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Afrique: Année 2012, une croissance économique à peau de léopard

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Un communiqué de la Banque mondiale en date du 15 avril fait savoir que la croissance économique en Afrique subsaharienne devrait atteindre plus de 5 % en moyenne en 2013-2015. Cette croissance, cependant est due essentiellement aux prix mondiaux élevés des matières premières et à l’augmentation des dépenses affectées à la consommation.

Cette période fait suite à une longue période de de croissance, dont celle de l’année 2012, qui a vu un quart des pays africains enregistrer taux supérieurs ou égaaux à 7 %. Il y a même un groupe de pays, dont font partie, notamment la Sierra Leone, le Niger, la Côte d’Ivoire, le Liberia, l’Éthiopie, le Burkina Faso et le Rwanda, qui figurent parmi les pays qui connaissent la croissance la plus rapide au monde. Pour que cette croissance profite à une plus grande partie de la population, l’accès aux services de base doit être généralisée et ne pas représenté un privilège pour les "gens de en haut".  Makhtar Diop vice-président de la Banque mondiale, pense que:

"Les pays africains devront procurer plus d’électricité, une alimentation nutritive, des emplois et des opportunités aux familles et communautés du continent afin d’améliorer leurs vies, de mettre fin à l’extrême pauvreté et de promouvoir une prospérité commune », déclare le , . « Sans apport supplémentaire d’électricité ni d’augmentation de la productivité agricole, le développement futur de l’Afrique ne pourra être mené à bien.La bonne nouvelle est que les gouvernements africains ont la ferme intention de changer la situation actuelle. "

Cependant, cette étude de la Banque mondiale relève des améliorations. Dans le communiqué de presse, on peut lire:

Africa’s Pulse suggère qu’un nombre de tendances émergeant sur le continent pourrait transformer son état actuel de développement au cours des années à venir. La promesse de revenus importants provenant de l’exploitation minière, une hausse des revenus créée par une expansion considérable de la productivité agricole, la migration à grande échelle des populations de la campagne vers les villes d’Afrique, et un dividende démographique potentiellement créé par la croissance rapide de la population jeune d’Afrique, comptent parmi les facteurs susceptibles de transformer l’Afrique.

L'agriculture et l'élevage doivent constituer les leviers du développement. Photo de T L Miles sur commons.wikimedia.org

L’agriculture et l’élevage doivent constituer les leviers du développement. Photo de T L Miles sur commons.wikimedia.org

Mais dans de nombreux pays, à des  taux de croissance élevés correspond un cout de la vie insupportable pour la majorité de la population. Cette croissance basée sur les exportations minières engendre un accroissement des importations de produits de luxe et alimentaires qu’on pourrait produire sur place. L’exode rural et l’incapacité de l’agriculture locale à répondre aux besoins de la population augmentent. L’argent, abondant pour les privilégiés, renchérit le cout de la vie. C’est ainsi que dans certains pays, exportateurs de pétrole par exemple, des loyers au prix du pain, les plus pauvres sont obligés de supporter des couts qui n’ont souvent pas de rapport avec ce qu’ils gagnent.

Heureusement, il y a des pays où, malgré certains aspects condamnables en ce qui concerne le respect des droits humains, l’accroissement de la richesse est aussi du à des facteurs diversifiés et contribue à faire sortir plus de gens de la pauvreté. Shanta Devarajan, économiste en chef pour la région Afrique de la Banque mondiale et auteur principal de ce rapport, relève que:

de 2005 à 2010, l’Éthiopie et le Rwanda ont connu une expansion de leurs économies de l’ordre de 8 à 10 % (soit entre 5 et 8 % par habitant), ce qui a entraîné une chute annuelle de 1,3 à 1,7 point de pourcentage de leurs taux nationaux de pauvreté.

Ministère des ressources naturelles, Kigali, Rwanda. Une photo que j'ai fete en juillet 2012

Ministère des ressources naturelles, Kigali, Rwanda. Une photo que j’ai fête en juillet 2012, lors de mon pèlerinage.

Le flux des investissements contribue à la croissance. Selon les données de la BM en 2012, par exemple, les flux nets de capitaux privés vers l’Afrique ont augmenté de 3,3 %, pour atteindre un niveau record de 54,5 milliards de dollars, et les entrées d’investissements directs étrangers ont connu un taux de croissance de 5,5 % en 2012, se chiffrant à 37,7 milliards de dollars. A ces flux, on doit aussi ajouter l’envoi de fonds estimés à 31 milliards de dollars pour 2012 et 2011, de la part des émigrés.

Dans de nombreux pays, la gouvernance a tendance à s’améliorer. Justement, à cause du déficit en matière de gouvernance, la Guinée, malgré ses réserves minières importantes et son potentiel agricole, restera encore pour longtemps en dessous de la richesse à laquelle ses habitants pourraient s’attendre. Après cinquante ans de production et d’exportation minières, les populations sont plus pauvres que jamais.

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Parmi les chefs d’état africains qui piochent le plus éhontément dans le budget national de leur pays, il y a le Président Obiang Ngéma de Guinée équatoriale qui fait partie des 4 chefs d’état africains contre lesquels le parquet de Paris a ouvert. En juin 2007, une enquête préliminaire  pour des biens mal acquis sur  initiative de trois associations françaises (SurvieSherpa et la Fédération des Congolais de la Diaspora).

Il est difficile d’estimer ce que ce despote et sa famille ont détourné des

English: Julio Iglesias

Julio Iglesias, €750 pour un concert en pleine jungle à Sipopo pour les caprices du ckan Nguéma (Photo credit: Wikipedia)

richesses du pays, qu’il gouverne depuis 1979, après avoir déposé son oncle, qui fut tout aussi dictateur et sanguinaire que lui.

