Archives Mensuelles: janvier 2012

Gambie: Prison à vie pour un ancien ministre pour port d’un T-shirt "séditieux"

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Dans le domaine de la répression contre la liberté d’expression certaines décisions sont tellement insensées qu’on croirait rêver. L’IFEX rapporte dans sa livraison du 25 janvier que Dr. Amadou Scatred Janneh a été condamné à perpétuité pour le port d’un T-shirt qui ne plaisait pas aux autorités.

ARTICLE 19

Image by art makes me smile via Flickr

Un ancien ministre gambien de l’Information a été condamné à la prison à vie pour avoir conspiré en vue de renverser le Président au moyen de T-shirts exigeant la fin de la dictature, rapportent la Fondation pour les médias en Afrique de l’Ouest (Media Foundation for West Africa, MFWA) et ARTICLE 19.

Au terme d’un procès qui a duré sept mois, Amadou Scatred Janneh – qui possède également la citoyenneté américaine – a été trouvé coupable de trahison et d’avoir distribué des T-shirts séditieux.

Sur les T-shirts on pouvait lire les mots suivants : « Coalition pour le changement – Gambie, Mettez fin maintenant à la dictature ».

Trois membres de la coalition ont été condamnés à trois ans de travaux forcés, tandis que trois autres membres, qui se trouvent actuellement à l’extérieur du pays, pourraient faire l’objet de poursuites s’ils rentraient, indique ARTICLE 19.

« Imprimer des T-shirts avec des slogans politiques constitue une forme d’expression élémentaire. Il est absurde d’en faire un délit criminel, encore plus de la punir par une peine de prison », dit ARTICLE 19.

Pour lire tout l’article cliquer ici.

Commémoration de la mémoire des pendus du 25 janvier 1971

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INTERVENTION DU PRÉSIDENT
DE L’ASSOCIATION DES VICTIMES DU CAMP BOIRO

Chers frères enfants des victimes

Chers parents rescapés des camps de concentration du régime barbare

Chères épouses veuves des illustres disparus martyrs

Chers sympathisants, amoureux de la justice et de la démocratie

Messieurs les journalistes

Mesdames et messieurs

Nous venons ensemble, compatir, et nous recueillir sur ces lieux en vue de nous souvenir pour que « Plus jamais ça ».

En effet, 4 hauts fonctionnaires, dignes fils de cette nation, ont été lâchement pendus  sur ces lieux, le 25 janvier 1971, par le 1er régime.

-           Baldet Ousmane, Gouverneur de la Banque centrale, financier et monétariste dont Sékou Touré lui-même avait reconnu le génie comme artisan de la stabilité de la monnaie guinéenne dans les années 60 ;

-       Barry Ibrahima, dit Barry III, artisan de l’indépendance et du Plan triennal ;

-       Keïta Kara Desoufiane, jeune commissaire de police dont le fils aîné sera arrêté par la suite ;

-       Magassouba Moriba,  médecin, compagnon de l’indépendance, ministre ;

La commémoration de cette date est aujourd’hui, par la grâce de Dieu, un rituel qui nous l’espérons servira de point de départ pour le devoir de mémoire de notre pays, hélas piégé par le silence coupable et son cortège de non dits.

C’est ici que fût déclenchée la machine infernale de la série noire des pendaisons. En plus des 4 de Conakry, s’en suivirent au moins 2 par préfecture.

Je vous exhorte donc à une prière à leurs mémoires, à vous incliner pieusement devant ce lieu, « Juste, parfaite et régulière PIERRE TOMBALE » de tous disparus, victimes de la tyrannie.

Source: conakryinfos.com

Mesdames et Messieurs, chers compagnons, des dignes fils de cette nation, ont subi ce triste sort macabre de pendaison. Compagnons de l’indépendance pour la plupart, ils furent tous éliminés froidement, lâchement et sommairement sans jugement ni débat contradictoire, par simple extorsion d’aveux fallacieux et mensongers, et par des techniques de tortures dépassant l’entendement humain, frisant  la bestialité…et laissant errer des orphelins et des veuves à la merci du temps et de l’espace…

Seules la mégalomanie et le mépris de l’Être humain pouvait entraîner le pouvoir d’alors dans l’élimination sommaire de tous ces innocents, croyez moi pire qu’une guerre civile…

Les raisons de cette barbarie, bien qu’inavouées, ne reposaient que sur une seule vision, celle basée sur l’élimination systématique de tout processus, ou comportement d’individus, de groupes ou d’associations tendant vers le triptyque du SAVOIR, du POUVOIR et de l’AVOIR. En effet, le régime des bourreaux d’antan, pendant le 1/4 de siècle de règne absolu et sans partage a éliminé systématiquement et de façon programmé, tous les enfants de ce pays dès l’instant où il était prouvé que tel était intellectuel, instruit (le SAVOIR), tel était crédible et vénéré (le POUVOIR), ou que tel était nantis, riche (l’AVOIR)…quel faiblesse de l’âme…pour en arriver à l’élimination consciente des socles du développement d’une nation véritable.

Tout ceci s’est déroulé au vu et au su de tous sans aucune réaction visant à stopper cette machine aveugle et infernale au nom d’une prétendue révolution..

Allons nous les accuser tous… de lâches quand ils ont vu et laisser faire ?

De complices lorsqu’ils se sont associés pour le fauteuil ?

Pour répondre à cette question, nous disons :

Non  aux « faux débats des complots » prônés par les bourreaux d’alors et,

-     Oui au débat du « Meurtre prémédité» qui n’épargna aucune couche sociale, même les « bourreaux » piégés par leur propre système…

C’est dans le souci d’éviter une telle situation pour notre pays que nous, enfants des victimes, avons entrepris dans notre programme d’action : d’institutionnaliser des cérémonies commémoratives de quelques importantes dates historiques des massacres ignobles et déshumanisants perpétrés par l’ancien régime, le régime de la terreur :

Le 25 janvier 1971 (les pendaisons),

le même 25 janvier 1971 (les fusillades)

-     les 17 et 18 octobre 1971 (les exécutions de civiles)

Ces différentes cérémonies de recueillement ont pour objectif essentiel de rappeler à la nation guinéenne cette « Mémoire collective » et « le devoir de Mémoire » pour que « Plus Jamais ça » car, « toute nation qui oubli son passé a tendance à le répéter »

C’est donc avec la main tendue à toutes les couches sociales de cette nation sans distinction aucune, afin de réhabiliter nos chers disparus de façon solennelle et digne.

