Archives de Catégorie: Liberté d’expression

La Guinée n’est pas la colonie d’un Parti politique

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En Guinée, le gouvernement ne cesse d’exploiter tout ce qui pourrait diviser la population pour n’importe quoi. Le dernier exploit en date nous vient des déclarations du ministre Moussa Condé alias ‘’Tata Vieux’’, en charge de la Pêche et de l’Aquaculture, tenus à Sannou dans la préfecture de Labé.

English: Mosque Français : Grande mosquée de Labé

Grande mosquée de Labé (Photo credit: Wikipedia)

Divers médias et blogs dont guineeactu.info dans un billet de Mouctar Diallo, lui attribuent des phrases comme:

Nous n’allons pas faire une maison des jeunes, et qu’un opposant vienne faire sa conférence dans cette salle. Nous n’allons pas faire un point d’eau pour qu’un opposant vienne boire l’eau de ce point d’eau »

L’auteur rappelle que:

Dans un pays normal, ce ministre serait immédiatement limogé et poursuivi devant la justice pour violation de la Constitution qui stipule en son article 8 : « … Nul ne peut être privilégié ou désavantagé en raison de son sexe, de sa naissance, de sa race, de son ethnie, de sa langue, de ses croyances et de ses opinions politiques, philosophiques ou religieuses ».

Après une conférence à laquelle j’ai assisté aujourd’hui à Palazzo Valentini siège du gouvernement de la province de Rome, j’ai trouvé dans mon courrier le billet suivant de la part de Bah Mamadou Lamine, un des grands reporters de l’hebdomadaire satirique "Le Lynx" de Conakry:

On ne sait pas où le Grimpeur a pêché son Ministre Des Poissons Qu’on Ne Voit Jamais. Il débarque au Fouta en tant que Ministre de la République, grâce à des fonds publics, il se déplace dans des véhicules de l’Etat, donc publics ( en effet tous les véhicules dans lesquels  il roule, lui et son équipe sont immatriculés VA),  dans une période pré – électorale pour faire campagne pour son Parti. Sans gêne et sans vergogne. Au su et au vu de tous les Guinéens, opposants ou non et de la Communauté internationale. Et, comme le Président veut faire auditer Cellou, Kouyaté et Sidya, il va penser à son Tata qui va s’expliquer un peu  sur les contrats halieutiques qui sont en train, systématiquement de nettoyer nos côtes de ses poissons, y compris  des alevins.

Lors de son passage à Pita, à la radio rurale locale tout le monde est invité à venir, en double rangée des deux côtés de la chaussée pour l’accueillir en l’applaudissant. Les gens doivent  abandonner les activités qui leur donnent à manger pour venir admirer le charme et l’élégance d’un Ministre qui ne leur rend aucun service. Ou écouter ses stupides péroraisons liées à une campagne électorale illégale et immorale.  A Sannou, Labé, il a l’outrecuidance, le culot, le toupet de dire que si son Gouvernement fait un forage, l’eau de ce forage est interdite aux opposants. A-t-il la naïveté de croire que Sannou  a attendu son gouvernement pour boire de l’eau potable ? A la veille du 10 Décembre, Anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme voilà ce que dit un Ministre d’Alpha Condé, grand opposant pré historico-historique, démocratiquement élu, au 21e siècle ! Ce Gouvernement dans lequel il est partie prenante, deux  ans après sa mise en place n’a rien fourni aux Guinéens ; il est  incapable de faire fonctionner sa propre Administration. Devant l’énormité de cette déclaration, on peut penser que le Tata Vieux a dit ça par ignorance ou par lapsus. Nous pensons qu’il a dit ça en toute connaissance de cause.  Il serait capable de faire tuer ou de tuer lui-même ces opposants envers  qui il voue une telle haine. Il les déteste tellement qu’il est prêt à les priver d’eau à boire jusque ce que mort s’ensuive. Oublieux qu’il est que l’argent qui a permis ce forage c’est aussi le produit des impôts et taxes des militants de cette opposition qu’il voue aux gémonies.

Cette culture du Parti-Etat est enracinée dans les entrailles du Guinéen, surtout dès qu’il obtient un Poste dans l’Administration. Une confusion dommageable au progrès de la Guinée. Aucun agent de l’Etat ne se sent comptable du développement du secteur de sa compétence. Cette Tata Vieillerie, au lieu de venir révéler  aux électeurs de Labé ce qu’il envisage de faire pour eux en matière de pêche et aquaculture, il  les menacer, les insulter et les faire chanter .Ce Ministre prend -t-il la Guinée pour une colonie d’exploitation pour son Parti et les hommes et les femmes de l’ethnie de son président?

Du bon boulot pour les opposants qui dorment à Conacrimes, malgré les moustiques et élucubrations ubuesques de Moussa Condé. Objectivement ce Condé-là  roule pour l’Opposition. On ne voit pas comment un électeur même crétin pourrait voter pour un Candidat que défend avec une telle imbécillité un tel hurluberlu.

Tchad: Utilisation partisane de la loi, arrogance du pouvoir et violation des droits humains

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English: Abéché, Tchad

Abéché, Tchad (Photo crédit: Wikipedia)

A l’instar d’autres pays africains, le Tchad aussi n’a pas échappé à la malédiction du pétrole. La découverte et l’exploitation de l’or noir n’a apporté que des malheurs pour la plupart des peuples dont le sol en possède des réserves: Guinée équatoriale, Nigeria, Congo-Brazzaville et Angola. L’exode rural s’accompagne de la rareté des produits locaux, d’un recours massif des produits de première nécessité, notamment alimentaires, provoquant la cherté du cout de la vie et d’une plus grande pauvreté de la majeur partie de la population. L’argent gagné par l’exportation est pillé par la corruption des classes dirigeantes. Pour se maintenir au pouvoir ces classes utilisent la violence contre les populations en limitant les libertés fondamentales. Mais un peu partout, les membres de la société civile refusant de se plier à la volonté du pouvoir résiste et dénonce.   Ainsi, la société civile tchadienne est en agitation depuis quelques semaines.

Trois dirigeants syndicaux et le rédacteur en chef du journal N’Djamena Bi-Hebdo ont été déclarés coupables d’"incitation à la haine" et de "diffamation", pour avoir rédigé et publié un Mémorandum adressé au Président Idriss Deby dénonçant la mauvaise gouvernance. Le blog de Makaila "Une plume combattante au service de la liberté" a fait savoir que:

Des citoyens des quatre coins du Tchad ont adressé, le 3 septembre dernier (avant la condamnation des leaders syndicats et du Rédacteur en Chef de N’Djamena-bi-Hebdo) un Mémorandaum à Deby. Les auteurs, représentés par Mme Achta et MM. Soumain Adoum, Massalbaye Ténébaye et Lazare Djékourninga vient de faire un Point de presse pour rendre public ce mémorandum.

Dans un point de presse, en date du 21 septembre, on peut lire:

Le chef de l’état et son gouvernement ont fait beaucoup de promesses aux populations tchadiennes  à la faveur de l’ère pétrolière. Des investissements ont bien entendu été faits dans plusieurs domaines : social, économique, administratif, etc. Mais, force est de constater qu’après 8 ans dans l’ère pétrolière, les principaux indicateurs macroéconomiques du Tchad n’ont pas augmenté, certains ont même reculé. Le Tchad se retrouve souvent avec des performances inférieures aux moyennes régionales africaines.