Doit-on rappeler aussi qu’une partie importante de son gouvernement est issue de sa proche famille, dont son fils préféré Teodorin Obiang qui est vice-premier ministre chargé de la défense?Les extravagances et les démêlés de ce dernier avec la justice dans différents pays sont connus. A ce propos le blog alexengwete.blogspot.com a écrit [en]:

Les objets de valeur saisis au manoir de Teodorin Obiang à Paris montre la stupéfiante prodigalité et de l’insensibilité de ces personnages néfastes alors que leurs concitoyens vivotent dans une misère inhumaine. Objet: une montre d’une valeur de €3 millions! Objet: caisses de bouteilles de vin de cru coûtant plusieurs milliers de dollars chacune (comme Petrus, Romanée-Conti, etc) élément manquant:. Une peinture de Claude Monet d’une valeur de 12 M € parmi 107 autres tableaux achetés par Teodorin à la vente aux enchères de la collection d’art privée du célèbre couturier français Yves Saint-Laurent!

Son appétit insatiable pour le luxe l’a conduit à passer une  commande d’un yacht pour son usage personnel, pour la modique somme de 288 millions d’euros, soit l’équivalent de près de 3 fois le budget alloué à l’éducation de tous les enfants de son pays, selon l’ONG britannique Global Witness:

Son prix total est d’environ 288 millions d’euros, soit 380 millions de dollars au taux de change courants. Il serait ainsi le deuxième yacht le plus cher, derrière Eclipse $ 1,2 milliard de l’oligarque russe Roman Abramovich.

La dernière extravagance du fils prodige est de faire venir à Malabo l’icône de la chanson espagnole Julio Iglesias, pour un concert dont le prix du billet d’entrée s’élevait à €750. Voici ce que nous raconte le site france-guineeequatoriale.org à ce propos:

Un rêve réalisé, une image redorée et une affaire à 750 euros l’entrée. Teodorín Nguema Obiang Mangue, 2e vice-président de Guinée équatoriale, est parvenu à faire venir Julio Iglesias à Malabo pour y chanter devant le gratin du clan de Mongomo qui se partage toutes les fonctions de commandement dans la haute administration et le gouvernement du pays, un des plus importants producteur d’hydrocarbures d’Afrique subsaharienne. Les billets dont le prix équivalait le salaire de deux années pour de nombreux Guinéens n’étaient accessibles qu’à la famille et aux amis du dictateur…  »

En plus des Etats-Unis, plusieurs justices sont à ses trousses pour pour des crimes allant de l’escroquerie au blanchiment d’argent et des biens personnels comme une propriété à Malibu, un Gulfstream GV plusieurs Rolls Royces, une  Bugatti Veyron et des objets souvenir de  Michael Jackson.

Les dépenses somptueuses du pouvoir et misère de la population

En plus de l’enrichissement illicite de la dynastie, les dépenses absurdes se multiplient, alors que la population ne voit pas son niveau de vie s’améliorer au rythme de la croissance de la manne pétrolière. Dans son rapport intitulé Guinée équatoriale : Les abus se poursuivent avant l’ouverture du sommet de l’Union africaine l’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch révélait à la veille de la Conférence des chefs d’état de l’Union africaine à Malabo en 2011:

Au titre de l’année 2010, la richesse par habitant place la Guinée équatoriale au même rang que l’Allemagne, le Japon ou le Royaume-Uni en raison des revenus tirés du pétrole ; les conditions de vie des habitants y sont pourtant très précaires.

Il est difficile d’obtenir des statistiques récentes, et celles produites par la Guinée équatoriale ne sont pas toujours fiables. Plus des trois quarts de la population vit dans la pauvreté si l’on en croit une étude menée par le gouvernement équato-guinéen en 2007 et citée jusqu’en 2009, date à laquelle il a commencé à en contester les résultats. Les taux de mortalité infantile ont légèrement baissé en Guinée équatoriale, à l’instar des tendances mondiales, mais les statistiques 2009 de l’UNICEF placent le pays au 14° rang pour cet indicateur.

Dans le classement selon les Indicateurs de développement humain en 2011, le PNUD place la Guinée équatoriale à la 136ème place, avec une espérance de vie à la naissance d’à peine 51 ans, loin derrière des pays moins bien pourvus de richesse.

Le rapport d’HRW révèle que:

Les dépenses consacrées à l’éducation en pourcentage du PIB sont moins élevées en Guinée équatoriale qu’elles ne le sont dans les pays voisins, notamment le Cameroun et le Gabon, bien que la Guinée équatoriale soit la nation la plus riche de l’Afrique subsaharienne par habitant.

Les dépenses consacrées à l’éducation ont avoisiné les 200 millions de dollars US en 2008, année de calcul la plus récente. Cette somme représente moins du quart des dépenses gouvernementales pour construire le complexe destiné à accueillir le sommet de l’Union de l’Afrique.

Le cas du pillage des ressources nationales pour soi et ses proches est le plus révoltant et le plus visible, mais hélas, il n’est pas le seul. Les autres cas poursuivis par SurvieSherpa et la Fédération des Congolais de la Diaspora sont Denis Sassou Nguesso du Congo, feu Omar Bongo, dont le fils a hérité du pouvoir au Gabon, Blaise Compaoré du Burkina Faso et José Eduardo dos Santos, d’Angola et leur entourage.

Une enquête spéciale de Hermann Oswald G’NOWA publiée par cameroun-online.com en avril 2012 dévoilant les frais de scolarité d’une fille du Président Paul Biya en Suisse a provoqué un vif débat  parmi les blogueurs camerounais.

