Archives Mensuelles: mars 2012

Guinée: Sékou Touré, un tyran sanguinaire adulé 26 ans après sa mort

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Ce 26 mars 2012, il y a 28 ans, jour pour jour, le premier président guinéen, Sékou Touré, mourait. Sous son régime, la Guinée, fut soumise à une dictature familiale implacable empêchant tout progrès. Elle connut les pages les plus sombres de son histoire dont les séquelles, près de trois décennies après, restent profondes sur les mentalités et dans de nombreux domaines de la vie sociale et économique la Guinée. Comme chaque année, les héritiers de son régime sanguinaire se sont efforcés de présenter ce tyran comme un héros national immaculé. La vérité fut toute autre et elle doit être dite et répétée afin que les jeunes générations soient protégées contre tout révisionnisme.

Un des thèmes du symposium de cette année a été la souveraineté de la monnaie nationale. Les orateurs se sont bien gardés de révéler que trois des quatre gouverneurs de la Banque centrale que le pays connut de 1960 à 1970 furent emportés par les purges du parti-Etat, le PDG. Baldet Ousmane (1960-1963) fut pendu publiquement. Elhadj Mahmoudou Fofana (1963-1969) fut incarcéré pendant neuf ans au camp Boiro. Balla Camara (1969-1970), un des artisans de l’administration guinéenne, fut fusillé sommairement. Ils ont été ensevelis dans des fosses communes dont leurs familles ignorent toujours les emplacements. Aucune réhabilitation de la mémoire de ces héros n’a encore été entreprise.

Un autre paradoxe du symposium de cette année a été une soirée culturelle pour célébrer la création de la JRDA (Jeunesse de la révolution démocratique africaine). Or, un des tout premiers responsables de la JRDA, Tibou Tounkara, a fini dans une fosse commune.

A ce symposium sont invités les compagnons de l’indépendance encore en vie. Pourtant Sékou Touré les avait tous trahis, et avec eux la Guinée toute entière. Avec Sékou Touré, tout reposait sur la démagogie, la tromperie et la duplicité. Il parlait de pouvoir du peuple alors que le pouvoir était fortement centralisé entre les mains des membres de sa famille. Il disait aimer son peuple mais le soumettait à la terreur. Il avait traité les Guinéens comme des enfants dénués de capacité de penser.

Sékou Touré et certains des membres de sa famille ont privé la Guinée des forces vives dont elle avait besoin pour progresser, en les éliminant par vagues ou en les contraignant à l’exil. Ils avaient fait de la Guinée un camp de concentration à ciel ouvert.

Les maux dont souffre la Guinée et qui plombent durablement son devenir trouvent sans conteste leurs racines dans le régime de Sékou Touré. Le président Alpha Condé a dit qu’il a hérité d’un pays mais pas d’un Etat. Nous n’avons aucune difficulté à le croire car cette situation est une séquelle de l’ancien régime : le Parti était au dessus de l’Etat et la famille présidentielle au dessus du Parti. Les conséquences après la mort du tyran sont l’anarchie administrative, la gabegie et leurs corollaires.

L’association des victimes du Camp Boiro demande que toutes les victimes des violences extrajudiciaires de l’état soient réhabilitées pour qu’il y ait une véritable réconciliation dans notre chère patrie et que les biens confisqués ou détruits soient rendus.

Balkans: Vers la création d’une Commission Vérité et Réconciliation

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Ayant vécu pendant deux ans et demi en Yougoslavie, c’est avec plaisir que j’ai appris ce matin qu’une Commission Vérité et la Réconciliation régionale allait etre formée par les anciennes républiques qui faisaient partie de la fédération.

Les différentes entités pendant la guerre civi...

Les différentes entités pendant la guerre civile de Yougoslavie (Photo credit: Wikipedia)

Le blog balkans.courriers.info a publié un billet de Rodolofo Toè nous apprenant que:

Les républiques de l’ancienne Yougoslavie devraient constituer une « Commission Vérité et la Réconciliation régionale », afin de pouvoir élaborer une vision partagée des guerres des années 1990. Thomas Hammarberg, le Commissaire du Conseil de l’Europe pour les droits de la personne a présenté lundi à Sarajevo son rapport sur « Justice pot-conflictuelle et paix durable en ex-Yougoslavie ».

Lorsque j’ai consulté le site, la curiosité m’a poussé à aller sur celui du Conseil de l’Europe pour avoir plus de détails. Je découvre ainsi que M. Thomas Hammarberg, Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, à l’issue d’une mission sur le terrain a présenté, à Sarajevo, un document (en anglais) sur la justice d’après-guerre dans l’ex-Yougoslavie. Ce que le commissaire dit s’appliquerait textuellement à la Guinée. En effet, on peut lire cette introduction au billet du Conseil présentant le document:

La réconciliation inter-ethnique, la cohésion sociale et la paix durable ne sont réalisables dans la région de l’ex-Yougoslavie que si les États remédient aux conséquences des graves violations des droits de l’homme dont des milliers de personnes ont été victimes pendant les guerres des années 1990. Les problèmes qu’il reste à régler exigent une vision empreinte de sagesse et une direction politique résolue. La paix et la stabilité dans la région doivent s’enraciner fermement dans les principes des droits de l’homme et de l’Etat de droit

Rappelant qu’en dépit des efforts déployés et les progrès accomplis, le lourd héritage des violences du passé récent est encore dangereusement présent dans toute la région de l’ex-Yougoslavie. Le sort des femmes violées, des personnes déplacées, des biens confisqués et l’impunité me rappellent la situation de mon pays. En effet voici ce qu’il a déclaré à ce propos:

L’impunité des crimes de guerre n’a pas été éliminée et le sort de quelque 13 500 personnes disparues n’a toujours pas été éclairci. Les milliers de femmes qui ont subi des violences sexuelles ne bénéficient toujours pas d’une assistance appropriée. Il y a aussi environ 438 000 réfugiés et autres personnes déplacées dont les demandes légitimes de réparation n’ont toujours pas été satisfaites. En outre, la situation d’environ 18 000 personnes qui, dans la région, sont apatrides ou risquent de l’être, notamment des Roms, pose de sérieux problèmes dans les domaines humanitaire et des droits de l’homme, qui doivent être traités et réglés conformément aux normes européennes et internationales consacrées.