Le Mémorandum dénonce en des termes clairs le blocage de la situation politique et sociale en cours depuis le 17 juillet 2012 à cause d’une grève des travailleurs du secteur public lancé par l’Union des syndicats du Tchad (UST) demandant l’application d’un protocole d’accord qui relève la valeur indiciaire des salaires.Ce Mémorandum dit:

Dans ce contexte, les populations sont affectées par l’indisponibilité des services, notamment ceux de la santé. Bientôt les élèves pourraient être à leur tour affectés par l’indisponibilité du personnel enseignant, si le bras de fer entre le gouvernement et l’Union des Syndicats du Tchad se durcit. Même si les arguments des deux parties sont  compréhensibles, les citoyens tchadiens ne peuvent pas comprendre que le gouvernement ne parvienne pas à une porte de sortie de crise avec ses partenaires sociaux.

Soit le point de presse que le mémorandum font des recommandations au Président Déby et au gouvernement. Les premières recommandations invitent le Président à :

  • Engager le dialogue direct avec le syndicat des travailleurs en vue d’obtenir une solution durable aux revendications salariales dans l’intérêt suprême de la nation tchadienne.
  • Ouvrir des canaux de dialogue permanents pour impliquer toutes les couches sociales dans la recherche des solutions aux crises qui apparaissent régulièrement dans le paysage politique et social du pays.
  • Enrayer le conflit [entre] agriculteurs et éleveurs sui non seulement porte un coup dur à la production agricole et pastorale, mais fait aussi des victimes humaines et met à mal le bon vivre ensemble.

Dans un billet publié sur le site amnesty.org, Christian Mukosa, chercheur sur le Tchad à Amnesty International fait connaitre les peines prononcées à l’encontre des syndicalistes et du journaliste par le tribunal de première instance de N’Djamena le 18 septembre 2012:

 Michel Barka, Younous Mahadjir et François Djondang, tous trois membres dirigeants de l’Union des syndicats du Tchad (UST), l’un des plus gros syndicats du pays, ont été condamnés le 18 septembre à une peine de 18 mois d’emprisonnement avec sursis et à une amende de 1 million de francs CFA chacun (1 540 euros).
Jean-Claude Nekim, journaliste et directeur de publication du bihebdomadaire N’Djamena Bi-Hebdo, a été quant à lui condamné à une peine de 12 mois d’emprisonnement avec sursis et à une amende de 1 million de francs CFA (1 540 euros). Le journal a également été interdit de parution pendant trois mois.
Les quatre hommes ont été déclarés coupables d’"incitation à la haine" et de "diffamation", en lien avec la pétition de l’UST diffusée ce mois-ci. Jean-Claude Nekim a été inculpé après que N’Djamena Bi-Hebdo eu publié des extraits de cette pétition.

Dans ce billet, Christian Mukosa dénonce aussi l’utilisation de la justice à des fins partisanes:

Le gouvernement tchadien doit cesser de se servir du système judiciaire pour harceler les opposants politiques, a déclaré Amnesty International mercredi 19 septembre, après que trois syndicalistes et un journaliste ont été condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement avec sursis et à des amendes, pour avoir lancé et publié une pétition.

Il dénonce aussi les intimidations dont sont victimes les les opposants et les militants des droits humains:

D’autres affaires ont montré récemment que les autorités se servent de la justice pour harceler des opposants politiques. C’est le cas notamment du député de l’opposition Gali Ngote Gatta, membre de l’Union des forces démocratiques (UFD).

Cet homme a été arrêté et condamné à un an d’emprisonnement en mars 2012 pour tentative de corruption et braconnage (du gibier aurait été retrouvé dans son véhicule) par le tribunal de première instance de Sahr, dans le sud du Tchad.

Gali Ngote Gatta a été interpellé le 4 mars, jugé et condamné trois jours plus tard, bien que son immunité parlementaire n’ait pas été levée. La procédure légale n’a pas été pleinement respectée et les audiences ont été menées avec une rapidité plus que suspecte.

De son coté, Mohamed Keita, coordonnateur du Plaidoyer pour l’Afrique du Comité pour la protection des journalistes (CPJ) basé à New York, a déclaré:

L’utilisation du code pénal pour intimider les journalistes et censurer les reportages et les opinions dissidentes est un abus de pouvoir. Nous demandons aux autorités d’arrêter les poursuites pénales contre N’Djamena Bi-Hebdo et son directeur de publication Jean-Claude Nekim. Tous les responsables de gouvernement, y compris le président de la république, doivent tolérer les critiques des citoyens. Toute personne se sentant personnellement offensée devrait faire pourvoir ses droits devant un tribunal civil et non pénal

Un billet publié sur le site de Reporters sans frontières rapporte les propos d’un journaliste tchadien:

Interrogé par Reporters sans frontières, un journaliste tchadien ayant assisté à l’audience a affirmé : "C’était un procès expéditif. Le procureur n’a pas prouvé la diffamation. Les avocats de la défense ont quitté la salle en signe de protestation. Ce procès ressemble à un règlement de compte avec Jean-Claude Nekim et son journal. D’autres titres avaient publié en intégralité la pétition du l’UST. Ils n’ont pas été inquiétés ; c’est simplement N’Djaména bi-hebdo qu’on a frappé".

De nombreuses initiatives ont été entreprises par les journalistes et les internautes. Tous les journaux ont publié le journal des journaux, signé par les principaux journalistes du pays :

Cette édition spéciale avait été préparée par l’ensemble de la presse tchadienne indépendante et d’opposition, avec le soutien d’associations locales de défense des journalistes et la participation de Reporters sans frontières. Par cette initiative, ces titres de presse, qui ont suspendu pour une semaine leurs publications, visaient à protester contre les pressions politiques et judiciaires que subit Jean-Claude Nekim.

Le site kikideni.cowblog.fr s’est associé à cette initiative de solidarité:

La rédaction de http://www.kikideni.cowblog porte à la connaissance de tous ses lecteurs qu’elle suspend ses activités d’une semaine en guise de solidarité à notre confrère Jean-Claude Nekim, journaliste et directeur de publication du bihebdomadaire N’Djamena Bi-Hebdo.Nous dénonçons les actes [d'intimidations] du régime Tchadien et appelons toute la communauté journalistique a condamné ces actes.

Francophonie: Un XIV sourd et aveugle sur les violations des droits humains en RD. Congo

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Protests against Joseph Kabila, President of Congo

Manif contre Joseph Kabila, Président du Congo (Photo credit: yellena_p)

Le XIVe Sommet de la Francophonie aura lieu à Kinshasa du 12 au 14 octobre 2012. Cette organisation, qui devrait être le symbole des valeurs humanistes héritées de la Révolution de 1789, est entrain de devenir, à certains moments, un des instruments aux mains des hommes politiques pour assouvir leur désir de se maintenir au pouvoir au mépris de la volonté de leurs peuples. Les sommets de la francophonie servent surtout à donner de la respectabilité aux chefs d’état des pays qui les accueillent. C’est le cas Kabila en RD. Congo. Cet héritier du pouvoir jusqu’à présent a accompli peu d’actions allant dans le sens des principes fondateurs de l’OIF.  M. Parmi ses objectifs tels que consignés dans sa Charte, il y a:

  • l’instauration et le développement de la démocratie ;
  • la prévention, la gestion et le règlement des conflits, et le soutien à l’État de droit et aux droits de l’Homme ;
  • l’intensification du dialogue des cultures et des civilisations ;
  • la promotion de l’éducation et de la formation.

De la manière dont il est arrivé au pouvoir, de sa gouvernance ou ou la parodie électorale désorganisée, M. Joseph Kabila n’a fait preuve de se soucier d’aucun de ces objectifs. L’organisation de ce Sommet à Kinshasa fera oublier pendant deux jours les affres que vivent les congolais depuis l’arrivée de ce monsieur au pouvoir. Il en tirera bénéfice pour rehausser son image au niveau international. C’est une gouvernance faite de violations graves des droits humains et de crimes impunis que par sa participation à ce théâtre de mauvais gout, François Hollande cautionne.