La lectrice marie louise avait écrit :

ouaaaaiiii Popol [Président Paul Biya], moi je souffre chaque mois mon boss me donne 35.000 FCFA alors ke toi tu envoies ta fille au school avec 35.000.000 de FCFA ? Eééééékkkkiiééééé kel égoïsme craint au moins Dieu ki est au ciel et ki te voit, REPE n’oublie pas ke tu pars à l’église chaque dimanche. confesse toi. Réduit cette somme pour ke nos employeurs puissent au moins nous payer et ke nos enfants aussi puissent aller à l’école sous l’arbre.

Le lecteur mourinho se plaint en ces termes:

et dire que si j’avais seulement 8 millions de francs cfa j’aurais effectués des études de médécine à l’Université des Montagnes après le baccalauréat avec une note de 13/20 et sans répétiteur,ça me fait mal et j’ai envie de crier haut et fort que justice soit faite.

En septembre dernier, le Président sud-africain Jacob Zuma avait vu son salaire augmenter de 5 pour cent. En outre il s’était marié à nouveau, provoquant quelques commentaires des contribuables. Le blog news24.com avait publié des commentaires [en] des lecteurs :

WhoisJohanGalt a écrit ce commentaire [en]:

Est-il juste qu’un sud-africain moyen avec une femme et un ou deux enfants ait à contribuer pour les voyages par avion de 4 épouses et 20 enfants +[du Président Zuma]? Et vous dites qu’il ne nous coûtera rien?

Dans un billet satirique, le blog extraordinaire.co.za traitant [en] du sérieux problème de l’enrichissement du clan Zuma a écrit:

Le président Jacob Zuma est un homme avec de nombreuses épouses. Il est en train de créer pour lui-même, pour ses amis et les membres de sa famille une grande richesse. Il est probablement l’une des seules personnes que je connaisse qui ait été fait président, même après des procès pour viol et corruption.

Pour ce qui est de la Guinée, les informations sur les revenus de ceux qui nous ont dirigé depuis l’indépendance sont encore plus rares.

Les amis de l’Afrique doivent nous aider à dénoncer ces crimes contre les peuples africains, et à les combattre. Dénoncer un dictateur rapace n’est pas du racisme.

Afrique: Combien nous coutent nos dictateurs? (1ère partie)

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Les scandales et les excès liés à la corruption et au mauvais usage des ressources des états africains par ceux qui sont sensés conduire nos peuples sur le chemin de la prospérité font de temps à autre les choux gras des journaux. Le dernier cas est celui des fils Mubarak. En effet, lematin.ch vient de révéler sur son site web,  que:

Quelques 300 millions de dollars appartenant aux fils de l’ancien président égyptien Hosni Moubarak sont gelés chez Credit Suisse (CSGN 22.26 -1.11%) à Genève. C’est ce qui ressort d’un document du Ministère de la justice égyptien dont «Le Matin Dimanche» a obtenu une copie. Un autre compte des deux frères chez BNP Paribas (Suisse) SA comporte pour sa part plusieurs dizaines de millions de francs.

Espérons que cet argent fruit du pillage de la famille Mubarak contre le peuple égyptien, reviendra dans son pays d’origine pour contribuer à sa mise en valeur et à son développement  Information qui me remplit de joie. Malheureusement, il ne s’agit que d’une goutte dans un océan. Tant le pillage a été minutieux et durable. En juillet dernier, le site digitaljournal.com n’estimait-il pas que:

 L’Ancien président de l’Egypte, Hosni Moubarak, avait une fortune de 70 milliards de dollars dans des banques étrangères, selon un rapport publié par les renseignements généraux de la Commission nationale de sécurité.

Plus tôt cette année, j’avais cherché à savoir combien nous coutent ceux qui

Un des pères de l'indépendance africaine. Photo de l'auteur

Jomo Kenyatta doit se retourner dans sa tombe! Photo abkodo2

nous gouvernent. C’est un exercice très difficile, encore plus en Afrique, à cause de l’opacité qui le couvre d’un brouillard très épais. En outre, les données varient selon les sources.

Dans un billet publié sur dakaronline.net, Sabine Cessou, pense que :

 En soi, la publication du salaire présidentiel représente un bon signe pour la démocratie sud-africaine. Il en va de même au Kenya, où Mwai Kibaki gagne 2,5 millions de shillings (19.650 euros) ou encore à l’île Maurice, où Anerood Jugnauth touche plus modestement 2.970 euros, ou encore au Liberia, où Ellen Johnson-Sirleaf touche 5.550 euros.

….Le problème, c’est qu’on ne sait rien des émoluments de Joseph Kabila en République démocratique du Congo (RDC) ou d’Idriss Déby au Tchad…

Kokou AGBEMEBIO a écrit un billet l’année dernière sur les caisses noires des présidents africains sur le site rejadd.blogvie.com:

Combien gagnent-ils les chefs d’Etat africains ? Que coûte la présidence de la République dans le budget annuel ? Voilà bien des questions qui alimentent les polémiques sur le continent africain. ….

Dans un  billet publié sur lomezoom.mondoblog.org commentant la valeur déclarée des avoirs du Président Hollande, écrivait :

 Autant dire, qu’une des villas du président togolais suffirait à englober les

Meeting in the Oval Office June, 26, 2003, Pre...

Le PM Anerood Jugnauth de Maurice avec J. W Bush en 2003. (Photo credit: Wikipedia)

1,18 millions d’euros du président François Hollande. Les 13532 euros mensuels ne sont que de l’argent de poche pour les enfants et proches du président….

