Archives Mensuelles: novembre 2011

La Palestine à l’UNESCO, abstention des états et soupçons des bloggers africains

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J’ai écrit l’article ci-dessous pour Global Voices en français. Pour accéder à l’original cliquez ici.

L’admission de la Palestine comme membre à part entière de l’UNESCO, le 31 octobre 2011, a provoqué un vif débat sur Internet et des prises de position très contrastées. Les africains, tant ceux qui vivent sur le continent que la diaspora, ont pris une part active dans le débat sur le web. Cependant les prises de positions ont consisté à transférer le débat sur les problèmes intérieurs de leur pays.

Unesco admets la Palestine photo de Salaam Shalom sur Flickr (CC BY-NC-SA 2.0)

Le site ouestaf.com révèle quels sont les pays africains qui se sont abstenus:

Trois pays ouest africains figurent dans le lot des abstentionnistes : Côte d’Ivoire, Liberia, Togo. Ils constituent avec le Cameroun, l’Ouganda [la Zambie] et le Rwanda les seuls pays africains à n’avoir pas voté en faveur de la résolution faisant de Palestine un Etat membre à part entière de l’Unesco.

Chacun de ces pays qui ont opté pour l’abstention ont donné des raisons officielles que les blogueurs ont vite démontées. Le site amaizo.info a publié un article qui donne des raisons valables pour la plupart des pays:

En réalité, ces pays ont en commun d’assurer une partie de leur sécurité rapprochée jusqu’au niveau des gardes présidentielles avec Israël sans compter les aides économiques.

Ces « neutralistes » se cachent derrière l’obligation de réserve au lieu d’expliquer qu’ils sont tous directement ou indirectement tributaires du soutien des pays qui ne veulent pas entendre parler d’un Etat Palestinien pour le moment.  Nommons Israël, les Etats-Unis, le Canada et la Colombie, etc. La France a voté en faveur de l’adhésion de la Palestine à l’UNESCO, mais annonce qu’elle s’abstiendra au Conseil de Sécurité.

Expliquant la position de la Cote d’Ivoire, seul payé africain dirigé par un président musulman à avoir opté pour l’abstention, S.Débailly explique dans un article intitulé ‘’ La Palestine à l’Unesco / La Côte d’Ivoire s’abstient – Pourquoi Alassane Ouattara n’a pas dit oui à Nicolas Sarkozy” publié par abidjan.net:

Une source au ministère d’Etat, ministère des Affaires étrangères reconnaît que la pression a été forte. Mais, ajoute-t-elle, elle est restée fidèle à sa nouvelle ligne de conduite dictée par la recherche de la paix par la négociation et la volonté de préserver les amitiés avec tous les Etats du monde. Un peu comme la philosophie diplomatique du père fondateur [Félix Houphouët-Boigny], à savoir : ‘’la Côte d’Ivoire, amie de tous, ennemie de personne’’.

Mais Roch Tieh, un résident de Sétif au Maroc, commentant cet article, a toute une autre explication, plus intime, pour le Président Abdourahmane Dramane Ouattara (ADO):

Loin de partager l’avis de la plupart des frères qui sont intervenus sur ce sujet, j’ai une autre vision de la chose. Je risque de choquer certains, mais pour ceux qui me voient souvent prendre position pour ADO, je dirai ici (Sans en avoir la preuve) que le vote de notre Pays a été influencé, par la Première Dame (Que je respecte beaucoup). Elle serait d’origine Juive et donc comme le dit l’Agade: Ce qui Femme veut, DIEU le veut aussi. Notre Président a demandé que notre Pays s’abstienne, si on ne peut pas voter pour l’adhésion de la Palestine à l’Unesco, il faut rester neutre. C’est sage de sa part et il n’y a pas de Palabres inutiles à la maison.