Dans un communiqué de presse daté du 13 septembre 2012, ACAT- France décrit ces violations et dénonce l’impunité. Le voici dans son intégralité.

Communiqué de presse – ACAT France
Le pied de nez de Joseph Kabila à François Hollande
Paris, le 13 septembre 2012. En affirmant qu’il se rendrait au sommet de l’OIF du 12 au 14 octobre, le président français a offert à son homologue Joseph Kabila le chèque en blanc dont il rêvait. Les autorités congolaises n’ont désormais plus aucune raison de faire des gestes en matière de droits de l’homme…

Dernière preuve en date : le report du procès en appel des assassins du militant Floribert Chebeya. « Comme nous le craignions, s’alarme Clément Boursin, de l’ACAT-France, M. Kabila a compris à sa manière le message de M. Hollande… L’enterrement des « gestes » demandées au préalable par la France ne fait que commencer. Les principes démocratiques de l’organisation francophone continuent à être allégrement bafoués ! » La France souhaitait un « procès Chebeya » crédible. L’audience du procès en appel des policiers accusés de l’assassinat en 2010 du défenseur des droits de l’homme Floribert Chebeya, prévue initialement le 11 septembre, a été reportée après la tenue du sommet.

La Haute cour militaire devait en effet annoncer si elle autorisait la comparution du général John Numbi, chef de la police suspendu de ses fonctions et considéré par les parties civiles comme le suspect numéro un dans cette affaire. John Numbi, proche de Joseph Kabila, serait-il intouchable ?

D’autres dossiers importants sont actuellement bloqués par les autorités congolaises : – Quid des procès des assassins de Pascal Kabungulu Kibembi, Serge Maheshe et Didace Namujimbo, défenseurs des droits de l’homme et journalistes assassinés à Bukavu entre juillet 2005 et novembre 2008 ? Les autorités congolaises continuent à rester sourdes aux demandes de vérité et de justice.
- Quid des prisonniers politiques détenus au secret par les autorités congolaises, notamment Diomi Ndongala, dirigeant du parti Démocratie chrétienne, qui aurait été vu début août dans les locaux de l’Agence nationale de renseignements (ANR) qui dépend de la présidence de la République ? Les autorités congolaises nient détenir des prisonniers politiques.
- Quid de la justice pour les victimes de violations graves des droits de l’homme commises par des éléments des services de défense et de sécurité à Kinshasa (mars 2007 et novembre-décembre 2011) et au Bas-Congo (février 2007 et février-mars 2008) ? La responsabilité de ces crimes pourrait remonter jusqu’au sommet de l’État.
- Quid des projets de loi sur la protection des défenseurs des droits de l’homme, la création d’une Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), la mise en oeuvre des statuts de Rome et la création d’une cour mixte et spécialisée ? Ces projets de loi existent, mais, faute de volonté politique, l’Assemblée nationale traîne des pieds. – Quid de l’indispensable réforme de la commission électorale ? Le vote du projet de loi risque fort d’être repoussé après le sommet de la Francophonie… Quelle en sera alors sa teneur ?
« Dans ces conditions, s’interroge Clément Boursin, le président français pourra-t-il sérieusement, en regardant droit devant lui, réaffirmer lors de l’ouverture du sommet l’attachement de la France aux idéaux de démocratie et de bonne gouvernance? Nous lui souhaitons en tout cas du courage pour trouver les mots justes ! »

Contact : Clément Boursin, responsable du programme Afrique à l’ACAT-France : clement.boursin@acafrance.fr / +33 1 40 40 02 11

Citation

A l’occasion de la Journée pour la liberté d’Internet et la défense des langues vernaculaires, j’ai lu cet article que je suis heureux de partager avec mes amis:

Cette édition du Netizen Report est basée, pour l’essentiel, sur le travail de recherche, de rédaction et de relecture de Tom Risen,Weiping Li, Renata Avila et Sarah Myers.

[Liens en anglais] Cette semaine, le Netizen Report débute sa veille à Washington DC, où des partisans de la révision de la loi sur la cybersécurité de 2012 font pression pour que celle-ci soit votée avant la fin de la session du Congrès en août. Le projet de loi modifié a été publié dimanche par cinq sénateurs parmi lesquels le sénateur Joe Lieberman (indépendants, Connecticut). Les nouveaux amendements prévoient de rendre optionnelles les règles du gouvernement en matière de cybersécurité. Le projet de loi prévoit d’instaurer un Conseil de la cybersécurité nationale chargé de la coordination avec les responsables des réseaux des industries constituant des infrastructures stratégiques telles que les services de sécurité, l’énergie, les banques, la santé et les communications. Les défenseurs des libertés telles que l’Union des Libertés Civiles Américaines (ACLU) soutiennent ces amendements, qu’ils considèrent aller dans le bon sens, tout en appelant à rester vigilants sur les questions relatives à la vie privée à la veille du vote du Sénat. Le Président Barack Obama a signé un éditorial dans le Wall Street Journal, dans lequel il exprime son soutien à la loi sur la cybersécurité de 2012.

La Commission européenne envisage d’imposer de manière similaire des règles de cybersécurité aux entreprises formant les infrastructures stratégiques en leur demandant de signaler les atteintes à la sécurité et de mettre en place une gestion des risques des gouvernements et des institutions. Un forum permettant une consultation publique sur le projet de stratégie européenne en matière de cybersécurité est ouvert jusqu’en octobre 2012.

Cybersécurité

Le gouvernement britannique invite les universités à demander des subventions pour l’organisation de deux centres de formation doctorale sur la cybersécurité permettant de délivrer au moins 24 diplômes sur une période initiale de trois ans. Les centres devraient accueillir les étudiants dès le mois d’octobre 2013.

Dans un effort similaire visant à répondre aux besoins de compétences, en matière de cybersécurité, l’OTAN a mis en place une formation de sensibilisation à la cyberdéfense à l’attention de son personnel.

Quatre mois après que le site de jeux en ligne Gamingo a été piraté, huit millions de mots de passe, identifiants et adresses électroniques ont été divulgués sur le forum de piratage de mots de passe Inside Pro. Les données des utilisateurs ont été retirées la semaine dernière. Les utilisateurs de Gamingo peuvent vérifier sur le site Web d’alerte sur les atteintes aux données personnelles PwnedList pour savoir si leurs données font partie des données divulguées.

Surveillance

Privacy International” a déposé une plainte contre le gouvernement britannique pour ne pas avoir été capable de contrôler l’exportation de technologies de surveillance.

Les actions de surveillance menées au titre de la loi sur la surveillance des activités de renseignement à l’étranger (Foreign Intelligence Surveillance Act) ont violé “au moins une fois” le quatrième amendement à la constitution destiné à protéger les individus contre les perquisitions et les saisies à caractère abusif, selon une demande d’information formulée par le sénateur Ron Wyden (démocrates, Oregon) devant le bureau du directeur du renseignement national.

Le Département de la défense des États-Unis surveillera les médias américains à la recherche de divulgations d’informations classifiées, selon le secrétaire de la défense Leon Panetta. Une lettre adressée par la Pentagon Press Association à Panetta et au commandant de l’état-major des armées le général Martin Dempsey demande des garanties [pdf] que le gouvernement n’espionnera pas leurs emails ni leurs communications téléphoniques.

Vie privée

Twitter fera appel contre un arrêté du Tribunal fédéral de New York exigeant de remettre à la justice les tweets écrits entre les 15 septembre et le 31 décembre 2011 par Malcom Harris, un manifestant du mouvement “Occupy Wall Street”. Début juillet, le tribunal a jugé que Harris, qui avait été arrêté lors d’une manifestation en octobre sur le pont de Brooklyn, n’était pas en droit de contester une assignation relative à son compte Twitter.