Pour le commun des togolais, le patrimoine du président, et celui du pays, ne font qu’un (excepté  les dettes) ; un compte commun où ce dernier peut puiser à volonté

Dans son article déjà cité Sabine Cessou révèle que:

En Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo gagnait 14.640 euros lors de ses dernières années à la présidence. A peine 300 euros de moins que feu Omar Bongo, le président du Gabon, un pays qui brasse les pétrodollars. Les salaires de leurs successeurs respectifs, Alassane Ouattara et Ali Bongo Ondima, ne sont pas connus. L’opacité la plus totale reste la règle, à travers le continent.

Quand les salaires officiels sont publiés, comme au Burkina Faso (2.545 euros pour Blaise Compaoré) ou au Zimbabwe (1.100 euros pour Robert Mugabe), beaucoup se demandent quels sont les revenus "réels" du chef de l’Etat. Au Sénégal, Abdoulaye Wade gagne officiellement 568.000 francs CFA (soit 866 euros)… Problème: d’autres fonds sont alloués budgétairement à la présidence, dont les montants restent secrets.

D’après le site therichest.org, Raila Odinga est l’homme politique qui détient le troisième salaire le plus élevé des chefs d’état et de gouvernement, avec $427 886 par an. Il faudrait 107 ans au Premier ministre indien Manmohan Singh pour obtenir un tel montant!  Jacob Zuma, est le 11ème du monde avec $272 280, supérieur à ceux des chefs d’état de la Nouvelle-Zélande, de la Grande Bretagne, de Taïwan, de la Corée du sud et de l’Indonésie.

Wikipedia classe le Roi Mswati III (né prince Makhosetive Dlamini) du Swaziland (dont 70 pour cent des 1,1 million de sujets vivent avec deux dollars par jour ou moins) parmi les hommes d’état les plus riches du monde, avec 100 millions de dollars en 2011 C’est simplement 10 fois plus que Obama (en 2010), Président des États-Unis d’Amérique!!! Parmi les anciens chefs d’état les plus riches, le Nigeria arrive à en placer deux: Ibrahim Babangida et Sani Abacha.

Sous feus Sékou Touré à Lansana Conté, en passant par le capitaine Moussa Dadis Camara et le Général Sékouba Konaté, l’opacité aura été la règle sur le salaire présidentiel. …. Le Président Alpha Condé, à peine un an au pouvoir, n’a pas lésiné sur les moyens pour effectuer de nombreux voyages à l’étranger.

#1 CONDE commentant le même article, émet ce jugement:

Pour être honnête, ces Présidents se moquent de nous. C’est une insulte totale de voir un Président de la République qui se dit soucieux du devenir de son pays prendre une somme aussi faramineuse. Comme le disait JMD (Justin Morel Junior), aucun de ces Président ne merite de diriger l’Afrique. Au moins, courage à ceux qui ont accepté de publier leur salaire même si l’on sait qu’il y a des caisse noires. M. le Président de la République de Guinée, il vous faut quoi pour dire tout juste ce que les guinéens vous accorde? C’est aussi un signe de la bonne gouvernance et de la transparence.

Bien que presque la totalité des pays africains ne centrera pas les huit objectifs du millénaire du développement, les extravagances couteuses de leurs présidents hypothèquent lourdement l’avenir de leurs peuples. C’est comme s’ils étaient tous pris en otage par des ennemis, auxquels le autres dirigeants du monde déploient le tapis rouge et tous les honneurs qui devraient être réservés à des gens honnêtes et respectables.

Guinée: La Corruption, l’éternelle humiliation nationale

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English: Overview of the Corruption Perception...

Carte du monde de l’indice de perceptions de la_corruption en 2009  (Photo crédit: Wikipedia)

La publication du rapport 2012 de l’ONG Transparency International a été largement commentée en Guinée aussi. De nombreux observateurs relèvent le progrès accomplis par notre pays, classé en 2011 le pays le plus corrompu d’Afrique et le quatrième du monde.

Pour M. Mamadou Taran Diallo, président de l’Association guinéenne pour la transparence et contact national de Transparency International, cité par guinee7.com:

"la Guinée a amélioré son classement en se classant 154ème pays sur 174. en Afrique elle est 40ème sur 48".

Hussle Mine a annoncé dans un commentaire sur le site de TI la création de la page facebook.com pour lutter contre la corruption AKHADAN c’est-à-dire Finissons-en en dialecte sussu. Il précise [traduit de l'anglais]:

Le site est basé sur la plate-forme USHAHIDI est une collecte de données et de cartographie permettant la notification par SMS, WEB, Twitter ou Email. Les motivations de notre initiative résident dans la perte totale de confiance dans les institutions publiques et leur semblant de lutte contre la corruption. Nous croyons qu’aucun organisme gouvernemental ne pourra ce faire de manière indépendante et nous sommes déterminés à aller de l’avant sur le chemin comme nous en avons le droit pour exprimer la voix du peuple.

Akhadan est aussi un portail Internet où chacun citoyen peut signaler des cas de corruption dont il a eu connaissance.

Enfin, Bah Mamadou Lamine, grand reporteur à l’hebdomadaire Le Lynx a fait un reportage dévoilant des flagrants de corruption. Je publie aujourd’hui son introduction, dans l’espoir que de nombreux guinéens et amis du peuple guinéen en prendront connaissance.

