Un autre article de Bah Mamadou Lamine du Lynx. Il me l’a envoyé après sa publication sur cet hebdomadaire satirique de Conakry, sous le titre:
LES ELITES GUINEENNES VEULENT ATOMISER LA GUINEE
Parmi l’élite guinéenne, le Grimpeur n’est pas le 1er à surfer sur les mortels replis identitaires. Mais, étant donné son parcours scolaire et universitaire et son expérience politique, c’est le moins pardonnable. Diaspo qui a vécu plus en France qu’en Guinée et qui se dit Professeur émérite, ses thuriféraires n’ont de cesse de crier à qui veut les entendre qu’il a été « démocratiquement élu », lui le Mandela de la Guinée Tous s’attendaient à ce qu’il bâtisse un Etat de Droit fondé sur la citoyenneté et qu’il refuse de confiner chaque Guinéen à ses origines tribales et régionales.
Les cinq décennies de présence coloniale sur le territoire de la Guinée Française n’ont pas donné le temps à la France de jeter les fondements d’un Etat moderne : Administration Publique, Justice, Système Foncier, Ecole…
1-Qu’on se rappelle, en 1958, les élèves guinéens passaient le Bac à Dakar ; dans notre pays, il n’y avait aucun Lycée. La France est partie sans laisser à notre pays une masse critique de cadres formés à même de constituer une classe dirigeante capable de nous sortir du merdier. Les rares cadres qui existaient ont été ravagés par la révolution cannibale du PDG. En dépit du bla-bla populiste qu’il a sans vergogne plagié chez Marx, Lénine, Mao et autres Castro, Sékou a fondé sa gouvernance sur le racisme, le népotisme et le régionalisme. En particulier depuis la fin des Années 1940, il s’est acharné sur le "féodalisme" foutanienet aux Peulh. Le
paroxysme de cette haine irraisonnée a été, en 1976, l’appel au génocide contre cette communauté. Pendant tout son règne il a tout fait pour déstructurer le Fouta en détruisant ses élites traditionnelles et modernes par l’enfermement, la mort ou l’exil.
Lansana Conté, un dictateur qui a dirigé la Guinée du 5 avril 1984 au 22 décembre 2008 (Photo credit: Wikipedia)
2-Lansana Conté a emboité le pas à son Maitre et Saigneur (sic) dès Juillet 1985 en massacrant ses héritiers : E Fataara ! avait-il dit aux pillards et aux loubards téléguidés qui s’en prenaient aux Malinkés et à leurs biens. Dieu seul sait combien cette communauté de Haute Guinée a souffert des brutalités militaro-policières de la Fory Gouvernance…
3-En 1993, à Faranah, feu Bâ Mamadou ( paix à son âme), en campagne au nom de son UNR, s’écrie en puisant on ne sait quel article dans on ne sait quelle Loi Fondamentale ou dans quel Code électoral que « Maintenant, c’est le tour des Peulh » .Et ça, c’est de la part d’un banquemondialiste (ancien fonctionnaire de la Banque mondiale)!
4-Mansour Kaba, leader du Parti Dyama, tient lui aussi des discours incendiaires contre les Peulh et le Fouta. Et ça c’est d’autant plus étonnant que c’est un ancien militant de l’ex-RGE que dirigeait feu Siradiou Diallo ( paix à son âme). C’est sûr que si lui ou son parti arrivait au pouvoir, il va organiser un génocide contre cette communauté. Pour un diaspo il y va un peu fort et n’a pas besoin du vote de la Moyenne Guinée.
5-Le Général Konaté, président par défaut de la Transition, a également sorti son couplet contre les Peulh à qui il interdit l’accès au pouvoir politique. Sans doute que dans une perspective de conquête du pouvoir par coup d’Etat, il a organisé cela. Pour les élections, il n’a fait que se déculotter devant l’opinion.
6-Même le Procureur de la République s’est comporté en digne fils de Sékou Touré en ressortant le vieux disque 78 tours usé du Complot Peulh à l’occasion du procès médiatisé en cours à Conakry des présumés coupables de l’agression contre le domicile du Grimpeur. Même la Justice s’emmêle les pinceaux dans le tribalisme et le régionalisme triomphants.
Aujourd’hui, n’importe quel bougnoul qui veut dire quelque chose même s’il n’a rien à dire se croit obligé de s’en prendre aux Peulh. Il est assuré d’avoir la bénédiction du pouvoir en place et de faire son beurre avec la gouvernance grimpante et professorale de Karamoko Alpha Mo Kouroussa. N’est-ce-pas Samba ?
Voici un autre article de M. Bah Mamadou Lamine du Lynx de Conakry et chef d’un projet sur la prévention des conflits:
54 ans de conflits qui n’ont provoqué que des larmes et la misère. Photo de yahoo.com
L’indicible volonté des dirigeants guinéens d’hier et d’aujourd’hui de voir se déchirer la Guinée s’est toujours heurtée à l’inextinguible soif de paix des Guinéens. Nos ancêtres nous ont laissé un potentiel de paix immense dans lequel nous avons déjà trop puisé. Ce potentiel, c’est comme les ressources naturelles non renouvelables, il risque de finir un jour. Les générations actuelles sont très peu nourries de nos traditions fondées sur la tolérance et l’acceptation réciproque de l’autre. Elles sont ignorantes des Pactes et Alliances qui ont permis à nos ancêtres de cohabiter en minimisant les conflits. Et comme l’Ecole guinéenne est extravertie, plus on avance dans le cursus scolaire, plus on est aliénés, c’est-à-dire, étrangers à nous mêmes, à nos valeurs, à nos traditions.
La charte de Kouroukan Fouga qui date du XIIIe siècle est l’un des pactes les plus anciens, [en matière des droits humains]. C’est lui qui aurait institué le Sanakouya [le cousinage par blagues entre les membres des différentes ethnies et au sein de celles-ci. Entre Sanakou, il est interdit de se fâcher quelque soit la raison au risque d’être exclu de sa communauté. Par contre, en cas de besoin on a droit à toute l’assistance dont on a besoin de la part de ses Sanakou].
Pourquoi trouve-t-on en plein Kankan, un quartier appelé Timbo ? Pourquoi à l’entrée de Siguiri un village qui porte le même nom Timbo ?
Ne vivait-on pas mieux alors? Photo yahoo.com
On nous a rapporté qu’il y a quelques années à Timbo (l’original ), une ziara était organisée par les notables de la localité. Beaucoup de monde dont feu A. R. Gomez. Le démarrage de la cérémonie retardant, les invités commençaient à s’impatienter. Comprenant leur embarras, les organisateurs rassurent en disant : « Tout le monde est là. Mais nous attendons la délégation de Forécariah. Selon nos traditions, aucune cérémonie de ce genre ne peut se dérouler à Timbo, en l’absence des représentants de Forécariah ». En fait le Fouta précolonial avait tissé des alliances avec le littoral guinéen actuel selon les axes suivants : Timbo avec Forécariah et Coyah, Timbi Tounni avec Dubréka, Ratoma et Boffa et Labé avec Boké.
Se souvient-on qu’au début des années 2000, les agressions rebelles de Gueckedou ont été maitrisées notamment grâce à l’implication du Réseau des Femmes Mano pour la Paix qui a réveillé en particulier les alliances transfrontalières entre Kissi de Guinée, de Sierra Leone et du Libéria ?