Un billet écrit par Alain NOAH AWANA du journal Le Messager publié sur cameroon-info.net:

Joint sur son téléphone portable alors qu’il se trouvait à Paris, le Pr. Messanga Nyamding donne les trois raisons qui, selon lui, ont poussé le Cameroun sur la voie de l’abstention….En filigrane, on peut comprendre que le pays a choisi la neutralité pour ne pas attirer les foudres de la communauté internationale, notamment celles des Etats-Unis. Deuxièmement, il se pourrait que le Cameroun ait voulu éviter de «frustrer» un pays ami. Là, le professeur parle d’Israël, qui était formellement opposé à l’admission de la Palestine à l’Unesco. «Le Cameroun a de très bonnes relations avec Israël, sur les plans économique et militaire. C’est un partenaire privilégié que nous n’avons pas voulu frustrer», argue-t-il. Enfin, et c’est la troisième raison, la position du Cameroun tient lieu du fait que c’est un pays très attaché aux groupes du tiers monde et des non alignés. «Nous avons donc choisi la voie du milieu, en attendant qu’il y ait visibilité. Et c’est d’ailleurs ce que le chef de l’Etat a toujours prôné», appuie-t-il.

Explications qui ne semblent pas convaincre Massaknowall qui commente :

La garde rapprochée de Biya est formée par les israëliens ceci explique peut-être cela tout simplement

Dans un commentaire à un billet de Justin Daboné intitulé “La Palestine à l’UNESCO : Ces anti-démocrates américains” paru sur le site online de L’Observateur Paalga au Burkina Faso, un lecteur nommé osiris a écrit, en s’adressant à M. Obama:

vous devez user de votre influence pour amener les durs d’ Israel à mettre un peu d’eau dans leurs vins§ beaucoup d’Israeliens ont payé de leur vie et idem pour les palestiniens ! Il est temps de donner un état à ce peuple.

Clive Chanda trouve une autre raison pour l’abstention de la Zambie [en]:

in 1991, several Jewish Rabbis, came to Zambia, and held a press conference at one of the top hotels in Lusaka, I forget which one. At this conference, they said that God Almighty had told them that there was a lost tribe of Jews in northern Zambia.

En 1991, plusieurs rabbins juifs sont venus en Zambie et ont tenu une conférence de presse dans les grands hôtels de la ville. Ils avaient dit que Dieu tout puissant leur aurait dit qu’une des tribus perdues d’Israel serait dans le Nord de la Zambie

Un autre commentaire de Yambayamba publié sur zambianwatchdog.com tire les coclusions qui résument les points de vue de nombreux africains:

Palestinians have suffered long enough. Telling Israel this truth does not mean, or should it ever be interpreted as being ANTI JEWISH. Good friends tell friends the truth. Sometimes truth is hard to hear, but it is the truth nonetheless. Because for along are the Israelis going to sustain the current existing “status quo” between them and their neighbors, the Palestinians? The earlier they deal with this issue, the less physical and psychological damage it is going to cause to future generations in that part of the world. Just think about it!!!!

Les Palestiniens ont souffert assez longtemps. Dire à Israël cette vérité ne veut pas dire, ou ne devrait jamais être interprété comme être ANTI JUIF. Les bons amis doivent dire aux amis la vérité. Parfois, la vérité est dure à entendre, mais c’est la vérité tout de même. Pour combien de temps encore les Israéliens continueront-ils à soutenir le “statu quo” actuel entre eux et leurs voisins, les Palestiniens? Plus tôt ils résoudront cette question, moins de dommages physiques et psychologiques elle provoquera entre les générations futures dans cette partie du monde. Pensez-y!!

Africae Munus Le Pape Benoît XVI trace la route pour l’église africaine

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Voici un article que j’ai écrit pour l’hebdomadaire La Lance de Conakry sur le message Africae Munus. 

Par une heureuse coïncidence de calendrier, la célébration, le 23 novembre, pour la première fois, de la Journée internationale contre l’impunité et le voyage du Pape Benoît XVI au Bénin, du 18 au 20 novembre, se sont succédés à peu de jours d’intervalle. Les prises de position que le Saint-Père est venu délivrer aux africains démontrent aussi combien sont saugrenues les idées exprimées par Mgr Vincent Coulibaly, archevêque de Conakry, co-président de la Commission de réflexion sur le processus de réconciliation nationale, à l’occasion du lancement du message “la marche vers la réconciliation nationale”, en septembre 2011. Elles donnent raison aux nombreux guinéens qui ont de sérieux doutes sur la capacité de cette personnalité à remplir le rôle qui lui est confié.