Voici son analyse préliminaire du classement de la Guinée selon l’indice de perception de la corruption en Guinée par BML:

Le phénomène de la corruption et la Guinée indépendante sont comme cul et chemise : inséparables. Déjà en 2006, Transparency International, Guinée nous avait mandaté pour réaliser l’étude sur le Système National d’Intégrité de la Guinée pour le compte de la maison-mère de l’ONG à Berlin. Ça n’a servi à rien. La même année, l’USAID a financé la participation de la Guinée à une rencontre mondiale sur la corruption au Guatemala. Toujours zéro. Auparavant le PNUD avait fait la même chose pour des Guinéens au Ghana. Toujours, zéro pointé. Le pays continue de plonger dans les abysses. Aucun Plan Stratégique National de lutte anti-corruption et la Justice, le moyen le plus efficace de lutter contre elle est toujours le parent pauvre des priorités de l’Etat. Alors, pas étonnant que notre pays est le plus corrompu des Etats CEDEAO  et ceux de la Mano River Union encore en 2012. Les Etats africains plus corrompus que nous sont au nombre de huit dont la Somalie, le Soudan, la RDC et  la Libye, des pays en situation de quasi-guerre.

La Guinée occupe la 154è place sur174. La Côte d’Ivoire, 130è, le Liberia, 75è, il vient de sortir d’une guerre civile comme la Sierra Leone, 123è. La Guinée Bissau, qualifiée par certains de narco Etat s’en sort mieux que nous avec la 150è place. Le Sénégal et sa généreuse Téranga se débrouille avec la 94è place derrière le Ghana, 64è. Et dire que nous avons eu l’indépendance, une petite année seulement après le pays de Rawlings ! Les années 2011 et 2012, c’est des années du Grimpeur. Pourtant le pays continue de couler sans que ça ne gêne le moins du monde l’Alpha gouvernance. Pas une seule déclaration prenant acte de l’humiliante et inconfortable position de notre pays suite au classement de Transparency International !

La Guinée bâillonnée et baillée

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Kouroussa, Guinea Location Map; created with t...

Emplacement de Kouroussa, Guinée de l’utilisateur:Acntx. (Photo crédit: Wikipedia)

http://www.grain.org/fr/article/entries/4565-accaparement-des-terres-et-souverainete-alimentaire-en-afrique-de-l-ouest-et-du-centre

L’accaparement des terres est entrain de priver les petits paysans africains de leurs terres arables d’une manière croissante, avec la complicité de fonctionnaires nationaux. D’après plusieurs sources d’informations, de nombreux pays sont concernés.

Selon grain.org:

"En Guinée, la société américaine Farm Lands Guinea Inc (FLGI, désormais Farmlands of Africa) contrôle plus de 100.000 ha pour la production du maïs et du soja destinés à l’exportation ou à la production de l’agrocarburant. Des investisseurs britanniques (AIMI) contribuent au financement de l’affaire. De plus, FLGI est responsable, pour le compte du gouvernement, de la prospection de 1,5 millions d’ha pour la concession de baux à d’autres investisseurs. Contre quoi FLGI touchera une commission de 15% sur les ventes".

Bah Mamadou Lamine, grand reporter au journal satirique Le Lynx de Conakry, confirme cette information et dévoile son opinion dans ce billet qu’il m’a fait parvenir.

De ténébreuses informations font état de l’existence d’une société dénommée "Farmlands of Guinea" que dirige un certain Mark Keagan. Elle est enregistrée au Nevada. Elle dispose d’une filiale, Land and Ressources (Guinea) en Guinée. Cette dernière prévoit de développer 8.815 ha dans les villages de N’Dema et de Konindou (Dabola) pour y produire de maïs et du soja. Ceci ne serait qu’un projet pilote avant le développement de 98.400ha dans Saraya (Kouroussa). Les parcelles de Konindou et N’Dema ont bénéficié de baux de  99ans accordés par le Ministère guinéen de l’Agriculture. Dans le cadre d’un "Contrat pour le développement" conformément au programme de développement agricole en Guinée datant du 16 septembre 2010. Le même jour, Land et Ressources et ce Ministère ont signé un contrat d’option ("option agreement" qui permet à Land et Ressources de prendre à bail quelque 98.400 hectares situés dans SARAYA (Kouroussa).

Le 28 octobre 2010, cette même société Land et Ressources, signe un protocole d’accord avec notre sacré Ministère. Selon ce protocole, l’entreprise s’engage à étudier et cartographier d’autres terres guinéennes sous-utilisées d’une surface pouvant aller jusqu’à 1,5 million d’hectares; elle s’engage également à mettre ces terres en état pour les faire développer par des sociétés tierces dans le cadre de baux de 99 ans.

Bah Mamadou Lamine

  N’Dema, Konindou et Saraya

 On a vendu vos terres !

La Guinée a toujours eu des terres à profusion pour ses fils. Elle va bientôt avoir des paysans sans terres. Particulièrement à N’Dema (et son immense montagne) et à Konindou (abritant la rivière du même nom qui marque la limite historique entre le Fouta précolonial et le Woulada). De Konindou ce pays des Chérif, pour aller à Saraya (Kouroussa) on rend visite aux Nabé (Banko) aux Kébé (Kébéya) et aux Cissé (Cissela). On nous a toujours vanté les potentialités agricoles de cette zone depuis le lycée – Dabola et Kouroussa peuvent être les greniers de toute la Guinée.

Mais comme le bon Dieux dans son infinie générosité ne fait pas pleuvoir le riz, l’igname ou le taro, il faut les cultiver, les planter. Nous avons par mimétisme, un Ministère de l’Agriculture dont la vocation (sur le papier) est de concevoir des politiques et des programmes pour nous épargner d’importer à manger. Mais, depuis 54 ans qu’il existe nous importons toujours tout. Conakry et les villes de l’intérieur du pays ravitaillent les villages en riz et autres produits. Dans le monde entier  c’est  l’inverse : les paysans et les éleveurs des campagnes ravitaillent les villes qui n’ont pas l’espace pour mener ces activités.

