Archives de Catégorie: Gouvernance

Italie: Avec Dr. Cécile Kyenge, célébrons la première personnalité africaine ministre

Image

Voici le dernier article que j’ai écrit suite à la nomination de Dr. Cécile Kyenge au poste de ministre pour l’intégration. Elle est la première personnalité africaine à accéder à un tel poste. Je n’ai pas voulu traiter longuement de la vague de racisme que cette nomination a suscitée parmi les militants des partis de droite et autres xénophobes, parce qu’en ce grand jour, mieux vaut regarder l’Italie par son meilleur coté, plutôt que par les trous de serrures.

Le racisme existe certes, comme partout, mais les italiens ont aussi de nombreuses autres qualités que les comportements et jugements racistes de certains individus dépassés par l’histoire ne devraient pas rendre invisibles. Ma femme étant italienne et tous mes enfants et petits-enfants sont nés à Rome. Je vis en contact avec ce pays depuis plus d’un demi siècle, je sais donc de quoi je parle. L’Italie vaut mieux que ces déchets de l’histoire de l’humanité!

Deux mois après les élections générales des 24 et 25 février 2013, Enrico Letta, nommé par le Président Giorgio Napolitano pour former un gouvernement de consensus, a révélé les membres de

US President Barack Obama and Italian Presiden...

President Giorgio Napolitano recevant Barack Obama à Rome (Photo credit: Wikipedia)

son équipe. Parmi les surprises, il y a la nomination du Dr. Cécile Kyenge, Professeur d’ophtalmologie, au poste de Ministre de l’Intégration. Originaire de République Démocratique du Congo, elle est la première personnalité issue de l’immigration à accéder à un poste ministériel en Italie.

Le site oeildafrique.com la présente en ces termes :

Cécile Kyenge, membre du Parti démocrate, est née le 28 août 1964 à Kambove en République démocratique du Congo.

Elle est arrivée en Italie en 1983 est maintenant une citoyenne italienne. Elle obtient son diplôme en médecine et en chirurgie à l’Université catholique de Rome, avant de se spécialiser en ophtalmologie à l’Université de Modène.

Cécile Kyenge, photo de sa page Facebook

Le Dr. Cécile Kyenge, photo extraite de sa page Facebook

Élue dans les rangs du Parti démocrate (PD, gauche), lors des élections générales passées, dans la région d’Émilie-Romagne, elle était déjà la première femme d’origine africaine à siéger au Parlement. Dans un billet de René Kouame, publié sur afrokanlife.com, on peut lire:

L’honorable Cécile Kyenge ne fait pas ses premiers pas dans la vie politique en Italie. Elle a été élue depuis la dernière législature conseillère régionale de l’Emilie Romagne. Au sein du parti démocratique Italien elle a occupé le rôle de responsable du forum de l’immigration pendant plusieurs années. Militante des droits de l’homme Cécile Kyenge lutte depuis plusieurs années pour le respect des droits des immigrés en Italie. Présidente nationale et initiatrice du mouvement national du 1er mars (une organisation nationale de lutte contre toute sorte de discrimination et du respect des droits des immigrés).

Cette vidéo, capture de journal télévisé, montre Cécile Kyenge prêtant serment devant le Président G. Napolitano au Palais du Quirinal :

Elle se bat depuis des années pour une meilleure loi sur l’immigration, notamment pour l’abrogation du délit d’immigration clandestine qui fait que les prisons italiennes sont pleines d’immigrés dont, pour beaucoup, le seul délit est d’être sans-papiers. Le site auxinfosdunain.blogspot.fr retrace ainsi son parcours :

Le président Giorgio Napolitano, le président du Conseil et les membres Letta Enrico ministres du nouveau gouvernement le jour du serment.

Le Cécile Kyenge avec à sa gauche le Président Giorgio Napolitano et à droite  le Président du Conseil des membres Enrico Letta et les autres ministres le jour du serment. Photo Presidenza della Repubblica via commons. wikimedia.org

Députée du Parti démocrate (PD, gauche), la première femme d’origine africaine à siéger au Parlement était en train de préparer un dossier sur “le racisme institutionnel” en Italie. Elle milite aussi pour l’abrogation du délit d’immigration clandestine et souhaite rendre le marché du travail plus accessible aux étrangers.

Pour Cecile Kyenge, il est également nécessaire de “lutter contre la violence sexiste, raciste, homophobe et de toute autre nature”. Le PD, auquel appartient M. Letta, s’est réjoui de ce choix qui “démontre avec cohérence le fait de croire à une Italie plus intégratrice et vraiment multiculturelle”.

Le blog jolpress.com dit d’elle :

Son poste de député, elle le doit à son engagement au sein du Parti démocrate dans la région d’Émilie-Romagne. Elle s’y occupait, en particulier, des questions d’immigration – portefeuille qu’elle occupera au sein du nouveau gouvernement.

Au cœur de son combat de militante, politique et associative, la libre circulation des personnes et la volonté d’une nouvelle loi sur la citoyenneté. En septembre 2010, elle était d’ailleurs devenue porte-parole nationale du réseau Primo Marzo. Elle y a promu les droits des migrants et des droits humains.

Le Président Giorgio Napolitano, à l’âge de 88 ans, est le premier Président à être réélu après un premier mandat. Lors de sa prestation de serment, le blog afrokanlife.com a rappelé que le Président avait :

plaidé pour “une rénovation, un changement générationnel et une forte présence féminine”. Mission accomplie avec une moyenne d’âge de 53 ans (contre 64 dans l’exécutif de Mario Monti) et un tiers de femmes (7 ministres sur 21, un record en Italie).

De plus, de nombreuses figures jusqu’ici inconnues apparaissent dans ce gouvernement, comme Cécile Kyenge, originaire de République démocratique du Congo, nommée ministre de l’Intégration, première femme noire à participer à un gouvernement en Italie, ou Josepha Idem, championne olympique de kayak, qui détient le record du nombre de participations aux JO chez les dames, nommée ministre de la Parité, de la Jeunesse et des Sports.

Déjà avant les élections Cécile Kyenge définissait ainsi les objectifs de son combat dans un billet publié sur le blog starducongo.com :

“Ma candidature se veut représentative et porte voix des “Nouveaux Italiens” (terme pour désigner les étrangers qui deviennent italiens), ces étrangers qui ne demandent qu’à jouer leur rôle de citoyen. Députée de la République, ma voix devra aussi défendre la communauté des citoyens italiens, par ce que je crois, le métissage peut et doit être une valeur ajoutée dans notre culture et non un obstacle comme certains veulent le faire croire depuis tant de temps”.

Naturellement, dès que la composition du gouvernement a été publiée, les extrémistes de droite et les xénophobes se sont déchaînés pour dénoncer sa présence parmi les ministres. @adilmauro cite Roberto Maroni, ancien ministre de l’intérieur et leader de la Ligue du Nord, sur Twitter, en ajoutant :

“Cecile Kyenge non è italiana”, dicono quelli che vogliono la secessione dall’Italia. Ecco la Lega che “marcia sul razzismo” (Maroni dixit).

Cécile Kyenge n’est pas italienne”, disent ceux qui veulent faire sécession de l’Italie. Voici la Ligue qui “marche sur le racisme » (dixit Maroni).

@engraz, toujours sur Twitter, commente ainsi les réactions racistes :

Cècile #Kyenge e’ già stata accolta dalla peggio Italia come si poteva temere. Ma lei non avrà paura http://t.co/96IdxqSHGV #governoletta

Cécile #Kyenge est “déjà acueillie par la pire Italie comme on aurait pu s’y attendre. Mais elle n’aura pas peur http://t.co/96IdxqSHGV #governoletta

Source: http://fr.globalvoicesonline.org/2013/04/30/145013/

Guinée: L’élite politique contre le peuple

Standard
Conakry-ville

Conakry-ville (Photo credit: Wikipedia)

Un autre article de Bah Mamadou Lamine du Lynx. Il me l’a envoyé après sa publication sur cet hebdomadaire satirique de Conakry, sous le titre:

LES ELITES GUINEENNES VEULENT ATOMISER LA GUINEE

Parmi l’élite guinéenne, le Grimpeur n’est pas le 1er à surfer sur les mortels replis identitaires. Mais, étant donné son parcours scolaire et universitaire et son expérience politique, c’est le moins pardonnable. Diaspo qui a vécu plus en France qu’en Guinée et qui se dit Professeur émérite, ses thuriféraires n’ont de cesse de crier à qui veut les entendre qu’il a été « démocratiquement élu », lui le Mandela de  la Guinée Tous s’attendaient à ce qu’il bâtisse un Etat de Droit fondé sur la citoyenneté et  qu’il refuse de confiner chaque Guinéen à ses origines tribales et régionales.