L’objectif principal du voyage du souverain pontife était de remettre le document intitulé Africae Munus, « l’engagement de l’Afrique » aux évêques aux prêtres, aux diacres permanents, aux personnes consacrées, aux catéchistes et aux laïcs de notre continent et des îles voisines. Cette Exhortation apostolique post synodale a été publiée au Vatican le 19 novembre 2011. Mais c’est dans le village de Ouidah, à 40 km de Cotonou, en plein cœur du pays d’origine du vaudou que ce document a été signé plutôt ce même jour. Le document comprend deux parties divisées en chapitres pour un total de 135 pages.

Déjà qualifié par les médias de “Feuille de route pour l’Eglise en Afrique”, il définit le rôle que veut jouer l’église en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. Il est basé sur  les travaux de la deuxième Assemblée spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques qui s’est déroulée du 4 au 25 octobre 2009 sur le thème de «L’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix».

L’Exhortation apostolique Africae Munus, vient compléter le travail de réflexion initié avec la première assemblée spéciale tenue du 10 avril au 8 mai 1994, à l’issue de laquelle le Pape Jean-Paul II avait signé l’Exhortation “Ecclesia in Africa”.

Dès son introduction le document relève les différentes situations sociopolitiques, ethniques, économiques ou écologiques que vivent quotidiennement les Africains encore aujourd’hui.  « Les Africains savent mieux que quiconque combien, trop souvent malheureusement, ces situations sont difficiles, troublées voire même tragiques. Je rends hommage aux Africains et à tous les chrétiens de ce continent qui les affrontent avec courage et dignité. Ils désirent, avec raison, que cette dignité soit reconnue et respectée. Je puis les assurer que l’Église respecte et aime l’Afrique. »

Le Saint-Père ajoute « La mémoire de l’Afrique garde le souvenir douloureux des cicatrices laissées par les luttes fratricides entre les ethnies, par l’esclavage et par la colonisation. Aujourd’hui encore, le continent est confronté à des rivalités, à des formes d’esclavage et de colonisation nouvelles. »

Malgré ces difficultés et les grandes pandémies le Pape voit de nombreux motifs d’espérance et d’action de grâce et affirme que les africains maintiennent leur joie de vivre. “Je vois également un motif d’espérance dans le riche patrimoine intellectuel, culturel et religieux dont l’Afrique est dépositaire. Elle désire le préserver, l’explorer davantage et le faire connaître au monde. Il s’agit là d’un apport essentiel et positif.’’

Le premier chapitre du document, intitulé «  AU SERVICE DE LA RÉCONCILIATION, DE LA JUSTICE ET DE LA PAIX”. rappèle que ”Si l’on ne crée pas dans les cœurs la force de la réconciliation, le présupposé intérieur manque à l’engagement politique pour la paix.”

Dans un passage que nous devrions bien méditer en Guinée, il dit que “seule une authentique réconciliation engendre une paix durable dans la société…. Pour devenir effective, cette réconciliation devra être accompagnée par un acte courageux et honnête : la recherche des responsables de ces conflits, de ceux qui ont commandité les crimes et qui se livrent à toutes sortes de trafics, et la détermination de leur responsabilité. Les victimes ont droit à la vérité et à la justice. Il est important actuellement et pour l’avenir de purifier la mémoire de construire une société meilleure où de telles tragédies ne se répètent plus.”

Le document dénonce aussi l’exploitation et les malversations locales et étrangères, l’opulence des gouvernants et des entrepreneurs véreux qui choquent la conscience humaine, au détriment du bien-être des populations locales. Il dénonce aussi les atteintes contre la nature, les forêts, la flore et la faune, mettant en péril l’existence d’innombrables espèces qui risquent de disparaître à tout jamais. Ces actions de l’homme menace “l’écosystème tout entier et, par conséquence la survie de l’humanité. J’exhorte l’Église en Afrique à encourager les gouvernants à protéger les biens fondamentaux que sont la terre et l’eau, pour la vie humaine des générations présentes et futures et pour la paix entre les populations’’.

En ce qui concerne la gouvernance, le document explique que ‘’Le non respect de la Constitution nationale, de la loi ou du verdict des urnes, là où les élections ont été libres, équitables et transparentes, manifesterait une défaillance grave dans la gouvernance et signifierait un manque de compétence dans la gestion de la chose publique.”