Voilà, le Ministère de l’Agriculture, bête et corrompu, qui vend à des Blancs d’Amérique et d’ailleurs les terres des paysans de N’Dema, Konindou et Saraya. Sans les consulter. La terre de leurs ancêtres, leurs terres. Ils vont se réveiller un jour, prendre la daba et aller au champ. Au premier coup de pioche, un gardien, policier ou militaire va les chasser et leur dire que ce n’est plus leur terre.

Comme ce qui est arrivé aux populations riveraines des forêts de Ziama ou des mines de Zogota. Pour une poignée de dollars, nos élites vendent le pays. Et vont produire des paysans sans terre. Et bonjour les dégâts : conflits, famine, guerre civile. Parce qu’un imbécile de fonctionnaire a vendu ce qui ne lui appartient pas. Au lieu d’imaginer des moyens pour que les populations propriétaires de ces sols puissent les travailler.

Nous avons appelé à N’Dema, le Sous-préfet. Il a été affecté dans ces lieux en 2011. Bien après ces contrats corrompus et dénués de tout processus participatif. Il n’est au courant de rien.

La décentralisation a produit les organisations de la société civile, dons les organisations paysannes. Ces OSC ne doivent pas fonctionner seulement autour des séminaires-ateliers-sandwichs et per diem. Elles doivent "mouiller le maillot" et défendre les pauvres, les faibles et les sans voix.

Quant au Grimpeur, au début de son mandat, il avait reçu les organisations paysannes. Il ne doit pas les oublier au bénéfice des ripoux et des corrompus de ce Ministère vendeur des terres arables de Guinée au bénéfice exclusif de ses agents les plus pourris.

 B M L

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Uniformed children in class in Ha Nqabeni prim...

Une classe à Ha Nqabeni, Lesotho (Photo crédit: Wikipedia)

Dans le classement du Global Gender Gap Report (rapport mondial sur les écarts entre les hommes et les femmes) 2012, c’est le Lesotho (14ème mondial), qui occupe la première place en Afrique, bien qu’ayant perdu cinq places en un an du fait d’un accroissement de l’inégalité des salaires pour un travail équivalent et du revenu estimé des hommes et des femmes.Les indices du rapport mondial sur les différences entre les sexes mesurent les performances selon différents facteurs de 135 pays, soit plus de 93 % de la population mondiale, pour les classer suivant comment les ressources et les opportunités sont réparties entre les deux sexes. Quatre domaines sont pris en considération:

  • la participation économique et les opportunités – salaires, participation et emploi hautement qualifié ;
  • l’éducation – accès aux niveaux élémentaires et secondaires de l’éducation
  • l’autonomisation politique – représentation dans les structures de prise de décisions ;
  • la santé et la survie – espérance de vie et proportion des sexes ;

Le rapport fait savoir que, cependant, le Lesotho est le seul pays du continent à avoir comblé le fossé entre les sexes pour les sous-indices de l’accès à l’éducation de la santé et survie. Avec l’Afrique du Sud (16), ce sont les seuls pays classés parmi les 20 premiers, tandis que les dernières places sont occupées par le Mali (128), la Côte d’Ivoire (130) et le Tchad (133).

Parmi les autres pays du continent, on trouve le Bénin 117ème, l’Éthiopie, 118ème, la Mauritanie, 119ème, l’Algérie, 120ème, l’Égypte, 126ème.

Entre ces deux classements extrêmes, il y a de bons classements parmi les pays africains, avec le Mozambique 23ème, le Burundi 24ème, l’Ouganda 28ème, le Cap-Vert 35ème , le  Malawi 36ème, Namibie 41ème, la Tanzanie 46ème, tous mieux placés que des pays comme la France 57ème, alors que Madagascar, 58ème, le Ghana 71ème,  le Kenya, 72ème et le Botswana, 77ème sont mieux placées que l’Italie 80ème.

Les pays européens monopolisent le top 10 dans le classement, cette année aussi. L’Islande occupe la tête du classement avec la meilleure note générale en matière d’accès à l’éducation et la participation à la prise de décision en politique. Viennent ensuite la Finlande, la Norvège, la Suède et l’Irlande, puis le Danemark (7) et la Suisse (10).

Guinée: Le retour aux cultures traditionnelles pour faire face à la crise

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L’ami Ibrahima Kylé Diallo a écrit un billet intitulé "Jusqu’où supportera-t-on le coût du « kou » de Kankan?", traitant de l’augmentation du prix de l’igname comme effet de la croissance de la consommation. Je reprends rarement les billets publiés sur d’autres sites, mais celui-ci m’a plus car il est bien écrit et sort des sujets trop souvent traités dans les blogs, en particulier guinéens et ensuite parce qu’il est à la première personne du singulier.
Ribeira Principal-Ignames (2)

L’igname, photo de Ji-Elle commons.wikimedia.org

Je trouve que le fait que les guinéens se tournent vers la consommation commencent à privilégier les cultures locales, est une bonne chose si elle aboutissait à revigorer nos cultures traditionnelles. C’est simplement dommage, qu’ils le fassent par nécessité.

Cependant, dans ce cas, on doit dire que tous les maux ne viennent pas pour nuire. Mais ne le faites pas savoir au citoyen "alpha", car cela pourrait porter malheur, comme il est réfractaire à tout ce qui ferait du bien à notre peuple.

En Guinée où tous les coups sont permis, on ne meurt pas encore de faim mais on souffre de malnutrition. Si le riz reste l’aliment de base pour l’ensemble de nos populations, cette céréale devient de plus en plus un luxe pour l’immense majorité des Guinéens de l’intérieur. Par nécessité, beaucoup se rabattent sur d’autres aliments basiques : manioc, patates, fonio, taro, igname, bananes, etc. Chaque région naturelle s’est plus ou moins spécialisée dans un produit bien déterminé au point qu’on se retrouve avec des clichés à la vie dure.