Dans l’article qui suit, Bah Mamadou Lamine du Lynx rappelle quelques égarements du Prof. Alpha Condé et de ceux qui pensent comme lui, à l’égard des peulhs:
ALPHA CONDE, LES PEULH ET LE FOUTA
Bissikrima, Janvier 1993 : dans le cadre des activités de Formation que nous menions alors au CENAFOD, nous étions à Bissikrima pour appuyer les animateurs de l’EUPD qui travaillaient dans les préfectures de Dabola et Dinguiraye avec les éleveurs pour le compte de « Vétérinaires Sans Frontières ».Nous étions dans l’euphorie du multipartisme émergent et de l’illusion démocratique. Des partis politiques venaient de voir le jour. Certains s’étaient alliés. Comme le RPG du Grimpeur, l’UNR de Mamadou Banque Route et le PGP de Porthos qui avaient formé le FLUG. Ce jour-là, Alpha Condé était attendu à Bissikrima à Midi. Il n’a pu arriver que bien plus tard ( les routes étaient déjà difficiles, mais moins qu’aujourd’hui sous la gouvernance du RPG) et ses militants et
Alpha Conde – World Economic Forum Annual Meeting 2012 (Photo credit: World Economic Forum)
ceux de ces alliés, habitués aux éternels retard des politiciens les attendaient sagement lui et sa délégation. Au lendemain de son départ, des sages de la ville nous ont contacté, ayant appris qu’un journaliste de la presse privée était là. Une fois chez eux, ils m’ont dit à peu près ceci : « Dites à Bâ Mamadou( UNR) que s’il ne se sépare pas d’Alpha Condé, nous allons quitter derrière lui ». Intrigué, nous avons posé la question : « Pourquoi ? » Réponse : « Parce qu’il veut nous séparer des Malinké d’ici avec qui nous cohabitons ( y compris avec des mariages réciproques) depuis des générations ».
Pendant la Transition, en fin 2010, lecandidat Alpha Condé a dit à la Télévision Guinéenne « Je n’ai rien contre les Peulh ».
Toujours au cours de cette Transition, sur la base de mensonges et de rumeurs répercutés et amplifiés par le 1er Ministre Doré à travers la Radio et la Télévision nationales, le responsable local du RPG avec la complicité d’autres personnes du terroir (y compris des Imams et des cadres supérieurs) organise une chasse aux Peulh dans la Commune de Siguiri. Conséquences : Un mort, exode des Peulh vers le Fouta, pillages, vols, viols et des dizaines de maisons et magasins détruits et brulés. Tout cela s’est fait avec la complicité de l’Etat. Il n’y a jamais eu d’enquête, à plus forte raison poursuite des auteurs. Bien au contraire, ils ont été récompensés par des nominations diverses par le nouveau pouvoir.
Propos tenus par un des responsables d’un parti allié du RPG au cours d’une conférence tenue le 25 Juin 2011
« Les Forestiers s’occupent de l’agriculture, les Malinkés c’est le confort et les Soussous de la pêche ou de l’alimentation. Les autres [c'est-à-dire les peulhs, soit 40% de la population] qui sont non Guinéens et des non patriotes sont des Africains nés en Guinée. Ils sont malins, ont profité du régime de Lansana Conté et savent bien garder leurs richesses. Si le Malinké a 10 millions en le voyant arrêté on a l’impression qu’il possède 100 millions. Quand c’est l’autre, même s’il a 200 millions, on ne peut s’en apercevoir en le voyant. Comme ce ne sont pas des Guinéens ce ne sont pas des patriotes, ils sont prêts à enflammer le pays et partir ailleurs »
Ce triste sire doit comprendre que la réussite économique des Peulhs est le résultat de leur labeur. Lansana Conté n’a jamais mis en place une loi et des règlements privilégiant exclusivement une ethnie, une région aux dépens des autres. Elle est le fruit du travail de cet éleveur du Fouta ou de Beyla, de ces petits marchands ambulants qui peuplent les rues de Conakry ou de Dakar, de ce chauffeur de taxi ou de ce vendeur dans les kiosques à café d’Abidjan, de ce petit tailleur de Libreville ou de ce petit commerçant de Luanda ou d’ailleurs en Afrique, en Europe et en Amérique. Et de leur capacité à épargner. Ces gens modestes qui, à force de privation se battent pour réussir refusant de développer la mentalité d’éternels assistés, attendant tout de l’Etat.
C’est un fait que le cheminement du petit cireur Peulh de Boulbinet qui, à force de travail, parvient à devenir un véritable opérateur économique est le fruit de la patience et d’une grande capacité à préférer le sac de ciment au sac de sucre. Cette capacité à ne pas tout mettre dans le ventre et le bas-ventre qui fait la force des Nations. Aucun peuple, aucun Etat ne peut se développer avec l’épargne des autres (l’argent de la BAD, de l’Union Européenne, de la Banque Mondiale…).
Suprême ironie qui marque le niveau de débilité intellectuelle et morale de cet individu, ces capacités, il ne les reconnait ni au Malinké, ni au Soussou, ni au Forestier. Ses propos confinent ces ethnies dans des professions et dans des pseudo-capacités stéréotypées, figées, immuables. On ne nait jamais avec une profession, un métier. On l’apprend dans des écoles ou auprès de maitres au cours de la vie.
Ce sinistre ennemi de la communauté peulh et de l’unité nationale, grand spécialiste de la prostitution et de la transhumance politiques a déjà trahi son allié et maitre et seigneur, Alpha Grimpeur. Il n’a jamais été inquiété ou poursuivi pour ses discours incendiaires et destructeurs de l’unité nationale. Il n’a fait qu’insulter une ethnie qui depuis 1949 subit la stigmatisation et l’opprobre de la part des politiciens. Alors pour l’Etat Alpha Condé, il n’est pas punissable. Il n’a insulté que des Peulh, ces punaises, ces cafards, ces rats ( c’est ainsi qu’on les appelés à Siguiri Centre avant de les en chasser). Les différentes communautés qui peuplent la Guinée sont des Guinéens avant la lettre. Le concept de Guinée les a trouvées là. Elles y cohabitaient bien avant que les Français ne désignent le territoire sur lequel ils vivent comme s’appelant « GUINEE ». Aujourd’hui, pour des raisons qui ne sont connues que par lui seul, il trouve qu’il y a des Guinéens qui ne sont pas Guinéens. Il s’engage, comme d’autres avant lui dans une voie qui ne peut mener qu’à la guerre civile. L’Histoire et la Géographie doivent nous éduquer, nous informer. N’a-t-il pas vu ce qui est arrivé en Côte d’Ivoire lorsque les gens du Sud ( Akans, Lagunaires ) et de l’Ouest ( Wê ) ont prétendu que les Malinkés/ Dioulas ne sont pas des Ivoiriens ? C’est ce qu’il souhaite en Guinée, ajoutant un plus à la médiocrité politique dans notre pays depuis la période coloniale. Il n’y a pas un peuple essentiellement pacifique et un autre fondamentalement guerrier. Lorsqu’on les met dans les mêmes conditions, ils réagissent de la même manière. Les Somaliens, c’est le même peuple, parlant la même langue et pratiquant la même religion. Ils se déchirent entre eux depuis la disparition de Syad Barré au début des Années 1990. Pourquoi ? A cause de l’exclusion, de l’injustice. Ce qui se passe actuellement au Mali, c’est la même chose. On ne peut pas prendre le bien commun de tout le peuple et le mettre dans les mains d’une partie du peuple et dire aux lésés de se courber et d’ânonner obséquieusement « Vive l’Unité Nationale ».
Le Général Facinet Touré, nommé par le Grimpeur, Médiateur de la République a dit en public et dans des Radios Privées :
« Pour qu’il y ait la paix, il faut partager ce qui est partageable. Les Peuls, c’est eux qui ont tout dans ce pays, personne ne peut nier çà. Ils ont le cordon de la bourse, ils ont le pouvoir économique, mais ils l’ont cherché, ils l’ont mérité, je les en félicite. Mais pour la quiétude de la société, de la cité, ils n’ont qu’à se contenter de cela, laisser les autres ethnies partager le reste. Si c’est eux qui ont le pouvoir économique, nous nous partageons le pouvoir politique, il y aura la stabilité, il y aura l’équilibre.
