Archives de Catégorie: Fiances

Guinée: La Corruption, l’éternelle humiliation nationale

Image
English: Overview of the Corruption Perception...

Carte du monde de l’indice de perceptions de la_corruption en 2009  (Photo crédit: Wikipedia)

La publication du rapport 2012 de l’ONG Transparency International a été largement commentée en Guinée aussi. De nombreux observateurs relèvent le progrès accomplis par notre pays, classé en 2011 le pays le plus corrompu d’Afrique et le quatrième du monde.

Pour M. Mamadou Taran Diallo, président de l’Association guinéenne pour la transparence et contact national de Transparency International, cité par guinee7.com:

"la Guinée a amélioré son classement en se classant 154ème pays sur 174. en Afrique elle est 40ème sur 48".

Hussle Mine a annoncé dans un commentaire sur le site de TI la création de la page facebook.com pour lutter contre la corruption AKHADAN c’est-à-dire Finissons-en en dialecte sussu. Il précise [traduit de l'anglais]:

Le site est basé sur la plate-forme USHAHIDI est une collecte de données et de cartographie permettant la notification par SMS, WEB, Twitter ou Email. Les motivations de notre initiative résident dans la perte totale de confiance dans les institutions publiques et leur semblant de lutte contre la corruption. Nous croyons qu’aucun organisme gouvernemental ne pourra ce faire de manière indépendante et nous sommes déterminés à aller de l’avant sur le chemin comme nous en avons le droit pour exprimer la voix du peuple.

Akhadan est aussi un portail Internet où chacun citoyen peut signaler des cas de corruption dont il a eu connaissance.

Enfin, Bah Mamadou Lamine, grand reporteur à l’hebdomadaire Le Lynx a fait un reportage dévoilant des flagrants de corruption. Je publie aujourd’hui son introduction, dans l’espoir que de nombreux guinéens et amis du peuple guinéen en prendront connaissance.

Voici son analyse préliminaire du classement de la Guinée selon l’indice de perception de la corruption en Guinée par BML:

Le phénomène de la corruption et la Guinée indépendante sont comme cul et chemise : inséparables. Déjà en 2006, Transparency International, Guinée nous avait mandaté pour réaliser l’étude sur le Système National d’Intégrité de la Guinée pour le compte de la maison-mère de l’ONG à Berlin. Ça n’a servi à rien. La même année, l’USAID a financé la participation de la Guinée à une rencontre mondiale sur la corruption au Guatemala. Toujours zéro. Auparavant le PNUD avait fait la même chose pour des Guinéens au Ghana. Toujours, zéro pointé. Le pays continue de plonger dans les abysses. Aucun Plan Stratégique National de lutte anti-corruption et la Justice, le moyen le plus efficace de lutter contre elle est toujours le parent pauvre des priorités de l’Etat. Alors, pas étonnant que notre pays est le plus corrompu des Etats CEDEAO  et ceux de la Mano River Union encore en 2012. Les Etats africains plus corrompus que nous sont au nombre de huit dont la Somalie, le Soudan, la RDC et  la Libye, des pays en situation de quasi-guerre.

La Guinée occupe la 154è place sur174. La Côte d’Ivoire, 130è, le Liberia, 75è, il vient de sortir d’une guerre civile comme la Sierra Leone, 123è. La Guinée Bissau, qualifiée par certains de narco Etat s’en sort mieux que nous avec la 150è place. Le Sénégal et sa généreuse Téranga se débrouille avec la 94è place derrière le Ghana, 64è. Et dire que nous avons eu l’indépendance, une petite année seulement après le pays de Rawlings ! Les années 2011 et 2012, c’est des années du Grimpeur. Pourtant le pays continue de couler sans que ça ne gêne le moins du monde l’Alpha gouvernance. Pas une seule déclaration prenant acte de l’humiliante et inconfortable position de notre pays suite au classement de Transparency International !