Un nouveau service Google Now, proposé par Google à ses utilisateurs, permet à ces derniers de “recevoir exactement les informations qu’il leur faut lorsqu’ils en ont besoin” en traçant leurs habitudes de recherche sur le moteur de recherche et d’offrir des cartes contenant des informations associées à leur historique de recherche et à leur localisation, comme les adresses sur une carte après avoir fait une recherche de restaurant.

L’organisme de formation sur la conformité en ligne WeComply propose un cours en ligne sur la politique de l’Union européenne en matière de protection des données.

La boutique iOS App Store d’Apple a retiré une application nommée Clueful, qui informait sur le comportement des 65 000 applications les plus populaires de l’App Store. Apple n’a pas précisé la raison du retrait de cette application. Depuis la mise à jour de Clueful en mai, les développeurs du logiciel Bitdefender ont observé que 41 pour cent des applications examinées pourraient tracer la localisation de l’utilisateur, que 33 pour cent pourraient enregistrer les données utilisateurs en clair et que 18,6 pour cent pourraient accéder à la liste des contacts de l’utilisateur.

Censure

Le gouvernement chinois impose aux médias de publier uniquement des informations positives sur les inondations survenues  à Pékin au cours desquelles 37 personnes ont perdu la vie, d’après une information du Beijing Times reprise par l’Agence France Presse. L’ampleur des dommages observés à la périphérie de la ville laisse supposer que le nombre de décès pourrait être supérieur au nombre annoncé. Mardi , plus de 72 000 messages publiés sur les médias sociaux pour  des appels à des dons ont été supprimés.

Un journal de Hong Kong a révélé que le service wifi gratuit mis en place par les autorités avait activé un filtrage d’accès à de nombreux sites Web sensibles politiquement. Hong Kong garantit l’exercice du droit d’expression de manière indépendante de la Chine continentale mais un contrat non encore publié d’un fournisseur d’accès à Internet exige que les services wifi bloquent les contenus jugés “indécents, obscènes et illégaux”.

En Indonésie, la nation musulmane la plus importante au monde numériquement, le gouvernement a bloqué l’accès à 1 million de sites Web pornographiques, mercredi dernier, afin de commémorer le mois sacré du Ramadan. C’est la deuxième fois en deux ans que le ministre indonésien de la Communication et de l’Information Tifatul Sembiring a bloqué de sites pornographiques pendant le Ramadan.

Brutalités

Le journaliste brésilien André Caramante a reçu des menaces de partisans de l’ex-commandant de la police militaire de Sao Paulo Adriano Lopes Lucinda Telhada, en réaction à un article qu’il a écrit pour condamner le discours d’incitation à la haine publié par Telhada sur sa page Facebook.

Trois blogueurs vietnamiens ont été blessés par des agents du gouvernement qui ont fracassé la vitre de leur voiture après les avoir poursuivis alors qu’ils revenaient d’un anniversaire. Victime d’une vague de répressions visant les blogueurs, un autre groupe de trois activistes a été condamné à plus de cinq de prison la semaine dernière pour diffusion de propagande anti-gouvernementale. Au moins 18 personnes sont actuellement détenues au Vietnam pour avoir exprimé librement leur opinion en ligne.

L’artiste et critique du gouvernement Ai Weiwei a perdu son appel d’une condamnation pour fraude fiscale à une amende de 2,5 millions de dollars. Weiwei a passé 81 jours dans un centre de détention secret au cours de l’an passé, alors que le gouvernement chinois enfermait les dissidents et les activistes en ligne afin de prévenir une éventuelle version chinoise du Printemps arabe.

Politique nationale

La nouvelle législation récemment adoptée au Costa Rica criminalise le comportement en ligne, et prévoit des peines de prison pour toute représentation fallacieuse dans les médias sociaux. La révision du Code pénal, consultable ici [en espagnol] punit de peines d’emprisonnement pour les blogueurs et les journalistes ayant publié des informations classifiées confidentielles, une disposition qui est considérée comme une “loi anti-WikiLeaks”.

En France, la Cour de cassation a exigé que Google censure les expressions associées au piratage comme ‘Torrent’, ‘RapidShare’ et ‘Megaupload’, dans une action en justice initiée par l’organisme français de défense des droits de l’industrie phonographique SNEP. Le tribunal considère que Google n’est pas responsable des infractions à la législation sur le piratage réalisées par l’intermédiaire de son moteur de recherche.

Le procureur général de Californie Kamala Harris a créé une nouvelle unité de défense de la vie privée, chargée de poursuivre les sociétés violant la législation sur la vie privée. Kamala Harris prévoit d’utiliser l’unité pour appliquer un accord récemment entré en vigueur et exigeant des règles de protection de la vie privée pour les applications mobiles, qui a été signé par Apple, Google, Research In Motion, Amazon, Hewlett-Packard, Microsoft et Facebook.

Souverains du cyberespace

YouTube a ajouté une option visant à protéger l’identité des manifestants et consistant à permettre aux personnes de flouter les visages visibles sur n’importe quelle vidéo.

Washington est le premier État à offrir la possibilité d’inscrire les électeurs et de modifier leur inscription via Facebook. La nouvelle application d’information sur les électeurs “My Vote” a été créée par Facebook et Microsoft, l’État de Washington se chargeant du traitement des informations.

Google a créé une version de Gmail sur SMS destinée aux utilisateurs de messagerie électronique en mode texte en Afrique. L’application étend les options destinée aux nombreux Africains accédant aux réseaux depuis un téléphone mobile, mais l’application a été critiquée car ce type de connexion n’est pas aussi sécurisé que l’utilisation depuis un ordinateur.

Microsoft n’a pas souhaité confirmer ou démentir les allégations selon lesquelles les modifications apportées cette année au service de messagerie pair à pair Skype autoriseraient une porte dérobée pour la surveillance de ses utilisateurs. Selon les règles de Skype relatives à la vie privée, la société enregistre les messages pendant 30 jours et peut divulguer des informations aux forces de l’ordre qui en font la demande.

La société chinoise Huawei a dépassé Ericsson, devenant ainsi le plus grand vendeur d’équipements de télécommunication.

Gouvernance d’Internet

Dans une tentative d’établir un dialogue au sujet de la loi sur la neutralité des réseaux pour l’Union Européenne, la Commissaire Européenne à la société numérique Neelie Kroesa a annoncé l’ouverture d’une période de commentaires publics jusqu’au 15 octobre au sujet de la transparence, la commutation et la gestion du trafic sur Internet. Les avis du public compléteront un rapport publié en mai par l’Organe des régulateurs européens des communications électroniques (ORECE), dans lequel cette instance demandait une loi sur la neutralité.

Droits d’auteur

Le Congrès mexicain a adopté une résolution demandant au Président récemment élu Enrique Peña Nieto de rejeter l’Accord commercial anti contrefaçon (ACTA/ACAC). L’ambassadeur du Mexique au Japon, Claude Heller, a signé le traité le 11 juillet en dépit des critiques exprimées au Sénat mexicain en raison des restrictions imposées aux droits des utilisateurs par la législation internationale sur le droit d’auteur en ligne.

Activisme net-citoyen

Une marche organisée à Mexico par le groupe d’activistes constitué sur Twitter #YoSoy132 (Je suis le 132) a réuni près de 32 000 personnes exprimant leur opposition au nouveau Président Enrique Pena Nieto.

Suite au blocage des donations destinées à WikiLeaks imposé par VISA et MasterCard, le site Web de publication de documents a déclaré que ses réserves de liquidités s’épuisent et qu’il a besoin d’1 million d’Euros pour pouvoir continuer à fonctionner. Pour contourner ce blocage, le Fund for the Defense of Net Neutrality a mis en place un compte destiné à recueillir des fonds avec le service français “Carte Bleue”, partenaire de VISA et MasterCard.