Les cinq décennies de présence coloniale sur le territoire de la Guinée Française n’ont pas donné le temps à la France de jeter les fondements d’un Etat moderne : Administration Publique, Justice, Système Foncier, Ecole…

1-Qu’on se rappelle, en 1958, les élèves guinéens passaient le Bac à Dakar ; dans notre pays, il n’y avait aucun Lycée. La France est partie sans laisser à notre pays une masse critique de cadres formés à même de constituer une classe dirigeante capable de nous sortir du merdier. Les rares cadres qui existaient ont été ravagés par la révolution cannibale  du PDG. En dépit du bla-bla populiste qu’il a sans vergogne plagié chez Marx, Lénine, Mao et autres Castro, Sékou a fondé sa gouvernance sur le racisme, le népotisme et le régionalisme. En particulier depuis la fin des Années 1940, il s’est acharné sur le "féodalisme" foutanien et aux Peulh. Le

paroxysme de cette haine irraisonnée a été, en 1976, l’appel au génocide contre cette communauté. Pendant tout son règne il a tout fait pour déstructurer le Fouta en détruisant ses élites traditionnelles et modernes par l’enfermement, la mort ou l’exil.

English: Guinea's President Lansana Conté duri...

Lansana Conté, un dictateur qui a dirigé la Guinée du avril 1984 au 22 décembre 2008
(Photo credit: Wikipedia)

2-Lansana Conté a emboité le pas à son Maitre et Saigneur (sic) dès Juillet 1985 en massacrant ses héritiers : E Fataara ! avait-il dit aux pillards et aux loubards téléguidés qui s’en prenaient aux Malinkés et à leurs biens. Dieu seul sait combien cette communauté  de Haute Guinée a souffert des brutalités militaro-policières de la Fory Gouvernance…

3-En 1993, à Faranah, feu Bâ Mamadou ( paix à son âme), en campagne au nom de son UNR, s’écrie en puisant on ne sait quel article dans on ne sait quelle Loi Fondamentale ou dans quel Code électoral que « Maintenant, c’est le tour des Peulh » .Et ça, c’est de la part d’un banquemondialiste (ancien fonctionnaire de la Banque mondiale)!

4-Mansour Kaba, leader du Parti Dyama, tient lui aussi des discours incendiaires contre les Peulh et le Fouta. Et ça c’est d’autant plus étonnant que c’est un ancien militant de l’ex-RGE que dirigeait feu Siradiou Diallo ( paix à son âme). C’est sûr que si lui ou son parti arrivait au pouvoir, il va organiser un génocide contre cette communauté. Pour un diaspo il y va un peu fort et n’a pas besoin du vote de la Moyenne Guinée.

5-Le Général Konaté, président par défaut de la Transition, a également sorti son couplet contre les Peulh à qui il interdit l’accès au pouvoir politique. Sans doute que dans une perspective de conquête du pouvoir par  coup d’Etat, il a organisé cela. Pour les élections, il n’a fait que se déculotter devant l’opinion.

6-Même le Procureur de la République s’est comporté en digne fils de Sékou Touré en ressortant le vieux disque 78 tours usé du Complot Peulh à l’occasion du procès médiatisé en cours  à Conakry des présumés coupables de l’agression contre le domicile du Grimpeur. Même la Justice s’emmêle les pinceaux dans le tribalisme et le régionalisme triomphants.

Aujourd’hui, n’importe quel bougnoul qui veut dire quelque chose même s’il n’a rien à dire se croit obligé de s’en prendre aux Peulh. Il est assuré d’avoir la bénédiction du pouvoir en place et de faire son beurre avec la gouvernance grimpante et professorale de Karamoko Alpha Mo Kouroussa. N’est-ce-pas Samba ?

 BML

Guinée: Prévention traditionnelle des conflits

Standard

Voici un autre article de M. Bah Mamadou Lamine du Lynx de Conakry et chef d’un projet sur la prévention des conflits:

54 ans de conflits qui n'ont provoqué que des larmes et la misère

54 ans de conflits qui n’ont provoqué que des larmes et la misère. Photo de yahoo.com

L’indicible volonté des dirigeants guinéens d’hier et d’aujourd’hui de voir se déchirer la Guinée s’est toujours heurtée à l’inextinguible soif de paix des Guinéens. Nos ancêtres nous ont laissé un potentiel de paix immense dans lequel nous avons déjà trop puisé. Ce potentiel, c’est comme les ressources naturelles non renouvelables, il risque de finir un jour. Les générations actuelles sont très peu nourries de nos traditions fondées sur la tolérance et l’acceptation réciproque de l’autre. Elles sont ignorantes des Pactes et Alliances qui ont permis à nos ancêtres de cohabiter en minimisant les conflits. Et comme l’Ecole guinéenne est extravertie, plus on avance dans le cursus scolaire, plus on est aliénés, c’est-à-dire, étrangers à nous mêmes, à nos valeurs, à nos traditions.

La charte de Kouroukan Fouga qui date du XIIIe siècle est l’un des pactes les plus anciens, [en matière des droits humains]. C’est lui qui aurait institué le Sanakouya [le cousinage par blagues entre les membres des différentes ethnies et au sein de celles-ci. Entre Sanakou, il est interdit de se fâcher quelque soit la raison au risque d’être exclu de sa communauté. Par contre, en cas de besoin on a droit à toute l’assistance dont on a besoin de la part de ses Sanakou].

Pourquoi trouve-t-on en plein Kankan, un quartier appelé Timbo ? Pourquoi à l’entrée de  Siguiri un village qui porte le même nom Timbo ?

Ne vivait-on pas mieux alors? Photo yahoo.com

Ne vivait-on pas mieux alors? Photo yahoo.com

On nous a rapporté qu’il y a quelques années à Timbo (l’original ), une ziara était organisée par les notables de la localité. Beaucoup de monde dont feu A. R. Gomez. Le démarrage de la cérémonie retardant, les invités commençaient à s’impatienter. Comprenant leur embarras, les organisateurs rassurent en disant : «  Tout le monde est là. Mais nous attendons la délégation de Forécariah. Selon nos traditions, aucune cérémonie de ce genre ne peut se dérouler à Timbo, en l’absence des représentants de Forécariah ». En fait le Fouta précolonial avait tissé des alliances avec  le littoral guinéen actuel selon les axes suivants : Timbo avec Forécariah et Coyah, Timbi Tounni avec Dubréka,  Ratoma et Boffa et Labé avec Boké.

Se souvient-on qu’au début des années 2000, les agressions rebelles de Gueckedou ont été maitrisées notamment grâce à l’implication du Réseau des Femmes Mano pour la Paix qui a réveillé en particulier les alliances transfrontalières entre Kissi de Guinée, de Sierra Leone et du Libéria ?

Guinée: Pages douloureuses de l’histoire récente de la nation

Vidéo

Dans l’article qui suit,  Bah Mamadou Lamine du Lynx rappelle quelques égarements du Prof. Alpha Condé et de ceux qui pensent comme lui, à l’égard des peulhs:

ALPHA CONDE, LES PEULH ET LE FOUTA

Bissikrima, Janvier 1993 : dans le cadre des activités de Formation que nous menions alors au CENAFOD, nous étions à Bissikrima pour appuyer les animateurs de l’EUPD qui travaillaient dans les préfectures de Dabola et Dinguiraye avec les éleveurs pour le compte de « Vétérinaires Sans Frontières ».Nous étions dans l’euphorie du multipartisme émergent et de l’illusion démocratique.  Des partis politiques venaient de voir le jour. Certains s’étaient alliés. Comme le RPG du Grimpeur, l’UNR de Mamadou Banque Route et le PGP de Porthos qui avaient formé le FLUG. Ce jour-là, Alpha Condé était attendu à Bissikrima à Midi. Il n’a pu arriver que bien plus tard ( les routes étaient déjà difficiles, mais moins qu’aujourd’hui sous la gouvernance du RPG) et ses militants et

Prof. Alpha Conde, le professeur de droit qui fait regretter aux guinéens les régimes militaires - au Forum économiuqe de Davos, 2012

Alpha Conde – World Economic Forum Annual Meeting 2012 (Photo credit: World Economic Forum)

ceux de ces alliés, habitués aux éternels retard des politiciens les attendaient sagement lui et sa délégation. Au lendemain de son départ, des sages de la ville nous ont contacté, ayant appris qu’un journaliste de la presse privée était là. Une fois chez eux, ils m’ont dit à peu près ceci : « Dites à Bâ Mamadou( UNR) que s’il ne se sépare pas d’Alpha Condé, nous allons quitter derrière lui ». Intrigué, nous avons posé la question : «  Pourquoi ? » Réponse : «  Parce qu’il veut nous séparer des Malinké d’ici avec qui nous cohabitons ( y compris avec des mariages réciproques) depuis des générations ».