Mesdames et Messieurs,

Cette année, cette commémoration revêt un intérêt capital du fait de la destruction imminente de cet ouvrage chargé de symboles (première quinzaine du mois de mars).

C’est pourquoi nous réclamons l’érection d’une stèle des martyrs à côté du nouveau pont en construction.

Nous ne saurions clore cette intervention sans rendre un hommage particulier à nos chères et braves Mères qui nous ont préservés ; grâce à leur combat dans le silence et la persévérance, en nous soignant et nous éduquant dans la dignité et sans haine.

Mesdames et Messieurs,

La vérité est têtue. Osons la chercher, la trouver et la dire dans la tolérance et sans passion, pour qu’ensemble, nous puissions bâtir la Guinée de demain.

Je vous remercie pour votre aimable attention.

Le Président de l’AVCB Dr MAREGA FODE

Au nom du bureau exécutif et de tous les membres et sympathisants.

Pita: Le préfet raisonne en termes d’ethnies

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Pita, Guinea Location Map; created with the GI...

Pita sur la carte. Image via Wikipedia

Voici un autre article de BML publié par Le Lynx le 16 janvier sur les errements de Mme le Préfet de Pita. Incapable d’administrer, elle sème la haine. Elle réduit son rôle d’administration pour tous les citoyens en agent du parti au pouvoir. BML vit à Pita, donc, les informations fournies sont de premières mains.

Le mardi 13 décembre 2011, la Pré-Faite a organisé une réunion avec les Sous-préfets et les maires de Pita. Pour tirer les leçons de son « foron » de réconciliation. Elle a été la seule à parler. Comme elle avait été la seule à concocter ce « foron ».  Un discours d’une cinquantaine de minutes plein d’incohérences, de colère retenue, de racisme. Elle a parlé plus en commissaire politique du RPG qu’en administrateur de la Préfecture dans sa diversité politique et ethnosociologique. Pour quelqu’un qui ambitionne de réconcilier, c’est plutôt paradoxal ! Extraits de ce CD incendiaire (traduit du poular):

« les Soussous, les Malinké, les Forestiers, sont toujours derrière le pouvoir en place. Les Peulh jamais. Les Peulh ne pardonnent  jamais (Poullo yaafataako) ; ils n’ont pas pitié. Ils se disent musulmans mais ne sont pas convaincus que Dieu est unique. Les Peulh sont toujours accrochés aux mensonges. Les non Peuhl (Soussous, Malinké et Forestiers) sont gentils (Bhaleebhen no moyyhi tun) ; les Peulh sont mauvais et ils trahissent (Pullo dyanfoto). Pita est ingouvernable. Il faut quitter l’opposition et venir avec le pouvoir en place. Mes parents sont originaires de Bamako, mais je suis du Foutah. L’Union Européenne a financé la reconstruction d’infrastructures à Pita et Timbi-Madina. De fréquents allusions négatives aux Ministre Alhassane Codé, Bah Ousmane et au gouverneur de Mamou »

BML

Mairie de Pita: RECONCILIATION RATEE ET INJURES REUSSIES

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L’article suivant a été publié sur papier à Conakry par l’hebdomadaire satirique Le Lynx le 16 janvier 2012 sous la signature de Bah Mamadou Lamine (BML), Grand reporter

Nous avons voulu rencontrer Mme le Pré-Fait pour trianguler des informations concernant sa gouvernance à Pita. Avec des représentants d’Espace FM et Radio Nostalgie. Ça n’a pas marché. Quels sont les faits qu’on lui reproche ? Beaucoup de coups tordus. Elle est d’une vulgarité comportementale qui colle mal à ses fonctions. Cela n’aurait regardé qu’elle-même si elle n’arrosait pas tout le monde d’injures. Illustrations.
The Weaver
Tisserand traditionnel à Pita. Photo de Aisha sur Flickr

  • La mère et maire de Pita ? Elle lui crache au nez : « Vous êtes lâche et  hypocrite ».
  • Pour elle, tous les Peulh sont des traitres…
  • Deux semaines après sa prise de service, elle a reçu 14 millions de FG et en dépit de cela, elle râle contre le financier régional de Mamou. Elle se plaint également contre ses secrétaires généraux qui lui demandent de les aider à restaurer leur logement. Ces deux généraux, nouvellement mutés à Pita, pères de familles sont obligés de partager le même lit dans un innommable taudis.
  • Négligeant ses collaborateurs officiels (Service Préfectoral de Développement notamment), elle gouverne avec une administration parallèle composée de ses parents regroupés dans le « club de Kébaly » (le sous-préfet adjoint de Timbi-Tounny, le Directeur préfectoral de la jeunesse.…)
  • Elle est même en conflit avec l’administration du marché de Pita autour de la propriété d’un espace commercial relevant de ce marché. Le sieur Thierno Ibrahima Diallo, propriétaire d’une place, l’avait louée à Dame Fatoumata Bah il ya plus de sept ans. Un fait connu et reconnu par l’administration du marché, le syndicat des commerçants, la chambre de commerce et la commune. Madame Bah veut s’approprier cette place illégalement. Pour cela, elle s’appuie sur
    English: Pita, Guinea

    Image via Wikipedia

    Madame le Pré-fait avec qui elle a des accointances. Forte de ses prérogatives supposées et/ou réelles, la Pré-fait veut arracher la place à son propriétaire légal.

  • Mais les faits les plus graves qu’on lui reproche, ce sont les déclarations injurieuses contre la communauté peuhle le mardi 13 décembre 2011 lors d’une réunion qu’elle a tenue à Pita. Des déclarations faites en poular et enregistrées sur CD. Elles constituent un affront contre cette communauté, une violation de la loi Fondamentale et une atteinte à l’unité nationale.