La Internet Defense League a lancé le 19 juillet une campagne dans la totalité des États-Unis afin de lutter contre la législation prévoyant de restreindre la liberté d’Internet et l’innovation. Le groupe réunit des organisations d’activistes ayant contribué à l’échec du projet de loi Stop Online Piracy Act (SOPA), comme l’Electronic Frontier Foundation, Mozilla, Fight For the Future et l’Open Technology Institute.

Florilège

Durant les Jeux Olympiques de Londres 2012, la grande roue “London Eye” sera une bague changeant de couleur selon l’humeur de Twitter durant un spectacle de 30 minutes : les sentiments exprimés sur les tweets y clignoteront en jaune pour les tweets positifs, en vert pour le tweets neutres et en violet pour les tweets négatifs.

La population chinoise en ligne s’élève à 538 millions de personnes. Elle devient ainsi la première nation en ligne du monde.

Le catcheur professionnel Sean Morley, surnommé Val Venis, a décidé de boycotter World Wrestling Entertainment en raison du soutien apporté à ce groupe aux législations Stop Online Piracy Act (SOPA) et Cyber Intelligence Sharing and Protection Act (CISPA).

Tous les livres électroniques de l’éditeur de science fiction et de fantaisie Tor/Forge seront désormais vendus sans restrictions de gestion des droits numériques interdisant l’utilisation des livres électroniques sur certains appareils.

Le service interactif de sélection de licence pour les contenus en ligne est disponible.

Publications et études

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Pour les événements à venir relatifs à l’avenir des droits civiques à l’ère du numérique, voir le Calendrier des événements Global Voices.

Ecrit par Rebecca MacKinnon · Traduit par Samy Boutayeb
Traduction publiée le 2 Août 2012 7:51 GMT · Version imprimable

Source:http://fr.globalvoicesonline.org/2012/08/02/116769/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+GlobalVoicesenfrancais+%28Global+Voices+en+Fran%C3%A7ais%29

Rwanda: Habarugira Epaphrodite, journaliste, écroué pour un lapsus

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L’ONG internationale Reporters sans frontières rapporte que le journaliste  Habarugira Epaphrodite est écroué depuis le 24 avril 2012 à la prison de Gitarama pour avoir eu un lapsus lors du journal parlé de la radio communautaire Hugukaqu’il présentait en kinyarwanda, une confusion entre les termes de "victimes" et de "rescapés". Ses collègues pensent qu’il s’agirait d’un simple lapsus justifié par le fait que la veille, il avait présenté le même journal sans commettre d’erreurs. Le journal présenté évoquait la cérémonie de

Gitarama City Centre

Centre de Gitarama (Photo credit: Wikipedia)

commémoration des victimes du génocide rwandais, survenu 18 ans plus tôt. Le plus triste, c’est que la radio l’a licencié avant meme qu’il soit condamné, au lieu de se battre pour sa libération ou son jugement.

J’ai été parmi les premiers membres de la mission des Nations Unies à arriver à Kigali, le 9 aout 1994, soit à peine 2 semaines après la fin du génocide. Le choc psychologique que j’ai vécu est tel que je n’arrive pas encore à raconter les traces de la tragédie qui étaient visibles et les odeurs pestilentielles des cadavres en décomposition, les regards pleins de douleur des interlocuteurs qui acceptaient de nous parler.

La radio ayant été inaugurée seulement le 13 avril, j’espère que cette arrestation soit due à l’initiative d’agents locaux de l’administration, sans consultation ou instruction de Kigali.

Mais à mon avis, un génocide est la pire expérience que puisse vivre un pays. Mais ce n’est pas rendre justice aux victimes que de commettre des violations des droits humains contre d’autres innocents.

Monde: Journalisme, un secteur d’activité à ne pas conseiller à vos enfants!

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Roodkapje uit Somalië .

Une vie dangereuse (Photo credit: Roel Wijnants)

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a publié son Index de l’Impunité qu’il dresse  sur la violence meurtrière, impunie contre la presse. Il en ressort que l’Irak continue à etre le pays le plus dangereux pour exercer ce métier.  En effet, il en ressort que l’Irak qui garde pour la cinquième année de suite avec 93 cas de journalistes tués au cours des dix dernières années toujours non élucidés. , au sommet de  (CPJ). Cependant, le Pakistan et le Mexique, poursuivent une triste tendance à la hausse, de longue date dans ces deux pays.

En Afrique, avec 11 meurtres non élucidés, la Somalie occupe le deuxième rang pour la troisième année consécutive. La presse somalienne a subi des attaques, la plupart par des militants du mouvement Al-Shabaab. Mais les forces du gouvernement de transition ont également menacé des journalistes somaliens. Le CPJ rapporte en particulier qu’en 2011, après avoir couvert une session houleuse du Parlement fédéral de transition, le journaliste de l’audiovisuel Abdisalan Sheikh Hassan a été abattu d’une balle dans la tête par un tireur qui portait un uniforme militaire. La violence incontrôlée contre les médias a forcé au moins 68 journalistes à fuir la Corne de l’Afrique au cours de la dernière décennie.

L’index complet, qui évalue le nombre des meurtres non résolus de journalistes en pourcentage de la population de chaque pays, est indiqué ci-dessous en ordre et présente ne nombre de cas non résolus. Le nombre entre parenthèses représente le classement des cas non résolus par million d’habitants :

Irak : 93 (2,906)
Somalie : 11 (1,183)
Philippines : 55 (0,589)
Sri Lanka : 9 (0,431)
Colombie : 8 (0,173)
Népal : 5 (0,167)
Afghanistan : 5 (0,145)
Mexique : 15 (0,132)
Russie : 16 (0,113)
Pakistan : 19 (0,109)
Brésil : 5 (0,026)
Inde : 6 (0,005)

Pour consulter les analyses et le rapport complet cliquez ici.

Hong Kong : Les hackers du Parti des 50 cents, une menace pour les internautes

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Traduction publiée le 1 Avril 2012 10:26 GMT · Voir le billet d’origine [en]

Global Voices AdvocacyCet article a été publié sur Global Voices Advocacy , l’un des sites de Global Voices, destiné à défendre la liberté d’expression en ligne et à combattre la cyber-censure. · Tous les billets

TraductionsLire cet article en d’autres langues:

English · Hong Kong: Web Freedom Under Threat, 50 Cent Party Takeover
Avec l’aide du gouvernement de Pékin, le candidat au poste de Chef de l’exécutif de Hong Kong, Leung Chung-Ying, a remporté les élections où seuls votent les membres du cercle restreint des grands électeurs de Hong Kong. Leung a obtenu 689 voix sur 1 200 membres du comité d’élection. Beaucoup de citoyens locaux estiment que Hong Kong est entrée dans l’âge des ténèbres comme Leung a été accusé par d’anciens membres du parti communiste clandestin à Hong Kong d’être un bureaucrate du PCC et que son leadership signifie donc la fin de l’autonomie politique de la ville.

