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Afrique : Exigeons plus de transparence dans les transactions foncières de terres arables

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Lova, un des auteurs, réviseurs et traducteurs des articles du réseau mondial, Global Voices en français, a écrit un article sur l’accaparement des terres africaines de la part d’acteurs économiques étrangers dans différents pays africains. C’est un problème auquel je suis très sensible, c’est pour cela que dès que j’ai vu son billet sur notre plateforme commune, je l’ai immédiatement traduit.

La Guinée ne figure pas parmi les pays ayant le plus grand nombre de projets d’accaparement de terres, parce que probablement ce secteur qui est flou dans le reste du monde est encore plus flou en Guinée. Peut-être aussi que le nombre de projets en Guinée masque le fait qu’avec 11 pour cent de nos terres déjà aux mains de l’étranger, elle soit le deuxième pays, après le Liberia à avoir hypothéquer l’avoir des futures générations comme on peut le lire dans l’infographe présenté en page 12 de l’étude approfondie du phénomène menée par farmlandgrab.org intitulé L’accaparement des terres et la crise alimentaire mondiale.

Dans cette étude le cas suivant est cité

- 2011: La société américaine Farm Lands of Guinea Inc. contrôle plus de 100.000 ha en Guinée pour la production du maïs et du soja pour l’exportation. Des investisseurs britanniques (AIMI) contribuent au financement de l’affaire. En plus, FLGI est responsable, pour le compte du gouvernement, de la prospection de 1,5 millions d’ha pour la concessions des baux à d’autres investisseurs. contre quoi FLGI touchera une commission de15% sur les ventes.

C’est toute l’Afrique qui court un grave danger pour sa souveraineté alimentaire car le phénomène de l’accaparement des terres cultivables par les multinationales ou des pays étrangers. Au niveau mondial, de nombreuses ONG ayant pris conscience des conséquences que pourraient avoir ces accaparements sur la satisfaction des besoins alimentaires de nos populations tirent la sonnette d’alarme.

En Afrique aussi, les ONG locales commencent à s’impliquer. Ainsi des représentants de ces  organisations de la société civile venues de 13 pays africains se sont réunies à Ouidah les 08 et 09 février pour mettre au point  leurs stratégies de lutte. Ils venaient de du Burkina Faso, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, de la Guinée Conakry, du Mali, du Niger, du Sénégal, de la Siérra Léone, du Togo et du Zimbabwé et du Bénin.

Marcel Zoumènou a écrit un article publié sur lanouvelletribune.info du Bénin fort révélateur de la situation. Intitulé "Lutte contre l’accaparement des terres : les Osc d’Afrique dénoncent le mutisme des gouvernants", il y rappelle que Simon Bodéa, Secrétaire général de Synergie paysanne, désignée pour coordonner les activités qui seront menées par la plateforme jusqu’au prochain forum de Dakar, a fustigé le comportement des pouvoirs publics qui ne s’associent pas à cette lutte aux côtés des organisations paysannes.

Cliquer ici pour lire l’article de Lova sur l’accaparement des terres africaines:

Afrique : Un appel à plus de transparence dans les transactions foncières de terres arables

Target countries of land deals from the Land Matrix Project

Les pays cibles de transactions foncières,carte du projet Land Matrix

Africae Munus Le Pape Benoît XVI trace la route pour l’église africaine

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Voici un article que j’ai écrit pour l’hebdomadaire La Lance de Conakry sur le message Africae Munus. 

Par une heureuse coïncidence de calendrier, la célébration, le 23 novembre, pour la première fois, de la Journée internationale contre l’impunité et le voyage du Pape Benoît XVI au Bénin, du 18 au 20 novembre, se sont succédés à peu de jours d’intervalle. Les prises de position que le Saint-Père est venu délivrer aux africains démontrent aussi combien sont saugrenues les idées exprimées par Mgr Vincent Coulibaly, archevêque de Conakry, co-président de la Commission de réflexion sur le processus de réconciliation nationale, à l’occasion du lancement du message “la marche vers la réconciliation nationale”, en septembre 2011. Elles donnent raison aux nombreux guinéens qui ont de sérieux doutes sur la capacité de cette personnalité à remplir le rôle qui lui est confié.