Monde: Journée mondiale du migrant et du réfugié

Image
English: Illegal immigrants protesting at the ...
Les immigrés contribuent à bâtir un meilleur monde. Ils méritent des conditions de vie meilleures
(Photo crédit: Wikipedia)

C’est une journée qui semble ne pas retenir l’attention en dehors de l’Église catholique romaine. A sa création en 1914 à l’initiative du pape Benoît XV, la "Journée de l’Émigré" devait être à une date fixée librement par chaque diocèse. Mais depuis novembre 2004, la date de la célébration a été unifiée et elle est "Journée mondiale du migrant et du réfugié", qui a pour objectif de rendre les Chrétiens conscients de leurs devoirs et responsabilités envers les migrants et des réfugiés. Elle doit être célébrée chaque 3° dimanche de janvier. En 2013 ce sera le 13 janvier. Que l’on soit chrétien ou pas, on ne peut pas ne pas partager la déclaration de Benoît XVI  à la veille de la célébration du 98 anniversaire de cette date décrétée par son illustre prédécesseur :

 Je faisais référence aussi aux millions d’hommes et de femmes qui, pour diverses raisons, vivent l’expérience de la migration. En effet, les flux migratoires sont un phénomène impressionnant en raison du nombre de personnes qu’il concerne, des problématiques sociale, économique, politique, culturelle et religieuse qu’il soulève, à cause aussi du défi dramatique qu’il lance aux communautés nationales et à la communauté internationale, car tout migrant est une personne humaine qui, en tant que telle, possède des droits fondamentaux inaliénables qui doivent être respectés par tous et en toute circonstance".

C’est ce qu’on peut lire dans le document du Pape publié en avance le 29 octobre par le Vatican Information Service (VIS), le service d’information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège, sous le titre de "Migrations, pèlerinage de foi et d’espérance", pour la Journée mondiale du migrant et du réfugié 2013 (13 janvier),  qui ajoute:

Le droit de la personne à émigrer, comme le rappelle la constitution conciliaire Gaudium et Spes, est inscrit au nombre des droits humains fondamentaux, avec la faculté pour chacun de s’établir là où il l’estime le plus opportun pour une meilleure réalisation de ses capacités, de ses aspirations et de ses projets. Dans le contexte socio-politique actuel, cependant, avant même le droit d’émigrer, il faut réaffirmer le droit de ne pas émigrer, c’est-à-dire d’être en condition de demeurer sur sa propre terre, répétant avec Jean-Paul II que le droit primordial de l’homme est de vivre dans sa patrie. Un droit qui ne devient toutefois effectif que si l’on tient constamment sous contrôle les facteurs qui poussent à l’émigration.Aujourd’hui, en effet, nous voyons que de nombreuses migrations sont la conséquence d’une précarité économique, d’un manque de biens essentiels, de catastrophes naturelles, de guerres et de désordres sociaux.

A la place d’une pérégrination animée par la confiance, par la foi et par l’espérance, migrer devient alors un calvaire pour survivre, où des hommes et des femmes apparaissent davantage comme des victimes que comme des acteurs et des responsables de leur aventure migratoire. Ainsi, alors que certains migrants atteignent une bonne position et vivent de façon digne, en s’intégrant correctement dans le milieu d’accueil, beaucoup d’autres vivent dans des conditions de marginalité et, parfois, d’exploitation et de privation de leurs droits humains fondamentaux, ou encore adoptent des comportements nuisibles à la société au sein de laquelle ils vivent. Le chemin d’intégration comprend des droits et des devoirs, une attention et un soin envers les migrants pour qu’ils aient une vie digne, mais aussi, de la part des migrants, une attention aux valeurs qu’offre la société où ils s’insèrent".

English: Migrants arriving on the Island of La...
Lampedusa Porte du Paradis qui a couté de nombreuses vies (Photo crédit: Wikipedia)

Ces paroles du Pape ne sont pas sans rappeler la Charte mondial  des Migrants- Proclamée à Gorée (Sénégal) le 4 Février 2011que publie le site du , de Dijon, dans laquelle on peut lire:

Toute personne, sans exclusion, a le droit de se déplacer librement de la campagne vers la ville, de la ville vers la campagne, d’une province vers une autre. Toute personne a le droit de pouvoir quitter n’importe quel pays vers un autre et d’y revenir.Toutes dispositions et mesures de restriction limitant la liberté de circulation et d’installation doivent être abrogées (lois relatives aux visas, laisser-passer, et autorisations, ainsi que toutes autres lois relatives à la liberté de circulation).Les personnes migrantes du monde entier doivent jouir des mêmes droits que les nationaux et citoyens des pays de résidence ou de transit et assumer les mêmes responsabilités dans tous les domaines essentiels de la vie économique, politique, culturelle, sociale et éducative. Ils doivent avoir le droit de voter et d’être éligible à tout organe législatif au niveau local, régional et national et d’assumer leurs responsabilités jusqu’à la fin du mandat.