Des billets de blogueurs influents ne font que confirmer que le style de harcèlement sur Internet propre à la Chine continentale  a commencé à Hong Kong. Tout d’abord, le site de l’élection parallèle en ligne du Chef de l’exécutif, organisée par le Programme sur l’opinion publique de l’Université de Hong Kong les 23 et 24 mars, a été attaqué par des pirates. Le blog Global Post a rapporté [en anglais] :

Chung a dit : « Notre site a été surchargé. Nous suspectons qu’il fait l’objet d’attaques systématiques car  il enregistre plus d’un million de clics par seconde”, selon le  journal The Australian. Selon ce journal, Chung n’a pas indiqué qui pourrait être responsable du piratage, mais son équipe, au Programme de l’opinion publique, a eu un problème avec les autorités de Pékin en révélant que l’opinion publique était contre la position officielle de la partie continentale.
Deuxièmement, le professeur d’université Simon Shen, qui a analysé de manière proactive les implications politiques du Chef de l’exécutif, a reçu un grand nombre de messages de menaces lui demandant d’arrêter la propagation de rumeurs. En outre, son profil public dans Wikipedia et Wikia a été modifié avec beaucoup de propos diffamatoires. Selon  Shen sur Facebook [en chinois] :

近來在網絡世界遇上一些恐嚇言論,雖然不會當真,但日前也收到指名道姓、來自163賬戶的匿名電郵,提及「Dr Shen:這是嚴重警告,請立即停止造謠,否則,3日內有嚴重效果」

Récemment, j’ai reçu un certain nombre de menaces en ligne. Je ne les ai pas prises au sérieux. Mais il y a quelques jours, j’ai reçu des courriels à partir de 163 comptes de messagerie anonymes qui mentionnaient: ”Dr Shen: C’est un sérieux avertissement. Arrêtez la propagation de rumeurs ou vous vous exposez à des conséquences très graves dans les trois jours.”

在《萬言書》刊登後,同一週內,我在《維基百科》的條目,忽然被加入與事實完全不符的內容;而在另一個名為《香港網絡大典》的網站,也忽然新增了關於我的條目,內容似有誹謗性,數日內就有數百改動。

Après avoir publié les “la lettre des 10 000 mots”, en une semaine, mon profil public sur Wikipedia a été modifié. Le contenu est sans aucune base factuelle. Sur un autre site web: http://evchk.wikia.com, mon profil a été modifié avec un contenu diffamatoire. En peu de jours, il a été modifié des centaines de fois.
Cette tactique de harcèlement est très couramment utilisée en Chine continentale au sein du parti des 50 cents.Le troisième cas est arrivé hier. Le compte sur Facebook d’un leader d’opinion en ligne de premier plan à Hong Kong, Kay Lam, a été suspendu parce qu’il a téléchargé une photo après que CY Leung a remporté l’élection:

La photo était désignée comme le début d’une ère sombre à Hong Kong. De toute évidence, un grand nombre d’utilisateurs de Facebook ont déposé des plaintes auprès de Facebook demandant que les photos soient supprimées et le compte de l’utilisateur suspendu. Kay Lam a publié l’avis de l’administration de Facebook sur son blog [en chinois] :

Une ou plusieurs photos que vous avez téléchargées violent la Déclaration des droits et responsabilités de Facebook. Il s’agit d’une violation de nos politiques sur le téléchargement des photos qui:
Ciblent des personnes en fonction de leur race, ethnie, origine nationale, religion, sexe, identité de genre, orientation sexuelle, handicap ou d’une maladie
Contiennent des menaces susceptibles de nuire à autrui, soutiennent  des organisations violentes, ou pour leur contenu violent
Creative Commons License

Ecrit par Oiwan Lam · Traduit par Abdoulaye Bah

Guinée: Après les violences, les excuses des gendarmes à une journaliste

Vidéo

J’ai écrit l’article suivant pour le réseau de blogueurs et traducteurs globalvoicesonline.org qui publie dans 21 langues à travers le monde. Je remercie Lova Rakotomalalaqui en a assuré la révision et la mise en page. Le titre original est:

Guinée : Agression d’une journaliste par la gendarmerie de Conakry

La gendarmerie guinéenne vient de faire un geste qui a surpris de nombreux citoyens, surtout parmi les professionnels des médias, suite à l’agression de la journaliste Kounkou Mara de la part d’agents chargés de la sécurité à la Banque centrale de la république de Guinée à Conakry le 27 février dernier. Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Mme Mara, journaliste du journal privé Le Lynx, s’est vu refuser l’entrée à la Banque centrale de Guinée le 27 février dernier, malgré le fait qu’elle ait présenté sa carte de presse professionnelle aux gendarmes affectés à la sécurité de ladite institution et expliqué qu’elle devait interviewer son gouverneur.

La Journaliste Kounkou Mara, un jour après l’agression, photo publiée avec permission de la journaliste.

Le CPJ précise les détails de l’agression [fr]:

Les officiers de gendarmerie lui ont dit qu’elle constituait une menace pour la sécurité des employés de ladite banque et des agents l’ont ainsi jetée dans la rue. Les gendarmes l’ont poussé sans ménagement hors de la banque. Elle a déclaré s’être cognée la tête contre une voiture stationnée. Elle a souffert de multiples contusions sur son corps, soulignant qu’elle a dû aller à l’hôpital pour un traitement.

La journaliste Fatoumata Kéita de kaloum Presse donne [fr] les réactions de la gendarmerie suite à cette agression :

 ”Au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée aujourd’hui au Conseil National de la Communication, la gendarmerie nationale a reconnu le tort commis par ses agents. « Dès que le Haut Commandant de la Gendarmerie nationale, Directeur de la Justice militaire a été saisi de cet incident qui est de nature à saper la liberté de la presse, des instructions fermes ont été données et les éléments mis en cause ont été aussitôt mis à la disposition de la Direction des investigations judiciaires pour des fins d’enquête. Le Haut Commandement de la gendarmerie nationale réaffirme sa volonté de garantir la liberté de la presse en Guinée sans compter celles des libertés individuelles”.

Dans un language coloré, très proche de celui du journal satirique Le Lynx, le journal pour lequel travaille la journaliste agressée, Oumar Kateb Yacine donne lui aussi son compte rendu [fr] :

Le vendredi 9 mars 2012, un gotha d’officiers de la gendarmerie nationale était devant les journalistes de tout secteur confondu. Pas pour une conférence de presse.  Mais pour une séance d’excuse.

Les pandores étaient venus demander pardon aux scribouillards, suite à une bavure commise par certains de leurs qui étaient en exercice de leur fonction au siège de la Banque centrale de la République de Guinée sur une consœur de la presse écrite privée, en l’occurrence Kounkou Mara du Groupe de presse le Lynx-la Lance qui, elle aussi, était en exercice de sa fonction.

En Guinée, depuis l’indépendance, l’impunité et l’arrogance des agents de sécurité et de tout ce qui symbolise l’état ont prévalu jusqu’à présent. Pour Boubacar Sanso Barry, qui s’exprime [fr] dans un billet paru sur Guinée Conakry Info :

Ce n’est pas tous les jours qu’entre gendarmes guinéens et professionnels des médias de ce pays, le courant passe. Et c’est pourquoi la cérémonie de ce vendredi au CNC avait quelque chose de particulier. Parce que, pour une fois, la gendarmerie et les journalistes voyaient dans la même direction.

La victime est une journaliste connue dans le pays pour son sérieux et appréciée pour sa compétence. Elle travaille depuis plusieurs années dans le groupe de médias Lynx-Lance, considéré parmi les plus crédibles du panorama médiatique guinéen. Le Lynx, un des premiers journaux satiriques d’Afrique, s’est forgé un langage particulier et ne ménage personne. La victime, une des meilleures journalistes du pays, a remporté le prix Hadiatou Sow [fr] du journalisme féminin qui récompense depuis 2010 les meilleures professionnelles dans ce métier.

Cette agression a créé une vive indignation des journalistes et des blogueurs guinéens et africains. Le blog africabusiness.com a publié [en] un billet citant Mohamed Keita responsable de la région Afrique au Comité pour la protection des jounralistes:

 What happened to Kounkou Mara constitutes an assault, and authorities have an obligation to conduct a criminal investigation and bring appropriate charges. Guinea’s new democratically elected government has an opportunity to turn the page on years of abuse and impunity in security forces’ attacks on journalists.