Pendant la Transition, en fin 2010, le candidat Alpha Condé a dit à la Télévision Guinéenne «  Je n’ai rien contre les Peulh ».

Toujours au cours de cette Transition, sur la base de mensonges et de rumeurs répercutés et amplifiés par le 1er Ministre Doré à travers la Radio et la Télévision nationales, le responsable local du RPG avec la complicité d’autres personnes du terroir (y compris des Imams et des cadres supérieurs) organise une chasse aux Peulh dans la Commune de Siguiri.  Conséquences : Un mort, exode des Peulh vers le Fouta, pillages, vols, viols et des dizaines de maisons et magasins détruits et brulés. Tout cela s’est fait avec la complicité de l’Etat. Il n’y a jamais eu d’enquête, à plus forte raison poursuite des auteurs. Bien au contraire, ils ont été récompensés par des nominations diverses par le nouveau pouvoir.

Propos tenus par un des responsables d’un parti allié du RPG au cours d’une conférence tenue le 25 Juin 2011

« Les Forestiers s’occupent de l’agriculture, les Malinkés c’est le confort et les Soussous de la pêche ou de l’alimentation. Les autres [c'est-à-dire les peulhs, soit 40% de la population] qui sont non Guinéens et des non patriotes sont des Africains nés en Guinée. Ils sont malins, ont profité du régime de Lansana Conté et savent bien garder leurs richesses. Si le Malinké a 10 millions en le voyant arrêté on a l’impression qu’il possède 100 millions. Quand c’est l’autre, même s’il a 200 millions, on ne peut s’en apercevoir en le voyant. Comme ce ne sont pas des Guinéens ce ne sont pas des patriotes, ils sont prêts à enflammer le pays et partir ailleurs »

Ce triste sire doit comprendre que la réussite économique des Peulhs est le résultat de leur labeur. Lansana Conté n’a jamais mis en place une loi et des règlements privilégiant exclusivement une ethnie, une région aux dépens des autres. Elle est le fruit du travail de cet éleveur du Fouta ou de Beyla, de ces petits marchands ambulants qui peuplent les rues de Conakry ou de Dakar, de ce chauffeur de taxi ou de ce vendeur dans les kiosques à café d’Abidjan,  de ce petit tailleur de Libreville ou de ce petit commerçant de Luanda ou d’ailleurs en Afrique, en Europe et en Amérique.  Et de leur capacité à épargner. Ces gens modestes qui, à force de  privation se battent pour réussir refusant de développer la mentalité d’éternels assistés, attendant tout de l’Etat.

C’est un fait que le cheminement du petit cireur  Peulh de Boulbinet qui, à force de travail, parvient à devenir un véritable opérateur économique est le fruit de la patience et d’une grande capacité à préférer le sac de ciment au sac de sucre. Cette capacité à ne pas tout mettre dans le ventre et le bas-ventre qui fait la force des Nations. Aucun peuple, aucun Etat ne peut se développer avec l’épargne des autres (l’argent de la BAD, de l’Union Européenne, de la Banque Mondiale…).

Suprême ironie qui marque le niveau de débilité intellectuelle et morale de cet individu, ces capacités, il ne les reconnait ni au Malinké, ni au Soussou, ni au Forestier. Ses propos confinent ces ethnies dans des professions et dans des pseudo-capacités stéréotypées, figées, immuables. On ne nait jamais avec une profession, un métier. On l’apprend dans des écoles ou auprès de maitres au cours de la vie.
Ce sinistre ennemi de la communauté peulh et de l’unité nationale, grand spécialiste de la prostitution et de la transhumance politiques a déjà trahi son allié et maitre et seigneur, Alpha Grimpeur. Il n’a jamais été inquiété ou poursuivi pour ses discours incendiaires et destructeurs de l’unité nationale. Il n’a fait qu’insulter une ethnie qui depuis 1949 subit la stigmatisation et l’opprobre de la part des politiciens. Alors pour l’Etat Alpha Condé, il n’est pas punissable. Il n’a  insulté que des Peulh, ces punaises,  ces cafards, ces rats ( c’est ainsi qu’on les appelés à Siguiri Centre avant de les en chasser).
Les différentes communautés qui peuplent la Guinée sont des Guinéens avant la lettre. Le concept de Guinée les a trouvées là. Elles y  cohabitaient  bien avant que les Français ne désignent le territoire sur lequel ils  vivent comme s’appelant «  GUINEE ». Aujourd’hui, pour des raisons qui ne sont connues que par lui seul, il trouve qu’il y a des Guinéens qui ne sont pas Guinéens. Il s’engage, comme d’autres avant lui dans une voie qui ne peut mener qu’à la guerre civile. L’Histoire et la Géographie doivent  nous éduquer, nous informer. N’a-t-il pas vu ce qui est arrivé en Côte d’Ivoire lorsque les gens du Sud ( Akans, Lagunaires ) et de l’Ouest ( Wê ) ont prétendu que les Malinkés/ Dioulas ne sont pas des Ivoiriens ? C’est ce qu’il souhaite en Guinée, ajoutant un plus à la médiocrité politique dans notre pays depuis la période coloniale. Il n’y a pas un peuple essentiellement pacifique et un autre fondamentalement guerrier. Lorsqu’on les met dans les mêmes conditions, ils réagissent de la même manière. Les Somaliens, c’est le même peuple, parlant la même langue et pratiquant la même religion. Ils se déchirent entre eux depuis la disparition de Syad Barré au début des Années 1990. Pourquoi ? A cause de l’exclusion, de l’injustice. Ce qui se passe actuellement au Mali, c’est la même chose. On ne peut pas prendre le bien commun de tout le peuple et le mettre dans les mains d’une partie du peuple et dire aux lésés de se courber et  d’ânonner obséquieusement  «  Vive l’Unité Nationale ».

Le Général Facinet Touré, nommé par le Grimpeur, Médiateur de la République a dit en public et dans des Radios Privées :

 « Pour qu’il y ait la paix, il faut partager ce qui est partageable. Les Peuls, c’est eux qui ont tout dans ce pays, personne ne peut nier çà.  Ils ont le cordon de la bourse, ils ont le pouvoir économique, mais ils l’ont cherché, ils l’ont mérité, je les en félicite. Mais pour la quiétude de la société, de la cité, ils n’ont qu’à se contenter de cela, laisser les autres ethnies partager le reste. Si c’est eux qui ont le pouvoir économique, nous nous partageons le pouvoir politique, il y aura la stabilité, il y aura l’équilibre.

Mais si on met tout dans les mains de mes oncles (les Peuls), la paix c’est deux jours, le troisième jour on va se bagarrer. Maintenant, si c’étaient les soussous qui avaient le cordon de la bourse, j’aurais dit la même chose, si c’étaient les Malinkés, j’aurais dit la même chose et si c’étaient les Forestiers, j’aurais dit la même chose. Si on réunit tout dans les mains d’un seul, la paix sera pour deux jours, le troisième jour, on va se bagarrer. »

Il est toujours Médiateur de le République et n’a jamais été poursuivi ni par la Justice, ni par personne.

A peine il a été investi, le Président Alpha Condé a abattu ses cartes.

Au cours de trois meetings tenus à la Belle Vue à Conakry  (le 16 Janvier 2011),  à Kindia ( le 11 Mars 2011 ) et au Palais du Peuple (le 8 Mars 2011), il n’a pas manqué de stigmatiser la Communauté Peulh, tous  les Peulh en les qualifiant de saboteurs et les traitant  de tortues, de poux, qu’il va chasser de la Guinée.

Il a été suivi par son Préfet de Guéckedou d’alors dont il a dit qu’ils sont des «  Tortues dont il faut chauffer le derrière pour voir la tête émerger ». Et ça, il l’a dit en public. Vomi par les populations de la localité qui n’en veulent plus, il a été imposé par une réconciliation parachutée avant d’être affecté à Mandiana pour continuer à détricoter le tissu social guinéen.

Tout le monde a entendu M. Alpha Condé invectiver les hommes d’affaires peulhs qui n’ont commis de crime que celui d’avoir relativement réussi dans le domaine économique et de ne s’être pas rangés  massivement dans son camp pour la conquête du pouvoir. Pour cette raison, ils ont été traités d’éléments mafieux, de trafiquants de drogue et de faux billets de banque.

Des personnes nommément citées dans les rapports d’enquête de l’ONU et des organisations internationales de défense des droits humains et connus en Guinée pour leur activisme anti-peulh sont aujourd’hui les piliers du régime et sont les principaux acteurs de ce qui apparaît comme une nouvelle épuration au sein de l’administration civile et militaire.