Malheureusement, en Guinée, les dirigeants qui se sont succédés, ont plus plus cultivé le sentiment de  l’appartenance ethnique que la recherche de la vérité, la réparation des torts et la réconciliation. Plus de 40 ans après leurs exécutions extra-judiciaires, les restes de mon père et ceux de plus de 50 000 autres victimes de la dictature, dont les véritables de l’indépendance guinéenne gisent toujours dans des fosses communes non localisés. Certains des biens laborieusement acquis par nos pères, nos frères et sœurs confisqués ou détruits lors des violences successives dans le pays n’ont pas été restitués. Aucun effort sérieux n’a été entrepris pour identifier les coupables des tueries et des viols.

M. Thomas Hammarberg dit ce que nous voudrions voir se réaliser en Guinée, lorsqu’il souligne que pour les états des Balkans il est capital d’établir des systèmes judiciaires nationaux efficaces afin non seulement de renforcer l’état de droit mais aussi d’accroître la nécessaire confiance de la population dans la justice et de renforcer la prévention des violations des droits de l’homme.

Comment ne pas penser au cas de la Guinée lorsqu’on lit?

Les efforts ont été sérieusement entravés par des divisions et des clivages ethniques persistants parmi les responsables politiques et les populations.

Pour contribuer à effacer les séquelles du passé, il est nécessaire même en Guinée comme le préconise le Commissaire européen, dans le cas des Balkans de procéder à une révision des manuels scolaires, afin qu’ils puissent aux futures générations "la promotion d’une connaissance véritable de l’histoire, favorisent la tolérance et la confiance entre les peuples, notamment les jeunes générations, et

A cello player in the partially destroyed Nati...

Les stigmates de la guerre en 1992 sur la Librairie nationale, Sarajevo, . (Photo credit: Wikipedia)

permettent de lutter contre la discrimination et les clivages entre les différents groupes ethniques."

Guinée: La gangrène de la corruption, ennemie No. 1

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Übersicht des Korruptionswahrnehmungsindexes, ...

Carte du monde de l'indice de perceptions de la_corruption (année 2007) (Photo credit: Wikipedia)

Commentant la partie sur les pays africains du rapport de Transparency International, sur la perception de la corruption, Justine Gonsse note dans un article publié sur slateafrique.com, note en ce qui concerne la Guinée:"

En 2006, c’était le pays le plus corrompu d’Afrique et le quatrième du monde selon le classement IPC. Depuis, d’autres pays se sont incorporés au classement et la Guinée stagne toujours entre la 160ème et la 164ème place. Malgré tout, son indice a augmenté et se tient aujourd’hui à 2,1 point, toujours loin derrière le Botswana, premier pays africain avec 6,1/10.

Quiconque a vécu en Guinée sait que dans notre pays, la corruption et très répandue dans la vie de tous les jours et à tous les niveaux. C’est dès l’aéroport qu’on en fait la découverte, meme lorsque vos documents sont en règle, il y aura toujours un agent pour chercher à vous soutirer des sous. Dans les bureaux, il est considéré comme normal que vous mettiez la main à la poche pour obtenir tout service ou document officiel dont vous avez besoin. Dans la rue, ne soyez pas étonnez que l’on vous demande des documents qu’ailleurs dans le monde personne ne l’aurait fait.

Lors d’un de mes séjours, un ami français et sa copine guinéenne m’ont invité à diner dans un restaurant à Coléah, banlieue de Conakry. Lorsqu’ils me raccompagnaient, dès la sortie du parking du restaurant, il y avait un barrage pour le contrôle d’identité, des agents de sécurité nous ont arrêtés pour nous demander nos documents. A eux deux, comme ils avaient tous leurs documents personnels et ceux de la voiture en règle, on leur a demandé le certificat de mariage. Ce n’est pas une blague. Heureusement que devant l’ironie de notre part ils ont renoncé à trop insister, après tout de même une bonne demi-heure.

A street scene in Conakry

Vue d'une scène de rue à Conakry (Photo credit: Wikipedia)

A moi, lorsque je leur ai sorti mon passeport de la CEDEAO (Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest), ils m’ont dit que le document n’était valable que pour voyager. Pour m’effrayer, ils m’ont dit de monter dans leur camionnette, je leur ai dit d’accord. Quand je suis sorti de la voiture de mes amis, les agents m’ont dit que tout pouvait "s’arranger" entre nous. M’étant acheminer vers la camionnette, mes amis sont eux-aussi descendus de la voiture et ont leur dit qu’ils devaient embarquer tous les trois. Et l’homme blanc bénéficiant encore de quelques égards, ils ont renoncé à nous embarquer. Sur un trajet de moins de 2 Km, la scène s’est répétée deux/trois fois avec des variantes une plus saugrenue que l’autre.

