Archives de Catégorie: Relations internationales

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Parmi les chefs d’état africains qui piochent le plus éhontément dans le budget national de leur pays, il y a le Président Obiang Ngéma de Guinée équatoriale qui fait partie des 4 chefs d’état africains contre lesquels le parquet de Paris a ouvert. En juin 2007, une enquête préliminaire  pour des biens mal acquis sur  initiative de trois associations françaises (SurvieSherpa et la Fédération des Congolais de la Diaspora).

Il est difficile d’estimer ce que ce despote et sa famille ont détourné des

English: Julio Iglesias

Julio Iglesias, €750 pour un concert en pleine jungle à Sipopo pour les caprices du ckan Nguéma (Photo credit: Wikipedia)

richesses du pays, qu’il gouverne depuis 1979, après avoir déposé son oncle, qui fut tout aussi dictateur et sanguinaire que lui.

Doit-on rappeler aussi qu’une partie importante de son gouvernement est issue de sa proche famille, dont son fils préféré Teodorin Obiang qui est vice-premier ministre chargé de la défense?Les extravagances et les démêlés de ce dernier avec la justice dans différents pays sont connus. A ce propos le blog alexengwete.blogspot.com a écrit [en]:

Les objets de valeur saisis au manoir de Teodorin Obiang à Paris montre la stupéfiante prodigalité et de l’insensibilité de ces personnages néfastes alors que leurs concitoyens vivotent dans une misère inhumaine. Objet: une montre d’une valeur de €3 millions! Objet: caisses de bouteilles de vin de cru coûtant plusieurs milliers de dollars chacune (comme Petrus, Romanée-Conti, etc) élément manquant:. Une peinture de Claude Monet d’une valeur de 12 M € parmi 107 autres tableaux achetés par Teodorin à la vente aux enchères de la collection d’art privée du célèbre couturier français Yves Saint-Laurent!

Son appétit insatiable pour le luxe l’a conduit à passer une  commande d’un yacht pour son usage personnel, pour la modique somme de 288 millions d’euros, soit l’équivalent de près de 3 fois le budget alloué à l’éducation de tous les enfants de son pays, selon l’ONG britannique Global Witness:

Son prix total est d’environ 288 millions d’euros, soit 380 millions de dollars au taux de change courants. Il serait ainsi le deuxième yacht le plus cher, derrière Eclipse $ 1,2 milliard de l’oligarque russe Roman Abramovich.

La dernière extravagance du fils prodige est de faire venir à Malabo l’icône de la chanson espagnole Julio Iglesias, pour un concert dont le prix du billet d’entrée s’élevait à €750. Voici ce que nous raconte le site france-guineeequatoriale.org à ce propos:

Un rêve réalisé, une image redorée et une affaire à 750 euros l’entrée. Teodorín Nguema Obiang Mangue, 2e vice-président de Guinée équatoriale, est parvenu à faire venir Julio Iglesias à Malabo pour y chanter devant le gratin du clan de Mongomo qui se partage toutes les fonctions de commandement dans la haute administration et le gouvernement du pays, un des plus importants producteur d’hydrocarbures d’Afrique subsaharienne. Les billets dont le prix équivalait le salaire de deux années pour de nombreux Guinéens n’étaient accessibles qu’à la famille et aux amis du dictateur…  »

En plus des Etats-Unis, plusieurs justices sont à ses trousses pour pour des crimes allant de l’escroquerie au blanchiment d’argent et des biens personnels comme une propriété à Malibu, un Gulfstream GV plusieurs Rolls Royces, une  Bugatti Veyron et des objets souvenir de  Michael Jackson.

Les dépenses somptueuses du pouvoir et misère de la population

En plus de l’enrichissement illicite de la dynastie, les dépenses absurdes se multiplient, alors que la population ne voit pas son niveau de vie s’améliorer au rythme de la croissance de la manne pétrolière. Dans son rapport intitulé Guinée équatoriale : Les abus se poursuivent avant l’ouverture du sommet de l’Union africaine l’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch révélait à la veille de la Conférence des chefs d’état de l’Union africaine à Malabo en 2011:

Au titre de l’année 2010, la richesse par habitant place la Guinée équatoriale au même rang que l’Allemagne, le Japon ou le Royaume-Uni en raison des revenus tirés du pétrole ; les conditions de vie des habitants y sont pourtant très précaires.