Le 9 juillet 2011, les Peulhs guinéens et maliens installés dans les préfectures de Beyla et Lola en Guinée forestière ont vu leur bétail décimé par des groupes extrémistes malinkés l’ethnie d’Alpha  Condé. Bilan : plus de 2000 têtes de bétails ont été tués, dans l’indifférence totale des autorités qui n’ont jamais réagi  alors que des tracts avaient circulé avant la mise en œuvre de ce funeste projet.Alors que, simultanément, une procédure judiciaire expresse est engagée pour l’affaire de Galakpaye qui a opposé les Kpèlè autochtones aux Malinké allogènes  dans la préfecture de Yomou en Guinée Forestière  assortie de mesures de dédommagements de la part du Gouvernement : l’essentiel des victimes du massacre appartiennent à l’ethnie du Président.

Avec l’appui flagrant du pouvoir et le blanc-seing donné par celui-ci à l’installation dans la région des Peulhs d’une prétendue « Coordination de la Moyenne Guinée » qui n’est  en fait qu’un instrument de division des habitants du Fouta Djallon, la Coordination mandingue qui regroupe l’ethnie d’Alpha Condé soutenue par le pouvoir œuvre activement et de manière provocatrice a la mise en place dans la région du Fouta ce qu’elle appelle le «Manden-Djallon» organisation regroupant toutes les communautés qui se prétendent d’origine mandingue avec un but  purement politique pour constituer une cinquième colonne pour déstabiliser de l’intérieur cette région et remettre en question sa cohésion sociale. Sans compter que jusqu’à présent c’est essentiellement des cadres malinké qui manifestent une haine particulièrement féroce contre les Peulh qu’ils assimilent, on ne sait sur quelle base, à des étrangers à la Guinée. Autre fait : aucun leader politique de Haute Guinée n’est venu rejoindre l’Alliance Cellou Président dans l’entre-deux tours aux élections présidentielles de 2010.

En attendant les élections législatives, en toute illégalité, le pouvoir RPG fait comme au temps du PUP. Il fait main basse sur les ressources de l’Etat et fait campagne pour le RPG. Au su et au vu de tout le monde. Y compris des opposants. C’est leur affaire s’ils se laissent couillonner en direct. Mais là où nous, citoyens lamda, sommes inquiets c’est lorsque cette campagne se fait aux dépens de l’unité nationale au risque de provoquer une guerre civile. Parce que, en Guinée Maritime par exemple, les agents du pouvoir et du RPG ( c’est souvent les mêmes) s’adressent aux agriculteurs en leur disant «  Si vous voter pour Alpha et ses hommes, on va chasser les éleveurs peulh ». Cette chasse à l’Homme a déjà commencé. Par l’abattage des animaux avec la complicité des présidents de districts comme à Molota, Simbaraya, Kolon…Comme ce fut le cas à Lola et Beyla. Le résultat, c’est que les éleveurs peulh émigrent massivement vers la Guinée Bissao, la Sierra Leone ( c’était déjà le cas sous Sékou Touré) ou reviennent au Fouta. Quant aux Peulh maliens de Beyla et Lola, ils sont rentrés chez eux malgré ce qui se passe là-bas. L’une des conséquences de cette situation, c’est le renforcement de la pauvreté et la liquidation de l’élevage. Pendant qu’aucune politique dans ce secteur n’a été élaborée. Même sous Sékou Touré on n’était pas arrivé à ce niveau de stupidité. On se rappelle la ferme expérimentale de Ditinn dans Dalaba inaugurée en Avril 1970 et les fermes de Famoila dans Beyla.

Tout récemment, Samba Hééri Camara le ci-devant préfet de Lélouma ne doit sa promotion au titre de Préfet par le Grimpeur que parce qu’il a menacé les Peulh de Lélouma et les a ségrégués dans la distribution des motos du RPG.

BAH MAMADOU LAMINE

Guinée: Primauté de l’impunité sur l’état de droit en Guinée

Standard
English: Human Rights Watch logo Русский: Лого...

Human Rights Watch  (Photo credit: Wikipedia)

La Guinée a été la première colonie française d’Afrique noire à accéder à l’indépendance en 1958. Du mois de septembre 1958 au mois d’avril 1984, un pouvoir qui se qualifiait de révolutionnaire a transformé le pays en une immense prison à ciel ouvert, arrêtant, torturant, emprisonnant et tuant des citoyens innocents. En 2010, M. Alpha Condé, professeur de droit a accédé au pouvoir après des élections entachées de violences des forces de sécurité et des affrontements inter ethniques.

Une histoire où l’impunité faisait déjà loi

L’historien guinéen, Prof. Tierno Siradiou Bah, Directeur exécutif du Mémorial virtuel Camp Boiro, a écrit sur blog (anglais) :

Arbitrary arrests, detention, torture, fake trials, and executions became a routine. Military barracks turned into detention centers and killing grounds. Thousands of political prisoners disappeared there. The country itself became a global prison. Everyone was a potential target of the ‘revolutionary’ secret police, including children and the elderly. The terror peaked in 1976. Then, in a series of provocative and self-destructive speeches, Sekou Touré incited to ethnic warfare and genocide against the main ethnic group: the Fulɓe.
Located in the center of Conakry, the Camp Boiro National Guard Barracks was the epicenter of the Guinean Gulag. It is estimated that more than 50,000 political prisoners disappeared there. The purges targeted the country’s brightest minds but also the entrepreneurs, the unions leaders, women…

28 septembre en Guinee. Photo via la page facebook de Guinee58

28 septembre en Guinee. Photo via la page facebook de Guinee58

Arrestations et détentions arbitraires, torture, procès truqués et exécutions étaient devenues une routine. Des casernes ont été transformées en centres de détention et des lieux d’exécutions. Des milliers de prisonniers politiques ont disparu là-bas. Le pays lui-même fut devenu en une prison générale. Tout le monde était une cible potentielle de la police secrète «révolutionnaires», y compris les enfants et les personnes âgées. La terreur atteint son sommet en 1976. Puis, dans une série de discours provocateurs et auto-destructeurs, Sekou Touré incita à la guerre ethnique et au génocide contre le principal groupe ethnique: les Fulɓe.
 Situé dans le centre de Conakry, le Camp Boiro, Caserne de la Garde nationale a été l’épicentre du Goulag guinéen. On estime que plus de 50.000 prisonniers politiques ont disparu là-bas. Les purges ciblèrent les esprits les plus brillants du pays, mais aussi des entrepreneurs, des dirigeants des syndicats et des femmes …

L’armée en Guinée via Abdoulaye Bah dans le billet du 2 octobre 2011
Et après Sékou Touré?

Depuis sa mort, d’autres dictateurs ont dirigé le pays, causant eux aussi des violences extrajudiciaires contre la population civile pour diverses prétextes : manifestation syndicale ou étudiante, révolte des femmes contre les conditions misérables et le côut de de la vie, etc.

En 2011, l’ACAT-France ensemble avec de nombreuses organisations guinéennes militantes pour les droits humains ont effectué une enquête à travers le pays et publié une étude sur le phénomène tortionnaire en Guinée, ” Torture : la force fait loi.” A la suite de cette enquête, l’ACAT-France a lancé une pétition en ligne  “GUINÉE. Halte à la torture” adressée au Président Alpha Condé qui se clôturera le 31 décembre. On peut y lire :

la torture reste une pratique courante dans le pays, que ce soit à l’encontre de détenus de droit commun, à l’occasion de répressions de manifestations ou pour sanctionner les militaires suspectés de sédition. Dans un contexte politique qui reste tendu, les autorités feront-elles le choix de rétablir l’état de droit ou de laisser prévaloir l’impunité ?

L’exemple le plus tristement fameux de ces violences qui aient attiré l’attention de la communauté internationale ont été les massacres du 28 septembre 2009 et les jours suivants. Amnesty International rappelle les faits sur son site:

Le 28 septembre 2009, les forces de sécurité guinéennes avaient abattu plus de 150 manifestants non armés durant un rassemblement de l’opposition dans ce même stade. Plus de 40 femmes avaient été violées en public, au moins 1 500 personnes avaient été blessées et beaucoup d’autres avaient disparu.

Nathalie Zajde, maître de conférences, Université de Paris VIII, responsable de la cellule psycho-sociale du Centre Mère et Enfants à Conakry, écrivait sur le site web du quotidien français lemonde.fr à l’occasion de l’anniversaire du deuxième anniversaire des massacres du 28 septembre 2009 :

Je ne sais si Mme Nafissatou Diallo a été ou non victime de violences sexuelles à l’hôtel Sofitel de New York en mai. En revanche, je sais, et nous sommes très nombreux à en avoir les preuves, que plus de 100 femmes guinéennes, dont une majorité de Peules, ont été le 28 septembre 2009 et les jours qui ont suivi, victimes de viols atroces et de tortures commis par des militaires, gendarmes et responsables politiques guinéens dont certains clairement identifiés, et qu’à ce jour, exactement deux ans après les terribles événements, aucun n’a été arrêté, ni même convoqué par des juges.