Une autre fois, j’ai garé ma voiture devant le cybercafé Mouna au cœur de Conakry. A ma sortie, j’ai trouvé des agents autour de ma voiture. Ils m’ont dit qu’il était interdit d’y garer et que je devais payer une contravention. Je leur ai dit qu’il n’y avait pas de problème, bien qu’il n’y avait aucun signal le confirmant. Simplement, je voulais un reçu. Ils ont commencé à me dire que tout pouvait "s’arranger", que nous devions nous comprendre entre pères de famille, si j’acceptais de payer sans le reçu. Lorsque j’ai insisté pour l’avoir, ils m’ont dit que s’ils me donnaient le reçu, c’est leurs patrons qui auraient empoché l’argent.

Lors de la visite de mon fils et de sa fiancée qu’il était venu me présenter, des gendarmes nous ont créer des problèmes parce qu’elle avait photographié une montagne à la sortie de Mamou. Lorsque nous leur avons dit que nous faisions du tourisme, ils nous ont répondu que le ministère du tourisme était à Conakry que la-bas c’était eux qui commandaient.

Il ne s’agit là que de cas de la petite corruption. Mais la corruption est répandue à tous les niveaux de l’administration: marchés publics passés de gré à gré, gonflement des comptes Dans un billet publié sur lejourguinee.com, Amadou Kendessa Diallo écrivait en décembre 2011:

La corruption cause d’énorme perte à l’Etat guinéen.  500 milliards de francs guinéens par an c’est le montant  détourné par des fonctionnaires véreux et les bandits à col blanc au détriment de l’administration publique selon les autorités en charge du secteur des Audits, du Contrôle économique et financier.

Avec l’élection du Président Alpha Condé, on aurait espérer une amélioration dans la lutte contre la corruption, cette gangrène qui empêche notre pays de se développer au profit des malfaiteurs. Mais, beaucoup de chemin reste à faire et une plus grande volonté politique à démontrer.

Guinée: Après les violences, les excuses des gendarmes à une journaliste

Vidéo

J’ai écrit l’article suivant pour le réseau de blogueurs et traducteurs globalvoicesonline.org qui publie dans 21 langues à travers le monde. Je remercie Lova Rakotomalalaqui en a assuré la révision et la mise en page. Le titre original est:

Guinée : Agression d’une journaliste par la gendarmerie de Conakry

La gendarmerie guinéenne vient de faire un geste qui a surpris de nombreux citoyens, surtout parmi les professionnels des médias, suite à l’agression de la journaliste Kounkou Mara de la part d’agents chargés de la sécurité à la Banque centrale de la république de Guinée à Conakry le 27 février dernier. Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Mme Mara, journaliste du journal privé Le Lynx, s’est vu refuser l’entrée à la Banque centrale de Guinée le 27 février dernier, malgré le fait qu’elle ait présenté sa carte de presse professionnelle aux gendarmes affectés à la sécurité de ladite institution et expliqué qu’elle devait interviewer son gouverneur.

La Journaliste Kounkou Mara, un jour après l’agression, photo publiée avec permission de la journaliste.

Le CPJ précise les détails de l’agression [fr]:

Les officiers de gendarmerie lui ont dit qu’elle constituait une menace pour la sécurité des employés de ladite banque et des agents l’ont ainsi jetée dans la rue. Les gendarmes l’ont poussé sans ménagement hors de la banque. Elle a déclaré s’être cognée la tête contre une voiture stationnée. Elle a souffert de multiples contusions sur son corps, soulignant qu’elle a dû aller à l’hôpital pour un traitement.

La journaliste Fatoumata Kéita de kaloum Presse donne [fr] les réactions de la gendarmerie suite à cette agression :

 ”Au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée aujourd’hui au Conseil National de la Communication, la gendarmerie nationale a reconnu le tort commis par ses agents. « Dès que le Haut Commandant de la Gendarmerie nationale, Directeur de la Justice militaire a été saisi de cet incident qui est de nature à saper la liberté de la presse, des instructions fermes ont été données et les éléments mis en cause ont été aussitôt mis à la disposition de la Direction des investigations judiciaires pour des fins d’enquête. Le Haut Commandement de la gendarmerie nationale réaffirme sa volonté de garantir la liberté de la presse en Guinée sans compter celles des libertés individuelles”.

Dans un language coloré, très proche de celui du journal satirique Le Lynx, le journal pour lequel travaille la journaliste agressée, Oumar Kateb Yacine donne lui aussi son compte rendu [fr] :

Le vendredi 9 mars 2012, un gotha d’officiers de la gendarmerie nationale était devant les journalistes de tout secteur confondu. Pas pour une conférence de presse.  Mais pour une séance d’excuse.

Les pandores étaient venus demander pardon aux scribouillards, suite à une bavure commise par certains de leurs qui étaient en exercice de leur fonction au siège de la Banque centrale de la République de Guinée sur une consœur de la presse écrite privée, en l’occurrence Kounkou Mara du Groupe de presse le Lynx-la Lance qui, elle aussi, était en exercice de sa fonction.

En Guinée, depuis l’indépendance, l’impunité et l’arrogance des agents de sécurité et de tout ce qui symbolise l’état ont prévalu jusqu’à présent. Pour Boubacar Sanso Barry, qui s’exprime [fr] dans un billet paru sur Guinée Conakry Info :

Ce n’est pas tous les jours qu’entre gendarmes guinéens et professionnels des médias de ce pays, le courant passe. Et c’est pourquoi la cérémonie de ce vendredi au CNC avait quelque chose de particulier. Parce que, pour une fois, la gendarmerie et les journalistes voyaient dans la même direction.

La victime est une journaliste connue dans le pays pour son sérieux et appréciée pour sa compétence. Elle travaille depuis plusieurs années dans le groupe de médias Lynx-Lance, considéré parmi les plus crédibles du panorama médiatique guinéen. Le Lynx, un des premiers journaux satiriques d’Afrique, s’est forgé un langage particulier et ne ménage personne. La victime, une des meilleures journalistes du pays, a remporté le prix Hadiatou Sow [fr] du journalisme féminin qui récompense depuis 2010 les meilleures professionnelles dans ce métier.