Mais si on met tout dans les mains de mes oncles (les Peuls), la paix c’est deux jours, le troisième jour on va se bagarrer. Maintenant, si c’étaient les soussous qui avaient le cordon de la bourse, j’aurais dit la même chose, si c’étaient les Malinkés, j’aurais dit la même chose et si c’étaient les Forestiers, j’aurais dit la même chose. Si on réunit tout dans les mains d’un seul, la paix sera pour deux jours, le troisième jour, on va se bagarrer. »
Il est toujours Médiateur de le République et n’a jamais été poursuivi ni par la Justice, ni par personne.
A peine il a été investi, le Président Alpha Condé a abattu ses cartes.
Au cours de trois meetings tenus à la Belle Vue à Conakry (le 16 Janvier 2011), à Kindia ( le 11 Mars 2011 ) et au Palais du Peuple (le 8 Mars 2011), il n’a pas manqué de stigmatiser la Communauté Peulh, tous les Peulh en les qualifiant de saboteurs et les traitant de tortues, de poux, qu’il va chasser de la Guinée.
Il a été suivi par son Préfet de Guéckedou d’alors dont il a dit qu’ils sont des « Tortues dont il faut chauffer le derrière pour voir la tête émerger ». Et ça, il l’a dit en public. Vomi par les populations de la localité qui n’en veulent plus, il a été imposé par une réconciliation parachutée avant d’être affecté à Mandiana pour continuer à détricoter le tissu social guinéen.
Tout le monde a entendu M. Alpha Condé invectiver les hommes d’affaires peulhs qui n’ont commis de crime que celui d’avoir relativement réussi dans le domaine économique et de ne s’être pas rangés massivement dans son camp pour la conquête du pouvoir. Pour cette raison, ils ont été traités d’éléments mafieux, de trafiquants de drogue et de faux billets de banque.
Des personnes nommément citées dans les rapports d’enquête de l’ONU et des organisations internationales de défense des droits humains et connus en Guinée pour leur activisme anti-peulh sont aujourd’hui les piliers du régime et sont les principaux acteurs de ce qui apparaît comme une nouvelle épuration au sein de l’administration civile et militaire.
Le 9 juillet 2011, les Peulhs guinéens et maliens installés dans les préfectures de Beyla et Lola en Guinée forestière ont vu leur bétail décimé par des groupes extrémistes malinkés l’ethnie d’Alpha Condé. Bilan : plus de 2000 têtes de bétails ont été tués, dans l’indifférence totale des autorités qui n’ont jamais réagi alors que des tracts avaient circulé avant la mise en œuvre de ce funeste projet.Alors que, simultanément, une procédure judiciaire expresse est engagée pour l’affaire de Galakpaye qui a opposé les Kpèlè autochtones aux Malinké allogènes dans la préfecture de Yomou en Guinée Forestière assortie de mesures de dédommagements de la part du Gouvernement : l’essentiel des victimes du massacre appartiennent à l’ethnie du Président.
Avec l’appui flagrant du pouvoir et le blanc-seing donné par celui-ci à l’installation dans la région des Peulhs d’une prétendue « Coordination de la Moyenne Guinée » qui n’est en fait qu’un instrument de division des habitants du Fouta Djallon, la Coordination mandingue qui regroupe l’ethnie d’Alpha Condé soutenue par le pouvoir œuvre activement et de manière provocatrice a la mise en place dans la région du Fouta ce qu’elle appelle le «Manden-Djallon» organisation regroupant toutes les communautés qui se prétendent d’origine mandingue avec un but purement politique pour constituer une cinquième colonne pour déstabiliser de l’intérieur cette région et remettre en question sa cohésion sociale. Sans compter que jusqu’à présent c’est essentiellement des cadres malinké qui manifestent une haine particulièrement féroce contre les Peulh qu’ils assimilent, on ne sait sur quelle base, à des étrangers à la Guinée. Autre fait : aucun leader politique de Haute Guinée n’est venu rejoindre l’Alliance Cellou Président dans l’entre-deux tours aux élections présidentielles de 2010.
En attendant les élections législatives, en toute illégalité, le pouvoir RPG fait comme au temps du PUP. Il fait main basse sur les ressources de l’Etat et fait campagne pour le RPG. Au su et au vu de tout le monde. Y compris des opposants. C’est leur affaire s’ils se laissent couillonner en direct. Mais là où nous, citoyens lamda, sommes inquiets c’est lorsque cette campagne se fait aux dépens de l’unité nationale au risque de provoquer une guerre civile. Parce que, en Guinée Maritime par exemple, les agents du pouvoir et du RPG ( c’est souvent les mêmes) s’adressent aux agriculteurs en leur disant « Si vous voter pour Alpha et ses hommes, on va chasser les éleveurs peulh ». Cette chasse à l’Homme a déjà commencé. Par l’abattage des animaux avec la complicité des présidents de districts comme à Molota, Simbaraya, Kolon…Comme ce fut le cas à Lola et Beyla. Le résultat, c’est que les éleveurs peulh émigrent massivement vers la Guinée Bissao, la Sierra Leone ( c’était déjà le cas sous Sékou Touré) ou reviennent au Fouta. Quant aux Peulh maliens de Beyla et Lola, ils sont rentrés chez eux malgré ce qui se passe là-bas. L’une des conséquences de cette situation, c’est le renforcement de la pauvreté et la liquidation de l’élevage. Pendant qu’aucune politique dans ce secteur n’a été élaborée. Même sous Sékou Touré on n’était pas arrivé à ce niveau de stupidité. On se rappelle la ferme expérimentale de Ditinn dans Dalaba inaugurée en Avril 1970 et les fermes de Famoila dans Beyla.
Tout récemment, Samba Hééri Camara le ci-devant préfet de Lélouma ne doit sa promotion au titre de Préfet par le Grimpeur que parce qu’il a menacé les Peulh de Lélouma et les a ségrégués dans la distribution des motos du RPG.
La Guinée a été la première colonie française d’Afrique noire à accéder à l’indépendance en 1958. Du mois de septembre 1958 au mois d’avril 1984, un pouvoir qui se qualifiait de révolutionnaire a transformé le pays en une immense prison à ciel ouvert, arrêtant, torturant, emprisonnant et tuant des citoyens innocents. En 2010, M. Alpha Condé, professeur de droit a accédé au pouvoir après des élections entachées de violences des forces de sécurité et des affrontements inter ethniques.
Une histoire où l’impunité faisait déjà loi
L’historien guinéen, Prof. Tierno Siradiou Bah, Directeur exécutif du Mémorial virtuel Camp Boiro, a écrit sur blog (anglais) :
Arbitrary arrests, detention, torture, fake trials, and executions became a routine. Military barracks turned into detention centers and killing grounds. Thousands of political prisoners disappeared there. The country itself became a global prison. Everyone was a potential target of the ‘revolutionary’ secret police, including children and the elderly. The terror peaked in 1976. Then, in a series of provocative and self-destructive speeches, Sekou Touré incited to ethnic warfare and genocide against the main ethnic group: the Fulɓe. Located in the center of Conakry, the Camp Boiro National Guard Barracks was the epicenter of the Guinean Gulag. It is estimated that more than 50,000 political prisoners disappeared there. The purges targeted the country’s brightest minds but also the entrepreneurs, the unions leaders, women…
28 septembre en Guinee. Photo via la page facebook de Guinee58
Arrestations et détentions arbitraires, torture, procès truqués et exécutions étaient devenues une routine. Des casernes ont été transformées en centres de détention et des lieux d’exécutions. Des milliers de prisonniers politiques ont disparu là-bas. Le pays lui-même fut devenu en une prison générale. Tout le monde était une cible potentielle de la police secrète «révolutionnaires», y compris les enfants et les personnes âgées. La terreur atteint son sommet en 1976. Puis, dans une série de discours provocateurs et auto-destructeurs, Sekou Touré incita à la guerre ethnique et au génocide contre le principal groupe ethnique: les Fulɓe. Situé dans le centre de Conakry, le Camp Boiro, Caserne de la Garde nationale a été l’épicentre du Goulag guinéen. On estime que plus de 50.000 prisonniers politiques ont disparu là-bas. Les purges ciblèrent les esprits les plus brillants du pays, mais aussi des entrepreneurs, des dirigeants des syndicats et des femmes …
L’armée en Guinée via Abdoulaye Bah dans le billet du 2 octobre 2011
Et après Sékou Touré?