Ce qui est arrivé à Kounkou Mara constitue une agression et les autorités ont l’obligation de mener une enquête criminelle et formuler les accusations appropriées. Le nouveau gouvernement démocratiquement élu en Guinée a la possibilité de tourner la page sur les années de violence et d’impunité dans des attaques des forces de sécurité contre les journalistes.

Sur le blog Guinee Conakry Info, la journaliste Salematou Diallo ajoute que :

Et c’est justement la nature gratuite et totalement infondée de l’agression qui a conduit l’ensemble des professionnels des médias guinéens, à sortir de leur silence pour condamner cette attitude qui procède certainement d’un excès de zèle et d un déficit de formation au sein des forces de défense et de sécurité nationales.

Salematou Diallo cite [fr] Martine Condé, Présidente du Conseil national de la communication (CNC) qui exprime son indignation tout en indiquant les limites de la liberté de la presse en Guinée :

 ”Les journalistes ne sont pas des ennemis à abattre ». Elle a saisi l’occasion pour rappeler que « les sources non accessibles sont celles relatives à la sécurité  intérieure et extérieure de l’Etat, à la protection de l’honneur  et de la dignité du citoyen et au respect de l’instruction judiciaire ». Hormis ces dernières, précise-t-elle, la carte professionnelle donne au détenteur le droit d’accès à toutes les sources non protégées. Condamnant l’agression contre Kounkou Mara, Martine dit souhaiter de la part des autorités de la gendarmerie « des mesures disciplinaires à l’encontre des auteurs de ladite agression ».

Cet événement s’est vérifié quelques temps après l’adoption à l’ONU d’une résolution sur les droits de l’homme en Guinée. Traitant de cette résolution, Aboubacar Cissé a écrit [fr] dans un billet publié sur le site guineenews.org :

 Si dans son rapport, la haut commissaire [Navanethem Pillay] indexe l’impunité sur les événements du 28 septembre 2009, elle reconnait cependant que “la discipline commence à revenir au sein des forces armées et que le secteur de la justice commence également à mettre en œuvre les recommandations faites au cours de ses états généraux, avec la nomination de nouveaux juges pour revitaliser le système judiciaire en Guinée”. Le document souligne d’autre part les efforts fournis pour l’établissement d’une institution nationale indépendante des droits de l’homme et en faveur de la commission nationale de réconciliation.

Plus d’un an après l’élection du Prof. Alpha Condé à la présidence du pays et la formation d’un gouvernement civil, il y a eu de nombreuses violations des droits humains et de violence excessive occasionnant même la mort d’innocents. Dans son billet Oumar Kateb Yacine, après en avoir rappelé quelques uns qui ont vu les forces de sécurité user de la violence contre des citoyens, a écrit [fr]:

Certes, on nous apprend que pour tous ces cas cités ci-haut, les auteurs ont été radiés de l’effectif et mis à la disposition de la justice. Reste à savoir ce que fera cette dernière. Une tâche qui, en principe ne devrait pas être ardue dans la mesure où le Général Baldé, chef du Haut Commandant de la gendarmerie nationale est celui qui dirige la justice militaire. Une occasion pour lui d’extirper l’épine de ses pieds en sanctionnant ces malfrats à la hauteur de leur forfaiture.

Dans cette vidéo, Kounkou Mara raconte [fr] sa mésaventure sur les ondes de Radio Espace, une radio de Conakry, suivi d’un débat entre des journalistes.

Ecrit par Abdoulaye Bah

Source: http://fr.globalvoicesonline.org/2012/03/16/102006/

Sujets Liberté d’expression, Gouvernance, Droits humains, Médias citoyens, Femmes et genre, Média et journalisme

Guinée: Intimidation et violence physique des forces de sécurité contre une journaliste

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Les forces de sécurité guinéennes ont pris une habitude qui semble leur etre difficile de perdre: Le 27 février 2012, des agents des forces de sécurité en service à la Banque centrale de Guinée, ont agressé Kounkou Mara, une journaliste du groupe de presse Le Lynx-La Lance, le premier à être créé dans le pays après la chute du régime dictatorial de Sékou Touré en 1984. Ce groupe qui vient de fêter ses 20 ans publie deux hebdomadaires qui sont parmi les plus lus et jouissent d’une grande indépendance et de crédibilité. Elle avait été invitée à participer à une discussion avec d’autres collègues pour rencontrer le gouverneur de la BCRG à l’occasion du 52 anniversaire de la monnaie guinéenne. Kounkou Mara est une collègue que je connais personnellement. Elle travaille dans ce groupe de presse depuis longtemps. Elle est d’une nature calme et il est rare de la voir sans son léger sourire aux lèvres. Elle a bien accepté de répondre à mes questions.

Mme Kounkou Mara: Il y a 10 jours environ vous avez été victime d’une agression gratuite de la part des forces de sécurité dans l’exercice normal de vos activités de journaliste. Quelles en ont été les conséquences?

Réponse : Oui comme vous le savez j’ai été agressée le 27 février dernier à 15 h par une brigade de gendarmes en service à la rentrée principale de la Banque centrale de la république de Guinée (BCRG). Je m’en suis sortie avec des blessures au niveau de la tête et des courbatures. Actuellement je suis en train de me soigner. Les conséquences se situent à trois niveaux. La première conséquence me concerne. Pourquoi ? Cette agression change davantage ma perception vis à vis de tous les porteurs de tenues. Ça change complètement la donne. Avant, je pensais que c’était des gens qui auraient pu changer et adopter un comportement civilisé. Mais non ! C’est le contraire tous les jours. Ce qui me déçoit davantage c’est que j’ai été agressée au moment où tout le monde pensait qu’en Guinée on venait d’entrer dans une nouvelle ère où les droits de l’homme seraient désormais respectés surtout par les gendarmes, que l’on considère comme des agents de sécurité plus intellectuels. Mais hormis mon cas, ils ont commis tellement de bavures ces derniers temps que les gens se demandent à quelles forces de sécurité se vouer. Cette agression fait ainsi révolter toute la presse et tout le monde souhaite que justice soit faite. Deuxième conséquence c’est que cette agression a été largement médiatisée. Elle a permis de peser l’unité de cette grande famille de la presse guinéenne. Qui a mis de côté ses petites rivalités pour fustiger et condamner énergiquement l’acte. Elle a ensuite amené l’ensemble de la presse guinéenne sur le débat concernant la restructuration des forces de défense et de sécurité. Un débat qui refait surface puisque beaucoup d’argent qui aurait pu être destinés à d’autres secteurs a été mis dans la restructuration des forces de défense et de sécurité, sans qu’on aboutisse à des résultats porteurs de fruit. Troisième conséquence, il y a que cet incident va encore baisser la note de la Guinée en matière de liberté de la presse et ternir l’image du pays.

Que vous ont dit les médecins?

Quant aux médecins, après tous les examens (y compris la radiologie de la tête) ils m’ont dit que le coup au niveau de la tête avait été violent mais que ma chance a été que le cerveau n’a pas été atteint. Ils m’ont dit que je pourrais avoir plusieurs jours des céphalées. Ils m’ont demandé de beaucoup me ménager puisque la tête est très sensible et que ces céphalées pouvaient de temps en temps revenir, même des mois après. Actuellement je suis sous traitement D’après vous, cette agression est-elle due à votre profession ou à d’autres raisons? Pourquoi avez-vous été la victime et pas un autre journaliste? Cette question m’a toujours été posée depuis le début de ma mésaventure avec les gendarmes J’étais surement là au mauvais moment en tant que journaliste. Je me suis présentée avec ma carte de presse délivrée par le CNC (Conseil national de la communication) où s’est écrit Lynx –Lance, le nom de mon groupe de presse. Malgré ça des hommes se sont jetés sur moi et m’ont violement tabassée. Voilà les faits. Sur le lieu de l’agression, les gendarmes ont dit qu’ils ont commis cet acte puisque « je portais préjudice à la sécurité des travailleurs de la BCRG », sans expliquer en quoi faisant. Pourquoi j’ai été victime et pas une autre journaliste, seuls les gendarmes agresseurs peuvent peut être répondre à cette question.