Cette agression a créé une vive indignation des journalistes et des blogueurs guinéens et africains. Le blog africabusiness.com a publié [en] un billet citant Mohamed Keita responsable de la région Afrique au Comité pour la protection des jounralistes:

 What happened to Kounkou Mara constitutes an assault, and authorities have an obligation to conduct a criminal investigation and bring appropriate charges. Guinea’s new democratically elected government has an opportunity to turn the page on years of abuse and impunity in security forces’ attacks on journalists.

Ce qui est arrivé à Kounkou Mara constitue une agression et les autorités ont l’obligation de mener une enquête criminelle et formuler les accusations appropriées. Le nouveau gouvernement démocratiquement élu en Guinée a la possibilité de tourner la page sur les années de violence et d’impunité dans des attaques des forces de sécurité contre les journalistes.

Sur le blog Guinee Conakry Info, la journaliste Salematou Diallo ajoute que :

Et c’est justement la nature gratuite et totalement infondée de l’agression qui a conduit l’ensemble des professionnels des médias guinéens, à sortir de leur silence pour condamner cette attitude qui procède certainement d’un excès de zèle et d un déficit de formation au sein des forces de défense et de sécurité nationales.

Salematou Diallo cite [fr] Martine Condé, Présidente du Conseil national de la communication (CNC) qui exprime son indignation tout en indiquant les limites de la liberté de la presse en Guinée :

 ”Les journalistes ne sont pas des ennemis à abattre ». Elle a saisi l’occasion pour rappeler que « les sources non accessibles sont celles relatives à la sécurité  intérieure et extérieure de l’Etat, à la protection de l’honneur  et de la dignité du citoyen et au respect de l’instruction judiciaire ». Hormis ces dernières, précise-t-elle, la carte professionnelle donne au détenteur le droit d’accès à toutes les sources non protégées. Condamnant l’agression contre Kounkou Mara, Martine dit souhaiter de la part des autorités de la gendarmerie « des mesures disciplinaires à l’encontre des auteurs de ladite agression ».

Cet événement s’est vérifié quelques temps après l’adoption à l’ONU d’une résolution sur les droits de l’homme en Guinée. Traitant de cette résolution, Aboubacar Cissé a écrit [fr] dans un billet publié sur le site guineenews.org :

 Si dans son rapport, la haut commissaire [Navanethem Pillay] indexe l’impunité sur les événements du 28 septembre 2009, elle reconnait cependant que “la discipline commence à revenir au sein des forces armées et que le secteur de la justice commence également à mettre en œuvre les recommandations faites au cours de ses états généraux, avec la nomination de nouveaux juges pour revitaliser le système judiciaire en Guinée”. Le document souligne d’autre part les efforts fournis pour l’établissement d’une institution nationale indépendante des droits de l’homme et en faveur de la commission nationale de réconciliation.

Plus d’un an après l’élection du Prof. Alpha Condé à la présidence du pays et la formation d’un gouvernement civil, il y a eu de nombreuses violations des droits humains et de violence excessive occasionnant même la mort d’innocents. Dans son billet Oumar Kateb Yacine, après en avoir rappelé quelques uns qui ont vu les forces de sécurité user de la violence contre des citoyens, a écrit [fr]:

Certes, on nous apprend que pour tous ces cas cités ci-haut, les auteurs ont été radiés de l’effectif et mis à la disposition de la justice. Reste à savoir ce que fera cette dernière. Une tâche qui, en principe ne devrait pas être ardue dans la mesure où le Général Baldé, chef du Haut Commandant de la gendarmerie nationale est celui qui dirige la justice militaire. Une occasion pour lui d’extirper l’épine de ses pieds en sanctionnant ces malfrats à la hauteur de leur forfaiture.

Dans cette vidéo, Kounkou Mara raconte [fr] sa mésaventure sur les ondes de Radio Espace, une radio de Conakry, suivi d’un débat entre des journalistes.

Ecrit par Abdoulaye Bah

Source: http://fr.globalvoicesonline.org/2012/03/16/102006/

Sujets Liberté d’expression, Gouvernance, Droits humains, Médias citoyens, Femmes et genre, Média et journalisme

Guinée: Intimidation et violence physique des forces de sécurité contre une journaliste

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Les forces de sécurité guinéennes ont pris une habitude qui semble leur etre difficile de perdre: Le 27 février 2012, des agents des forces de sécurité en service à la Banque centrale de Guinée, ont agressé Kounkou Mara, une journaliste du groupe de presse Le Lynx-La Lance, le premier à être créé dans le pays après la chute du régime dictatorial de Sékou Touré en 1984. Ce groupe qui vient de fêter ses 20 ans publie deux hebdomadaires qui sont parmi les plus lus et jouissent d’une grande indépendance et de crédibilité. Elle avait été invitée à participer à une discussion avec d’autres collègues pour rencontrer le gouverneur de la BCRG à l’occasion du 52 anniversaire de la monnaie guinéenne. Kounkou Mara est une collègue que je connais personnellement. Elle travaille dans ce groupe de presse depuis longtemps. Elle est d’une nature calme et il est rare de la voir sans son léger sourire aux lèvres. Elle a bien accepté de répondre à mes questions.

Mme Kounkou Mara: Il y a 10 jours environ vous avez été victime d’une agression gratuite de la part des forces de sécurité dans l’exercice normal de vos activités de journaliste. Quelles en ont été les conséquences?