Depuis sa mort, d’autres dictateurs ont dirigé le pays, causant eux aussi des violences extrajudiciaires contre la population civile pour diverses prétextes : manifestation syndicale ou étudiante, révolte des femmes contre les conditions misérables et le côut de de la vie, etc.
En 2011, l’ACAT-France ensemble avec de nombreuses organisations guinéennes militantes pour les droits humains ont effectué une enquête à travers le pays et publié une étude sur le phénomène tortionnaire en Guinée, ” Torture : la force fait loi.” A la suite de cette enquête, l’ACAT-France a lancé une pétition en ligne “GUINÉE. Halte à la torture” adressée au Président Alpha Condé qui se clôturera le 31 décembre. On peut y lire :
la torture reste une pratique courante dans le pays, que ce soit à l’encontre de détenus de droit commun, à l’occasion de répressions de manifestations ou pour sanctionner les militaires suspectés de sédition. Dans un contexte politique qui reste tendu, les autorités feront-elles le choix de rétablir l’état de droit ou de laisser prévaloir l’impunité ?
L’exemple le plus tristement fameux de ces violences qui aient attiré l’attention de la communauté internationale ont été les massacres du 28 septembre 2009 et les jours suivants. Amnesty International rappelle les faits sur son site:
Le 28 septembre 2009, les forces de sécurité guinéennes avaient abattu plus de 150 manifestants non armés durant un rassemblement de l’opposition dans ce même stade. Plus de 40 femmes avaient été violées en public, au moins 1 500 personnes avaient été blessées et beaucoup d’autres avaient disparu.
Nathalie Zajde, maître de conférences, Université de Paris VIII, responsable de la cellule psycho-sociale du Centre Mère et Enfants à Conakry, écrivait sur le site web du quotidien français lemonde.fr à l’occasion de l’anniversaire du deuxième anniversaire des massacres du 28 septembre 2009 :
Je ne sais si Mme Nafissatou Diallo a été ou non victime de violences sexuelles à l’hôtel Sofitel de New York en mai. En revanche, je sais, et nous sommes très nombreux à en avoir les preuves, que plus de 100 femmes guinéennes, dont une majorité de Peules, ont été le 28 septembre 2009 et les jours qui ont suivi, victimes de viols atroces et de tortures commis par des militaires, gendarmes et responsables politiques guinéens dont certains clairement identifiés, et qu’à ce jour, exactement deux ans après les terribles événements, aucun n’a été arrêté, ni même convoqué par des juges.
L’impunité manifeste aujourd’hui
Les Nations unies et l’ONG Human Right Watch avaient chacune envoyé une mission d’enquête en Guinée pour évaluer l’ampleur des violences et dresser une liste des responsables.
Toutefois, en 2011, HRW écrivait :
Personne n’a encore eu à rendre des comptes deux ans après que les forces de sécurité guinéennes eurent abattu des manifestants non armés lors d’un rassemblement de l’opposition à Conakry, la capitale, rappelle aujourd’hui Human Rights Watch…., le gouvernement guinéen doit faire davantage pour s’assurer que justice soit faite pour les victimes du massacre du 28 septembre 2009.
Pourtant, selon la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et l’Organisation guinéenne des droits de l’Homme (OGDH) la Commission d’enquête de l’ONU a remis son rapport au Conseil de sécurité le en juillet 2012 reconnaissant qu’il s’agissait bien de crimes contre l’Humanité et appelant à la saisine de la Cour pénale internationale.
Toutefois, aucune des personnalités qui étaient aux postes de commande des forces de sécurités lors de ces violences n’a été inquiétée, mais au contraire, l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’Homme (OGDH), note:
Nous assistons impuissants à la promotion de certains présumés auteurs de la barbarie à de hautes fonctions civiles et militaires.
Parmi les militaires qui étaient à des postes de commandement et qui ont été promu pas le Président Alpha Condé, il y a le lieutenant-colonel Tiégboro Camara, inculpé par la justice guinéenne en février passé et qui a été promu au poste de Secrétaire général chargé exclusivement des Services spéciaux, de la Lutte contre la Drogue et le Crime organisé, avec rang de ministre.
Le dernier cas de violence a eu lieu le 9 novembre 2012 lorsque Mme Aissatou Boiro qui enquêtait sur un cas de corruption à haut niveau, a été abattue lorsqu’à la fin de son travail en voulant rentrer à la maison des hommes en armes ont bloqué sa voiture et lui ont tiré dessus en pleine journée. Un billet sur le site de l’ONG Human Rights Watch raconte:
Les hommes ont surgi d’un autre véhicule qui s’était arrêté de manière à bloquer la voiture d’Aissatou Boiro et ont tiré deux fois sur leur victime. Les amis et la famille d’Aissatou Boiro ont rapporté qu’elle avait reçu des menaces de mort…..
Ses collaborateurs ont partagé avec Human Rights Watch qu’elle mènait une enquête sur un détournement de fonds publics présumé de plus de 13 milliards de francs guinéens (1,8 million de dollars américains).
Le Président Alpha Condé, un ancien Prof. de droit de la Sorbonne, Paris, pire que ses prédécesseurs (Photo credit: World Economic Forum)
A la fin de 2010, M. Alpha Condé, ancien professeur de droit à Paris, a été élu Président de la République de Guinée, dans des conditions difficiles, après que le pays ait subi une série de dictatures sanguinaires depuis son indépendance en 1958. Compte tenu du fait qu’il avait été opposant depuis des décennies, que pour cela il avait fait la prison et été contraint de vivre à l’étranger depuis son plus jeune age, il pouvait créer dans le pays des conditions propices à l’unité nationale. Ce sentiment était renforcé par le fait que contrairement à ses prédécesseurs, il avait une formation universitaire et qu’il s’était battu pour l’avènement de la démocratie contre les dictatures. Mais depuis qu’il est arrivé au pouvoir, il agit comme ses prédécesseurs, avec plus de maladresse. Il s’est entouré de gens qui ont montré leurs limites sous les régimes précédents et se comporte comme s’il était en campagne électorale en permanence.
Mamadou Lamine Bah, fils de victime et ancien prisonnier politique du Camp Boiro, sous la dictature de Sékou Touré, grand reporter du satirique Le Lynx de Conakry, le journal privé le plus ancien et le plus apprécié du pays, dirige en même temps un projet financé par l’Allemagne sur la prévention des conflits en Guinée depuis une dizaine d’années. Il est aussi membre de l’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH). Il nous livre ici son amertume et dénonce cette façon de gérer notre pays.
Parmi ceux qui profitant de leur position dans l’Administration territoriale œuvrent pour la destruction de l’unité nationale par leurs propos ou leurs actes, il y a en bonne place Samba Hééri Camara et Kalil Tounkara. Le premier à Lélouma et le 2e à Mali font tout pour détricoter le tissu social et provoquer une guerre inter-ethnique.