Au cours de cette réunion, elle a également bravé sur le gouverneur de Mamou, son  Ministre de tutelle et ne reconnait d’autorité que celle du Grimpeur qui l’a nommée. Par ailleurs, sous-prétexte de réparer son logement de fonction, elle arrache les arbres le bordant

  • Elle a présenté à Tout Pita une entreprise de construction dénommée SOCADI. Elle serait chargée de reconstruire des bâtiments publics démolis lors d’événements antérieurs à Pita centre et à Timbi- Madina. Nous aurions bien voulu savoir quelles sont les sources de financement, quel est le montant par infrastructure, les délais d’exécution, les mécanismes de  passation des marchés (gré-à-gré ou appel d’offres)… A la veille d’élections, les pouvoirs qui se sont succédés en Guinée ont tellement tenu des promesses mensongères….

BML

EN GUINEE, LE METIER DE PREFET EST UN FOURRE-TOUT, un article de BML du Lynx

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Cet article de Bah Mamadou Lamine (BML) a été publié le 16 janvier dans le Lynx à Conakry. Il est repris entièrement avec l’autorisation de la rédaction.

Chapo

La réconciliation c’est la nouvelle vache à lait des ripoux de l’administration publique et autres opportunistes. Occasion de « petits manzements » pépères et de « Tokhogninis » sans frais pour les « gnari-makhas » en quête perpétuelle de chaussures à cirer pour des postes bonbons.

La  pré-faite de Pita a voulu se taper sa réconciliation alimentaire sur le dos des pauvres des collectivités de Pita dont les élus sont hors mandat. Tout cela sans avoir obtenu l’autorisation de lever ces fonds auprès de sa hiérarchie. Les populations se plaignent. Le gouvernement, averti, la désavoue et l’oblige à restituer ce qu’elle avait indûment arraché aux collectivités. Elle avoue avoir dépensé cent quatre vingt millions de nos Francs. Mais sa Mamaya capote.

Le 13 décembre, elle se retourne contre les élus périmés, le gouverneur de Mamou, le Ministre Alhassane Condé et toute la communauté peuhle qu’elle accuse de tous les maux.

 

EN GUINEE, LE METIER DE PREFET EST UN FOURRE-TOUT

Dans l’administration territoriale française que nous avons héritée de la colonisation, le Préfet est un administrateur civil sorti d’une Ecole Nationale d’Administration.

C’est donc un métier qui s’apprend comme celui de menuisier, de médecin, d’enseignant … En 1958, à l’indépendance, la France a rappelé ses commandants de cercle. Sékou Touré a dû ramasser du n’importe quoi pour en faire des Gouverneurs et/ou des Ministres Délégués. Dans ce choix, il a surtout privilégié les militants serviles et obséquieux du PDG. Dans les villes et dans les villages, ils ont peu administré jouant davantage aux commissaires politiques qu’aux bâtisseurs d’une administration de développement. En termes d’infrastructures, Sékou Chérif, éminent tortionnaire du Camp Boiro, chauffeur illettré en français et gouverneur avait bien remercié les Cubanais d’avoir construit la « gare-voitures de avions » de Labé…. Ces gouverneurs et compagnie, lorsqu’ ils ne ravitaillent pas les Camps Boiro en détenus passent leur  temps à mentir à Sékou Touré et  à vendre le patrimoine de l’Etat. Arrive Fory Coco et triomphent la corruption, l’impunité et l’Administration territoriale fantôme ou, plus exactement les préfets voleurs pillards et nuls.

Ainsi à Pita, on a connu des préfets qui ont vendu les forêts de la FAO, les préfets pique-assiette et qui ont coupé la forêt identitaire de la cité. Ainsi Dabola, Kankama et Konindou ont subi vols et pillages que nous avions dénoncés en son temps sur ces colonnes. A Guéckédou, un préfet n’avait pas trouvé mieux à faire que d’arracher les portes, fenêtres et tôles des bâtiments coloniaux. Pour les vendre .Sous le même régime de Couté, la décentralisation a été vite centralisée et les collectivités transformées en vaches à lait pour des préfets impécunieux, cupides et incompétents.

Avec le CNDD, toujours à Pita, le préfet vend un morceau de la forêt (coté Koubi) à un mécanicien et arrache et vend les tôles d’une des cases de sa propre résidence ! Qui dit mieux ? Madame Kanté,  pré-faite et préfet du changement du Professeur Alpha Grimpeur ! Elle coupe les arbres de cette résidence décoiffée (au moins 15 troncs) et les cède à un vendeur de madriers de Pita. Le décret du Président Alpha interdisant la coupe du bois ? Elle s’en balance. Le Code des Collectivités, le Code de la Forêt,  le Code Foncier et Domanial ? Elle s’en re-balance. Désormais, elle a donné l’exemple aux sous-préfets et maires des communes. Qui vont couper les forêts communautaires à qui mieux-mieux. Leurs arguments ? Si le préfet a coupé, pour quoi pas nous ? Qui est fou ? Tant pis pour les forêts que le PNUD a plantées dans les années 80 pour préserver les bassins versants, les affluents du Kokoulo (lui-même affluent du Konkouré) de Bantighel et consort.

Remarque :Ne sont pas concernés par ce diagnostic sans complaisance évidemment les très rares administrateurs territoriaux compétents et consciencieux qui rament malheureusement à contre courant de cette gouvernance catastrophique qui précipite notre pays dans les abysses.

BML

Afrique-Union européenne: Le long chemin parcouru par les femmes de la diaspora africaine en politique

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Des femmes issues de la diaspora africaine ont su accomplir des parcours socioprofessionnels exceptionnels  hors de leurs pays d’origine. Beaucoup se démarquent aussi en politique dans un contexte pourtant difficile. Ces femmes  sont souvent parties de loin aussi bien d’un point de vue géographique que dans un contexte culturel et historique chargé d’embûches.