L’impunité manifeste aujourd’hui

Les Nations unies et l’ONG Human Right Watch avaient chacune envoyé une mission d’enquête en Guinée pour évaluer l’ampleur des violences et dresser une liste des responsables.

Toutefois, en 2011, HRW écrivait :

Personne n’a encore eu à rendre des comptes deux ans après que les forces de sécurité guinéennes eurent abattu des manifestants non armés lors d’un rassemblement de l’opposition à Conakry, la capitale, rappelle aujourd’hui Human Rights Watch…., le gouvernement guinéen doit faire davantage pour s’assurer que justice soit faite pour les victimes du massacre du 28 septembre 2009.

Pourtant, selon la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et l’Organisation guinéenne des droits de l’Homme (OGDH) la Commission d’enquête de l’ONU a remis son rapport au Conseil de sécurité le en juillet 2012 reconnaissant qu’il s’agissait bien de crimes contre l’Humanité et appelant à la saisine de la Cour pénale internationale.

Toutefois, aucune des personnalités qui étaient aux postes de commande des forces de sécurités lors de ces violences n’a été inquiétée, mais au contraire, l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’Homme (OGDH), note:

Nous assistons impuissants à la promotion de certains présumés auteurs de la barbarie à de hautes fonctions civiles et militaires.

Parmi les militaires qui étaient à des postes de commandement et qui ont  été promu pas le Président Alpha Condé, il y a le lieutenant-colonel Tiégboro Camara, inculpé par la justice guinéenne en février passé et qui a été promu au poste de Secrétaire général chargé exclusivement des Services spéciaux, de la Lutte contre la Drogue et le Crime organisé, avec rang de ministre.

Le dernier cas de violence a eu lieu le 9 novembre 2012 lorsque Mme Aissatou Boiro qui enquêtait sur un cas de corruption à haut niveau, a été abattue lorsqu’à la fin de son travail en voulant rentrer à la maison des hommes en armes ont bloqué sa voiture et lui ont tiré dessus en pleine journée. Un billet sur le site de l’ONG Human Rights Watch raconte:

Les hommes ont surgi d’un autre véhicule qui s’était arrêté de manière à bloquer la voiture d’Aissatou Boiro et ont tiré deux fois sur leur victime. Les amis et la famille d’Aissatou Boiro ont rapporté qu’elle avait reçu des menaces de mort…..

Ses collaborateurs ont partagé avec Human Rights Watch qu’elle mènait une enquête sur un détournement de fonds publics présumé de plus de 13 milliards de francs guinéens (1,8 million de dollars américains).

Ecrit par Abdoulaye Bah

Paru en premier lieu sur: http://fr.globalvoicesonline.org/2012/11/24/129200/

Le blogueur vietnamien Huynh Ngoc Chenh, lauréat du Prix du Net-citoyen 2013

Image

Cette année pour célébrer la Journée mondiale contre la cyber censure, le 12 mars, est l’occasion pour Reporter sans frontières de sensibiliser le public pour un Internet libre et de publier son rapport sur les  “Ennemis d’Internet”. L’ONG internationale décerne aussi ce jour le Prix du Net-citoyen 2013 qui est allé cette au blogueur vietnamien Huynh Ngoc Chenh. A cette occasion Christophe Deloire, Secrétaire général de Reporters sans frontières, a déclaré :

 "Nous sommes très heureux de récompenser un blogueur vietnamien courageux et de reconnaître ainsi l’action des acteurs de l’information en ligne dans un pays marqué par une lourde censure et un renforcement de la surveillance des voix dissidentes. Malgré les risques encourus, les blogueurs et net-citoyens continuent à informer leurs concitoyens. Au Vietnam, ils occupent aujourd’hui la place laissée vacante par les médias officiels, soumis à un contrôle très strict de l’information, et forcés de relayer les prises de position du régime. En abordant des sujets sensibles mais d’intérêt général, Huynh Ngoc Chenh fait avancer la liberté de l’information dans son pays. Il représente un exemple à suivre pour les net-citoyens du monde entier."

Les pays africains qui appliquent la cyber-censure ne sont pas nombreux. Mais ce n’est sans doute pas à un amour sans réserve de nos dirigeants pour la liberté d’expression. Mais aux difficultés et aux couts pour l’appliquer.
Voici le billet que mon réseau, globalvoicesonline.org, a publié à cette occasion:Le 12 mars est la journée mondiale contre la cyber-censure. L’organisation non gouvernementale internationale Reporters sans frontières a créé la première journée mondiale contre la cyber-censure en 2008, appelant les activistes, les différents mouvements et organisations du monde entier à participer en rappelant à leurs membres l’importance de la libre expression sur Internet.

Image by RSF, published with permission for reuse.

Image de RSF, avec autorisation de publication

Internet et les réseaux sociaux ont été les outils importants des manifestations, des campagnes et de la diffusion de l’information, ainsi que les porte-drapeaux des droits de l’homme et des valeurs démocratiques. L’objectif de cette journée est de défendre les droits de l’Homme sur Internet, de promouvoir l’accès à Internet pour tous et de dénoncer les ennemis d’un Internet libre et ouvert – notamment les gouvernements qui deviennent de plus en plus stricts sur l’usage d’Internet que font leurs citoyens.

Reporters sans frontières a marqué cette journée en publiant son rapport annuel “les Ennemis d’Internet” à 12:01 heure de Paris. Cette année, le rapport s’intéresse à la surveillance sur Internet et détaille non seulement les actions des gouvernements menant une politique répressive sur les activités en ligne, mais examine aussi le rôle des entreprises dans ce secteur.

L’Association pour la liberté de pensée et d’expression, en Egypte, a posté la vidéo suivante [en arabe], appelant les activistes et les bloggueurs à publier, tweeter et à diffuser l’information sur cette journée :

D’autres groupes participent activement à cette journée. Merci de poster vos commentaires ici ou d’envoyer vos tweets à @Advox pour informer la communauté de comment vous avez marqué la Journée mondiale contre la cyber-censure.

Écrit par مؤسسة حرية الفكر والتعبير · Traduit par Loïc Le Henaff
Traduction publiée le 13 Mars 2013 9:59 GMT · Version imprimable Version imprimable

Citation

Parmi les chefs d’état africains qui piochent le plus éhontément dans le budget national de leur pays, il y a le Président Obiang Ngéma de Guinée équatoriale qui fait partie des 4 chefs d’état africains contre lesquels le parquet de Paris a ouvert. En juin 2007, une enquête préliminaire  pour des biens mal acquis sur  initiative de trois associations françaises (SurvieSherpa et la Fédération des Congolais de la Diaspora).

Il est difficile d’estimer ce que ce despote et sa famille ont détourné des

English: Julio Iglesias

Julio Iglesias, €750 pour un concert en pleine jungle à Sipopo pour les caprices du ckan Nguéma (Photo credit: Wikipedia)

richesses du pays, qu’il gouverne depuis 1979, après avoir déposé son oncle, qui fut tout aussi dictateur et sanguinaire que lui.

Doit-on rappeler aussi qu’une partie importante de son gouvernement est issue de sa proche famille, dont son fils préféré Teodorin Obiang qui est vice-premier ministre chargé de la défense?Les extravagances et les démêlés de ce dernier avec la justice dans différents pays sont connus. A ce propos le blog alexengwete.blogspot.com a écrit [en]:

Les objets de valeur saisis au manoir de Teodorin Obiang à Paris montre la stupéfiante prodigalité et de l’insensibilité de ces personnages néfastes alors que leurs concitoyens vivotent dans une misère inhumaine. Objet: une montre d’une valeur de €3 millions! Objet: caisses de bouteilles de vin de cru coûtant plusieurs milliers de dollars chacune (comme Petrus, Romanée-Conti, etc) élément manquant:. Une peinture de Claude Monet d’une valeur de 12 M € parmi 107 autres tableaux achetés par Teodorin à la vente aux enchères de la collection d’art privée du célèbre couturier français Yves Saint-Laurent!

Son appétit insatiable pour le luxe l’a conduit à passer une  commande d’un yacht pour son usage personnel, pour la modique somme de 288 millions d’euros, soit l’équivalent de près de 3 fois le budget alloué à l’éducation de tous les enfants de son pays, selon l’ONG britannique Global Witness:

Son prix total est d’environ 288 millions d’euros, soit 380 millions de dollars au taux de change courants. Il serait ainsi le deuxième yacht le plus cher, derrière Eclipse $ 1,2 milliard de l’oligarque russe Roman Abramovich.