Il est difficile d’obtenir des statistiques récentes, et celles produites par la Guinée équatoriale ne sont pas toujours fiables. Plus des trois quarts de la population vit dans la pauvreté si l’on en croit une étude menée par le gouvernement équato-guinéen en 2007 et citée jusqu’en 2009, date à laquelle il a commencé à en contester les résultats. Les taux de mortalité infantile ont légèrement baissé en Guinée équatoriale, à l’instar des tendances mondiales, mais les statistiques 2009 de l’UNICEF placent le pays au 14° rang pour cet indicateur.

Dans le classement selon les Indicateurs de développement humain en 2011, le PNUD place la Guinée équatoriale à la 136ème place, avec une espérance de vie à la naissance d’à peine 51 ans, loin derrière des pays moins bien pourvus de richesse.

Le rapport d’HRW révèle que:

Les dépenses consacrées à l’éducation en pourcentage du PIB sont moins élevées en Guinée équatoriale qu’elles ne le sont dans les pays voisins, notamment le Cameroun et le Gabon, bien que la Guinée équatoriale soit la nation la plus riche de l’Afrique subsaharienne par habitant.

Les dépenses consacrées à l’éducation ont avoisiné les 200 millions de dollars US en 2008, année de calcul la plus récente. Cette somme représente moins du quart des dépenses gouvernementales pour construire le complexe destiné à accueillir le sommet de l’Union de l’Afrique.

Le cas du pillage des ressources nationales pour soi et ses proches est le plus révoltant et le plus visible, mais hélas, il n’est pas le seul. Les autres cas poursuivis par SurvieSherpa et la Fédération des Congolais de la Diaspora sont Denis Sassou Nguesso du Congo, feu Omar Bongo, dont le fils a hérité du pouvoir au Gabon, Blaise Compaoré du Burkina Faso et José Eduardo dos Santos, d’Angola et leur entourage.

Une enquête spéciale de Hermann Oswald G’NOWA publiée par cameroun-online.com en avril 2012 dévoilant les frais de scolarité d’une fille du Président Paul Biya en Suisse a provoqué un vif débat  parmi les blogueurs camerounais.

La lectrice marie louise avait écrit :

ouaaaaiiii Popol [Président Paul Biya], moi je souffre chaque mois mon boss me donne 35.000 FCFA alors ke toi tu envoies ta fille au school avec 35.000.000 de FCFA ? Eééééékkkkiiééééé kel égoïsme craint au moins Dieu ki est au ciel et ki te voit, REPE n’oublie pas ke tu pars à l’église chaque dimanche. confesse toi. Réduit cette somme pour ke nos employeurs puissent au moins nous payer et ke nos enfants aussi puissent aller à l’école sous l’arbre.

Le lecteur mourinho se plaint en ces termes:

et dire que si j’avais seulement 8 millions de francs cfa j’aurais effectués des études de médécine à l’Université des Montagnes après le baccalauréat avec une note de 13/20 et sans répétiteur,ça me fait mal et j’ai envie de crier haut et fort que justice soit faite.

En septembre dernier, le Président sud-africain Jacob Zuma avait vu son salaire augmenter de 5 pour cent. En outre il s’était marié à nouveau, provoquant quelques commentaires des contribuables. Le blog news24.com avait publié des commentaires [en] des lecteurs :

WhoisJohanGalt a écrit ce commentaire [en]:

Est-il juste qu’un sud-africain moyen avec une femme et un ou deux enfants ait à contribuer pour les voyages par avion de 4 épouses et 20 enfants +[du Président Zuma]? Et vous dites qu’il ne nous coûtera rien?

Dans un billet satirique, le blog extraordinaire.co.za traitant [en] du sérieux problème de l’enrichissement du clan Zuma a écrit:

Le président Jacob Zuma est un homme avec de nombreuses épouses. Il est en train de créer pour lui-même, pour ses amis et les membres de sa famille une grande richesse. Il est probablement l’une des seules personnes que je connaisse qui ait été fait président, même après des procès pour viol et corruption.

Pour ce qui est de la Guinée, les informations sur les revenus de ceux qui nous ont dirigé depuis l’indépendance sont encore plus rares.

Les amis de l’Afrique doivent nous aider à dénoncer ces crimes contre les peuples africains, et à les combattre. Dénoncer un dictateur rapace n’est pas du racisme.