Pour mieux apprécier le chemin parcouru,  Il faut remonter au XIXeme siècle et se rappeler de  l’image que les Européens se faisaient de la femme noire. Ce billet traitera seulement des cas de femmes de la diaspora africaine qui ont été élues ou nommées à des postes de responsabilité dans des pays autres que l’ancienne puissance coloniale qui dominait leur pays d’origine.

L’histoire de la “Vénus hottentote” est symptomatique  des relations de l’occident avec la femme africaine au siècle dernier.  SebHervieu raconte l’histoire de la sud-africaine Saartjie Baartman, plus connu comme étant la “Vénus hottentote”.  Dans un billet paru en octobre 2010 sur son  blog afriquedusud.blog.lemonde.fr, il fait la critique du film d’Abdellatif Kechiche sur cette histoire tragique:

Au début du XIXème siècle, cette servante est emmenée en Europe et devient un objet de foire en raison de ses attributs physiques proéminents. Certains “scientifiques” utilisent sa présence pour théoriser l’infériorité de la “race noire”. Lorsqu’elle meurt à seulement 25 ans, ses organes génitaux et son cerveau sont placés dans des bocaux de formol, et son squelette et le moulage de son corps sont exposés au musée de l’Homme à Paris. C’est seulement en 2002 que la France accepte de rendre la dépouille de Saartjie Baartman à l’Afrique du Sud, concluant ainsi un long imbroglio juridique et diplomatique.

Une carte postale représentant Saartjie Baartman, sur Wikipédia (licence CC)

Morte  à Paris le 29 décembre 1815, les Khoïkhoï font appel à Nelson Mandela pour demander la restitution des restes de Saartjie afin de pouvoir lui offrir une sépulture. Cette demande se heurte à un refus des autorités et du monde scientifique français au nom du patrimoine inaliénable de l’état et de la science. la France restitua la dépouille à l’Afrique du Sud qui fut  purifiée et placée sur un lit d’herbes sèches auquel on mit le feu selon les rites de son peuple.
Lilicar livre son témoignage vécu sur cette humiliation qu’a été l’exhibition de cette femme comme un animal exotique:

Mon souvenir le plus marquant de ma petite enfance c’est l’exposition coloniale 1931 et les “négresses à plateaux ” présentées comme des phénomènes de foire j’étais très jeune et je n’ai jamais oublié ces images. Quel intêret cette exploitation qui me reste encore en mémoire ,une exposition est faite pour faire admirer un pays et non pour choquer les visiteurs. Pourtant bravo pour ce film qui redonne un peu de dignité à cette pauvre femme

L’article suivant dont je suis l’auteur a été publié en premier lieu sur Global Voices online. Une version ad hoc a été aussi adaptée pour le public guinéen et il a été publié sur Le Lynx le 9 janvier 2012.

Deux siècles plus tard,  la place de la femme noire en Europe a drastiquement changé.  Entre autres, elles sont maintenant nombreuses à avoir été élues  à des postes de responsabilités politiques.

Mme Manuela Ramin-Osmundsen est l’une d’entre elles et une des plus intéressantes car elle illustre les contradictions qui existent encore dans certains pays. Elle a du démissionner, à peine 4 mois après sa nomination à un poste de ministre en Norvège.  Le blog grioo.com nous  décrit son parcours :

Originaire de l’Ile de la Martinique, à 44 ans, Manuela Ramin-Osmundsen a obtenu son poste de ministre de l’Enfance et de la Parité au sein du gouvernement de centre-gauche norvégien le 18 octobre 2007[…] Elle est mariée avec Terje Osmundsen, un homme politique membre du parti conservateur norvégien. Après son mariage, elle a pris la nationalité norvégienne et renoncé à celle de la France. Le pays n’autorisant pas la double nationalité.

Dans une interview accordée à Patrick Karam du site fxgpariscaraibe.com,  elle explique une partie des raisons qui ont joué en sa faveur pour sa nomination et les forces qu’il l’ont contrainte à démissionner après seulement 4 mois depuis sa nomination:

En Norvège, il y a obligation de représentation des deux sexes dans les conseils d’administration, 40 % de femmes au minimum. Nous menons aussi une politique pour inciter les hommes à prendre plus de responsabilité dans le foyer pour laisser les femmes entreprendre professionnellement. J’ai travaillé aussi sur l’enfance en danger, les violences, les maltraitances… J’ai travaillé quatre mois sans être critiquée, c’était une expérience réussie. Les critiques sont venues avec la nomination d’une médiatrice.  Avec du recul, tout le monde voit que c’est une bagatelle. J’ai cédé au pouvoir de la presse.

Manuela Ramin-Osmundsen on Wikipedia (Norway) (CC-license)

En Suède, Nyamko Sabuni est originaire de la République Démocratique du Congo. Née en 1969 au Burundi, dont le père avait fui la persécution, ell est élue députée au Riksdag en 2002 et devient, à 37 ans, ministre de 2006 à 2010 en Suède. Un billet publié par congopage.com raconte son parcours:

En 1981, à l’âge de 12 ans, elle est arrivée en Suède avec sa mère et trois de ses cinq frères et sœurs. Là, elle a retrouvé son père, un opposant politique plusieurs fois emprisonné au Congo (actuellement République démocratique du Congo), venu dans le pays nordique grâce à Amnesty International.

Le blog hirsiali.wordpress.com présente le profil de Ayaan Hirsi Ali :

Née en Somalie en 1969, excisée à l’âge de 5 ans, Ayaan Hirsi Ali est scolarisée dans un lycée musulman pour filles. Soumise à ses parents, à son clan et à sa religion jusqu’à l’âge de vingt-trois ans, elle profite d’un passage dans sa famille en Allemagne, pour s’enfuir et échapper à un mariage forcé. Réfugiée aux Pays-Bas, elle adopte les valeurs libérales occidentales au point de devenir une jeune députée à La Haye et de s’affirmer athée. Pour avoir travaillé dans les services sociaux du royaume, elle connaît, de l’intérieur, les horreurs tolérées à l’encontre des femmes au nom du multiculturalisme.