Réponse : Oui comme vous le savez j’ai été agressée le 27 février dernier à 15 h par une brigade de gendarmes en service à la rentrée principale de la Banque centrale de la république de Guinée (BCRG). Je m’en suis sortie avec des blessures au niveau de la tête et des courbatures. Actuellement je suis en train de me soigner. Les conséquences se situent à trois niveaux. La première conséquence me concerne. Pourquoi ? Cette agression change davantage ma perception vis à vis de tous les porteurs de tenues. Ça change complètement la donne. Avant, je pensais que c’était des gens qui auraient pu changer et adopter un comportement civilisé. Mais non ! C’est le contraire tous les jours. Ce qui me déçoit davantage c’est que j’ai été agressée au moment où tout le monde pensait qu’en Guinée on venait d’entrer dans une nouvelle ère où les droits de l’homme seraient désormais respectés surtout par les gendarmes, que l’on considère comme des agents de sécurité plus intellectuels. Mais hormis mon cas, ils ont commis tellement de bavures ces derniers temps que les gens se demandent à quelles forces de sécurité se vouer. Cette agression fait ainsi révolter toute la presse et tout le monde souhaite que justice soit faite. Deuxième conséquence c’est que cette agression a été largement médiatisée. Elle a permis de peser l’unité de cette grande famille de la presse guinéenne. Qui a mis de côté ses petites rivalités pour fustiger et condamner énergiquement l’acte. Elle a ensuite amené l’ensemble de la presse guinéenne sur le débat concernant la restructuration des forces de défense et de sécurité. Un débat qui refait surface puisque beaucoup d’argent qui aurait pu être destinés à d’autres secteurs a été mis dans la restructuration des forces de défense et de sécurité, sans qu’on aboutisse à des résultats porteurs de fruit. Troisième conséquence, il y a que cet incident va encore baisser la note de la Guinée en matière de liberté de la presse et ternir l’image du pays.

Que vous ont dit les médecins?

Quant aux médecins, après tous les examens (y compris la radiologie de la tête) ils m’ont dit que le coup au niveau de la tête avait été violent mais que ma chance a été que le cerveau n’a pas été atteint. Ils m’ont dit que je pourrais avoir plusieurs jours des céphalées. Ils m’ont demandé de beaucoup me ménager puisque la tête est très sensible et que ces céphalées pouvaient de temps en temps revenir, même des mois après. Actuellement je suis sous traitement D’après vous, cette agression est-elle due à votre profession ou à d’autres raisons? Pourquoi avez-vous été la victime et pas un autre journaliste? Cette question m’a toujours été posée depuis le début de ma mésaventure avec les gendarmes J’étais surement là au mauvais moment en tant que journaliste. Je me suis présentée avec ma carte de presse délivrée par le CNC (Conseil national de la communication) où s’est écrit Lynx –Lance, le nom de mon groupe de presse. Malgré ça des hommes se sont jetés sur moi et m’ont violement tabassée. Voilà les faits. Sur le lieu de l’agression, les gendarmes ont dit qu’ils ont commis cet acte puisque « je portais préjudice à la sécurité des travailleurs de la BCRG », sans expliquer en quoi faisant. Pourquoi j’ai été victime et pas une autre journaliste, seuls les gendarmes agresseurs peuvent peut être répondre à cette question.

Craignez la répétition de cette agression?

Oui, je crains puisque je suis journaliste de terrain et ce n’est pas exclu que je retrouve des éléments plus violents que ceux qui m’ont agressée dans l’exercice de ma fonction. Ce qui est arrivé ce jour était tellement violent. Quatre gendarmes bien bâtis qui se jettent sur une journaliste qui pèse à peine 50 kilos et en plein jour, j’ai peur que ça ne se répète. Je suis effrayée puisque je me dis que si c’était la nuit ou dans un lieu isolé ces gens-là n’auraient pas hésité à me violer où me tuer et faire disparaître mon corps dans la nature.

Le groupe Le Lynx-La Lance a-t-il pris des mesures pour que justice soit faite?

Le groupe a fait un rapport de protestation adressé au Conseil national de la communication (CNC). La présidente du CNC devrait à son tour interpeler l’Etat-major de la gendarmerie nationale pour qu’une enquête soit ouverte et que les éléments qui ont commis cet acte soient punis. Pour l’instant nous sommes à ce niveau.

Comment ont réagi les collègues de la profession et les autorités publiques?

D’abord les collègues de la profession en ont fait une large médiatisation, je profite de l’occasion pour les remercier. Ensuite toutes les organisations de presse ont unanimement condamné l’acte et ont demandé que juste soit faite, pour qu’un tel acte ne se répète plus contre n’importe quel autre journaliste dans l’exercice de son métier. Du côté des autorités publiques pour l’instant, il n’y a aucune réaction. Lounsény Nabé, gouverneur de la Banque centrale a présenté publiquement ses excuses, mais aucune enquête n’a été ouverte:

"Ce qui est arrivé à Kounkou Mara constitue une agression, et les autorités ont l’obligation de mener une enquête criminelle et formuler les accusations appropriées. Le gouvernement démocratiquement élu de la Guinée a la possibilité de tourner la page sur les années de violence et d’impunité dans des attaques des forces de sécurité contre les journalistes."

Au niveau local, cette agression inqualifiable a été condamnée par toutes les associations de journalistes. La section guinéenne de l’association des professionnelles africaines de la communication (APAC) et l’Association des journalistes de Guinée (AJG) ont invité tous leurs membres à participer à une rencontre ce 9 mars au siège du Conseil national de la communication avec le haut commandement de la gendarmerie.

La fête de la femme: Pour obtenir la parité, faites la révolution!!!