Samba Hééri est un coutumier des faits. Le 30 Décembre, à Banga, dans Balaya et le 31 Décembre à Balaya Centre, Dar Es Salam, Madina Dian et dans la Commune Urbaine à Saanama, dans Korbè à Tirikouré et à Kentè et le 1er Janvier 2013 dans Tianghel Boori, il est accompagné de Samba Donkinn Sylla du Ministère de l’Environnement et Hammady « Manga » Diallo et de M. Condé représentant local du Rassemblement du peuple de Guinée RPG (le Parti du Président Alpha Condé). C’est Samba Donkinn que le parti veut proposer comme candidat aux élections législatives uninominales. Sans se préoccuper d’informer les maires et sous-préfets concernés, avec le véhicule officiel du préfet, toutes sirènes hurlantes, ils s’en vont, s’adresser exclusivement aux habitants des roundés. "La terre n’appartient à personne. N’ayez pas peur. Le pouvoir est entre nos mains. Le Président Alpha Condé est notre parent. Si les Peulh vous font des problèmes, on va s’occuper d’eux. Votez 100% pour le RPG. On a amené des motos ; elles sont pour vous. Aucun Peulh n’y a droit."
Des discours de ce genre sont légion depuis que le Grimpeur est arrivé au Pouvoir. Il y en a eu pareil dans Mélikansa, Bantignel. Nous avons recueilli le témoignage d’un des villageois qui était présent. La délégation de ceux qui sont venus au nom du RPG se composait entre autres de M. Diallo, époux de Oumou Kanté, l’ex Préfet klepto de Pita :
Ils étaient en partance, disent-ils pour Banga (Dalaba). A Mélikansa, ils s’arrêtent au lieu-dit Koubi et sollicitent me rencontrer au retour de leur destination finale. Ils me demandent de mobiliser les anciens esclaves et les hommes de caste : forgerons, potiers, bûcherons, tisserands…A leur retour, tout le hameau était réuni chez moi pour cause de sacrifice lié à un décès. Ils nous y retrouvent. L’un d’eux, sans doute leur chef, prend la parole : « Aujourd’hui, c’est Alpha Condé qui est Président de la République. C’est votre frère, votre fils, votre neveu, père, oncle père ou grand’père….C’est parmi vous, et vous seulement, qu’on doit choisir les élus. Il faut nous aider à vous donner ce pouvoir. »
Et il ajoute:
En réponse, le doyen de la localité a dit : « Nous avons compris. J’ai connu tous les pouvoirs, du temps où on portait les chefs sur le hamac, la Révolution de Sékou Touré, Lansana Conté…». Cette déclaration liminaire a été suivie de petites phrases pleines de métaphores et de sous-entendus significatifs dont regorge la langue du terroir. Grosso modo, le doyen, porte-parole des villageois s’est étonné de ce que la délégation a complètement « oublié » les Peulh, majoritaires dans la contrée. Cela lui a paru tellement suspect qu’il n’a eu aucune réponse aux visiteurs qui s’en sont retournés sans demander leur reste. »
Ces discours rencontrent très peu d’écho pour le moment. Parce qu’entre autres, il est tellement irresponsable que le 1er des idiots qui l’entend va flairer l’entourloupe. C’est un moyen pour Samba et ses comparses de bouffer l’argent de l’Etat. Puisque rien n’est contrôlé. Mais Lélouma est une région où les conflits domaniaux sont récurrents. Et ces propos corrosifs ne vont rien arranger. Bien au contraire. Ils sont tellement discriminatoires et explosifs !
Dans le cadre d’une démocratie (officiellement) ouverte, pourquoi laisser de côté la technique classique et universelle des promesses de construction d’infrastructures pour améliorer l’accès aux services sociaux de base et se cantonner à la déconstruction du tissu social et à l’accentuation des replis identitaires si mortels pour la paix ? Déjà, Samba avait promis l’électrification rurale ailleurs. Les populations lui ont rétorqué que leur priorité était la réfection de la piste Balaya-Hérico. Sans conteste, Samba veut brûler Lélouma et ses Peulh, si on lui laisse le temps.
Le Préfet titulaire ayant été muté, on a désigné, par décret un autre en la personne de M. Ouremba Traoré. Ce dernier a voulu prendre service à la mi-octobre 2012. Un coup de téléphone de Conakry au Gouverneur de Labé l’en dissuade. Ce coup de fil émanerait d’une certaine Hadja Nanténin Chérif, l’une des toutes puissantes patronnes du RPG national. En somme voila qu’un Décret du Président de la République que des Guinéens ont élu est annulé par un sombre coup de téléphone ! M. Traoré que toutLélouma réclame à cors et à cris se morfond dans un bureau à Labé pendant que Samba, devenu intérimaire à la tête de la Préfecture fait la mission que lui a confiée son parti, semer la zizanie à Lélouma.On avait déjà vu cemême parti à l’œuvre dans les manipulations des Siguirikas en Octobre 2010.
Le RPG est le nouveau Parti-Etat qui a récupéré les mécanismes de prise de décision de la République.
Par ailleurs, Samba le sinistre maitre et saigneur (sic) de Lélouma a fait retirer l’Agrément du Groupement maraicher dirigé par Mme Lamarana Kanté qui évoluait à Balaya et offert cet Agrément à M. Oury Kanté habitant les mêmes lieux. Et pour cause ? La dame n’a pas marché dans son affaire de Parti ! Ceci est révélateur de ce que des médiocres comme ce Samba sont en train de faire subir aux populations rurales. Non seulement l’Etat n’offre rien aux citoyens, mais il les empêche de se prendre en charge. Ce sont les acquis de la Fory Gouvernance que Samba est en train de détruire à Lélouma. Il est si ignare et/ou cynique il ne sait pas (ou s’en fout) que les ONG sont apolitiques et qu’un Agrément n’est ni un bonbon ni une cola. Ce qu’il a fait, il l’a fait en toute illégalité au mépris de tous les textes. Il ne lui arrivera rien. Parce que c’est un fait du Prince.
Les scandales et les excès liés à la corruption et au mauvais usage des ressources des états africains par ceux qui sont sensés conduire nos peuples sur le chemin de la prospérité font de temps à autre les choux gras des journaux. Le dernier cas est celui des fils Mubarak. En effet, lematin.ch vient de révéler sur son site web, que:
Quelques 300 millions de dollars appartenant aux fils de l’ancien président égyptien Hosni Moubarak sont gelés chez Credit Suisse (CSGN 22.26 -1.11%) à Genève. C’est ce qui ressort d’un document du Ministère de la justice égyptien dont «Le Matin Dimanche» a obtenu une copie. Un autre compte des deux frères chez BNP Paribas (Suisse) SA comporte pour sa part plusieurs dizaines de millions de francs.
Espérons que cet argent fruit du pillage de la famille Mubarak contre le peuple égyptien, reviendra dans son pays d’origine pour contribuer à sa mise en valeur et à son développement Information qui me remplit de joie. Malheureusement, il ne s’agit que d’une goutte dans un océan. Tant le pillage a été minutieux et durable. En juillet dernier, le site digitaljournal.com n’estimait-il pas que:
L’Ancien président de l’Egypte, Hosni Moubarak, avait une fortune de 70 milliards de dollars dans des banques étrangères, selon un rapport publié par les renseignements généraux de la Commission nationale de sécurité.
Plus tôt cette année, j’avais cherché à savoir combien nous coutent ceux qui
Jomo Kenyatta doit se retourner dans sa tombe! Photo abkodo2
nous gouvernent. C’est un exercice très difficile, encore plus en Afrique, à cause de l’opacité qui le couvre d’un brouillard très épais. En outre, les données varient selon les sources.