Guinée: Choléra, redoutable killer des pauvres

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Le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des affaires humanitaires (OCHA) en Afrique de l’ouest et centrale a publié son "Info Flash"  sur l’épidémie de choléra en Guinée Conakry et en Sierra Leone. Malgré la crise qui sévit dans les pays donateurs, des aides continuent d’arriver pour circonscrire ou enrayer cette maladie, qui ne frappe que les plus pauvres vivant dans des conditions hygiéniques déplorables. Comme en Guinée, la hantise de la conservation du pouvoir par tous les moyens prévaut sur la volonté de lutter contre la pauvreté, les conditions de vie des populations restent parmi les pires en Afrique. Ce n’est pas pour rien que notre pays occupe la 12ème pays dans le classement des "failed states" et le 178ème sur 187 pays classés par ordre décroissant pour l’indice de développement humain du PNUD.
Voici le texte intégral de la mise au point sur la situation:
 
L’épidémie de choléra s’est encore aggravée en Sierra Leone et en Guinée au cours de la semaine écoulée, avec un total combiné de plus de 17 400 cas, dont 327 décès, au 26 août. De nouveaux donateurs ont annoncé des contributions généreuses à la réponse, alors que les besoins de financement ont été revus à la hausse dans les deux pays.
Au 26 août, le ministère de la Santé de Guinée a confirmé 4.957 cas, dont 104 décès, depuis le début de l’année. Environ 44% des cas ont été rapportés au cours des semaines 33 et 34 (13-26 août). Dans le même temps, et pour la première fois depuis le 15 juillet, le nombre de nouveaux cas signalés au cours de la dernière semaine écoulée (1.076) est plus faible que la semaine précédente. La capitale, Conakry, reste de loin la zone la plus affectée avec 3.247 cas, dont 665 cas depuis le 20 août. En province, neuf préfectures sont affectées, sur les 33 que compte le pays. Le nombre de nouveaux cas a continué d’augmenter dans les préfectures de Coyah (désormais la plus affectée avec 424 cas et 7 décès), Boké et Dubréka alors qu’il a diminué dans les préfectures de Fria, Mamou et Kankan.
Le niveau actuel de financement en Guinée –principalement par le CERF- permet de faire face à 7.000 cas, mais les Clusters WASH et Santé ont estimé que, au rythme actuel, le nombre de cas pourrait atteindre 12.000 cette année. Le coût de l’intervention pour le reste de l’année 2012 a été estimé à environ 2 millions de dollars: 0,5 million pour la santé et 1,5 million pour les activités WASH. Le CERF a alloué 1,126 million de dollars à l’UNICEF et à l’OMS en avril. Selon FTS, le Danemark et le Japon ont également financé la réponse au choléra. ECHO finance ACF-Espagne à la fois pour la prévention et la réponse. Le gouvernement a annoncé qu’il contribuerait à hauteur de 1,4 milliard de francs guinéens (environ 195,000 dollars) à partir de son propre budget, en deux tranches. La première tranche de 700 millions de francs guinéens a été décaissée et affectée au Département de la prévention et de la lutte contre la maladie (DPLM).
La Sierra Leone est confrontée à sa pire épidémie de choléra depuis 1995. Au 22 août, 12.456 cas ont été signalés, soit plus du double du nombre de cas au 1er août. Au moins 224 personnes sont mortes, près de la moitié d’entre elles depuis le début du mois. Dix des 13 districts sont affectés.Selon l’OMS, la population affectée -la population totale de tous les districts affectés- est 4.654.610 personnes. Le taux de létalité est de 1,8 et n’a que légèrement diminué au cours des trois dernières semaines. Le Gouvernement a déclaré l’urgence nationale et on s’attend  à ce que l’épidémie dure au moins jusqu’à la mi-novembre.Le coût de la réponse globale a été réévalué à 10.679.104 dollars, dont 2,8 millions pour la santé, 1,07 million pour les activités WASH et 6,8 million pour la mobilisation sociale. CERF a alloué 2,5 millions de dollars au début du mois. ECHO finance plusieurs partenaires (ACF, MSF et Oxfam) pour un total d’environ 1,18 million de dollars. Le DFID a annoncé un financement de 2 millions de livres sterling (environ 3,15 millions de dollars) qui se fera pour la première fois par le biais du Fonds de Réponse Rapide (RRF), un réseau créé en mars qui comprend des organisations humanitaires spécialisées

- Save the Children, International Rescue Committee, Oxfam, Concern , Care International et la Croix-Rouge britannique - et les entreprises privées. D’autres promesses généreuses ont été faites par Irish Aid et l’OFDA. La FICR a lancé un appel pour financer la Croix-Rouge de Sierra Leone à hauteur de 1,14 million de dollars.