D’autre part, Cecilia Malmström, commissaire européenne aux affaires intérieures, a déclaré dans une interview au quotidien français Le Monde, soulignait l’importance de l’immigration pour la vieillissante Europe:

On estime qu’en 2030, sans nouvelle immigration, la population européenne en âge de travailler aura diminué de 12 %. Des chefs d’entreprise me confient régulièrement leur difficulté à recruter des gens qualifiés alors même que le chômage est au plus haut. L’Allemagne manque d’ingénieurs ; d’ici à 2020, le secteur européen de la santé devrait manquer de 2 millions de personnes.

A cette occasion, le site zenit.org publie un article dans lequel Anita Bourdin analyse des données sur les migrations provenant de plusieurs sources dont l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) selon lesquelles le nombre de migrants à travers le monde aurait diminué. Les flux migratoires vers les pays développés se sont ralentis au cours de la crise et des années suivantes :

le nombre des migrants entrés au Etats-Unis est passé de 1.130.818 personnes en 2009 à 1.042.625 en 2010; au Royaume uni, le nombre est tombé de 505.000 en 2008 à 470.000 en 2009; la situation en Espagne est caractérisée par une diminution de 692.228 personnes entrées en 2008 à 469.342 en 2009, tandis qu’en Suède, il y a eu une diminution de 83.763 en 2009 à 79.036 en 2010; en Nouvelles Zélande, de 63.910 en 2008 à 57.618 en 2012.Cependant il y a des inversions notables des mouvements migratoires et le nombre des migrants internationaux est resté fondamentalement inchangé : en 2010, le nombre des migrants internationaux dans le monde est estimé à environ 214 millions de personnes, une augmentation par rapport aux 191 millions de 2005. Ce chiffre représente 3% de la population mondiale totale.On estime en outre que le nombre des migrants de l’intérieur est de 740 millions de personnes : cela signifie qu’environ un milliard d’êtres humains (un septième de la population mondiale) est constituée de migrants.

En plus de cette date qui est principalement célébrée par les autorités religieuses et leurs fidèles à travers le monde, il y a la Journée Internationale des Migrants reconnue par la communauté internationale le 18 décembre qui a pour but de réaffirmer et de promouvoir les droits des migrants. Elle fait suite à une convention adoptée par l’assemblée générale des Nations unies le 18 décembre 1990, mais restée inapplicable faute de ratifications suffisantes. Pourtant les mouvements migratoires représentent un enjeu économique. En effet, les migrants contribuent à la création de richesse dans le pays d’accueil, mais aussi dans leurs pays d’origine. L’OIM fait savoir sur son site iom.int que:

  • Les rapatriements de fonds ont connu une croissance exponentielle, passant de 132 milliards de dollars E.-U. en 2000 à quelque 440 milliards de dollars E.-U. en 2010, malgré un léger recul sous l’effet de la crise économique actuelle.11
  • On considère que le montant réel des fonds rapatriés, y compris les rapatriements non enregistrés empruntant des circuits formels et informels, est nettement plus élevé.12
  • En 2010, les principaux pays bénéficiaires de rapatriements de fonds enregistrés étaient l’Inde, la Chine, le Mexique, les Philippes et la France.13
  • Les fonds rapatriés proviennent essentiellement des pays riches, en tête desquels arrivent les Etats-Unis (48,3 milliards de dollars E.-U. d’envois de fonds enregistrés en 2009), suivis par l’Arabie saoudite, la Suisse et la Russie.14
En Afrique les principaux pays de destinationdes migrants étaient en 2010:

  • la Côte d’Ivoire (2,4 millions)
  • l’Afrique du Sud (1,9 million)
  • le Ghana (1,9 million)
Les 19,3 millions de migrants africains ont rapatrié vers leurs pays d’origine, se répartissant principalement ainsi 10 milliards de dollars US vers le Nigeria, premier pays bénéficiaire de rapatriements de fonds en Afrique, suivi de Égypte  avec 7,7 milliards de dollars US et du Maroc 6,4 millions de dollars US.

UNESCO-Guinée équatoriale: STOP au prix Obiang Nguema Mbasogo

Standard

Une lettre signée par 23 organisations et journalistes africains militant pour la protection des droits des médias a été adressée aux membres du Conseil Exécutif de l’UNESCO demandant de révoquer le prix Obiang Nguema Mbasogo pour la Recherche en Sciences de la Vie. Cette lettre est venue en un moment opportun car il ne faudrait pas que les difficultés financières dans lesquelles verse cette organisation conduisent son Conseil exécutif à lever sa suspension qui avait été décidée la dernière fois en octobre 2011. Le principe de son maintien devait être débattu ce printemps.