Farouche opposante à plusieurs aspects de l’Islam et de traditions africaines contraires au respect des droits humains, elle a fondé une ONG dont les buts sont ainsi définis (en) sur le blog ayaanhirsiali.org en ces termes :

In response to ongoing abuses of women’s rights, Ayaan Hirsi Ali and her supporters established the AHA Foundation in 2007 to help protect and defend the rights of women in the West from oppression justified by religion and culture.

En réponse aux abus continus contre les droits des femmes, Ayaan Hirsi Ali et ses partisans ont créé la Fondation AHA en 2007 pour aider à protéger et défendre les droits des femmes en Occident de l’oppression justifiée par la religion et la culture.

La première personne de race noire à accéder au parlement italien, est Mercedes Lourdes Frias. Voici comment la présente (en) le site blog Black Women in Europe:

Mercedes Lourdes Frias was born in the Dominican Republic. She was the first black person elected to the Italian Parliament in 2006 where she served through April 2008. She was a member of the Commission on Constitutional Affairs and the Parliamentary Committee on the Implementation of the Control of Schengen Agreement, and the Control and Surveillance on Immigration. She works on anti-racist activities and welcoming immigrants. From 1994 1997 she was a member of the Council of the Federation of Protestant Churches in Italy. In the town of Empoli Ms Frias served a councilor for the environment, rights of citizenship, equal opportunities.

Mercedes Lourdes Frias est née en République dominicaine. Elle a été la première personne noire à être élue au Parlement italien en 2006 où elle a servi jusqu’en avril 2008. Elle a été membre de la Commission des affaires constitutionnelles et de la Commission parlementaire sur la mise en œuvre des contrôles sur les Accords de Schengen et le Contrôle et la surveillance sur l’immigration.
Elle travaille sur les activités anti-racistes et l’accueil des immigrants. De 1994 à 1997, elle a été membre du Conseil de la Fédération des Eglises protestantes en Italie. Dans la ville de Empoli Mme Frias a servi de conseiller pour l’environnement, les droits de la citoyenneté, l’égalité des chances.
Le cas le plus étonnant de ces femmes noires qui ont été élues au suffrage universel ou nommées à des postes de hautes responsabilités dans des pays européens est celui de Sandra  Maria (Sandy) Cane, élue en 2009 sur les listes de la Lega Nord, le parti le plus raciste et xénophobe d’Italie. Un des objectifs de ce parti est la sécession d’une partie du Nord de la péninsule italienne (dont les limites sont plutôt floues) parce que ses dirigeants n’aiment pas les italiens du sud.

Le blog stranieriinitalia.it (étrangers en Italie) donne un bref aperçu de son parcours [it]  :

Il primo sindaco di colore in Italia ha la camicia verde. Sandra  Maria (Sandy) Cane si è aggiudicata con appena 38 voti di scarto la fascia tricolore a Viggiù, cinquemila anime in Valceresio, tra Varesotto e Canton Ticino. Alle sue spalle, una lunga storia di migrazioni. Di Viggiù era originaria la famiglia materna del neosindaco, scalpellini emigrati in Francia, dove durante la seconda guerra mondiale arrivò il padre, un soldato statunitense afroamericano. Il neo sindaco è nata a Springfield, nel Massachussets, nel 1961, ma a dieci anni, dopo la separazione dei genitori, ha seguito la madre nel paesino d’origine.

Le premier maire de couleur en Italie a la chemise verte [la couleur qu’arborent les militants de la Lega]. Mary Sandra (Sandy) Cane a gagné avec seulement 38 voix d’écart l’écharpe tricolore de maire de Viggiù, cinq mille âmes en Valceresio, entre la ville de Varèse et le Canton du Tessin.
Un passé de longues histoires de migration. La famille de la mère du nouveau maire, des tailleurs de pierres, qui était originaire de Viggiù avait émigré en France, où pendant la Seconde Guerre mondiale est arrivé, le père, un soldat afro-américain des États-Unis. Le nouveau maire est né à Springfield, au Massachusetts, en 1961, mais dix ans après la séparation des parents, elle a suivi sa mère dans son village d’origine.

Voici selon le blog associazioneumoja.wordpress.com comment elle s’est retrouvée [it] en politique, là où on se serait le moins attendu à la voir :

Della Lega sono sempre stata sostenitrice, anche se mai vera militante. Quando ero ragazza morivo dal ridere a vedere i loro manifesti, curiosi e di forte impatto. Poi quindici anni fa, più o meno, mi sono avvicinata di più. […] Vedo come «molto americana» anche la Lega, per la richiesta di rispettare rigorosamente la legge, anche per i clandestini. Anche se a Viggiù, precisa, non ci sono problemi di integrazione, nè tantomeno di sicurezza. Tra le priorità, guarda al rilancio turistico del paese, con manifestazioni e attenzione alla cultura.

J’ai toujours été partisane de la Ligue, sans jamais être très militante. Quand j’étais une petite fille je mourais de rire de voir leurs affiches, curieux mais d’un fort impact. Puis il y a quinze ans, plus ou moins, je me suis rapprochée un peu plus. […] Je vois comme «très américain», même la Ligue, à cause de leur insistance pour le respect rigoureux de la loi, même pour les immigrants illégaux. Meme si elle précise qu’à Viggiù, il n’y a de problèmes d’intégration, encore moins de sécurité. Parmi ses priorités, elle cherche à relancer le tourisme dans le village, avec une attention particulière aux événements et à la culture.

Malgré ces progrès notables dans l’inclusion des femmes africaines dans la politique européenne, elles représentent des cas isolés car au-delà des difficultés qu’elles rencontrent à cause du racisme ou de nature culturel et religieux au sein même de leur famille et de leurs sociétés d’origine, elles doivent aussi faire face aux challenges que rencontrent toutes les femmes dans le monde: violences conjugales, la responsabilité de la procréation et de l’éducation, la marginalisation et la sous-représentation.

Gambie: L’Association Pottal-Fii-Bhantal crée un bureau en Gambie

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Communiqué : création de la section Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon en Gambie

Guinea Human Rights Campaign - Joann Pan

Préparatifs pour une conférence sur le respect

des droits humains en Guinée organisée

par Pottal-Fii-Bhantal .