L’objectif principal du voyage du souverain pontife était de remettre le document intitulé Africae Munus, « l’engagement de l’Afrique » aux évêques aux prêtres, aux diacres permanents, aux personnes consacrées, aux catéchistes et aux laïcs de notre continent et des îles voisines. Cette Exhortation apostolique post synodale a été publiée au Vatican le 19 novembre 2011. Mais c’est dans le village de Ouidah, à 40 km de Cotonou, en plein cœur du pays d’origine du vaudou que ce document a été signé plutôt ce même jour. Le document comprend deux parties divisées en chapitres pour un total de 135 pages.

Déjà qualifié par les médias de “Feuille de route pour l’Eglise en Afrique”, il définit le rôle que veut jouer l’église en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. Il est basé sur  les travaux de la deuxième Assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques qui s’est déroulée du 4 au 25 octobre 2009 sur le thème de «L’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix».

L’Exhortation apostolique Africae Munus, vient compléter le travail de réflexion initié avec la première assemblée spéciale tenue du 10 avril au 8 mai 1994, à l’issue de laquelle le Pape Jean-Paul II avait signé l’Exhortation “Ecclesia in Africa”.

Dès son introduction le document relève les différentes situations sociopolitiques, ethniques, économiques ou écologiques que vivent quotidiennement les Africains encore aujourd’hui.  « Les Africains savent mieux que quiconque combien, trop souvent malheureusement, ces situations sont difficiles, troublées voire même tragiques. Je rends hommage aux Africains et à tous les chrétiens de ce continent qui les affrontent avec courage et dignité. Ils désirent, avec raison, que cette dignité soit reconnue et respectée. Je puis les assurer que l’Église respecte et aime l’Afrique. »

Le Saint-Père ajoute « La mémoire de l’Afrique garde le souvenir douloureux des cicatrices laissées par les luttes fratricides entre les ethnies, par l’esclavage et par la colonisation. Aujourd’hui encore, le continent est confronté à des rivalités, à des formes d’esclavage et de colonisation nouvelles. »

Malgré ces difficultés et les grandes pandémies le Pape voit de nombreux motifs d’espérance et d’action de grâce et affirme que les africains maintiennent leur joie de vivre. “Je vois également un motif d’espérance dans le riche patrimoine intellectuel, culturel et religieux dont l’Afrique est dépositaire. Elle désire le préserver, l’explorer davantage et le faire connaître au monde. Il s’agit là d’un apport essentiel et positif.’’

Le premier chapitre du document, intitulé «  AU SERVICE DE LA RÉCONCILIATION, DE LA JUSTICE ET DE LA PAIX”. rappèle que ”Si l’on ne crée pas dans les cœurs la force de la réconciliation, le présupposé intérieur manque à l’engagement politique pour la paix.”

Dans un passage que nous devrions bien méditer en Guinée, il dit que “seule une authentique réconciliation engendre une paix durable dans la société…. Pour devenir effective, cette réconciliation devra être accompagnée par un acte courageux et honnête : la recherche des responsables de ces conflits, de ceux qui ont commandité les crimes et qui se livrent à toutes sortes de trafics, et la détermination de leur responsabilité. Les victimes ont droit à la vérité et à la justice. Il est important actuellement et pour l’avenir de purifier la mémoire de construire une société meilleure où de telles tragédies ne se répètent plus.”

Le document dénonce aussi l’exploitation et les malversations locales et étrangères, l’opulence des gouvernants et des entrepreneurs véreux qui choquent la conscience humaine, au détriment du bien-être des populations locales. Il dénonce aussi les atteintes contre la nature, les forêts, la flore et la faune, mettant en péril l’existence d’innombrables espèces qui risquent de disparaître à tout jamais. Ces actions de l’homme menace “l’écosystème tout entier et, par conséquence la survie de l’humanité. J’exhorte l’Église en Afrique à encourager les gouvernants à protéger les biens fondamentaux que sont la terre et l’eau, pour la vie humaine des générations présentes et futures et pour la paix entre les populations’’.

En ce qui concerne la gouvernance, le document explique que ‘’Le non respect de la Constitution nationale, de la loi ou du verdict des urnes, là où les élections ont été libres, équitables et transparentes, manifesterait une défaillance grave dans la gouvernance et signifierait un manque de compétence dans la gestion de la chose publique.”