Le lobby constitué par les pétrodollars soustraits par la corruption et l’achat de biens mal acquis à la population de la Guinée équatoriale avait réussi en 2010 à faire accepter ce prix d’un montant total de 3 millions de dollars destiné à des chercheurs qui se sont distingués dans différents domaines de la médecine. C’est malheureux, que ce soient les pays de l’Union africaine, dont le dictateur assure la présidence tournante qui soient les plus chauds partisans du maintien de ce prix, que l’on devrait plutôt qualifié de la honte.

Voici le texte intégral de la lettre, tandis que la liste complète des 23 organisations et journalistes africains est accessible ici.

Le 29 février 2012

Les Membres du Conseil Exécutif
L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO)
Siège de l’UNESCO
7, Place de Fontenoy
75352 Paris 07 SP
France

CPI : Irina Bokova, Directrice Générale

Objet : Prix International UNESCO-Obiang Nguema Mbasogo pour la Recherche en Sciences de la Vie

Chers Membres Délégués du Conseil Exécutif

Nous soussignés organisations et journalistes Africains pour la protection des droits des medias, vous écrivons pour nous opposer sans équivoque au Prix International UNESCO-Obiang Nguema Mbasogo pour la Recherche en Sciences de la Vie et de vous demander de révoquer ce prix lors de votre prochaine session.

L’UNESCO étant une organisation qui championne la liberté d’expression et encourage la liberté des medias en particulier, ne devait jamais accepter le don de $3 million fait par le Président de la Guinée Equatoriale pour financer ce prix. Le régime du Président Obiang, au pouvoir depuis 32 ans, a systématiquement étouffé la liberté de la presse et a fait taire les voix critiques. Bien qu’un petit pourcentage de la population locale puisse avoir accès aux informations en provenance de l’étranger par le biais de l’internet et par les émissions de satellite, le gouvernement ne cesse de restreindre de main forte les activités de la plupart des medias et ainsi limite l’accès des citoyens à l’information. Les stations de radio et de télévision qui existent dans le pays sont les fiefs du gouvernement ou des membres de la famille du Président Obiang et l’ensemble de la section de la presse écrite qui sortent de manière régulière est contrôlé soit par l’état soit par les proches du président.

Deutsch: UNESCO-Chefin Irina Bokowa bei der Er...

Irina Bukova Image via Wikipedia

Les journalistes étrangers et locaux sont systématiquement harcelés, détenus et censurés. En février 2011 le gouvernement a interdit aux présentateurs d’émettre les rapports relatifs aux soulèvements du Printemps Arabe. Un présentateur de la radio d’état a été par conséquent suspendu pour avoir parlé de la Libye lorsqu’il était à l’antenne. En juin 2011 un équipage de télévision allemande ont vue leur séquences détruites avant d’être expulsé, ce, pour avoir filmé les quartiers pauvres de la capitale et pour avoir interviewé un avocat de la défense des droits humains et un membre du parti de l’opposition.

Nous avons appris que le Président Obiang a proposé une modification du titre du prix par la suppression de son nom, mais cela ne va pas effacer nos préoccupations du fait que son don de $3 million associe lui-même et les abus perpétré par son gouvernement à l’UNESCO, et de cette façon nuit à la mission précieuse de l’organisation. Nous avons également conscience du fait que ce fonds serait contaminé par la corruption du haut niveau dont la Guinée Equatoriale est renommée. Ce n’est pas un secret que les enquêtes toujours en cours en France et aux Etats Unis ont mené à la confiscation des biens de Teodoro Nguéma Obiang Mangue, le fils du Président. Des documents produits en matière des enquêtes séparées menées par le Sénat américain ainsi que le Département de la Justice des Etats Unis suggèrent une constante de corruption systématique au plus haut niveau du régime du Président Obiang. Malheureusement, les journalistes qui se trouvent au sein du pays ne peuvent pas rapporter ces faits étant donné les restrictions sévères qui leur sont imposées.

En tant qu’une organisation qui plaide pour “l’accès à l’information et à la connaissance” l’UNESCO ne doit pas accepter l’argent d’un leader dont les actions au cours des décennies font fi de ces principes. Nous vous encourageons à abolir en sa totalité ce prix Obiang de l’UNESCO et de mettre en œuvre de nouvelles directives susceptibles d’empêcher directement ou indirectement, dans l’avenir, la création des prix qui par intermédiaire de leur association aux individus ou gouvernements contredisent le mandat principal de l’UNESCO.