La dernière extravagance du fils prodige est de faire venir à Malabo l’icône de la chanson espagnole Julio Iglesias, pour un concert dont le prix du billet d’entrée s’élevait à €750. Voici ce que nous raconte le site france-guineeequatoriale.org à ce propos:

Un rêve réalisé, une image redorée et une affaire à 750 euros l’entrée. Teodorín Nguema Obiang Mangue, 2e vice-président de Guinée équatoriale, est parvenu à faire venir Julio Iglesias à Malabo pour y chanter devant le gratin du clan de Mongomo qui se partage toutes les fonctions de commandement dans la haute administration et le gouvernement du pays, un des plus importants producteur d’hydrocarbures d’Afrique subsaharienne. Les billets dont le prix équivalait le salaire de deux années pour de nombreux Guinéens n’étaient accessibles qu’à la famille et aux amis du dictateur…  »

En plus des Etats-Unis, plusieurs justices sont à ses trousses pour pour des crimes allant de l’escroquerie au blanchiment d’argent et des biens personnels comme une propriété à Malibu, un Gulfstream GV plusieurs Rolls Royces, une  Bugatti Veyron et des objets souvenir de  Michael Jackson.

Les dépenses somptueuses du pouvoir et misère de la population

En plus de l’enrichissement illicite de la dynastie, les dépenses absurdes se multiplient, alors que la population ne voit pas son niveau de vie s’améliorer au rythme de la croissance de la manne pétrolière. Dans son rapport intitulé Guinée équatoriale : Les abus se poursuivent avant l’ouverture du sommet de l’Union africaine l’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch révélait à la veille de la Conférence des chefs d’état de l’Union africaine à Malabo en 2011:

Au titre de l’année 2010, la richesse par habitant place la Guinée équatoriale au même rang que l’Allemagne, le Japon ou le Royaume-Uni en raison des revenus tirés du pétrole ; les conditions de vie des habitants y sont pourtant très précaires.

Il est difficile d’obtenir des statistiques récentes, et celles produites par la Guinée équatoriale ne sont pas toujours fiables. Plus des trois quarts de la population vit dans la pauvreté si l’on en croit une étude menée par le gouvernement équato-guinéen en 2007 et citée jusqu’en 2009, date à laquelle il a commencé à en contester les résultats. Les taux de mortalité infantile ont légèrement baissé en Guinée équatoriale, à l’instar des tendances mondiales, mais les statistiques 2009 de l’UNICEF placent le pays au 14° rang pour cet indicateur.

Dans le classement selon les Indicateurs de développement humain en 2011, le PNUD place la Guinée équatoriale à la 136ème place, avec une espérance de vie à la naissance d’à peine 51 ans, loin derrière des pays moins bien pourvus de richesse.

Le rapport d’HRW révèle que:

Les dépenses consacrées à l’éducation en pourcentage du PIB sont moins élevées en Guinée équatoriale qu’elles ne le sont dans les pays voisins, notamment le Cameroun et le Gabon, bien que la Guinée équatoriale soit la nation la plus riche de l’Afrique subsaharienne par habitant.

Les dépenses consacrées à l’éducation ont avoisiné les 200 millions de dollars US en 2008, année de calcul la plus récente. Cette somme représente moins du quart des dépenses gouvernementales pour construire le complexe destiné à accueillir le sommet de l’Union de l’Afrique.

Le cas du pillage des ressources nationales pour soi et ses proches est le plus révoltant et le plus visible, mais hélas, il n’est pas le seul. Les autres cas poursuivis par SurvieSherpa et la Fédération des Congolais de la Diaspora sont Denis Sassou Nguesso du Congo, feu Omar Bongo, dont le fils a hérité du pouvoir au Gabon, Blaise Compaoré du Burkina Faso et José Eduardo dos Santos, d’Angola et leur entourage.

Une enquête spéciale de Hermann Oswald G’NOWA publiée par cameroun-online.com en avril 2012 dévoilant les frais de scolarité d’une fille du Président Paul Biya en Suisse a provoqué un vif débat  parmi les blogueurs camerounais.

La lectrice marie louise avait écrit :

ouaaaaiiii Popol [Président Paul Biya], moi je souffre chaque mois mon boss me donne 35.000 FCFA alors ke toi tu envoies ta fille au school avec 35.000.000 de FCFA ? Eééééékkkkiiééééé kel égoïsme craint au moins Dieu ki est au ciel et ki te voit, REPE n’oublie pas ke tu pars à l’église chaque dimanche. confesse toi. Réduit cette somme pour ke nos employeurs puissent au moins nous payer et ke nos enfants aussi puissent aller à l’école sous l’arbre.

Le lecteur mourinho se plaint en ces termes:

et dire que si j’avais seulement 8 millions de francs cfa j’aurais effectués des études de médécine à l’Université des Montagnes après le baccalauréat avec une note de 13/20 et sans répétiteur,ça me fait mal et j’ai envie de crier haut et fort que justice soit faite.

En septembre dernier, le Président sud-africain Jacob Zuma avait vu son salaire augmenter de 5 pour cent. En outre il s’était marié à nouveau, provoquant quelques commentaires des contribuables. Le blog news24.com avait publié des commentaires [en] des lecteurs :

WhoisJohanGalt a écrit ce commentaire [en]:

Est-il juste qu’un sud-africain moyen avec une femme et un ou deux enfants ait à contribuer pour les voyages par avion de 4 épouses et 20 enfants +[du Président Zuma]? Et vous dites qu’il ne nous coûtera rien?

Dans un billet satirique, le blog extraordinaire.co.za traitant [en] du sérieux problème de l’enrichissement du clan Zuma a écrit:

Le président Jacob Zuma est un homme avec de nombreuses épouses. Il est en train de créer pour lui-même, pour ses amis et les membres de sa famille une grande richesse. Il est probablement l’une des seules personnes que je connaisse qui ait été fait président, même après des procès pour viol et corruption.

Pour ce qui est de la Guinée, les informations sur les revenus de ceux qui nous ont dirigé depuis l’indépendance sont encore plus rares.

Les amis de l’Afrique doivent nous aider à dénoncer ces crimes contre les peuples africains, et à les combattre. Dénoncer un dictateur rapace n’est pas du racisme.

Guinée: Quand des agents de l’état sèment la haine

Image
Alpha Conde - World Economic Forum Annual Meet...

Le Président Alpha Condé, un ancien Prof. de droit de la Sorbonne, Paris, pire que ses prédécesseurs (Photo credit: World Economic Forum)

A la fin de 2010, M. Alpha Condé, ancien professeur de droit à Paris, a été élu Président de la République de Guinée, dans des conditions difficiles, après que le pays ait subi une série de dictatures sanguinaires depuis son indépendance en 1958. Compte tenu du fait qu’il avait été opposant depuis des décennies, que pour cela il avait fait la prison et été contraint de vivre à l’étranger depuis son plus jeune age, il pouvait créer dans le pays des conditions propices à l’unité nationale. Ce sentiment était renforcé par le fait que contrairement à ses prédécesseurs, il avait une formation universitaire et qu’il s’était battu pour l’avènement de la démocratie contre les dictatures. Mais depuis qu’il est arrivé au pouvoir, il agit comme ses prédécesseurs, avec plus de maladresse. Il s’est entouré de gens qui ont montré leurs limites sous les régimes précédents et se comporte comme s’il était en campagne électorale en permanence.

Mamadou Lamine Bah, fils de victime et ancien prisonnier politique du Camp Boiro, sous la dictature de Sékou Touré, grand reporter du satirique Le Lynx de Conakry, le journal privé le plus ancien et le plus apprécié du pays, dirige en même temps un projet financé par l’Allemagne sur la prévention des conflits en Guinée depuis une dizaine d’années. Il est aussi membre de l’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH). Il nous livre ici son amertume et dénonce cette façon de gérer notre pays.

Parmi  ceux qui profitant de leur position dans l’Administration territoriale œuvrent pour la destruction de l’unité nationale par leurs propos ou leurs actes, il y a en bonne place  Samba Hééri Camara et Kalil Tounkara. Le premier à Lélouma et le 2e à Mali font tout pour détricoter le tissu social et provoquer une guerre inter-ethnique.