Photo de Joann Pan sur Flickr


Le Dimanche 8 Janvier 2012, la  communauté des ressortissants du Fouta-Djalon en Gambie a tenue une assemblée générale constitutive pour ériger la section de Pottal-Fii-Bhantal en Gambie.
C’est une assemblée massive et empreinte d’enthousiasme qui a vu la naissance de cette section. Après une concertation élargie des nouveaux membres, il fut décidé à l’unanimité de s’engager dans la même lutte initiée par les sections de Pottal-Fii-Bhantal en Afrique, en Europe et en Amérique qui œuvrent pour le développement culturel et social de  la communauté peuhle  de Guinée.  Au terme de l’assemblée,  fut mis en place un bureau dont les  principaux membres sont :

  • Abdoul Diallo (président)
  • Elhadj Ditine (vice-président)
  • Abdoulaye Naby Diallo (chargé de l’organisation)
  • Cherno Barry (chargé de l’information: téléphone-220-9917062 ou 220-7903868- email : djcbarry@yahoo.com).

Les ressortissants du Fouta-Djalon en Gambie suivent avec attention la situation politique dans notre pays. Ils restent convaincus que l’engagement de chacun est plus que jamais nécessaire pour éviter à la Guinée une tragique répétition de l’histoire avec l’instauration d’une nouvelle dictature.  Ils invitent la communauté du Fouta-Djallon et celle guinéenne à une unité d’action pour l’éradication de l’impunité et l’émergence d’un état de droit en Guinée. Préalable sans lequel le dynamisme reconnu des ressortissants du Fouta-Djallon ne pourrait bénéficier la Guinée et ses enfants  ainsi que la sous-région dans son ensemble. Le bureau de la section invite tous les ressortissants du Fouta-Djallon résidant en Gambie à se joindre aux efforts de renaissance économique et culturelle pour la paix et la cohésion nationale en Guinée.
Pour le bureau de l’Association Pottal-Fii-Bhantal  en Gambie

Abdoulaye Diallo Naby and Cherno Barry

Dernière commémoration des pendaisons du 25 janvier 1971 sur le Pont du 8 Novembre

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Mme Touré Hadiatou Barry du bureau de l’Association des victimes du Camp Boiro a lancé une invitation à tous les membres de l’AVCB pour la commémoration de la journée du 25 janvier. Ce jour, le régime dictatorial du premier Président de la Guinée, Ahmed Sékou Touré, a fait pendre un grand nombre de citoyens innocents. Le 25 janvier 2011, le site conakrytime.com a publié à l’occasion du 40ème anniversaire de cette tragédie la liste des pendus
Dans un billet publié pour la même occasion laguinee-notrepatrie.over-blog.com  donne des précisions:
Plus de quatre-vingt personnes pendues le 25 janvier 2011 à travers la Guinée dont quatre sous le Pont 8 novembre de Tombo à Conakry pour des causes « non élucidées » au temps du régime Sékou Touré, premier président de la République de Guinée. Quarante ans après, l’Association des victimes du Camp Boiro (AGVB), s’en souvient et a commémoré, ce mardi 25 janvier 2011, la journée des pendus du 25 janvier 1971, a suivi Guineenews(c).
Dr Maréga Fodé président de l’AVCB avait prononcé un discours dans lequel selon ce site il:
a rappelé que selon les chiffres d’Amnesty International, 50.000 morts au camp Boiro, soit 160 victimes par mois pendant 26 ans derégime « sanguinaire du PDG ».

Avant de préciser : « voilà 40 ans que cet acte ignominieux, la pendaison de quatre hommes Baldé Ousmane, Barry 3, Magassouba Moriba et Keita Kara au pont de Tombo à Conakry. Et au moins deux pendus dans chaque préfecture sur toute l’étendue du territoire de Guinée ».

Mme Touré dans son invitation pour la commémoration du 25 janvier de cette année a rappelle l’importance capitale que revêt cette cérémonie vu que  le Pont du 8 novembre sera détruit.  Elle ajoute:
Sur ce, nous sommes tenus d’être nombreux et que chaque famille et alliés soient présents à cette cérémonie. Il ne s’agit que d’une heure donc chacun peut prendre ce temps sur ses activités pour marquer cette date inoubliable et douleureuse pour toute personne éprise de liberté et de dignité.  Le programme proposé est le suivant
MARDI 24 JANVIER 2012
         11 H OO : CONFERENCE DE PRESSE à LA MAISON DE LA PRESSE
 
MERCREDI  25 JANVIER 2012
 
           9 H 00 : Rassemblement et mise en place  au Cinéma Liberté
 
           9 H 30 : Recueillement et dépôt d’une gerbe de fleurs sous le Pont 8 novembre
 
           9 H 35 : Discours du représentant du Comité de Réflexion sur la réconciliation
 
           9 H  40 : Discours du représentant du chef de l’Etat
 
           9 H 50 : Discours des présidents de l’AVCB et de 2007
 
          10 H 00 : FIN DE LA CEREMONIE
Nous demandons à chaque famille victime et les personnes de bonne volonté de s’acquitter d’une cotisation de cinq cent mille (500.000) francs guinéens à verser au niveau
de :
Fodé Maréga (62 30 60 77),
Ragui Bah à la Banque centrale (62 27 87087,
 Mme Touré Hadiatou Barry à son bureau à Almamya (62 32 28 13)
Mata. (62 58 07 71).

Guinée: Le Président Alpha Condé promet un 2012 plein d’espoir

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Le Président guinéen Alpha Condé a prononcé un discours de fin d’année 2011 dans lequel il promet une nette amélioration des conditions de vie de ses citoyens. Il commence finalement à parler d’une manière inclusive et pas en leader d’une partie seulement des guinéens. Voici en intégralité le texte de ce discours, dans lequel tous les guinéens peuvent trouver des motifs de satisfaction.

LE DISCOURS D’ESPOIR DU PR. ALPHA CONDE LE JOUR DE NOUVEL AN 2012.