Après avoir traité de la criminalité, du respect des droits humains des prisonniers, de la mondialisation et de l’aide internationale, le document affronte les problèmes de la communion et des relations interreligieuses, de la sorcellerie et des difficultés de la double appartenance qui déchirent les chrétiens partagés par de la «double appartenance», au christianisme et aux religions traditionnelles africaines. Malgré les conditions de vie des chrétiens dans certains pays le Pape exhorte l’Église, à persévérer dans l’estime des musulmans.

Ensuite, c’est autour des problèmes internes à l’église et à la communauté chrétienne d’être analysés. Il s’agit en particulier des activités des nombreux mouvements syncrétistes et des sectes qui ont aussi vu le jour en Afrique au cours de ces dernières décennies. ‘’Il est parfois difficile de discerner s’ils sont d’inspiration authentiquement chrétienne ou s’ils sont simplement le fruit d’un engouement pour un leader prétendant avoir des dons exceptionnels. Leur dénomination et leur vocabulaire prêtent facilement à confusion, ils peuvent égarer des fidèles de bonne foi.’’

Benoît XVI n’esquive pas les problèmes douloureux pour l’église africaine, notamment ceux touchant au comportement de certains prélats qui a conduit à des démissions d’évêques comme en Tanzanie, au Bénin, en République centrafricaine ou au Burkina Faso et au Congo. Il leur leur dit “Votre autorité morale et votre prestance qui soutiennent l’exercice de votre pouvoir juridique, ne proviendront que de la sainteté de votre vie’’.

Women in Cotonou, Benin

Image via Wikipedia

Sur le plan de la gestion des biens de l’église locale, il ajoute ‘’Pour que votre message soit crédible, faites que vos diocèses deviennent des modèles quant au comportement des personnes, à la transparence et la bonne gestion financière. Ne craignez pas d’avoir recours à l’expertise des audits comptables pour donner l’exemple aussi bien aux fidèles qu’à la société.’’

Dans ses interventions publiques il s’est exprimé sur le problème du SIDA “Le problème du sida exige certes une réponse médicale et pharmaceutique. Celle-ci est cependant insuffisante car le problème est plus profond. Il est avant tout éthique”.

Est-ce une manière de reconnaitre que les dogmes religieux ne suffisaient pas pour arreter cette pandémie et de confirmer une certaine inflexion de l’église quant à l’usage du préservatif? Espérons-le !

International: 77 ONG demandent à l’ONU de défendre les lois sur l’accès à l’information

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Le gouvernement de la Thaïlande a tenté de censurer les informations entourant les pires inondations que le pays ait connues depuis des décennies, qui ont forcé le déplacement de millions de personnes

Le gouvernement de la Thaïlande a tenté de censurer les informations entourant les pires inondations que le pays ait connues depuis des décennies, qui ont forcé le déplacement de millions de personnes
Philip Roeland

Une conférence des Nations Unies sur le développement durable était prévu du 4 au 6 juin 2012 à Rio de Janeiro, soit 20 ans après le sommet historique de 1992, d’où son nom de sommet de Rio+20. Mais selon la BBC, les dates pourraient fort probablement changer. En effet elles coïncident avec celles du Jubilé de diamant de la Reine Elisabeth IIqui sera célébré par le Royaume uni et les états du Commonwealth. Plusieurs dirigeants du monde entier y participeront. Les dirigeants de 54 nations du Commonwealth et les gouvernements du G20 ont demandé au Brésil un report de d’au moins deux semaines. Les dates nouvelles pourraient être du 20-22 Juin.

Quelque soit la date, ce sommet aura comme objectifs : garantir le renouvellement des engagements politiques avec le développement durable; évaluer les progrès vers les objectifs accordés au niveau international sur le développement durable et relever des défis nouveaux et émergents. Le sommet mettra également l’accent sur deux thèmes spécifiques: une économie verte dans le contexte de l’éradication de la pauvreté et le développement durable, et une structure institutionnelle qui favorise le développement durable. Les chancelleries, mais aussi les organisations de la société civile ont commencé à fourbir leur outils. C’est ainsi que le 31 octobre les 77 d’entre elles ont un mémoire au secrétariat de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (UNCSD) dans l’espoir que leurs recommandations feront partie de la déclaration finale du Sommet Rio+20. Malgré les doutes que ce genre de conférence peuvent provoquer en nous, elles sont à suivre avec intérêt parce que c’est de la confrontation des idées entre les différents habitants de la terre que peuvent naitre des solutions viables pour le futur.