Après avoir traité de la criminalité, du respect des droits humains des prisonniers, de la mondialisation et de l’aide internationale, le document affronte les problèmes de la communion et des relations interreligieuses, de la sorcellerie et des difficultés de la double appartenance qui déchirent les chrétiens partagés par de la «double appartenance», au christianisme et aux religions traditionnelles africaines. Malgré les conditions de vie des chrétiens dans certains pays le Pape exhorte l’Église, à persévérer dans l’estime des musulmans.

Ensuite, c’est autour des problèmes internes à l’église et à la communauté chrétienne d’être analysés. Il s’agit en particulier des activités des nombreux mouvements syncrétistes et des sectes qui ont aussi vu le jour en Afrique au cours de ces dernières décennies. ‘’Il est parfois difficile de discerner s’ils sont d’inspiration authentiquement chrétienne ou s’ils sont simplement le fruit d’un engouement pour un leader prétendant avoir des dons exceptionnels. Leur dénomination et leur vocabulaire prêtent facilement à confusion, ils peuvent égarer des fidèles de bonne foi.’’

Benoît XVI n’esquive pas les problèmes douloureux pour l’église africaine, notamment ceux touchant au comportement de certains prélats qui a conduit à des démissions d’évêques comme en Tanzanie, au Bénin, en République centrafricaine ou au Burkina Faso et au Congo. Il leur leur dit “Votre autorité morale et votre prestance qui soutiennent l’exercice de votre pouvoir juridique, ne proviendront que de la sainteté de votre vie’’.

Women in Cotonou, Benin

Image via Wikipedia

Sur le plan de la gestion des biens de l’église locale, il ajoute ‘’Pour que votre message soit crédible, faites que vos diocèses deviennent des modèles quant au comportement des personnes, à la transparence et la bonne gestion financière. Ne craignez pas d’avoir recours à l’expertise des audits comptables pour donner l’exemple aussi bien aux fidèles qu’à la société.’’

Dans ses interventions publiques il s’est exprimé sur le problème du SIDA “Le problème du sida exige certes une réponse médicale et pharmaceutique. Celle-ci est cependant insuffisante car le problème est plus profond. Il est avant tout éthique”.

Est-ce une manière de reconnaitre que les dogmes religieux ne suffisaient pas pour arreter cette pandémie et de confirmer une certaine inflexion de l’église quant à l’usage du préservatif? Espérons-le !

Contre l’impunité peut-on compter sur l’Union africaine?

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Le 23 novembre 2011, Journée internationale contre l’impunité, la Fédération des journalistes africains (FAJ), le regroupement africain de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), ont lancé un appel à l’Union Africaine et les gouvernements du continent à prendre des initiatives courageuses pour mettre un terme à l’insoutenable impunité dont jouissent les auteurs des pires crimes contre les journalistes en Afrique. En effet, dans de nombreux pays africains, la violence et l’intolérance contre les journalistes se multiplient, malgré les engagements des dirigeants de nos pays pour le respect des droits humains.

Ces organisations de médias africains et internationaux ne traitent que des cas d’impunité concernant les membres de leur corps professionnel. Malheureusement, ce n’est que la point de l’iceberg. Rares sont les pays africains, dans lesquels il n’y a pas eu de crimes contre des populations civiles désarmées  qui ne soient restés impunis.  Un des cas les plus malheureux qui nous touche de près c’est l’impunité qui prévaut en Guinée, depuis l’indépendance du pays. L’habitude y est d’ailleurs de promouvoir des coupables civils ou militaires de ces crimes.

Les cas recensés de journalistes tués ou privés de liberté sont nombreux du nord au sud du continent. L’appel revient sur les crimes impunis contre des journalistes dans de nombreux pays africains dans un passé récent. On apprend ainsi que depuis 2007 en Somalie, 26 journalistes ont été assassinés dont trois en cette année 2011,  tandis que plusieurs autres journalistes y ont été blessés dans des attaques qui les ciblaient. Concernant la République Démocratique du Congo

où la tradition d’assassiner au moins un journaliste par an s’est solidement implantée depuis 2005, 08 vies ont été gratuitement fauchées par des hommes sans foi ni loi et les commanditaires de ces actes ignobles n’ont jamais été inquiétés par la justice. Plus de 30 journalistes croupissent aujourd’hui encore dans les prisons érythréennes qui se transforment en mouroir pour eux sans espoir pour eux que la justice et le droit prennent le dessus sur la dictature.