Ainsi, l’évocation de produits alimentaires renvoie à une région voire à une communauté. C’est dans l’inconscient collectif. Quand, par exemple, on parle de poisson et de piment, on pense aux Soussous et à la Guinée maritime ; de fonio et de taro, aux Peulhs et à la Moyenne Guinée ; de karité et d’igname, aux Malinkés et à la Haute Guinée ; de manioc et d’huile de palme, aux habitants de la Guinée Forestière. Bien entendu, il n’y a aucune exclusivité régionale : l’huile et le vin de palme sont produits aussi bien en Forêt qu’en Basse Guinée. En plus du karité, la Haute Guinée fournit du riz comme, dans une moindre mesure, le fait le Fouta-Djallon. Dans une caricature il y a toujours une part de vrai.

Donc, revenons à un produit spécifique : l’igname. Ce tubercule des savanes est très répandu en Haute Guinée où il a d’ailleurs supplanté les céréales dans l’alimentation quotidienne. De goût plutôt agréable, cet aliment demeure néanmoins très constipant (j’en ai fait la douloureuse expérience pendant mon séjour universitaire dans la métropole kankanaise). Le « kougbè »ou igname blanc, appelé « kappè » en Peul, s’y consomme du p’tit dej au dîner. D’où son importance stratégique et l’inquiétude ressentie par l’élévation de son coût dans la mesure où « ventre vide n’a point d’oreille ».

Le soudain coût en flèche du « kou »(augmentation de 300% !) ne serait pas dû à une baisse de production mais à une demande subite des Foutano-Basse-côtiers, à laquelle s’est ajoutée une consommation locale ne connaissant pas de répit. Heureux Foutaniens qui reçoivent toujours des coups mais qui peuvent encore (jusqu’à quand ?) acheter le « kou de Kankan »!

Bien qu’il s’agisse d’une situation conjoncturelle, un espoir pourrait peut-être venir d’un endroit insoupçonné. Imagine-t-on Kankan sans son« kou » ? Aujourd’hui la situation géopolitique est telle que si la Haute Guinée éternue, c’est toute la Guinée qui s’enrhume !

Et si une pénurie de l’igname sauvait la Guinée ? L’aide financière de l’extérieur ne l’a pas sortie de la misère; un tubercule de l’intérieur pourrait-il faire notre affaire? Certes, ce serait exagéré de faire allusion au pétrole et de parler de « choc tuberculeux » en constatant l’augmentation du coût de l’igname. Cependant, son prix n’est plus à la portée du citoyen "lambda". N’est-ce pas le concitoyen "alpha" qui a, encore, dans les mains une autre patate très chaude ?

Je vous salue !

Ibrahima Kylé Diallo

Guinée: Visite de Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique

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Conakry

Conakry (Photo credit: yourdoku)

 

A partir de ce 10 septembre, le vice-président de la BM pour l’Afrique se rend à Conakry, Guinée. Dans les conditions actuelles de mauvaise gouvernance, de graves violations des droits humains et une impunité caractérisée, je me demande bien que va faire ce personnage en Guinée.

 

Tandis qu’au cours des dix dernières années, les autres pays africains avançaient dans leur grande majorité,avec un taux de croissance moyen de 5,4 %,la Guinée n’a pu freiner sa descente aux enfers. Que ce soit sur le respect des droits humains ou la poursuite des ODM [objectifs de développement pour le Millénaire établis en matière de pauvreté, de santé et dans d’autres domaines], les conditions de vie du guinéen se détériorent de jour en jour.

 

Malgré le fait que la Guinée soit dotée d’abondantes ressources naturelles, notamment 30 % des réserves mondiales connues de bauxite, sans parler des gisements de diamants, d’or et d’autres métaux, elle figure en queue de toutes les comparaisons internationales.

 

Guinée: Choléra, redoutable killer des pauvres

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Le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des affaires humanitaires (OCHA) en Afrique de l’ouest et centrale a publié son "Info Flash"  sur l’épidémie de choléra en Guinée Conakry et en Sierra Leone. Malgré la crise qui sévit dans les pays donateurs, des aides continuent d’arriver pour circonscrire ou enrayer cette maladie, qui ne frappe que les plus pauvres vivant dans des conditions hygiéniques déplorables. Comme en Guinée, la hantise de la conservation du pouvoir par tous les moyens prévaut sur la volonté de lutter contre la pauvreté, les conditions de vie des populations restent parmi les pires en Afrique. Ce n’est pas pour rien que notre pays occupe la 12ème pays dans le classement des "failed states" et le 178ème sur 187 pays classés par ordre décroissant pour l’indice de développement humain du PNUD.
Voici le texte intégral de la mise au point sur la situation:
 