Rémi DOURLOT

Public Information Officer
Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (OCHA) – ROWCA
Tel:  221 33 869 8515
Cell: 221 77 569 9653
Email: dourlot@un.org
http://ochaonline.un.org/rowca

Afrique : Exigeons plus de transparence dans les transactions foncières de terres arables

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Lova, un des auteurs, réviseurs et traducteurs des articles du réseau mondial, Global Voices en français, a écrit un article sur l’accaparement des terres africaines de la part d’acteurs économiques étrangers dans différents pays africains. C’est un problème auquel je suis très sensible, c’est pour cela que dès que j’ai vu son billet sur notre plateforme commune, je l’ai immédiatement traduit.

La Guinée ne figure pas parmi les pays ayant le plus grand nombre de projets d’accaparement de terres, parce que probablement ce secteur qui est flou dans le reste du monde est encore plus flou en Guinée. Peut-être aussi que le nombre de projets en Guinée masque le fait qu’avec 11 pour cent de nos terres déjà aux mains de l’étranger, elle soit le deuxième pays, après le Liberia à avoir hypothéquer l’avoir des futures générations comme on peut le lire dans l’infographe présenté en page 12 de l’étude approfondie du phénomène menée par farmlandgrab.org intitulé L’accaparement des terres et la crise alimentaire mondiale.

Dans cette étude le cas suivant est cité

- 2011: La société américaine Farm Lands of Guinea Inc. contrôle plus de 100.000 ha en Guinée pour la production du maïs et du soja pour l’exportation. Des investisseurs britanniques (AIMI) contribuent au financement de l’affaire. En plus, FLGI est responsable, pour le compte du gouvernement, de la prospection de 1,5 millions d’ha pour la concessions des baux à d’autres investisseurs. contre quoi FLGI touchera une commission de15% sur les ventes.

C’est toute l’Afrique qui court un grave danger pour sa souveraineté alimentaire car le phénomène de l’accaparement des terres cultivables par les multinationales ou des pays étrangers. Au niveau mondial, de nombreuses ONG ayant pris conscience des conséquences que pourraient avoir ces accaparements sur la satisfaction des besoins alimentaires de nos populations tirent la sonnette d’alarme.

En Afrique aussi, les ONG locales commencent à s’impliquer. Ainsi des représentants de ces  organisations de la société civile venues de 13 pays africains se sont réunies à Ouidah les 08 et 09 février pour mettre au point  leurs stratégies de lutte. Ils venaient de du Burkina Faso, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, de la Guinée Conakry, du Mali, du Niger, du Sénégal, de la Siérra Léone, du Togo et du Zimbabwé et du Bénin.

Marcel Zoumènou a écrit un article publié sur lanouvelletribune.info du Bénin fort révélateur de la situation. Intitulé "Lutte contre l’accaparement des terres : les Osc d’Afrique dénoncent le mutisme des gouvernants", il y rappelle que Simon Bodéa, Secrétaire général de Synergie paysanne, désignée pour coordonner les activités qui seront menées par la plateforme jusqu’au prochain forum de Dakar, a fustigé le comportement des pouvoirs publics qui ne s’associent pas à cette lutte aux côtés des organisations paysannes.

Cliquer ici pour lire l’article de Lova sur l’accaparement des terres africaines:

Afrique : Un appel à plus de transparence dans les transactions foncières de terres arables

Target countries of land deals from the Land Matrix Project

Les pays cibles de transactions foncières,carte du projet Land Matrix

UNESCO-Guinée équatoriale: STOP au prix Obiang Nguema Mbasogo

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Une lettre signée par 23 organisations et journalistes africains militant pour la protection des droits des médias a été adressée aux membres du Conseil Exécutif de l’UNESCO demandant de révoquer le prix Obiang Nguema Mbasogo pour la Recherche en Sciences de la Vie. Cette lettre est venue en un moment opportun car il ne faudrait pas que les difficultés financières dans lesquelles verse cette organisation conduisent son Conseil exécutif à lever sa suspension qui avait été décidée la dernière fois en octobre 2011. Le principe de son maintien devait être débattu ce printemps.