MERCI ET BONNE LECTURE

Guinéennes Guinéens, Mes chers compatriotes

Au seuil de la nouvelle année, mes pensées vont à chacun d’entre vous, à vos familles, à vos parents et à tous ceux qui vous sont proches. A eux tous, je souhaite une année 2012 pleine de bonheur et de bonne santé.
Alpha Conde is the newly-elected president of the West African state of Guinea. The country gained independence from France in 1958.

Photo de Abayomi Azikiwe de Pan-African News Wire File Photos

via flickr
Dans ces moments de fraternité et de fête, je voudrais exprimer en mon nom et celui de la nation toute entière, mes sentiments de solidarité envers tous ceux qui sont affligés par la maladie et les épreuves de la vie.

Je n’oublie pas ceux de nos compatriotes qui, à l’appel de leur devoir, sont actuellement à leurs postes de travail, loin de leur famille. C’est notamment le cas des personnels de santé, des forces de sécurité et de défense, des agents de la protection civile, des travailleurs de l’eau, de l’électricité, des télécommunications et de la presse ainsi que les artistes occupés à animer le passage à la nouvelle année.

Mes pensées vont à nos vaillants soldats et officiers qui, après avoir servi la patrie, sont aujourd’hui à la retraite. Nous leur souhaitons tout le bonheur dans leur nouvelle vie. Aux soldats et officiers en activité, qu’ils sachent que l’année 2012 sera celle de l’aboutissement de la reforme de nos forces de sécurité. Notre nouvelle armée républicaine leur permettra de jouer pleinement leur rôle et de contribuer aussi bien à la consolidation qu’à l’épanouissement de la Nation.

Je tiens également à saluer tous les Guinéens de l’Extérieur. Je les remercie pour leurs nombreuses et constantes marques d’attachement à la patrie. Aux ressortissants des pays étrangers, qui nous font l’honneur de vivre parmi nous, la Nation Guinéenne exprime sa gratitude pour leur apport au développement de la Guinée. Je souhaite que l’année 2012 nous ouvre une ère de quiétude continue et de bonheur partagé.

Guinéennes, Guinéens, Mes chers compatriotes

Au cours de l’année écoulée, les Guinéens ont, dans la concorde nationale et grâce à leur ardeur au travail, avancé solidairement dans la construction d’une société de progrès et de liberté.

Nous pouvons être fiers de notre démocratie en marche et nous avons aussi le devoir de rester fidèles à ses principes. C’est pourquoi je vous invite à persévérer et à faire prévaloir, à pimp my ride

Photo de l’utilisateur de flickr.com ferdinandreus

tout moment, la dignité des uns et des autres et le respect des valeurs républicaines lors des échéances électorales à venir. Elles doivent être, une fois de plus, une occasion de renforcer l’engagement citoyen dans la vie publique aux fins de promouvoir le développement, de consolider le processus de décentralisation et d’instaurer la justice sociale.

De la même façon, que nous avons repris notre destinée en main en 2011, nous définirons ensemble l’année 2012 par notre détermination et l’affirmation de notre volonté de rattraper le retard, que notre pays a accumulé au cours des dernières décennies.

2012 sera assurément une année où nous verrons progressivement éclore les fruits de notre courage et ceux des efforts et des sacrifices que nous avons engagés en 2011. L’année 2012 restera dans les annales de notre histoire comme celle du décollage économique et social de la Guinée.

D’ores et déjà, le taux de croissance a connu une courbe ascendante passant de 1,9% en 2010 à 3,1% en 2011, cette accélération de la croissance s’est également traduite par une amélioration des recettes, une maîtrise des dépenses publiques, et des efforts pour respecter les critères d’atteinte du point d’achèvement du programme « Pays Pauvres Très Endettés » (PPTE).

L’année 2012 sera celle des progrès notables sur plusieurs fronts, allant du renforcement des acquis démocratiques, avec la tenue d’élections législatives dignes de ce nom, à l’amélioration des conditions de vie de nos citoyens. Cela passe par un accès à l’électricité, une augmentation de la production agricole et la création d’emplois.

Le chantier des reformes structurelles engagé en 2011 aboutira à une création d’emplois soutenue en 2012. Des milliers d’emplois seront créés grâce aux contrats miniers désormais soumis aux normes internationales et aux activités annexes. D’autres gisements d’emplois seront générés par les grands projets d’infrastructure, qui doivent relier nos centres miniers aux ports. Les chemins de fer, les routes, les ponts et autres ouvrages d’accès vont également offrir du travail à des milliers de nos compatriotes.

En plaçant les jeunes au cœur du débat, en recherchant leur pleine adhésion à l’identification et à la mise en oeuvre de stratégies adéquates à leur épanouissement, le Gouvernement œuvre pour assurer leur avenir.

En matière d’éducation et de formation, le renforcement des capacités d’accueil ainsi que la diversification des filières professionnelles seront poursuivis.

Les femmes feront toujours l’objet d’une attention particulière grâce à l’accroissement des capacités des différents fonds de soutien à leurs activités spécifiques.

La réintégration de la Guinée au programme de l’AGOA, décidée personnellement par le président Obama après notre rencontre, traduit tout à fois la qualité de nos choix de gouvernance et les succès de notre diplomatie. Ce privilège accordé à notre pays offre de nouvelles opportunités aux opérateurs économiques et aux acteurs sociaux dans le contexte de la lutte contre la pauvreté.

Je voudrais rendre un hommage particulier au sens élevé des responsabilités dont ont fait preuve les organisations syndicales tout au long de l’année 2011. Prenant en compte l’intérêt supérieur de la nation, elles ont permis au gouvernement de d’adopter des mesures difficiles visant à assurer le redressement de notre économie. Les travailleurs nous ont suivi et sans eux nous n’aurions pas pu aboutir à ces premiers résultats.

Sur le plan sanitaire, l’adoption du cadre stratégique de lutte contre le VIH/SIDA et les infections sexuellement transmissibles donneront une nouvelle impulsion à notre action déjà énergique contre la pandémie.

Je me félicite du fait que les multiples campagnes de vaccination et l’usage des produits contre les épidémies et les endémies, ont considérablement amélioré l’état de santé des populations.