L’épidémie de choléra s’est encore aggravée en Sierra Leone et en Guinée au cours de la semaine écoulée, avec un total combiné de plus de 17 400 cas, dont 327 décès, au 26 août. De nouveaux donateurs ont annoncé des contributions généreuses à la réponse, alors que les besoins de financement ont été revus à la hausse dans les deux pays.
Au 26 août, le ministère de la Santé de Guinée a confirmé 4.957 cas, dont 104 décès, depuis le début de l’année. Environ 44% des cas ont été rapportés au cours des semaines 33 et 34 (13-26 août). Dans le même temps, et pour la première fois depuis le 15 juillet, le nombre de nouveaux cas signalés au cours de la dernière semaine écoulée (1.076) est plus faible que la semaine précédente. La capitale, Conakry, reste de loin la zone la plus affectée avec 3.247 cas, dont 665 cas depuis le 20 août. En province, neuf préfectures sont affectées, sur les 33 que compte le pays. Le nombre de nouveaux cas a continué d’augmenter dans les préfectures de Coyah (désormais la plus affectée avec 424 cas et 7 décès), Boké et Dubréka alors qu’il a diminué dans les préfectures de Fria, Mamou et Kankan.
Le niveau actuel de financement en Guinée –principalement par le CERF- permet de faire face à 7.000 cas, mais les Clusters WASH et Santé ont estimé que, au rythme actuel, le nombre de cas pourrait atteindre 12.000 cette année. Le coût de l’intervention pour le reste de l’année 2012 a été estimé à environ 2 millions de dollars: 0,5 million pour la santé et 1,5 million pour les activités WASH. Le CERF a alloué 1,126 million de dollars à l’UNICEF et à l’OMS en avril. Selon FTS, le Danemark et le Japon ont également financé la réponse au choléra. ECHO finance ACF-Espagne à la fois pour la prévention et la réponse. Le gouvernement a annoncé qu’il contribuerait à hauteur de 1,4 milliard de francs guinéens (environ 195,000 dollars) à partir de son propre budget, en deux tranches. La première tranche de 700 millions de francs guinéens a été décaissée et affectée au Département de la prévention et de la lutte contre la maladie (DPLM).
La Sierra Leone est confrontée à sa pire épidémie de choléra depuis 1995. Au 22 août, 12.456 cas ont été signalés, soit plus du double du nombre de cas au 1er août. Au moins 224 personnes sont mortes, près de la moitié d’entre elles depuis le début du mois. Dix des 13 districts sont affectés.Selon l’OMS, la population affectée -la population totale de tous les districts affectés- est 4.654.610 personnes. Le taux de létalité est de 1,8 et n’a que légèrement diminué au cours des trois dernières semaines. Le Gouvernement a déclaré l’urgence nationale et on s’attend  à ce que l’épidémie dure au moins jusqu’à la mi-novembre.Le coût de la réponse globale a été réévalué à 10.679.104 dollars, dont 2,8 millions pour la santé, 1,07 million pour les activités WASH et 6,8 million pour la mobilisation sociale. CERF a alloué 2,5 millions de dollars au début du mois. ECHO finance plusieurs partenaires (ACF, MSF et Oxfam) pour un total d’environ 1,18 million de dollars. Le DFID a annoncé un financement de 2 millions de livres sterling (environ 3,15 millions de dollars) qui se fera pour la première fois par le biais du Fonds de Réponse Rapide (RRF), un réseau créé en mars qui comprend des organisations humanitaires spécialisées

- Save the Children, International Rescue Committee, Oxfam, Concern , Care International et la Croix-Rouge britannique - et les entreprises privées. D’autres promesses généreuses ont été faites par Irish Aid et l’OFDA. La FICR a lancé un appel pour financer la Croix-Rouge de Sierra Leone à hauteur de 1,14 million de dollars.

Rémi DOURLOT

Public Information Officer
Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (OCHA) – ROWCA
Tel:  221 33 869 8515
Cell: 221 77 569 9653
Email: dourlot@un.org
http://ochaonline.un.org/rowca

Rwanda: L’autoévaluation du parlement rwandais en matière d’égalité des sexes

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Pas satisfait d’être le seul parlement au monde avec une majorité de femmes (56,3 %), le Parlement rwandais, selon le dernier du bulletin en ligne du l’Union interparlementaire, devait procéder fin juillet à une auto-évaluation de sa « sensibilité au genre ». Cette évaluation devait etre réalisée par 40 parlementaires des deux sexes et des membres de l’administration des deux chambres du Parlement. Elle portera sur différentes questions, dont les fonctions occupées par les femmes, l’intégration des questions de genre dans la législation et dans les partis politiques, les conditions de travail au Parlement et les politiques mises en place pour combattre le harcèlement sexuel sur le lieu de travail.

Toujours selon le bulletin de l’UIP, à la conclusion de l’évaluation, un séminaire d’information d’une journée sera organisé

Entrée du parlement rwandais

Le parlement rwandais est le seul du monde ayant une majorité de femmes. Photo de l’auteur

par l’UIP, le Parlement rwandais et le Forum des parlementaires rwandaises sur ce que doit faire un parlement attentif aux questions de genre. C’est l’étude de l’UIP, intitulé "Parlements sensibles au genre : Etude mondiale des bonnes pratiques" .

Ce document conçu initialement "par Julie Ballington, à l’époque spécialiste au sein du Programme de partenariat entre hommes et femmes (GPP) de l’UIP, ce projet a bénéficié de l’apport de nombreux spécialistes du genre et des parlements ainsi que de l’aide des partenaires du projet, en particulier Zeina Hilal (Chargée de programme, GPP, UIP), Kareen Jabre
(Responsable GPP, UIP), Karima EL Korri (PNUD, Bureau régional pour les États arabes), Elizabeth Powley et Kristen
Sample (International IDEA, Bureau régional pour l’Amérique latine). La sénatrice Ruth Nancy (Canada) a également
apporté une aide précieuse à la finalisation des questionnaires diffusés dans le cadre de cette recherche."

Après l’étude et à l’issue du séminaire:

un plan d’action sera défini, en vue des élections qui doivent se tenir l’année prochaine. Ces activités s’inscrivent dans un programme d’appui de l’UIP au Rwanda. En avril, l’UIP avait déjà assuré une formation aux parlementaires et au personnel du Parlement sur l’intégration des questions de genre, notamment dans l’élaboration du budget, afin d’aider le Parlement à remplir ses obligations en matière d’égalité des sexes dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’économie.