Le lobby constitué par les pétrodollars soustraits par la corruption et l’achat de biens mal acquis à la population de la Guinée équatoriale avait réussi en 2010 à faire accepter ce prix d’un montant total de 3 millions de dollars destiné à des chercheurs qui se sont distingués dans différents domaines de la médecine. C’est malheureux, que ce soient les pays de l’Union africaine, dont le dictateur assure la présidence tournante qui soient les plus chauds partisans du maintien de ce prix, que l’on devrait plutôt qualifié de la honte.

Voici le texte intégral de la lettre, tandis que la liste complète des 23 organisations et journalistes africains est accessible ici.

Le 29 février 2012

Les Membres du Conseil Exécutif
L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO)
Siège de l’UNESCO
7, Place de Fontenoy
75352 Paris 07 SP
France

CPI : Irina Bokova, Directrice Générale

Objet : Prix International UNESCO-Obiang Nguema Mbasogo pour la Recherche en Sciences de la Vie

Chers Membres Délégués du Conseil Exécutif

Nous soussignés organisations et journalistes Africains pour la protection des droits des medias, vous écrivons pour nous opposer sans équivoque au Prix International UNESCO-Obiang Nguema Mbasogo pour la Recherche en Sciences de la Vie et de vous demander de révoquer ce prix lors de votre prochaine session.

L’UNESCO étant une organisation qui championne la liberté d’expression et encourage la liberté des medias en particulier, ne devait jamais accepter le don de $3 million fait par le Président de la Guinée Equatoriale pour financer ce prix. Le régime du Président Obiang, au pouvoir depuis 32 ans, a systématiquement étouffé la liberté de la presse et a fait taire les voix critiques. Bien qu’un petit pourcentage de la population locale puisse avoir accès aux informations en provenance de l’étranger par le biais de l’internet et par les émissions de satellite, le gouvernement ne cesse de restreindre de main forte les activités de la plupart des medias et ainsi limite l’accès des citoyens à l’information. Les stations de radio et de télévision qui existent dans le pays sont les fiefs du gouvernement ou des membres de la famille du Président Obiang et l’ensemble de la section de la presse écrite qui sortent de manière régulière est contrôlé soit par l’état soit par les proches du président.

Deutsch: UNESCO-Chefin Irina Bokowa bei der Er...

Irina Bukova Image via Wikipedia

Les journalistes étrangers et locaux sont systématiquement harcelés, détenus et censurés. En février 2011 le gouvernement a interdit aux présentateurs d’émettre les rapports relatifs aux soulèvements du Printemps Arabe. Un présentateur de la radio d’état a été par conséquent suspendu pour avoir parlé de la Libye lorsqu’il était à l’antenne. En juin 2011 un équipage de télévision allemande ont vue leur séquences détruites avant d’être expulsé, ce, pour avoir filmé les quartiers pauvres de la capitale et pour avoir interviewé un avocat de la défense des droits humains et un membre du parti de l’opposition.

Nous avons appris que le Président Obiang a proposé une modification du titre du prix par la suppression de son nom, mais cela ne va pas effacer nos préoccupations du fait que son don de $3 million associe lui-même et les abus perpétré par son gouvernement à l’UNESCO, et de cette façon nuit à la mission précieuse de l’organisation. Nous avons également conscience du fait que ce fonds serait contaminé par la corruption du haut niveau dont la Guinée Equatoriale est renommée. Ce n’est pas un secret que les enquêtes toujours en cours en France et aux Etats Unis ont mené à la confiscation des biens de Teodoro Nguéma Obiang Mangue, le fils du Président. Des documents produits en matière des enquêtes séparées menées par le Sénat américain ainsi que le Département de la Justice des Etats Unis suggèrent une constante de corruption systématique au plus haut niveau du régime du Président Obiang. Malheureusement, les journalistes qui se trouvent au sein du pays ne peuvent pas rapporter ces faits étant donné les restrictions sévères qui leur sont imposées.

En tant qu’une organisation qui plaide pour “l’accès à l’information et à la connaissance” l’UNESCO ne doit pas accepter l’argent d’un leader dont les actions au cours des décennies font fi de ces principes. Nous vous encourageons à abolir en sa totalité ce prix Obiang de l’UNESCO et de mettre en œuvre de nouvelles directives susceptibles d’empêcher directement ou indirectement, dans l’avenir, la création des prix qui par intermédiaire de leur association aux individus ou gouvernements contredisent le mandat principal de l’UNESCO.