Dans un billet publié sur dakaronline.net, Sabine Cessou, pense que :
En soi, la publication du salaire présidentiel représente un bon signe pour la démocratie sud-africaine. Il en va de même au Kenya, où Mwai Kibaki gagne 2,5 millions de shillings (19.650 euros) ou encore à l’île Maurice, où Anerood Jugnauth touche plus modestement 2.970 euros, ou encore au Liberia, où Ellen Johnson-Sirleaf touche 5.550 euros.
Kokou AGBEMEBIO a écrit un billet l’année dernière sur les caisses noires des présidents africains sur le site rejadd.blogvie.com:
Combien gagnent-ils les chefs d’Etat africains ? Que coûte la présidence de la République dans le budget annuel ? Voilà bien des questions qui alimentent les polémiques sur le continent africain. ….
Dans un billet publié sur lomezoom.mondoblog.org commentant la valeur déclarée des avoirs du Président Hollande, écrivait :
Autant dire, qu’une des villas du président togolais suffirait à englober les
Le PM Anerood Jugnauth de Maurice avec J. W Bush en 2003. (Photo credit: Wikipedia)
1,18 millions d’euros du président François Hollande. Les 13532 euros mensuels ne sont que de l’argent de poche pour les enfants et proches du président….
Pour le commun des togolais, le patrimoine du président, et celui du pays, ne font qu’un (excepté les dettes) ; un compte commun où ce dernier peut puiser à volonté
Dans son article déjà cité Sabine Cessou révèle que:
En Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo gagnait 14.640 euros lors de ses dernières années à la présidence. A peine 300 euros de moins que feu Omar Bongo, le président du Gabon, un pays qui brasse les pétrodollars. Les salaires de leurs successeurs respectifs, Alassane Ouattara et Ali Bongo Ondima, ne sont pas connus. L’opacité la plus totale reste la règle, à travers le continent.
Quand les salaires officiels sont publiés, comme au Burkina Faso (2.545 euros pour Blaise Compaoré) ou au Zimbabwe (1.100 euros pour Robert Mugabe), beaucoup se demandent quels sont les revenus "réels" du chef de l’Etat. Au Sénégal, Abdoulaye Wade gagne officiellement 568.000 francs CFA (soit 866 euros)… Problème: d’autres fonds sont alloués budgétairement à la présidence, dont les montants restent secrets.
D’après le site therichest.org, Raila Odinga est l’homme politique qui détient le troisième salaire le plus élevé des chefs d’état et de gouvernement, avec $427 886 par an. Il faudrait 107 ans au Premier ministre indien Manmohan Singh pour obtenir un tel montant! Jacob Zuma, est le 11ème du monde avec $272 280, supérieur à ceux des chefs d’état de la Nouvelle-Zélande, de la Grande Bretagne, de Taïwan, de la Corée du sud et de l’Indonésie.
Wikipedia classe le Roi Mswati III (né prince Makhosetive Dlamini) du Swaziland (dont 70 pour cent des 1,1 million de sujets vivent avec deux dollars par jour ou moins) parmi les hommes d’état les plus riches du monde, avec 100 millions de dollars en 2011 C’est simplement 10 fois plus que Obama (en 2010), Président des États-Unis d’Amérique!!! Parmi les anciens chefs d’état les plus riches, le Nigeria arrive à en placer deux: Ibrahim Babangida et Sani Abacha.
Sous feus Sékou Touré à Lansana Conté, en passant par le capitaine Moussa Dadis Camara et le Général Sékouba Konaté, l’opacité aura été la règle sur le salaire présidentiel. …. Le Président Alpha Condé, à peine un an au pouvoir, n’a pas lésiné sur les moyens pour effectuer de nombreux voyages à l’étranger.
Pour être honnête, ces Présidents se moquent de nous. C’est une insulte totale de voir un Président de la République qui se dit soucieux du devenir de son pays prendre une somme aussi faramineuse. Comme le disait JMD (Justin Morel Junior), aucun de ces Président ne merite de diriger l’Afrique. Au moins, courage à ceux qui ont accepté de publier leur salaire même si l’on sait qu’il y a des caisse noires. M. le Président de la République de Guinée, il vous faut quoi pour dire tout juste ce que les guinéens vous accorde? C’est aussi un signe de la bonne gouvernance et de la transparence.
Bien que presque la totalité des pays africains ne centrera pas les huit objectifs du millénaire du développement, les extravagances couteuses de leurs présidents hypothèquent lourdement l’avenir de leurs peuples. C’est comme s’ils étaient tous pris en otage par des ennemis, auxquels le autres dirigeants du monde déploient le tapis rouge et tous les honneurs qui devraient être réservés à des gens honnêtes et respectables.
La corruption est comme une maladie pernicieuse qui envahit tout le corps qu’elle atteint. Elle saigne de l’intérieur ce corps et l’affaiblit, le rendant incapable de se développer. Les seuls éléments que le corps contient qui y trouvent leur compte ce sont les agents pathogènes, porteurs de cette maladie.
Bah Mamadou Lamine, grand reporter au Lynx de Conakry, nous décrit les nombreuses facettes de la corruption en Guinée dans les lignes qui suivent. Cet article fait partie dossier sur le sujet qu’il a fait suite à la publication du Rapport 2012 sur la perception de la corruption dans le monde. Une première partie a été publié dans un précédent billet sur ce blog. Vous constaterez qu’il traite d’un sujet qu’il connait comme il a effectué de nombreuses enquêtes à travers la Guinée pour le compte d’agences de coopération basées à Conakry et pour Transparency International.
La Corruption à l’école :
Le petit déjeuner du maitre ou dèèbaa saréé en langue soussou, le droit de
Ecoliers de Conakry: La corruption compromet leur avenir et celui de la nation (Photo crédit: Wikipedia)
cuissage qu’exerce le maitre sur les jeunes filles contre de bonnes notes imméritées, la vente /achat des épreuves aux examens scolaires et universitaires, l’asservissement des enfants par les maitres( corvée d’eau et de bois mort, travaux domestiques), la vente de fausses attestations et de faux diplômes, le monnayage des passages en classe supérieure et de l’accès aux écoles de formation des maitres même aux candidat(e)s non qualifié(e)s voire illettré(e)s… Cette forme est l’une des plus meurtrières pour la Guinée qui est incapable de s’offrir les cadres, personnel soignant et enseignant et techniciens indispensables à son développement. Ainsi, après plus d’un demi- siècle d’indépendance, on n’a ni plombiers, ni électriciens, ni menuisiers, ni cuisiniers, ni architectes, ni archéologues, ni…politiciens compétents. Par ex. lorsque vous écoutez un politicien guinéen parler à la suite d’un Sénégalais ou d’un Ivoirien…
En Juillet 2007, lors d’une enquête sur la corruption scolaire dans les Régions de Kindia-Télimélé et Labé-Mali et précédemment lors de notre participation à l’évaluation du volet Gouvernance de la mise en œuvre de la Stratégie de Lutte contre la Pauvreté, nous avons découvert des choses hallucinantes. Au cours d’une restitution dans un hôtel de Dabola, le représentant du Ministère des Finances déclare que son institution a décaissé plus de 100 Millions pour un Collège de Dinguiraye dans l’exercice budgétaire précédent. Par hasard, le Directeur de ce Collège à l’époque indiquée était dans la salle. Il sursaute et déclare que ces sous ne sont jamais arrivés à lui !
Une directrice d’école primaire élabore un budget pour l’entretien et le fonctionnement de son école. Elle le soumet à son DPE, qui l’étudie et lui recommande de surévaluer les effectifs pour grossir le budget. Elle s’exécute. L’argent arrive et le DPE empoche le surplus. Et ça, c’est au cours de cette année 2012 !