Centro do Rio de Janeiro Rio Center

Le centre de Rio de Janeiro Image via Wikipedia

Cet article est aussi disponible en English et Español

Dans une initiative d’ARTICLE 19, 77 organisations de la société civile, membres de l’IFEX et du Réseau des défenseurs de la liberté d’accès à l’information (Freedom of Information Advocates, FOIA Network), demandent aux Nations Unies de défendre les lois sur l’accès à l’information, la transparence et des médias libres comme nécessités essentielles à la viabilité à long terme de l’environnement et de l’humanité. Les Nations Unies tiennent en juin 2012 à Rio un sommet des dirigeants des grandes économies du monde (Rio+20) afin de discuter d’objectifs en matière d’environnement et de développement durable.

« Le droit de chercher, de recevoir et de retransmettre des informations et des idées concernant le développement et l’environnement est fondamental si on veut assurer un développement durable et la protection de l’environnement », ont dit le 31 octobre les 77 signataires dans un mémoire transmis au secrétariat de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (UNCSD). L’objectif est d’inclure les recommandations du mémoire dans la déclaration finale du Sommet Rio+20.

Les groupes demandent l’adoption d’une nouvelle convention internationale qui ferait autorité en matière d’accès à l’information environnementale, de participation publique et d’accès à la justice dans les questions environnementales. Le mémoire demande que la déclaration finale du sommet propose une Loi des Nations Unies sur la liberté d’accès à l’information.

Ils demandent en outre que les États membres et l’UNCSD reconnaissent de manière explicite l’importance d’une « société civile indépendante, de la transparence et de la libre circulation de l’information » dans le rapport définitif de juin 2012 de l’UNCSD.

« Vingt ans après le Sommet de la Terre à Rio, les gouvernements doivent prendre des engagements sérieux et agir de façon à garantir que l’information est accessible au public », dit la Directrice générale d’ARTICLE 19, la Dre Agnès Callamard, dans une déclaration séparée.

Les membres de l’IFEX rapportent depuis quelques années de nombreux cas de répression gouvernementale contre ceux qui partagent des informations liées à l’environnement. Cette répression comprend par exemple l’emprisonnement du comédien Zarganar après que celui-ci eut remis en question les secours apportés par le gouvernement birman à la suite du cyclone Nargis en 2008; elle comprend aussi l’arrestation et la censure des journalistes chinois qui ont rapporté les scandales sur les aliments toxiques.

L’importance vitale de la libre circulation de l’information dans les questions environnementales a été soulignée fin octobre lorsque le gouvernement thaïlandais a censuré le site web « Thaiflood », qui prévenait les citoyens d’inondations massives qui ont fait au moins 400 morts et déplacé des millions de personnes depuis juillet.

D’après le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), le gouvernement a tenté de censurer les avertissements de crues, inquiet qu’ils ne suscitent la « panique » et exigé que le site web « Thaiflood » fasse approuver ses reportages avant de les afficher. Cela aurait de toute évidence mené à la censure ou au retard d’informations pouvant sauver la vie de bien des gens. Le personnel de « Thaiflood » a donc retiré sa base d’opération du Commandement des Opérations de secours aux victimes d’inondation (Flood Relief Operations Command), administré par l’État, et l’a transférée dans un bureau privé. Cette décision permet à Thaiflood de continuer à diffuser des informations non censurées, mais elle signifie aussi que le groupe n’a plus accès aux renseignements du gouvernement sur l’inondation.

Le CPJ ajoute le contexte que le gouvernement s’est attiré la condamnation générale après avoir fait des prédictions erronées ou contradictoires sur l’intensité et l’orientation des eaux de ruissellement. Les inondations actuelles sont les pires que la Thaïlande a connues en cinquante ans.

Source: http://www.ifex.org/international/2011/11/02/access_to_info/fr/