Samba Hééri est un coutumier des faits. Le 30 Décembre, à Banga, dans Balaya et le 31 Décembre à Balaya Centre, Dar Es Salam, Madina Dian et dans la Commune Urbaine à Saanama, dans Korbè à Tirikouré et à Kentè et le 1er Janvier 2013 dans Tianghel Boori, il est accompagné de Samba Donkinn Sylla du Ministère de l’Environnement et Hammady « Manga » Diallo et de M. Condé représentant local du Rassemblement du peuple de Guinée RPG (le Parti du Président Alpha Condé). C’est Samba Donkinn que le parti veut proposer comme candidat aux élections législatives uninominales. Sans se préoccuper d’informer les maires et sous-préfets concernés, avec le véhicule officiel du préfet, toutes  sirènes hurlantes, ils s’en vont, s’adresser exclusivement aux habitants des roundés. "La terre n’appartient à personne. N’ayez pas peur. Le pouvoir est entre nos mains. Le Président  Alpha Condé est notre parent. Si les Peulh vous font des problèmes, on va s’occuper d’eux. Votez 100% pour le RPG. On a amené des motos ; elles sont pour vous. Aucun Peulh n’y a droit."

Des discours de ce genre sont légion depuis que le Grimpeur est arrivé au Pouvoir. Il y en a eu pareil dans Mélikansa, Bantignel. Nous avons recueilli le témoignage d’un des villageois qui était présent. La délégation de ceux qui sont venus au nom du RPG se composait entre autres de M. Diallo, époux de Oumou Kanté, l’ex Préfet klepto de Pita :

Ils étaient en partance, disent-ils pour Banga (Dalaba). A Mélikansa, ils s’arrêtent au lieu-dit Koubi et sollicitent me rencontrer au retour de leur destination finale. Ils me demandent de mobiliser les anciens esclaves et les hommes de caste : forgerons, potiers, bûcherons, tisserands…A leur retour, tout le hameau était réuni chez moi pour cause de sacrifice lié à un décès.  Ils nous y retrouvent. L’un d’eux, sans doute leur chef, prend la parole : « Aujourd’hui, c’est Alpha Condé qui est Président de la République. C’est  votre frère, votre fils, votre neveu, père, oncle père ou grand’père….C’est parmi vous, et vous seulement, qu’on doit choisir les élus. Il faut nous aider à vous donner ce pouvoir. »

Et il ajoute:

En réponse, le doyen de la localité a dit : «  Nous avons compris. J’ai connu tous les pouvoirs, du temps où on portait les chefs sur le hamac, la Révolution de Sékou Touré, Lansana Conté…». Cette déclaration liminaire a été suivie de petites phrases pleines de métaphores et de sous-entendus significatifs dont regorge la langue du terroir. Grosso modo, le doyen, porte-parole des villageois s’est étonné de ce que la délégation a complètement « oublié » les Peulh, majoritaires dans la contrée. Cela lui a paru tellement suspect qu’il n’a eu  aucune réponse aux visiteurs qui s’en sont retournés sans demander leur reste. »

Ces discours rencontrent très peu d’écho pour le moment. Parce qu’entre autres, il est tellement irresponsable que le 1er des idiots qui l’entend va flairer l’entourloupe. C’est un moyen pour Samba et ses comparses de bouffer l’argent de l’Etat. Puisque rien n’est contrôlé. Mais Lélouma est une région où les conflits domaniaux sont récurrents.  Et ces propos corrosifs ne vont rien arranger. Bien au contraire. Ils sont tellement discriminatoires et explosifs !

Dans le cadre d’une démocratie (officiellement) ouverte, pourquoi laisser de côté la technique classique et universelle des promesses de construction d’infrastructures pour améliorer l’accès aux services sociaux de base et se cantonner à la déconstruction du tissu social et à l’accentuation des  replis identitaires si mortels pour la paix ? Déjà, Samba avait promis l’électrification rurale ailleurs. Les populations lui ont rétorqué que leur priorité était la réfection de la piste Balaya-Hérico.  Sans conteste, Samba veut brûler Lélouma et ses Peulh, si on lui laisse le temps.

Le Préfet titulaire ayant été muté, on a désigné, par décret un autre en la personne de M. Ouremba Traoré. Ce dernier a voulu prendre service à la mi-octobre 2012. Un coup de téléphone de Conakry au Gouverneur de Labé l’en dissuade. Ce coup de fil émanerait d’une certaine Hadja Nanténin Chérif, l’une des toutes puissantes patronnes du RPG national. En somme voila qu’un Décret du Président de la République que des Guinéens ont élu est annulé par un sombre  coup de téléphone ! M. Traoré que tout Lélouma réclame à cors et à cris se morfond dans un bureau à Labé pendant que Samba, devenu intérimaire à la tête de la Préfecture fait la mission  que lui a confiée  son parti, semer la zizanie à Lélouma. On avait déjà vu ce même parti à l’œuvre dans les manipulations des Siguirikas en Octobre 2010.

 Le  RPG est le nouveau Parti-Etat qui a récupéré les mécanismes de prise de décision de la République.

Par ailleurs, Samba le sinistre maitre et saigneur (sic) de Lélouma a fait retirer l’Agrément du Groupement maraicher dirigé par Mme Lamarana Kanté qui évoluait à Balaya et offert cet Agrément à M. Oury Kanté habitant les mêmes lieux. Et pour cause ? La dame n’a pas marché dans son affaire de Parti ! Ceci est révélateur de ce que des médiocres comme ce Samba sont en train de faire subir aux populations rurales. Non seulement l’Etat n’offre rien aux citoyens, mais il les empêche de se prendre en charge. Ce sont les acquis de la Fory Gouvernance que Samba est en train de détruire à Lélouma.  Il est si ignare et/ou cynique il ne sait pas (ou s’en fout)  que les ONG sont apolitiques et qu’un Agrément n’est ni un bonbon ni une cola. Ce qu’il a fait, il l’a fait en toute illégalité au mépris de tous les textes. Il ne lui arrivera rien. Parce que c’est un fait du Prince.

B M L

                                          

Guinée: Stagnation des fonds alloués à l’appareil judiciaire

Récent

Le Rapport 2013 de l’organisation internationale de défense des droits humains, Human Rights Watch (HRW), a encore épinglé la mauvaise gouvernance en Guinée dans plusieurs domaines, notamment sur l’appareil judiciaire et les conditions de détention.

Des décennies de négligence de l’appareil judiciaire par les régimes successifs ont donné lieu à des lacunes évidentes dans ce secteur et ont permis aux

Tortures pour extorquer de fausses confessions pour garder en prison des innocents

Tortures pour extorquer de fausses confessions pour garder en prison des innocents. Source: http://www.guineeweb.org

auteurs d’abus de jouir de l’impunité pour leurs crimes. Les fonds affectés au système judiciaire, qui pendant plusieurs années représentaient 0,5 pour cent du budget national, ont été ramenés en 2012 à 0,29 pour cent. Par conséquent, les graves pénuries de personnel judiciaire et le manque d’infrastructures et de ressources se sont poursuivis et, conjugués à une conduite non professionnelle et à une mauvaise tenue des dossiers, ont contribué à des violations généralisées des droits des détenus.

Les prisons et les centres de détention de Guinée sont fortement surpeuplés, les prisonniers et les détenus souffrant d’une alimentation insuffisante ainsi que de conditions d’hygiène et de soins médicaux inadéquats. Plusieurs prisonniers sont morts par manque de soins médicaux suffisants en 2012. Le principal établissement de détention—conçu pour 300 détenus—en abrite plus de 1000. Environ 70 pour cent des prisonniers en Guinée se trouvent en détention préventive prolongée.

Le gouvernement n’a pas mis en place le Conseil supérieur de la magistrature, qui est chargé de la discipline, la sélection et la promotion des juges et de la révision du code pénal obsolète. Mais le secteur de la justice a écarté des juges présumés non professionnels, a créé un secrétariat pour coordonner la réforme de la justice et a conduit à une légère réduction du nombre de personnes en détention préventive. Les groupes d’assistance juridique internationaux et guinéens ont aidé à garantir la représentation des indigents, à former des assistants juridiques et à assister les victimes d’abus commis par le secteur de la sécurité.

Avec ce rapport de 665 pages, le 23e examen annuel des pratiques en matière de droits humains à travers le monde, Human Rights Watch résume les principaux problèmes qui se posent dans plus de 90 pays.

Déjà, il y a 2 ans, HRW avait effectué une enquête intitulée "Nous avons vécu dans l’obscurité" Un agenda des droits humains pour le nouveau gouvernement guinéen."