Dans le souci de lutter contre la mortalité maternelle, le gouvernement a décidé de la gratuité de la césarienne. De même, pour améliorer la qualité des soins aux populations, le gouvernement a entrepris la construction et l’équipement de nombreuses infrastructures sanitaires tels que l’hôpital de Kipé.

Guinéennes, Guinéens, Mes chers compatriotes

Je vous félicite pour la récolte agricole exceptionnelle en cours. Le partenariat entre d’une part, l’Etat, qui a subventionné les engrais, le matériel agricole et garanti l’achat de la production, et d ‘autre part, les cultivateurs exceptionnellement mobilisés, a été un succès. Ensemble nous avons démontré que notre objectif d’atteindre l’autosuffisance alimentaire n’est qu’une question d’organisation et de mobilisation.

En 2012, nous ferons encore mieux. La coopération internationale dans ce domaine s’intensifie à travers la mise en place de programmes avec les agences de développement agricole et les centres de recherche les plus réputés aux Etats Unis, en Inde et au Brésil. Nous développons également des partenariats commerciaux avec de grandes entreprises du secteur agroalimentaire mondial.

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2012 sera-t-elle meilleure?

Photo de l’utilisateur de flickr.com martapiqs

En 2012, par le biais d’une agence autonome pour le Développement Agricole et la Sécurité Alimentaire, nouvellement créée, et la continuité de nos efforts conjoints nous commencerons à rentabiliser la position privilégiée que nous octroient nos 6 millions d’hectares de terre cultivable. La modernisation du secteur agricole devra maintenir l’équilibre entre une agriculture familiale traditionnelle et une production industrielle de classe mondiale. Nous pourrons ainsi devenir un des premiers pays exportateurs de denrées alimentaires, un grenier pour nous-mêmes et pour le reste du monde. Les produits vivriers vaudront bientôt autant que l’or et le pétrole et nous serons en mesure de bénéficier des retombées économiques et géopolitiques de ces changements tout en contribuant à l’équilibre alimentaire mondial. En 2012 nous poserons les actes qui nous permettront de faire de cette vision une réalité tangible d’ici quelques années.

L’électrification de notre territoire et le développement de nos infrastructures, dans ce domaine, comptent parmi les autres grands chantiers prioritaires que nous intensifierons en 2012. Notre programme d’électrification en trois étapes, court, moyen et long terme, connaitra une accélération en 2012 avec le lancement de la phase 1 du programme « La Lumière pour tous ». Le Premier Ministre a déjà inauguré la pose du premier lampadaire solaire à Kankan. Et d’autres systèmes d’éclairage seront rapidement déployés à travers tout le territoire.

Toutes ces réalisations contribueront à améliorer la vie quotidienne des Guinéens. Ainsi, nous avons commencé à transformer les conditions des transports en commun à Conakry et progressivement au-delà de la capitale.

D’ores et déjà 100 bus vont bientôt faciliter les déplacements des populations de Conakry et 50 camions bennes à ordures vont enfin permettre d‘assurer la propreté de nos rues. Ce sont là les premières étapes d’un effort que nous renforcerons sur l’ensemble du territoire au fil des mois et des années à venir.

En 2012, nous continuerons de renforcer notre démocratie et d’asseoir nos institutions. Nous poursuivrons le dialogue politique entamé avec l’ensemble de la classe politique. La tenue d’élections législatives et communales crédibles sera le parachèvement de la mise en place de nos institutions républicaines, une victoire irréversible et définitive de la démocratie en Guinée.

Nous sommes confiants qu’avec la bonne volonté et les efforts de tous les acteurs politiques et sociaux nous parviendrons dans les plus brefs délais à l’établissement d’un chronogramme fixant l’organisation et la date de ces élections. Les discussions entamées cette semaine dans le cadre du dialogue inclusif se déroulent bien.

Nous devons poursuivre ce dialogue afin d’aller encore plus loin en 2012. Nous devons nous montrer à la hauteur de vos attentes et offrir l’exemple d’une classe politique responsable, qui est consciente qu’elle tire sa légitimité et son autorité des réponses sans cesse renouvelées qu’elle apporte aux aspirations des électeurs.

Pour nous assurer du bon respect des normes de bon fonctionnement de l’administration nous allons établir un système de gestion des performances pour les hauts fonctionnaires de tous les ministères. Il y va de la responsabilité de chacune et de chacun d’entre Nous de se dépasser, en mettant de côté toute frustration et considération personnelle dans l’intérêt supérieur de la Nation.

La confiance des investisseurs et de nos partenaires bilatéraux et multilatéraux sera elle aussi renforcée par ce signal fort, gage de stabilité et de maturité politique.

Au seuil de cette année nouvelle, mon ambition est que chaque guinéen puisse bénéficier des conditions nécessaires à son épanouissement personnel et à l’expression de ses talents, en donnant un sens à sa vie. Dans le partage des fruits de la croissance dont est porteur le projet de société, que vous avez approuvé en m’élisant, personne ne sera laissé pour compte.

Encore une fois bonne et heureuse année 2012!

1. Kpèlè: LaGuinè hina , da nea , ku ka ka tuwobhoi a kwèlan nine tiyo ka mama.
2. Kissi:Youngou bendo la guinè Yilöö wöössy, sey neyyoo Thyo kölan le niyaa La nouwali
3. Soussou : Laguinè guinè anun khamè umbara wo khèbou gnènènè khèbouira. Onouwali
4. Poular :Moussibhè douwibhè è sonnabhè, missalmini on. Salminagou ndhè hita ndhè héyi rè. On diarama.
5. Malinké M’badén-ma kèman ni moussoman, anbara aloufo sankouda folila ; alou ni ké
6. Toma Laguinè zhinuité ta laguinè nhazhai nuité.Nadalymayi n’ghaazuitisou woma ; kouna nhynéyi ma Lhalymahy who mama

Pour finir, je souhaite bonne chance au Syli National pour la CAN en 2012, puisse-t-il se distinguer et donner corps au slogan « Guinea is back ».