L’Erythrée fait partie des pays du monde où l’exercice du métier de journaliste reste le plus dangereux. En effet, selon le rapport:

plus de 30 journalistes croupissent aujourd’hui encore dans les prisons érythréennes qui se transforment en mouroir pour eux sans espoir pour eux que la justice et le droit prennent le dessus sur la dictature.

A propos de ce pays, un rapport de Reporters sans Frontières jette une lumière plus sinistre sur ce pays, où la presse privée est suspendu. Il a été classé pour la quatrième année consécutive dernier pays pour la liberté d’expression.

Le rapport ajoute que:

Dans d’autres pays comme le Zimbabwe, le Cameroun, la Cote d’Ivoire, le Burundi, l’Ethiopie, l’Uganda, la Gambie et le Nigeria, les pressions administratives, le harcèlement, les intimidations, les agressions ciblées par les forces de sécurité, les arrestations arbitraires et les menaces de mort sont le lot quotidien des journalistes souvent contraints à choisir le chemin de l’exil pour sauver leur vie. Dans tous les cas de figure, l’impunité est totale et constitue aujourd’hui un scandale et un obstacle majeur a la liberté de la presse, la libre expression et la démocratie en Afrique.

Mais au dela des bonnes intentions verbales, peut-on compter sur l’Union africaine pour lutter contre l’impunité? J’ai beaucoup de doutes car qui sont les auteurs des violences qui ne sont jamais punis? Qui sont ceux qui envoient les militaires pour commettre des violences contre toute forme de manifestation? Qui doit poursuivre les auteurs des crimes qui restent impunis? Ce sont toujours les mêmes dirigeants qui siègent au sein de cette UA! Peut-on avoir comme Président Obiang Nguéma et etre en mesure de lutter contre l’impunité? Peut-on avoir dans ses rangs des individus qui sont  dénoncés par la communauté internationale comme Al Bahir, Président du Soudan, et avoir la volonté de mettre fin à l’impunité? Et les présidents impliqués dans le scandale des biens mal acquis ne gouvernent-ils pas leur pays en toute impunité?

Guinée: Tortures et impunité un an après les élections

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Alain Juppé et Alpha Condé, président de la Ré...

Source: francediplomatie via Flickr

Je saisis l’occasion de la première célébration ce 23 novembre 2011 de la Journée internationale contre l’impunité pour publier des extraits du rapport d’une mission en Guinée de l’ACAT-France publiée le 9 novembre à Conakry et le 15 à Paris sous la signature des organisations de défense des droits de l’homme, Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-France) Association des Victimes, Parents et Amis du 28 septembre 2009 (AVIPA), Les Mêmes Droits pour Tous (MDT) et l’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH). On peut lire le rapport entier ici: ‘’Torture : la force fait loi – Etude du phénomène tortionnaire en Guinée’’ peut etre consulté ici.

Dans le cadre d’un projet financé par la Commission européenne intitulé « Renforcer les mécanismes d’enquête, d’information, d’alerte et de suivi en matière de tortures et autre mauvais traitements », l’ACAT-France a mené une mission en Guinée du 20 juin au 1er juillet 2011 avec un appui technique et logistique du Programme concerté de Renforcement des capacités des Organisations de la société civile et de la Jeunesse Guinéennes (PROJEG) sur le terrain.

Ce rapport de mission confirme malheureusement les conclusions d’autres ONG nationales et internationales (Amnesty International, Human Right Watch, OGDH, FIDH etc.): sous le gouvernement du Président Alpha Condé les violences graves contre le peuple de Guinée continuent dans une totale impunité.

