataires sont autorisés à le transmettre à qui ils estiment nécessaire.

Voici comment Mr. Madifing est présenté. Il:
"fut un tortionnaire notoire durant le régime de Sékou Touré. Avant d’être recruté comme membre des équipes du sinistre Siaka Touré, Mr. Madifing Diané  fut instituteur à l’école primaire du camp Boiro. Son rôle consistait entre autres, à  tenir le registre des personnes à arrêter, à conduire des interrogatoires sous la torture et à préparer des rapports sur  les aveux  pour la présidence.  En outre il était en charge de la censure des aveux enregistrés avant leur diffusion à la radio nationale de l’époque. En plus, Mr. Madifing Diané  était le correspondant des agents secrets en charge de déstabiliser l’opposition qui était regroupée à l’extérieur pour échapper à la répression. A ce titre, comme il l’a lui-même reconnu, entre 1971 et 1984,  Mr. Madifing Diané  était en contact avec l’ancien espion du PDG, Jean-Marie Doré qui fut premier ministre du gouvernement de transition.  Lié à l’ancien président guinéen, Lansana Conté, par le même passé d’agent des services secrets de Sékou Touré,  Mr. Diané sera promu au rang de ministre de la sécurité par ce dernier.
D’après cette association, en sa qualité ambassadeur au Sénégal  Mr.  Diané aura pour  mission:
"d’infiltrer et de déstabiliser la communauté guinéenne.   Le président guinéen voit en cette communauté une base favorable à son ancien adversaire politique. Dans de récentes déclarations, Mr. Alpha Condé a fait allusion à des complots en préparation contre lui à partir du territoire sénégalais. Parmi les scenarios de la mission de l’ambassadeur, il y a celui de la création d’incidents contre  les citoyens  sénégalais établis en Guinée afin de susciter des mesures de rétorsion contre l’importante diaspora Guinéenne au Sénégal. Ces informations sont à prendre au sérieux étant donné  le nombre de citoyens guinéens (principalement peuls) résidant au Sénégal.   Notre association en appelle à la vigilance dans notre communauté,  à l’intérieur comme au Sénégal,  afin de déjouer toutes provocations de nature à compromettre les relations fraternelles entre les citoyens sénégalais et guinéens.
Cette nomination vient après celles de deux religieux El Hadj Mamadou Saliou Camara, imam de la grande mosquée Fayçal, et monseigneur Vincent Koulibaly, archevêque de Conakry, pour co-présider une «Commission provisoire de réflexion sur les conditions de mise en oeuvre et de réalisation de la réconciliation nationale», celle de personnalités figurant sur la liste de personnes ayant commis des actes contre l’humanité établie par  les Nations Unies et la promotion à des grades supérieurs de militaires qui se sont distingués dans la répression contre des manifestants désarmés.
L’élection d’un civil à la présidence de la Guinée, qui prétend avoir été professeur de droit à la Sorbonne, avait suscité quelques espoirs chez ces électeurs et des craintes de la part de ses nombreux détracteurs, malheureusement son action depuis son élection déçoit les premiers et donne raison aux seconds.

Espagne: JMJ2011 ou lancement par les religieux de la campagne électorale

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Madrid abrite depuis le 16 jusqu’au 21 août 2011,  les JMJ 2011, les XXVIe Journées Mondiales de la Jeunesse. C’est la deuxième fois que l’Espagne accueille les  JMJ  après Saint-Jacques de Compostelle en 1989. Cette grande kermesse est organisée par l’Église catholique depuis 1986 et réunit tous les deux ou trois ans des jeunes provenant du monde entier dans une grande métropole, en présence du Pape. Les JMJ sont le plus grand rassemblement de jeunes au monde. Le Pape Benoit XVI y est attendu ce jeudi 18 et restera dans la capitale espagnole jusqu’au dimanche 21,jour où il célèbrera une Sainte messe.

Par l’organisation de ces JMJ en Espagne avec les tensions qui opposent les bigots au gouvernement socialiste de José Luis Rodríguez Zapatero, à mon avis, l’église utilise la religion à des fins politiques. Elle instrumentalise la religion pour influencer le choix politique des espagnols en vue des élections prochaines. On me rétorquera que lorsque le choix de Madrid a été fait pour l’organisation de ces JMJ, on ne savait pas que des élections anticipées auraient eu lieu à peine trois après, mais je réponds que tout le monde savait que des élections générales auraient eu lieu quelques 7 mois plus tard. Les adversaires des socialistes que l’Eglise a toujours soutenu avec force, au plus haut niveau, pourront donc utiliser l’effet de ces JMJ sur une population plutôt pieuse pour séduire des électeurs.

C’est déjà depuis janvier 2005, soit moins d’un an après l’élection de M. Zapatero, que l’épiscopat espagnole avait réussi à faire condamner par le Papa Jean-Paul II, l’initiateur des JMJ, les réformes politiques et sociales d’un état archaïque, à la législation trop influencée par le dogmatisme religieux.

C’est donc avec un grand plaisir que je vois que des espagnols conscients du danger que constitue le mélange explosif de la religion et de la politique sont descendus dans les rues pour dénoncer l’action de l’Église.