Au début de cette année 2012-2013, le budget de fonctionnement de l’exercice précédent vient d’arriver. Avec un gros retard, mais il est arrivé. Mais, ce budget a subi des amputations en cascades. A la source, au niveau du Ministère des Finances on a pris "sa" part ; au niveau régional à Mamou, on a pris sa part ; arrivé à la Préfecture, on s’est également servi. Le DPE et le maire ont eu leur part. Tout comme le DSEE, (le Délégué Scolaire de l’Enseignement élémentaire) qui lui aussi va se sucrer. Qui est fou ? Finalement, le reliquat arrive chez M. le directeur de l’école. Qu’a-t-il fait lui-même ? C’est « La Question de la Semaine ».
Cela signifie que le Gouvernement décaisse des fonds pour le fonctionnement des écoles. Ces sous sont bouffés à tous les niveaux de la déconcentration administrative. A leur arrivée à destination, il n’y a plus rien. Et les infrastructures se dégradent à vue d’œil. Question : Pourquoi tous ces paliers ? Ministère, IRE, DPE, DSEE ? Pourquoi pas du Ministère directement au Directeur de l’école ? Ainsi on va sauter trois redoutables voleurs. Aujourd’hui, il y a des banques partout. Et dans les communes rurales, on peut verser ces fonds dans les comptes des mairies. C’est plus facile à contrôler. A moins que ce ne soit une mafia qui arrange tous ces kleptomanes tapis dans toutes les déclinaisons des ministères des finances et de l’éducation.
La Corruption à la santé
Là aussi, elle est comme la Révolution de Sékou Touré, globale, multiforme et transcroissante. Et anti-pauvres! Vous voulez un certificat médical pour n’importer que dossier administratif y compris de mariage prouvant que vous n’avez pas le SIDA et autres maladies anti mariages ? On vous le livre à domicile pour une poignée de GNF [Francs guinéens]. Les soignants qui prennent l’hôpital pour leur cabinet privé en faisant payer les malades au-dessus des tarifs officiels de l’état et en utilisant les moyens de cet état( stéthoscopes, laboratoires, infirmiers…) sont légion. Sans compter ceux qui surfacturent leurs prestations sans tenir compte des tarifs affichés devant les hôpitaux et centres ou postes de Santé.
Il y a aussi les faux médecins qui exercent sans autorisation légale en arrosant les autorités locales( élus locaux qui se font les complices des tueurs de leurs électeurs, radios rurales comme à Pita avec Boummalol, faux médecins chinois, faux spécialistes de médecine traditionnelle, pharmaciens par terre et ambulants…)
Tout un commerce absolument illégal fleurit à Madina et ailleurs en Guinée où des médecins ripoux importés de Chine et des pharmaciens tout aussi pourris et assassins prospèrent en toute impunité. Au grand dam de la médecine officielle et légale.
La Corruption mesquine :
Elle court les rues, on la rencontre partout. Les flics et les faux flics des carrefours qui tendent la main. Gare à vous si vous êtes en règle. « C’est papiers on va manger ? », vous répond-on. C’est devenu une institution. Les chauffeurs de taxi et cars rapides du secteur informel connaissent la musique. Par ex. au carrefour Soguifab à Boussoura, le matin, en provenance du Marché Madina, ils versent leur impôt quotidien à une des fliquettes en faction qui fait office de caissière de l’équipe. Les hommes, grands spécialistes des acrobaties, jouent les singes sur les cabines des gros camions et rackettent les camionneurs. Tous ceux qui ont payé sont recensés par la caissière qui relève scrupuleusement le No d’immatriculation du véhicule de l’intéressé. Au crépuscule, ils se retrouvent dans un coin discret et se partagent les "recettes" du jour.
Cette forme de corruption, très visible, déshonore un pays aux yeux des visiteurs, touristes, investisseurs ou bailleurs de fonds. Sans compter les milliards qu’elle coûte aux recettes de l’Etat et des Collectivités. Le népotismeIl consiste à placer à tous les postes ses parents et/ou des amis et des ressortissants de son village, sa sous –préfecture, sa préfecture ou sa région d’origine sans appel d’offres ouvert et transparent. Par ex. sous la Révolution, les postes à recettes ( Finances, Banques…) , l’Armée et les Services de Sécurité étaient des domaines réservés à la famille de Sékou Touré et alliés. Pareil sous Lansana Conté. L’actuelle gouvernance y a apporté un raffinement. Sous couvert de ne nommer que ceux qui ont voté pour lui, le Grimpeur a fait que l’administration publique est essentiellement occupée par des gens de son ethnie. Aussi bien au niveau stratégique qu’à la base. Précédemment, c’étaient des cousins et des frères qui se partageaient la Guinée. Aujourd’hui, c’est une ethnie, une Région. Avec cette forme de corruption, c’est la loi du cavalier et du cheval. Le premier monte sur le second et lui dit de se tenir tranquille "c’est bon, c’est doux…".Elle est très porteuse de violence, de guerre. Aucune personne, aucune communauté, aucun peuple n’aime être exclu et pris pour un imbécile.
Pendant ce temps chez nos voisins, on avance ; au Sénégal, une structure vient d’être mise en place dotée des moyens institutionnels, juridiques, matériels et financiers pour lutter contre la corruption. Au Burkina Faso, le pays des Hommes Intègres, il vient de se tenir des Assises Nationales sur la Corruption qui sont allées au-delà de la dénonciation classique simple.
Et chez nous, il n’y a de corrompus et de voleurs que chez les opposants au Prési Grimpeur.
La corruption électorale et politique
Elle est pré, per et postélectorale. L’actuel pouvoir a tout fait pour récupérer les institutions en charge du processus électoral. Comme en son temps le PUP. Lorsque Louncény a été éjecté de la CENI, le pouvoir lui a donné un post-bonbon du genre "Mange et tais-toi ". Il faut dire qu’auparavant ça a bien marché avec les pauvres hères affamés à qui le RPG avait proposé des bols de riz contre des bulletins de votes. Sans compter les achats de consciences que l’on propose aux opportunistes et autres maitres-escrocs de la politique. Qui passent leur temps à se prostituer et à se faire champions de la Transhumance politique. Ainsi combien de ce genre de tristes sires bouffent aujourd’hui chez Alpha après l’avoir combattu et léché les bottes de Fory Coco. Par ex., on nous a parlé d’un de ces zigotos qui, aujourd’hui travaille avec et pour le Grimpeur et sous Conté avait refusé un poste à quelqu’un parce qu’il s’appelait Condé ! Y a-t-il pire bassesse ?
Pas satisfait d’être le seul parlement au monde avec une majorité de femmes (56,3 %), le Parlement rwandais, selon le dernier du bulletin en ligne du l’Union interparlementaire, devait procéder fin juillet à une auto-évaluation de sa « sensibilité au genre ». Cette évaluation devait etre réalisée par 40 parlementaires des deux sexes et des membres de l’administration des deux chambres du Parlement. Elle portera sur différentes questions, dont les fonctions occupées par les femmes, l’intégration des questions de genre dans la législation et dans les partis politiques, les conditions de travail au Parlement et les politiques mises en place pour combattre le harcèlement sexuel sur le lieu de travail.
Toujours selon le bulletin de l’UIP, à la conclusion de l’évaluation, un séminaire d’information d’une journée sera organisé
Le parlement rwandais est le seul du monde ayant une majorité de femmes. Photo de l’auteur
Ce document conçu initialement "par Julie Ballington, à l’époque spécialiste au sein du Programme de partenariat entre hommes et femmes (GPP) de l’UIP, ce projet a bénéficié de l’apport de nombreux spécialistes du genre et des parlements ainsi que de l’aide des partenaires du projet, en particulier Zeina Hilal (Chargée de programme, GPP, UIP), Kareen Jabre
(Responsable GPP, UIP), Karima EL Korri (PNUD, Bureau régional pour les États arabes), Elizabeth Powley et Kristen
Sample (International IDEA, Bureau régional pour l’Amérique latine). La sénatrice Ruth Nancy (Canada) a également
apporté une aide précieuse à la finalisation des questionnaires diffusés dans le cadre de cette recherche."