La Palestine à l’UNESCO, abstention des états et soupçons des bloggers africains

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J’ai écrit l’article ci-dessous pour Global Voices en français. Pour accéder à l’original cliquez ici.

L’admission de la Palestine comme membre à part entière de l’UNESCO, le 31 octobre 2011, a provoqué un vif débat sur Internet et des prises de position très contrastées. Les africains, tant ceux qui vivent sur le continent que la diaspora, ont pris une part active dans le débat sur le web. Cependant les prises de positions ont consisté à transférer le débat sur les problèmes intérieurs de leur pays.

Unesco admets la Palestine photo de Salaam Shalom sur Flickr (CC BY-NC-SA 2.0)

Le site ouestaf.com révèle quels sont les pays africains qui se sont abstenus:

Trois pays ouest africains figurent dans le lot des abstentionnistes : Côte d’Ivoire, Liberia, Togo. Ils constituent avec le Cameroun, l’Ouganda [la Zambie] et le Rwanda les seuls pays africains à n’avoir pas voté en faveur de la résolution faisant de Palestine un Etat membre à part entière de l’Unesco.

Chacun de ces pays qui ont opté pour l’abstention ont donné des raisons officielles que les blogueurs ont vite démontées. Le site amaizo.info a publié un article qui donne des raisons valables pour la plupart des pays:

En réalité, ces pays ont en commun d’assurer une partie de leur sécurité rapprochée jusqu’au niveau des gardes présidentielles avec Israël sans compter les aides économiques.

Ces « neutralistes » se cachent derrière l’obligation de réserve au lieu d’expliquer qu’ils sont tous directement ou indirectement tributaires du soutien des pays qui ne veulent pas entendre parler d’un Etat Palestinien pour le moment.  Nommons Israël, les Etats-Unis, le Canada et la Colombie, etc. La France a voté en faveur de l’adhésion de la Palestine à l’UNESCO, mais annonce qu’elle s’abstiendra au Conseil de Sécurité.

Expliquant la position de la Cote d’Ivoire, seul payé africain dirigé par un président musulman à avoir opté pour l’abstention, S.Débailly explique dans un article intitulé ‘’ La Palestine à l’Unesco / La Côte d’Ivoire s’abstient – Pourquoi Alassane Ouattara n’a pas dit oui à Nicolas Sarkozy” publié par abidjan.net:

Une source au ministère d’Etat, ministère des Affaires étrangères reconnaît que la pression a été forte. Mais, ajoute-t-elle, elle est restée fidèle à sa nouvelle ligne de conduite dictée par la recherche de la paix par la négociation et la volonté de préserver les amitiés avec tous les Etats du monde. Un peu comme la philosophie diplomatique du père fondateur [Félix Houphouët-Boigny], à savoir : ‘’la Côte d’Ivoire, amie de tous, ennemie de personne’’.

Mais Roch Tieh, un résident de Sétif au Maroc, commentant cet article, a toute une autre explication, plus intime, pour le Président Abdourahmane Dramane Ouattara (ADO):

Loin de partager l’avis de la plupart des frères qui sont intervenus sur ce sujet, j’ai une autre vision de la chose. Je risque de choquer certains, mais pour ceux qui me voient souvent prendre position pour ADO, je dirai ici (Sans en avoir la preuve) que le vote de notre Pays a été influencé, par la Première Dame (Que je respecte beaucoup). Elle serait d’origine Juive et donc comme le dit l’Agade: Ce qui Femme veut, DIEU le veut aussi. Notre Président a demandé que notre Pays s’abstienne, si on ne peut pas voter pour l’adhésion de la Palestine à l’Unesco, il faut rester neutre. C’est sage de sa part et il n’y a pas de Palabres inutiles à la maison.

Un billet écrit par Alain NOAH AWANA du journal Le Messager publié sur cameroon-info.net:

Joint sur son téléphone portable alors qu’il se trouvait à Paris, le Pr. Messanga Nyamding donne les trois raisons qui, selon lui, ont poussé le Cameroun sur la voie de l’abstention….En filigrane, on peut comprendre que le pays a choisi la neutralité pour ne pas attirer les foudres de la communauté internationale, notamment celles des Etats-Unis. Deuxièmement, il se pourrait que le Cameroun ait voulu éviter de «frustrer» un pays ami. Là, le professeur parle d’Israël, qui était formellement opposé à l’admission de la Palestine à l’Unesco. «Le Cameroun a de très bonnes relations avec Israël, sur les plans économique et militaire. C’est un partenaire privilégié que nous n’avons pas voulu frustrer», argue-t-il. Enfin, et c’est la troisième raison, la position du Cameroun tient lieu du fait que c’est un pays très attaché aux groupes du tiers monde et des non alignés. «Nous avons donc choisi la voie du milieu, en attendant qu’il y ait visibilité. Et c’est d’ailleurs ce que le chef de l’Etat a toujours prôné», appuie-t-il.