Que l’on ait alors voté pour le Prof. Alpha Condé ou non, on pouvait légitimement s’attendre au moins à l’émergence d’un état de droit en Guinée sinon à ce qu’il fasse mieux que la dictature de Sékou Touré, le premier président et de tous les militaires qui lui ont succédé à la tête de l’état. Mais, en comparant les rapports de 2011 et de 2013, on est frappé par la stagnation des fonds alloués à l’administration pénitentiaire de notre pays. On pouvait y lire:

Selon des membres du personnel du Ministère de la Justice, la part du budget national allouée aux secteurs judiciaire et pénitentiaire s’élève depuis plusieurs années à moins de 0,5 pour cent.[79] Les allocations budgétaires 2010 étaient seulement de 0,44 pour cent,[80] les chiffres étant presque similaires les années précédentes—1,32 pour cent, 0,37 pour cent et 0,23 pour cent, respectivement pour 2009, 2008 et 2007.[81] Selon des membres du personnel du Ministère des Finances interrogés par Human Rights Watch, et d’après une étude circonstanciée de l’appareil judiciaire réalisée par l’Union européenne, le rythme de versement de ces montants très limités au Ministère de la Justice est de surcroît très lent, certaines juridictions devant attendre des années avant de recevoir des fonds budgétaires.[82]

Un expert régional en matière de réforme de la justice a relevé qu’un pourcentage acceptable du budget alloué au pouvoir judiciaire devrait s’élever à au moins 5 pour cent, ajoutant, « moins d’un pour cent, c’est peu, même pour cette région [l’Afrique de l’Ouest] ».[83] Comme l’a fait remarquer un haut responsable du Ministère de la Justice : « Je pense que c’est plutôt évident ; le Ministère de la Justice est tout au bas de l’échelle en ce qui concerne les priorités de l’État. » [84]

Guinée: L’administration publique au service du Parti politique du président Alpha Condél

Standard

En décembre 2012, l’ONG internationale Human Rights Watch publiait sur son site hrw.org/fr un billet dans lequel, on pouvait lire:

Les observateurs nationaux et internationaux soutiennent que les actions ou l’inaction du gouvernement de Condé ont considérablement aggravé ces tensions. 8entre les ethnies). Il s’agit notamment… des pratiques de nomination discriminatoires qui ont abouti à la désignation par le président d’un nombre disproportionné de personnes appartenant au groupe ethnique Malinké ; et, parfois, de l’utilisation partisane des services de sécurité et du système judiciaire pour réprimer et punir des membres de l’opposition politique pour le simple fait d’exercer leur droit à la liberté de réunion pacifique.

Mamadou Lamine Bah, grand reporter à l’hebdomadaire Le Lynx de Conakry et chef d’un projet sur la prévention des conflits a écrit récemment un article qu’il m’a envoyé et que j’ai le plaisir de partager avec vous. Le langage est quelques fois difficile à comprendre pour ceux qui ne connaissent pas le langage que les journalistes de cet hebdomadaire ont forgé. En cas de difficulté, n’hésitez pas à me contacter pour les explications qui s’avèreraient nécessaires:

Le corps des administrateurs territoriaux en Guinée est fait de bric et de broc. On y trouve tous les corps de métiers. Avec de la chance et de plus en plus rarement on peut y voir même  des Administrateurs civils égarés et désemparés à côtés des menuisiers, des ferrailleurs, des démagogues et autres ronds de cuir plus prompts à voler, mentir ou escroquer. Ou pire encore, pour masquer leur carence intellectuelle et morale, ils plongent dans la politique politicienne. Par les temps qui courent( ou qui ne courent même plus), ils passent leur temps à chercher des militants au RPG. Hypocritement ils font le boulot de commissaires politiques du RPG comme au temps de la Révolution Pendeuse de Sékou pour le PDG/RDA. Dans le secret espoir de se voir nommer Ministre ou Premier Ministre par le Grimpeur.

Pourquoi n’arrivent-ils pas à distinguer des concepts aussi ordinaires que ceux de Gouvernement, Parti  au pouvoir, Etat ( qu’ils sont censés représenter) et services sociaux de base. Avec une obséquiosité rampante, vous les entendez dire à qui-mieux-mieux qu’ils sont au service du Président Alpha Condé. C’est vrai. Mais de quel Alpha Condé s’agit-il ? Ils représentent dans leur territoire de compétence ( Région, Préfecture, Sous-préfecture), le Président de la République, Chef de l’Etat. Pour assurer cette représentation, ils sont dotés, bien ou mal de moyens humains, matériels ou financiers. Ces moyens sont ceux de la République, c’est-à-dire ceux de tous les citoyens, y compris de l’Opposition politique. Les fonctionnaires appartenant à l’Opposition que l’on chasse ou mute comme Mme Tata à Labé et les milliers de Tata du pays, manu militari, on le fait en toute illégalité. Ce sont les impôts et taxes des militants de l’Opposition que l’on prend pour faire la guerre à cette Opposition. Et comme elle n’a pas de recours, la Justice ayant perdu la voix, c’est la voie ouverte pour les conflits, les coups d’Etat et autres troubles violents. Comme à Gueckedou.

English: Guéckédou school, Guinea

Quel avenir pour ces enfants de Guéckédou, Guinée (Photo Wikipedia)

Ils ne sont pas représentants de Alpha Condé Chef du RPG, Parti en compétition avec l’Opposition pour les Législatives et Communales.

Ils n’ont pas pour mandat en particulier de faire la propagande d’un Parti politique fût-il le RPG, arqué ou non.

 Ils ne doivent pas se mêler des élections au sein des Organisations de la Société Civile, y compris des Syndicats. En particulier, ils ne doivent pas se mêler de la désignation des membres des démembrements de la CENI. Malgré l’enseignement ministériel, préfets et gouverneurs cherchent à imposer des présidents de ces structures à la solde du Parti au pouvoir. On a l’impression qu’ils se moquent du Ministre. Comme l’avait fait naguère la pitoyable Oumou Kanté.

C’est pour expliquer tout ça, à ses collaborateurs de terrain qu’Alassane Condé, Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation est en train de parcourir le pays. Un an et six  mois après avoir signé une véritable feuille de route à travers une «  Lettre de Mission aux Administrateurs Territoriaux ». Il vient de se taper Nzérékoré, Faranah, Kindia, Mamou, Labé et Kankan. Il lui reste Boké. Partout, très pédago et accompagné du Directeur National de l’Administration territoriale, il distille les mêmes leçons.

La question est de savoir si ces leçons n’arrivent pas trop tard et si le MATD n’est pas débordé par les extrémistes du RPG qui font et défont l’Administration Publique. Aujourd’hui, quel est l’Agent de l’Administration du Territoire, Préfet, Gouverneur, Sous-préfet, Secrétaire Général, DMR, COC, Directeur du Plan, ou simplement responsable de Service Technique Déconcentré, Maire, Chef de Quartier ou Président de District qui n’est pas RPG ? Aujourd’hui, même les militants des Partis alliés du RPG sont marginalisés voire exclus dans les nominations. Surtout s’ils ne sont pas de l’Ethnie et de la Région du PRG. Lorsqu’un Camara, un Kéita, un Touré ou un Condé ne parle pas maninka, il est très souvent balayé au bénéfice de celui qui  parle cette précieuse langue. Or, le niveau d’interpénétration des ethnies en Guinée est très élevé. Ces noms de famille, on les trouve partout dans le pays. Et c’est ce qui fait qu’il n’a pas brûlé encore malgré les politiciens -pyromanes qui passent leur temps à allumer des feux. Surtout lorsque ces politicards recrutent et ne recrutent que parmi les nuls qui font tout pour provoquer la guerre civile.

Comme Samba Hééri Camara le ci-devant Secrétaire Général Chargé des Collectivités Décentralisées de Lélouma qui a volé l’argent des Collectivités et qui n’est l’objet d’aucune poursuite judiciaire. Et qui, avec arrogance a usurpé la fonction de Préfet aux dépens du Titulaire bloqué au Gouvernorat de Labé à cause des fantasmes d’une puissante dame de Conakry.

English: Human Rights Watch logo Русский: Лого...

Logo d’Human Rights Watch (Photo Wikipedia)

Comme  Kalil Tounkara, représentant préfectoral du RPG et Maire imposé et parachuté de Mali qu’aucun citoyen de la Commune urbaine n’a désigné. Quasi-illettré en français il déclare «  La terre du Fouta appartient aux Diallonké ». Fanfaronnant, il  avoue que sa pick-up immatriculée EP lui a  été remise par la Présidence. «  Celui qui ne veut pas de problèmes suit le RPG »  dit-il avant de conclure : « Tout politicien qui viendra ici après nous, chassez-le ». Nous étions le mercredi 26 Décembre 2012 à Balaki. Cette Sous-préfecture est si enclavée que pour rejoindre Mali dont elle relève, il est plus facile de passer par le Sénégal.

Cet article est rédigé le 08 janvier 13. Le Ministre a donné ses leçons de gouvernance aux Maires, Sous-préfets, Préfets et Gouverneur le Samedi 05 Janvier13.  Nous avons participé à tous ces cours.  Il faut dire que tout le monde n’a pas compris ce qu’a dit le Ministre Condé. Ou bien il y en a qui s’en balancent.  Le Préfet de Labé est déjà parti en campagne RPG dans les Sous-préfectures en commençant par Dionfo et Sannoun.

                BAH MAMADOU LAMINE