Après l’étude et à l’issue du séminaire:
un plan d’action sera défini, en vue des élections qui doivent se tenir l’année prochaine. Ces activités s’inscrivent dans un programme d’appui de l’UIP au Rwanda. En avril, l’UIP avait déjà assuré une formation aux parlementaires et au personnel du Parlement sur l’intégration des questions de genre, notamment dans l’élaboration du budget, afin d’aider le Parlement à remplir ses obligations en matière d’égalité des sexes dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’économie.
Alpha Conde – (Photo credit: World Economic Forum)
Je me suis abonné le 26 juillet au téléphone fixe à Nice avec une option qui me donne la possibilité de voir aussi des chaines de TV africaines dont la RTG. Naturellement, animé des meilleures intentions j’en ai immédiatement profité pour voir le JT. Quelle désillusion tant par le contenu que pour le nettoyage ethnique effectué dans la sélection des gens qui réalisaient les services. Pendant que le quart d’heure que j’ai résisté, il y a eu à Conakry un service sur le commerce du riz par le gouvernement à des prix défiant toute concurrence, une file de femmes qui faisaient la queue à Zérékoré pour puiser de l’eau dans l’enceinte d’une mosquée.
Les chœurs de remerciement du Président Alpha Condé se succédaient. C’est la meilleure preuve du niveau de pauvreté auquel nous sommes arrivés en Guinée!!!Incapable d’adopter des politiques qui puissent inciter la population à produire plus, le gouvernement se substitue aux opérateurs économiques. Et dans la capitale de ce qui fut autrefois le grenier de la Guinée, où les agriculteurs faisaient deux récoltes de riz par an, après 54 ans d’indépendance, l’accès à l’eau n’est possible que grace à un forage dans l’enceinte de la mosquée.
Mais le plus pénible a été de voir la politique de l’exclusion faite par les autorités parmi les journalistes et techniciens qui ont assuré les services. Tous ceux portent des noms peuls ou forestiers sont exclus. En un quart de JT, le temps que mon entêtement a résisté, il n’y a eu qu’une personne avec un nom peul et une, forestier. Les fractures sociales et ethniques que le Président Alpha Condé a su habilement exploiter pour gagner les élections, sont devenues un moyen de gouverner, sans se soucier de la cohésion nationale. Alpha Condé avait promis de reprendre la vie politique et économique de la Guinée au point où Sékou Touré l’avait laissée, il est entrain d’y arriver plus vite que prévu. Au moment de la mort de ce dernier, le tiers de la population du pays avait trouvé son salut dans l’exil, les forces vives avaient été complètement annihilées. La politique de AC risque de mener la Guinée à une catastrophe encore majeure.
Pays appliquant le mieux les recommandations de la CEDAW Photo extraite de Wikipedia)
Au moment où le Comité des Nations Unies chargé de veiller à l’application de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (la CEDAW) s’apprête à célébrer son 30ème anniversaire lors d’une réunion qui se tiendra à New York le 9 juillet, les sénégalais sont conviés aux urnes pour des élections législatives historiques ce 1er juillet. En effet, pour la première fois dans l’histoire démocratique de leur pays, les partis politiques étaient obligés d’appliquer la loi sur la parité stricte entre hommes et femmes dans les listes de leurs candidats, sous peine d’être rejetées.
Lors de l’adoption de la loi sur la parité, en 2010, Elodie ADOU avait écrit sur djibitv.com:
L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté un projet de loi visant à instituer la parité absolue homme-femme dans toutes les institutions totalement ou partiellement électives.
… Dans son article 2, il stipule que "les listes sont alternativement composées des deux sexes.“Les listes de candidatures doivent être conformes aux dispositions" de cette loi "sous peine d’irrecevabilité", selon des source parlementaire. Le projet de loi sur la parité homme-femme a été adopté par la majorité des députés dont seulement trois ont voté contre.
Les partis ne pouvaient donc pas ignoré cette loi, bien que certains d’entre eux aient présenté les candidates dans des circonscriptions difficiles à gagner. Elles ne seront probablement pas nombreuses à entrer au parlement. N’importe, ce sera une prochaine fois. L’important c’est que la loi soit respectée. Les leaders des partis finiront bien par comprendre qu’il est de l’intérêt de tous que la parité soit rendue effective.
Les initiatives et les appels pour une forte participation aux élections ont été lancé par les médias et la blogosphère. Ainsi, les hashtags #sunu2012#senegal font le buzz en ce moment aussi bien sur Facebook, Tweeter que les blogs personnels.
n’oubliez pas d’aller voter ce dimanche pour choisir vos deputes c’est tout aussi important que l’election d’un president #sunu2012#senegal
La page Facebook sunu2012 "Je VOTE et je préserve mon PAYS", compte près de 4000 fans. Parmi les différentes interventions, celle qui a retenu le plus mon attention est celui de senegalmedias.blogspot.com qui a première vue n’a pas trait directement aux élections, car il traite de la pénétration des NTIC au pays de la Teranga.
Les médias sociaux ne peuvent jouer un rôle important dans la vie politique et sociale d’un pays que si leur diffusion atteint un seuil significatif. Pour le Sénégal, si ce seille n’est pas atteint, on y approche. On apprend, en effet, que Facebook compte 712 880 utilisateurs soit une pénétration de 5,06% de taux pénétration dans la population totale, 77,24% de taux pénétration de la population en ligne. Ces chiffres placent le Sénégal au 9ème rang africain pour le nombre d’utilisateurs et au 88ème rang mondial pour le nombre d’utilisateurs. Avec 1 989 396 utilisateurs d’Internet, les internautes qui appuient dans leur grande majorité la loi sur la parité, leur nombre actuel leur permet de jouer un rôle de catalyseur pour la mobilisation des électeurs et aussi pour la surveillance dans le processus électoral.
Au-delà du Sénégal, il faut dire que d’une manière générale, au niveau mondial, selon des données établies par l’Union interparlementaire à partir d’informations fournies par les parlements nationaux, à la date du 31 mai 2012, 32 pays comptaient plus de 30 % de femmes à la chambre basse de leur parlement, dont neuf pays avec un chiffre de 40 % et plus. Parmi les pays ayant un fort pourcentage de femmes élues il y a de nombreux états de notre continent. Des 7 pays les plus performants, le premier au niveau mondial est le Rwanda avec 56,3 pour cent, suivi des Seychelles avec 43,8 (5éme), de l’Afrique du sud avec 42,3 (7ème). Mais de nombreux autres pays africains ont atteint et même dépassé les 30 pour cent. On compte, en effet, en tout 7 pays d’Afrique sub-saharienne. En plus de ceux déjà cités, il y a le Mozambique avec 39,2 pour cent au douzième rang, l’Angola avec 38,2 pour cent au 15ème au niveau mondial, la Tanzanie avec 36,0 pour cent, 18ème, l’Ouganda aavec 35 pour cent au 19ème, le Burundi avec 30,5 pour cent au 29 rang.
Un taux de présence de 30 pour cent est considéré par l’UIP comme ce seuil critique, les femmes peuvent peser davantage sur l’agenda politique dans leur pays.
Il est triste de remarquer dans ce classement que malgré les révolutions qui ont eu lieu en Afrique du nord, l’Algérie, le premier pays de cette sous-région, n’est que 26ème avec 31,6 pour cent de femmes au parlement.