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Mon papa a dit une fois à ma mère que si Dieu était juste, avant d’admettre un homme au paradis, il devait demander à ses femmes comment il se comportait avec elles sur terre, tellement elles sont les victimes des hommes.

Il faudrait faire une révolution contre les machos pour que les femmes puissent avoir le pouvoir, ou au moins la parité.

Saint Goéry et ses filles

La disparité date de longtemps. Image via Wikipedia

Le monde s’en porterait nettement mieux. Il y a quelques années, j’avais écrit un article pour La Lance, un journal de Conakry, dont le titre sonnait comme "Le sexe fort est-il réellement celui que l’on croit?" J’avais fait une petite enquête au niveau des écoles à Conakry pour voir si les résultats scolaires des filles étaient meilleurs en Guinée aussi, comme ailleurs dans le monde.

Comme résultat de mon enquête, seulement dans quelques unes de nos écoles publiques ce n’était pas le cas pour des raisons que l’on peut facilement imaginer: corvées domestiques au retour de l’école. Au Collège St Georges sur les 10 premiers au BEPC, si mes souvenirs sont bons, 7 étaient des filles.

Ici, à Rome, j’ai assisté à deux présentations de mémoire dans deux facultés de médecine, dans les deux cas, les meilleurs résultats étaient à peu près les mêmes proportions en faveur des filles 7 sur 10.  L’expérience personnelle n’a pas de valeur statistique, mais elle me confirme dans ma conviction. Les deux sexes naissent égaux, mais les filles utilisent mieux leur cervelle. Dans le monde entier, à l’école les filles ont des meilleurs résultats. Ce n’est que lorsque l’on abandonne ou finit les études que les choses changent. Pourtant, il y a de plus en plus d’études qui révèlent que plus une entreprise a un taux élevé de femmes plus ses résultats sont bons.

Malgré tout cela, l’humanité continue à les reléguer dans des rôles secondaires. C’est comme si on avait décidé que moins on est bon plus on le droit à diriger les autres.

C’est le monde à l’envers, quoi!!!

UNESCO-Guinée équatoriale: STOP au prix Obiang Nguema Mbasogo

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Une lettre signée par 23 organisations et journalistes africains militant pour la protection des droits des médias a été adressée aux membres du Conseil Exécutif de l’UNESCO demandant de révoquer le prix Obiang Nguema Mbasogo pour la Recherche en Sciences de la Vie. Cette lettre est venue en un moment opportun car il ne faudrait pas que les difficultés financières dans lesquelles verse cette organisation conduisent son Conseil exécutif à lever sa suspension qui avait été décidée la dernière fois en octobre 2011. Le principe de son maintien devait être débattu ce printemps.

Le lobby constitué par les pétrodollars soustraits par la corruption et l’achat de biens mal acquis à la population de la Guinée équatoriale avait réussi en 2010 à faire accepter ce prix d’un montant total de 3 millions de dollars destiné à des chercheurs qui se sont distingués dans différents domaines de la médecine. C’est malheureux, que ce soient les pays de l’Union africaine, dont le dictateur assure la présidence tournante qui soient les plus chauds partisans du maintien de ce prix, que l’on devrait plutôt qualifié de la honte.

Voici le texte intégral de la lettre, tandis que la liste complète des 23 organisations et journalistes africains est accessible ici.

Le 29 février 2012

Les Membres du Conseil Exécutif
L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO)
Siège de l’UNESCO
7, Place de Fontenoy
75352 Paris 07 SP
France

CPI : Irina Bokova, Directrice Générale

Objet : Prix International UNESCO-Obiang Nguema Mbasogo pour la Recherche en Sciences de la Vie

Chers Membres Délégués du Conseil Exécutif

Nous soussignés organisations et journalistes Africains pour la protection des droits des medias, vous écrivons pour nous opposer sans équivoque au Prix International UNESCO-Obiang Nguema Mbasogo pour la Recherche en Sciences de la Vie et de vous demander de révoquer ce prix lors de votre prochaine session.

L’UNESCO étant une organisation qui championne la liberté d’expression et encourage la liberté des medias en particulier, ne devait jamais accepter le don de $3 million fait par le Président de la Guinée Equatoriale pour financer ce prix. Le régime du Président Obiang, au pouvoir depuis 32 ans, a systématiquement étouffé la liberté de la presse et a fait taire les voix critiques. Bien qu’un petit pourcentage de la population locale puisse avoir accès aux informations en provenance de l’étranger par le biais de l’internet et par les émissions de satellite, le gouvernement ne cesse de restreindre de main forte les activités de la plupart des medias et ainsi limite l’accès des citoyens à l’information. Les stations de radio et de télévision qui existent dans le pays sont les fiefs du gouvernement ou des membres de la famille du Président Obiang et l’ensemble de la section de la presse écrite qui sortent de manière régulière est contrôlé soit par l’état soit par les proches du président.

Deutsch: UNESCO-Chefin Irina Bokowa bei der Er...

Irina Bukova Image via Wikipedia

Les journalistes étrangers et locaux sont systématiquement harcelés, détenus et censurés. En février 2011 le gouvernement a interdit aux présentateurs d’émettre les rapports relatifs aux soulèvements du Printemps Arabe. Un présentateur de la radio d’état a été par conséquent suspendu pour avoir parlé de la Libye lorsqu’il était à l’antenne. En juin 2011 un équipage de télévision allemande ont vue leur séquences détruites avant d’être expulsé, ce, pour avoir filmé les quartiers pauvres de la capitale et pour avoir interviewé un avocat de la défense des droits humains et un membre du parti de l’opposition.