Explications qui ne semblent pas convaincre Massaknowall qui commente :

La garde rapprochée de Biya est formée par les israëliens ceci explique peut-être cela tout simplement

Dans un commentaire à un billet de Justin Daboné intitulé “La Palestine à l’UNESCO : Ces anti-démocrates américains” paru sur le site online de L’Observateur Paalga au Burkina Faso, un lecteur nommé osiris a écrit, en s’adressant à M. Obama:

vous devez user de votre influence pour amener les durs d’ Israel à mettre un peu d’eau dans leurs vins§ beaucoup d’Israeliens ont payé de leur vie et idem pour les palestiniens ! Il est temps de donner un état à ce peuple.

Clive Chanda trouve une autre raison pour l’abstention de la Zambie [en]:

in 1991, several Jewish Rabbis, came to Zambia, and held a press conference at one of the top hotels in Lusaka, I forget which one. At this conference, they said that God Almighty had told them that there was a lost tribe of Jews in northern Zambia.

En 1991, plusieurs rabbins juifs sont venus en Zambie et ont tenu une conférence de presse dans les grands hôtels de la ville. Ils avaient dit que Dieu tout puissant leur aurait dit qu’une des tribus perdues d’Israel serait dans le Nord de la Zambie

Un autre commentaire de Yambayamba publié sur zambianwatchdog.com tire les coclusions qui résument les points de vue de nombreux africains:

Palestinians have suffered long enough. Telling Israel this truth does not mean, or should it ever be interpreted as being ANTI JEWISH. Good friends tell friends the truth. Sometimes truth is hard to hear, but it is the truth nonetheless. Because for along are the Israelis going to sustain the current existing “status quo” between them and their neighbors, the Palestinians? The earlier they deal with this issue, the less physical and psychological damage it is going to cause to future generations in that part of the world. Just think about it!!!!

Les Palestiniens ont souffert assez longtemps. Dire à Israël cette vérité ne veut pas dire, ou ne devrait jamais être interprété comme être ANTI JUIF. Les bons amis doivent dire aux amis la vérité. Parfois, la vérité est dure à entendre, mais c’est la vérité tout de même. Pour combien de temps encore les Israéliens continueront-ils à soutenir le “statu quo” actuel entre eux et leurs voisins, les Palestiniens? Plus tôt ils résoudront cette question, moins de dommages physiques et psychologiques elle provoquera entre les générations futures dans cette partie du monde. Pensez-y!!

International: 77 ONG demandent à l’ONU de défendre les lois sur l’accès à l’information

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Le gouvernement de la Thaïlande a tenté de censurer les informations entourant les pires inondations que le pays ait connues depuis des décennies, qui ont forcé le déplacement de millions de personnes

Le gouvernement de la Thaïlande a tenté de censurer les informations entourant les pires inondations que le pays ait connues depuis des décennies, qui ont forcé le déplacement de millions de personnes
Philip Roeland

Une conférence des Nations Unies sur le développement durable était prévu du 4 au 6 juin 2012 à Rio de Janeiro, soit 20 ans après le sommet historique de 1992, d’où son nom de sommet de Rio+20. Mais selon la BBC, les dates pourraient fort probablement changer. En effet elles coïncident avec celles du Jubilé de diamant de la Reine Elisabeth IIqui sera célébré par le Royaume uni et les états du Commonwealth. Plusieurs dirigeants du monde entier y participeront. Les dirigeants de 54 nations du Commonwealth et les gouvernements du G20 ont demandé au Brésil un report de d’au moins deux semaines. Les dates nouvelles pourraient être du 20-22 Juin.