Craignez la répétition de cette agression?

Oui, je crains puisque je suis journaliste de terrain et ce n’est pas exclu que je retrouve des éléments plus violents que ceux qui m’ont agressée dans l’exercice de ma fonction. Ce qui est arrivé ce jour était tellement violent. Quatre gendarmes bien bâtis qui se jettent sur une journaliste qui pèse à peine 50 kilos et en plein jour, j’ai peur que ça ne se répète. Je suis effrayée puisque je me dis que si c’était la nuit ou dans un lieu isolé ces gens-là n’auraient pas hésité à me violer où me tuer et faire disparaître mon corps dans la nature.

Le groupe Le Lynx-La Lance a-t-il pris des mesures pour que justice soit faite?

Le groupe a fait un rapport de protestation adressé au Conseil national de la communication (CNC). La présidente du CNC devrait à son tour interpeler l’Etat-major de la gendarmerie nationale pour qu’une enquête soit ouverte et que les éléments qui ont commis cet acte soient punis. Pour l’instant nous sommes à ce niveau.

Comment ont réagi les collègues de la profession et les autorités publiques?

D’abord les collègues de la profession en ont fait une large médiatisation, je profite de l’occasion pour les remercier. Ensuite toutes les organisations de presse ont unanimement condamné l’acte et ont demandé que juste soit faite, pour qu’un tel acte ne se répète plus contre n’importe quel autre journaliste dans l’exercice de son métier. Du côté des autorités publiques pour l’instant, il n’y a aucune réaction. Lounsény Nabé, gouverneur de la Banque centrale a présenté publiquement ses excuses, mais aucune enquête n’a été ouverte:

"Ce qui est arrivé à Kounkou Mara constitue une agression, et les autorités ont l’obligation de mener une enquête criminelle et formuler les accusations appropriées. Le gouvernement démocratiquement élu de la Guinée a la possibilité de tourner la page sur les années de violence et d’impunité dans des attaques des forces de sécurité contre les journalistes."

Au niveau local, cette agression inqualifiable a été condamnée par toutes les associations de journalistes. La section guinéenne de l’association des professionnelles africaines de la communication (APAC) et l’Association des journalistes de Guinée (AJG) ont invité tous leurs membres à participer à une rencontre ce 9 mars au siège du Conseil national de la communication avec le haut commandement de la gendarmerie.

UNESCO-Guinée équatoriale: STOP au prix Obiang Nguema Mbasogo

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Une lettre signée par 23 organisations et journalistes africains militant pour la protection des droits des médias a été adressée aux membres du Conseil Exécutif de l’UNESCO demandant de révoquer le prix Obiang Nguema Mbasogo pour la Recherche en Sciences de la Vie. Cette lettre est venue en un moment opportun car il ne faudrait pas que les difficultés financières dans lesquelles verse cette organisation conduisent son Conseil exécutif à lever sa suspension qui avait été décidée la dernière fois en octobre 2011. Le principe de son maintien devait être débattu ce printemps.

Le lobby constitué par les pétrodollars soustraits par la corruption et l’achat de biens mal acquis à la population de la Guinée équatoriale avait réussi en 2010 à faire accepter ce prix d’un montant total de 3 millions de dollars destiné à des chercheurs qui se sont distingués dans différents domaines de la médecine. C’est malheureux, que ce soient les pays de l’Union africaine, dont le dictateur assure la présidence tournante qui soient les plus chauds partisans du maintien de ce prix, que l’on devrait plutôt qualifié de la honte.

Voici le texte intégral de la lettre, tandis que la liste complète des 23 organisations et journalistes africains est accessible ici.

Le 29 février 2012

Les Membres du Conseil Exécutif
L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO)
Siège de l’UNESCO
7, Place de Fontenoy
75352 Paris 07 SP
France

CPI : Irina Bokova, Directrice Générale

Objet : Prix International UNESCO-Obiang Nguema Mbasogo pour la Recherche en Sciences de la Vie

Chers Membres Délégués du Conseil Exécutif

Nous soussignés organisations et journalistes Africains pour la protection des droits des medias, vous écrivons pour nous opposer sans équivoque au Prix International UNESCO-Obiang Nguema Mbasogo pour la Recherche en Sciences de la Vie et de vous demander de révoquer ce prix lors de votre prochaine session.

L’UNESCO étant une organisation qui championne la liberté d’expression et encourage la liberté des medias en particulier, ne devait jamais accepter le don de $3 million fait par le Président de la Guinée Equatoriale pour financer ce prix. Le régime du Président Obiang, au pouvoir depuis 32 ans, a systématiquement étouffé la liberté de la presse et a fait taire les voix critiques. Bien qu’un petit pourcentage de la population locale puisse avoir accès aux informations en provenance de l’étranger par le biais de l’internet et par les émissions de satellite, le gouvernement ne cesse de restreindre de main forte les activités de la plupart des medias et ainsi limite l’accès des citoyens à l’information. Les stations de radio et de télévision qui existent dans le pays sont les fiefs du gouvernement ou des membres de la famille du Président Obiang et l’ensemble de la section de la presse écrite qui sortent de manière régulière est contrôlé soit par l’état soit par les proches du président.

Deutsch: UNESCO-Chefin Irina Bokowa bei der Er...

Irina Bukova Image via Wikipedia

Les journalistes étrangers et locaux sont systématiquement harcelés, détenus et censurés. En février 2011 le gouvernement a interdit aux présentateurs d’émettre les rapports relatifs aux soulèvements du Printemps Arabe. Un présentateur de la radio d’état a été par conséquent suspendu pour avoir parlé de la Libye lorsqu’il était à l’antenne. En juin 2011 un équipage de télévision allemande ont vue leur séquences détruites avant d’être expulsé, ce, pour avoir filmé les quartiers pauvres de la capitale et pour avoir interviewé un avocat de la défense des droits humains et un membre du parti de l’opposition.

Nous avons appris que le Président Obiang a proposé une modification du titre du prix par la suppression de son nom, mais cela ne va pas effacer nos préoccupations du fait que son don de $3 million associe lui-même et les abus perpétré par son gouvernement à l’UNESCO, et de cette façon nuit à la mission précieuse de l’organisation. Nous avons également conscience du fait que ce fonds serait contaminé par la corruption du haut niveau dont la Guinée Equatoriale est renommée. Ce n’est pas un secret que les enquêtes toujours en cours en France et aux Etats Unis ont mené à la confiscation des biens de Teodoro Nguéma Obiang Mangue, le fils du Président. Des documents produits en matière des enquêtes séparées menées par le Sénat américain ainsi que le Département de la Justice des Etats Unis suggèrent une constante de corruption systématique au plus haut niveau du régime du Président Obiang. Malheureusement, les journalistes qui se trouvent au sein du pays ne peuvent pas rapporter ces faits étant donné les restrictions sévères qui leur sont imposées.

En tant qu’une organisation qui plaide pour “l’accès à l’information et à la connaissance” l’UNESCO ne doit pas accepter l’argent d’un leader dont les actions au cours des décennies font fi de ces principes. Nous vous encourageons à abolir en sa totalité ce prix Obiang de l’UNESCO et de mettre en œuvre de nouvelles directives susceptibles d’empêcher directement ou indirectement, dans l’avenir, la création des prix qui par intermédiaire de leur association aux individus ou gouvernements contredisent le mandat principal de l’UNESCO.