Nous avons appris que le Président Obiang a proposé une modification du titre du prix par la suppression de son nom, mais cela ne va pas effacer nos préoccupations du fait que son don de $3 million associe lui-même et les abus perpétré par son gouvernement à l’UNESCO, et de cette façon nuit à la mission précieuse de l’organisation. Nous avons également conscience du fait que ce fonds serait contaminé par la corruption du haut niveau dont la Guinée Equatoriale est renommée. Ce n’est pas un secret que les enquêtes toujours en cours en France et aux Etats Unis ont mené à la confiscation des biens de Teodoro Nguéma Obiang Mangue, le fils du Président. Des documents produits en matière des enquêtes séparées menées par le Sénat américain ainsi que le Département de la Justice des Etats Unis suggèrent une constante de corruption systématique au plus haut niveau du régime du Président Obiang. Malheureusement, les journalistes qui se trouvent au sein du pays ne peuvent pas rapporter ces faits étant donné les restrictions sévères qui leur sont imposées.

En tant qu’une organisation qui plaide pour “l’accès à l’information et à la connaissance” l’UNESCO ne doit pas accepter l’argent d’un leader dont les actions au cours des décennies font fi de ces principes. Nous vous encourageons à abolir en sa totalité ce prix Obiang de l’UNESCO et de mettre en œuvre de nouvelles directives susceptibles d’empêcher directement ou indirectement, dans l’avenir, la création des prix qui par intermédiaire de leur association aux individus ou gouvernements contredisent le mandat principal de l’UNESCO.

Union européenne: Parité entre les sexes, une chimère?

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Dans 2 jours c’est le 8 mars! La fête des femmes, qui sera célébrée partout dans le monde et des voeux seront formulés sur les engagements de chacun pour la promotion de la parité des deux moitiés de l’humanité, des voeux dont, malheureusement, la traduction dans la réalité sera vite oubliée.

Lorsque l’on parle avec les européens de la promotion des droits de la femme, dans la plupart des cas, ils pensent que cela ne regardent que les autres parties du monde. Pourtant, même en Europe, il reste encore beaucoup de progrès à faire même pour accepter le principe que la femme est l’égale de l’homme.

Happy Women's Day

Photo de Drogan Cintam (Anh Dang) sur flickr.com

L’enquête sur l’accès des femmes aux postes de direction dans l’UE publiée le 5 mars révèle qu’il existe encore un grand nombre d’européens pour lesquels du simple fait de leur sexe fait que l’on les femmes n’ont pas les mêmes qualités que les hommes pour occuper un poste. Au-delà des statistiques sur les violences faites aux femmes, du nombre de celles qui sont tuées par l’homme auquel elles se vouaient corps et âmes ou à la non participation des hommes aux taches ménagères, cette simple constatation illustre le chemin à parcourir pour parvenir à l’égalité des sexes.

D’après cette enquête de Eurobaromètre, en Slovaquie 47% des personnes interrogées ont répondu que les femmes n’avaient pas toujours les qualités et compétences requises pour occuper des postes à responsabilité. Sans atteindre ce niveau, dans bien d’autres pays le pourcentage de personnes partageant cet avis, était très élevé. C’est le cas de l’Autriche et de la Pologne avec 36%, de la Hongrie avec 34%, de la Lituanie avec 32% et de Italie avec 31%. Maigre consolation en France avec 9%, au Luxembourg avec 7% et en Suède avec 6% ce pourcentage n’atteint pas 10 pour cent.

Dans ces conditions à 3 ans de la fin de la période pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, il reste beaucoup à faire pour l’objectif No 3 (Parité homme/femme). En effet dans de nombreux domaines, en particulier dans les parlements au niveau national et dans les conseils d’administration des grandes entreprises, le nombre de femmes est encore trop bas.

Selon la Fondation R. Schumann, parmi les 27 pays membres de l’UE, dans aucun pays membre il n’y a encore une parité. Les pays d’Europe du nord enregistrent, certes, des taux élevés de féminisation dans les institutions publiques, mais il n’y avait qu’en Finlande, au Danemark et en Autriche où les femmes occupaient 40 pour cent ou plus des postes ministériels. A la fin de 2011, la moyenne générale était à peine de 24,15 pour cent, mais avec 25 gouvernements où leur nombre ne dépassait pas 5. En Hongrie, il n’y en a même pas une!

En Italie, où "super Mario" a remplacé à la tete du gouvernement le fougueux Berlusconi, pour qui les capacités d’une femme se mesuraient selon des critères pas toujours intellectuels, il n’y a que 3 femmes dans l’exécutif. En les présentant, Mario Monti révélant un machisme sous-jascent, a insisté sur l’importance des postes qu’elles occupaient. Comme si cela suffisait à justifier le fait qu’elles ne sont que trois dans un gouvernement de 18 membres.

Dans les parlements ce n’est guère bien mieux. En effet, le pourcentage de femmes dans les parlement nationaux n’est que de 24,62 pour cent.

La même étude rappelle que:

Au niveau européen, la Vice-présidente de la Commission européenne, Mme Reding, a invité, en mars 2011, les entreprises cotées en bourse à signer l’engagement pour « Davantage de femmes dans les conseils d’administration : une promesse pour l’Europe » et à mettre en place des initiatives d’autorégulation afin que davantage de femmes puissent accéder aux postes de haut niveau, l’objectif étant d’atteindre une part de 30% de femmes au sein des conseils d’administration des entreprises cotées en bourse d’ici à 2015 et de 40% d’ici à 2020.

Une Charte des femmes avait été adoptée en septembre 2010 avec un programme d’action ambitieux : la Stratégie pour l’égalité entre les femmes et les hommes qui couvre la période 2010-2015. Ce programme définissait les priorités dans différents secteurs : indépendance économique égale ; égalité de rémunération pour un même travail ou un travail de même valeur ; égalité dans la prise de décision ; dignité, intégrité et fin des violences fondées sur le sexe ; égalité entre les femmes et les hommes dans les politiques extérieures.