Quelque soit la date, ce sommet aura comme objectifs : garantir le renouvellement des engagements politiques avec le développement durable; évaluer les progrès vers les objectifs accordés au niveau international sur le développement durable et relever des défis nouveaux et émergents. Le sommet mettra également l’accent sur deux thèmes spécifiques: une économie verte dans le contexte de l’éradication de la pauvreté et le développement durable, et une structure institutionnelle qui favorise le développement durable. Les chancelleries, mais aussi les organisations de la société civile ont commencé à fourbir leur outils. C’est ainsi que le 31 octobre les 77 d’entre elles ont un mémoire au secrétariat de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (UNCSD) dans l’espoir que leurs recommandations feront partie de la déclaration finale du Sommet Rio+20. Malgré les doutes que ce genre de conférence peuvent provoquer en nous, elles sont à suivre avec intérêt parce que c’est de la confrontation des idées entre les différents habitants de la terre que peuvent naitre des solutions viables pour le futur.

Centro do Rio de Janeiro Rio Center

Le centre de Rio de Janeiro Image via Wikipedia

Cet article est aussi disponible en English et Español

Dans une initiative d’ARTICLE 19, 77 organisations de la société civile, membres de l’IFEX et du Réseau des défenseurs de la liberté d’accès à l’information (Freedom of Information Advocates, FOIA Network), demandent aux Nations Unies de défendre les lois sur l’accès à l’information, la transparence et des médias libres comme nécessités essentielles à la viabilité à long terme de l’environnement et de l’humanité. Les Nations Unies tiennent en juin 2012 à Rio un sommet des dirigeants des grandes économies du monde (Rio+20) afin de discuter d’objectifs en matière d’environnement et de développement durable.

« Le droit de chercher, de recevoir et de retransmettre des informations et des idées concernant le développement et l’environnement est fondamental si on veut assurer un développement durable et la protection de l’environnement », ont dit le 31 octobre les 77 signataires dans un mémoire transmis au secrétariat de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (UNCSD). L’objectif est d’inclure les recommandations du mémoire dans la déclaration finale du Sommet Rio+20.

Les groupes demandent l’adoption d’une nouvelle convention internationale qui ferait autorité en matière d’accès à l’information environnementale, de participation publique et d’accès à la justice dans les questions environnementales. Le mémoire demande que la déclaration finale du sommet propose une Loi des Nations Unies sur la liberté d’accès à l’information.

Ils demandent en outre que les États membres et l’UNCSD reconnaissent de manière explicite l’importance d’une « société civile indépendante, de la transparence et de la libre circulation de l’information » dans le rapport définitif de juin 2012 de l’UNCSD.

« Vingt ans après le Sommet de la Terre à Rio, les gouvernements doivent prendre des engagements sérieux et agir de façon à garantir que l’information est accessible au public », dit la Directrice générale d’ARTICLE 19, la Dre Agnès Callamard, dans une déclaration séparée.

Les membres de l’IFEX rapportent depuis quelques années de nombreux cas de répression gouvernementale contre ceux qui partagent des informations liées à l’environnement. Cette répression comprend par exemple l’emprisonnement du comédien Zarganar après que celui-ci eut remis en question les secours apportés par le gouvernement birman à la suite du cyclone Nargis en 2008; elle comprend aussi l’arrestation et la censure des journalistes chinois qui ont rapporté les scandales sur les aliments toxiques.

L’importance vitale de la libre circulation de l’information dans les questions environnementales a été soulignée fin octobre lorsque le gouvernement thaïlandais a censuré le site web « Thaiflood », qui prévenait les citoyens d’inondations massives qui ont fait au moins 400 morts et déplacé des millions de personnes depuis juillet.

D’après le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), le gouvernement a tenté de censurer les avertissements de crues, inquiet qu’ils ne suscitent la « panique » et exigé que le site web « Thaiflood » fasse approuver ses reportages avant de les afficher. Cela aurait de toute évidence mené à la censure ou au retard d’informations pouvant sauver la vie de bien des gens. Le personnel de « Thaiflood » a donc retiré sa base d’opération du Commandement des Opérations de secours aux victimes d’inondation (Flood Relief Operations Command), administré par l’État, et l’a transférée dans un bureau privé. Cette décision permet à Thaiflood de continuer à diffuser des informations non censurées, mais elle signifie aussi que le groupe n’a plus accès aux renseignements du gouvernement sur l’inondation.

Le CPJ ajoute le contexte que le gouvernement s’est attiré la condamnation générale après avoir fait des prédictions erronées ou contradictoires sur l’intensité et l’orientation des eaux de ruissellement. Les inondations actuelles sont les pires que la Thaïlande a connues en cinquante ans.

Source: http://www.ifex.org/international/2011/11/02/access_to_info/fr/