Toutefois, c’est toujours mieux dans les domaines de l’économie, de la sciences et de la recherche, être un homme qu’une femme pour avoir une place la direction des affaires. Dans l’étude qui a servi de base pour l’élaboration de la Stratégie les constations étaient troulantes car:

En 2010, une grande entreprise sur trois (34%) dans l’UE et au moins la moitié de toutes les entreprises étudiées dans dix pays ne comptent aucune femme dans leur conseil d’administration et un autre tiers (32%) des entreprises ne comptent qu’une seule représentante féminine. Au sein des plus grandes entreprises européennes cotées en bourse, en moyenne seul un membre des conseils d’administration sur dix est une femme, et seuls 3% d’entre elles les président.

Cependant, il est intéressant de relever que selon l’étude:

Au niveau de l’Union, une écrasante majorité (88%) d’Européens est d’accord avec l’affirmation selon laquelle "à compétences égales, les femmes devraient être représentées en nombre équivalent aux postes de direction des entreprises" : 55% sont tout à fait d’accord et 33% sont plutôt d’accord. Seule une faible minorité (9%) n’est pas d’accord : 7% ne sont plutôt pas d’accord et 2% ne sont pas du tout d’accord.

L’enquête révèle que pour atteindre la parité, les européens sont

Le mal constaté, quels sont les remèdes? Sur ce point les opinions sont plus contrastées.  On peut lire dans l’analyse de l’enquête [page 45] que:

Près d’un tiers des répondants pense que le meilleur moyen est "l’autorégulation : les entreprises fixent leurs propres objectifs (31%). Un peu plus d’un quart estime que cela exige des « mesures juridiquement contraignantes » (26%). De plus, un cinquième cite « les mesures volontaires comme les codes de gouvernance des entreprises et les chartes non contraignantes » (20%).

Dans une interview accordée au quotidien italien Corriere della Sera publiée ce 6 mars 2012, Viviane Reding estime que depuis les engagements pris en 2010, il y a eu une augmentation de 1,9 pour cent du nombre de femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises. Selon elle au rythme actuel des changements il faudra plus de 40 ans pour atteindre un équilibre significatif entre les deux sexes.

Armons-nous donc de patience. Mes petites filles verront ce changement avant d’aller à la retraite, comme elles sont actuellement 5,5 ans et bientôt 3 ans. Mais en bénéficieront-elles?

Niger: Nouvelle crise alimentaire au Sahel

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La famine frappe encore aux portes du Niger et tous les éléments sont réunis pour que la situation se détériore: terrorisme, conflits armés dans la sous-région, notamment au Mali, une pluviométrie capricieuse et des méthodes culturales qui ne s’améliorent que trop lentement. Selon les observateurs dont swissaid.ch:

L’année 2011 est marquée d’une pierre noire par les agriculteurs nigériens. Du fait d’une pluviométrie insuffisante et mal répartie dans le temps et l’espace, les récoltes ont été particulièrement mauvaises. Certains villages connaissent un déficit alimentaire allant jusqu’à 90 % ! Pour le dire plus clairement : les champs n’ont rien donné d’autre que des tiges de mil et de maïs, sans aucune graine dessus. Au total, il s’agit d’un déficit céréalier de près de 520 milles tonnes. Une situation rendue encore plus tendue par le retour au pays de près de 200’000 Nigériens en 2011, fuyant les conflits libyens et ivoiriens. Si rien n’est entrepris, la famine ravagera la campagne nigérienne durant l’année 2012.

Encore, une fois, la communauté internationale se joint au gouvernement nigérien pour parer au plus urgent. Ainsi, swissaid.ch est déjà sur le terrain. Elle cherche à assurer les deux repas principaux aux habitants des villages de Méhanna et de Bibiyorgou, dans les régions de Dosso et Tillabéry, avec une aide alimentaire totalisant 475 tonnes de céréales, principalement du mil, du maïs et du sorgho.

Tillabéri, Niger Location Map; created with th...

Emplacement du village de TillabériImage via Wikipedia

Deux représentantes des Nations Unies, Helen Clark, Administrateur du Programme des Nations Unies pour le Développement et Valérie Amos, Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires des Nations Unies et Coordonnatrice des Secours d’Urgence, se sont rendues au Niger à la mi-février visait attirer l’attention de l’opinion internationale sur l’importance des besoins du Sahel en matière de sécurité alimentaire et de nutrition.

Selon un communiqué de presse publié par le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) en Afrique de l’Ouest et Centrale, elles ont visité un projet agricole soutenu par les Nations Unies à Molia, un village dont les habitants apprennent à cultiver et améliorent leur propre nutrition tout en se procurant un revenu. "Un tel projet montre comment un investissement initial mineur a produit un résultat majeur", a déclaré Valérie Amos. «A quelques kilomètres seulement, il y a un village sans investissement de ce genre, où les gens quittent leurs foyer et ont retiré leurs enfants des écoles afin qu’ils puissent rechercher de la nourriture."

Baroness Valerie Ann Amos

Baroness Valerie Ann Amos (Photo credit: World Economic Forum)

Les deux hautes personnalités de l’ONU ont déclaré qu’on avait affaire à une crise dans laquelle environ dix millions de personnes de huit pays s’efforcent de trouver à manger. Grace au changement démocratique, adoptant une attitude diamétralement opposé le gouvernement ne cherche pas à cacher ou minimiser la situation et il a pris en charge le problème et a mis au point des stratégies claires et s’attèle à leur mise en œuvre.