Il s’agit du recueil d’entretiens confidentiels relatant les témoignages vécus ‘’de 36 personnes indiquant avoir été victimes d’actes de tortures ou de peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants commis par des agents des forces de défense et de sécurité essentiellement entre 2010 et 2011. La plupart d’entre elles présentaient des cicatrices et des traces de ligotages excessifs’’. Il en ressort de ce rapport qu’un an après l’élection d’Alpha Condé à la présidence de la République de Guinée en décembre 2010, à l’issue d’un scrutin ‘’démocratique’’, malgré les graves violences interethniques et les morts d’hommes, le phénomène tortionnaire existe toujours en Guinée.

Comme d’habitude, les forces de sécurité usent et abusent encore ‘’régulièrement de la torture et de mauvais traitements – lors d’arrestations, de gardes à vue ou de détentions – à l’encontre de suspects de droit commun, de prisonniers, de personnes considérées comme des sympathisants de l’opposition politique et de militaires accusés de vouloir renverser le pouvoir en place.’’ Faut-il rappeler que l’impunité, surtout parmi les hauts responsables de l’armée et de l’administration, est encore de règle ? Des personnalités soupçonnées des crimes les plus odieux non seulement occupent toujours des postes de responsabilités, mais elles obtiennent même des avancements.

Le Président Alpha Condé, avant de s’envoler pour le Brésil du 17 au 23 novembre a pris l’initiative de libérer des prisonniers politiques et de rencontrer les principaux dirigeants de l’opposition. Espérons qu’il va continuer sur ce chemin favorable à la détente. Pour le moment ce sont surtout ces initiatives à caractère ethnique et le fait de considérer la Guinée comme la propriété de sa région d’origine, qui retiennent l’attention.

Cette vidéo réalisée par des amis qui vivent en Guinée et publiée par le blog Bakchich.TV illustre bien la tragédie dans laquelle vivent les guinéens.

International: Journée internationale contre l’impunité 23 novembre

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Depuis que j’ai publié mon premier billet présentant l’initiative de l’IFEX 23X23, "l’Échange international de la liberté d’expression: Le réseau mondial pour la liberté d’expression" a continué de présenter d’autres cas de 7 autres journalistes tués pour avoir utilisé leur droit de s’exprimer.

Le premier de ces nouveaux cas, mais troisième depuis le 1er novembre, date qui marque le début de cette initiative concerne Abdul Razzak Johra, reporter de la chaine Royal TV, tué au Pakistan. selon les informations le concernant sur le site daytoendimpunity.org:

Le 3 novembre 2008, six inconnus armés ont traîné Johra, 45 ans, hors de son domicile situé dans le district de Mianwali au Penjdab et l’ont abattu – le lendemain de la retransmission à l’échelle nationale de son reportage sur le trafic local de la drogue. Selon ses collègues, Johra, qui avait déjà fait des reportages sur le trafic de drogue, avait reçu des menaces et s’était fait dire de cesser de couvrir le sujet. La police a reconnu le meurtre, mais n’a pris aucune mesure évidente pour faire enquête.

La deuxième victime, 4ème de la série, est le  journaliste Laurent Bisset en République du Congo. Dans son cas on peut lire:

Reporter à Radio Congo, propriété de l’État, et partisan déclaré du Président d’alors, Pascal Lissouba, Bisset a été trouvé mort le 4 novembre 1993 à l’extérieur de chez lui à Bacongo, un bastion de l’opposition. Le voisinage avait été assiégé pendant des jours lorsque des combats ont éclaté entre les troupes gouvernementales et les forces de l’opposition au sujet d’accusations selon lesquelles le gouvernement avait truqué les élections parlementaires.

Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), au moins 25 personnes ont perdu la vie et beaucoup d’autres ont été blessées. Des rapports divergents indiquent que Bissett aurait été visé à cause de ses reportages ou qu’il aurait été tué dans le feu croisé des tirs.

Monde: 11 novembre 2011=11.11.11

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Un ami m’a envoyé cet extrait d’un message qu’il a sans doute lui aussi reçu d’un autre ami qui doit lui aussi l’avoir reçu d’un autre ami, etc…. Bref, c’est le genre de messages qui circulent sur Internet sans que personne en sache qui en est à l’origine. Mais, j’ai trouvé celui-ci fort intéressant.

"En 2011, le mois d’octobre est un peu plus original que d’habitude.
Jetez un coup d’oeil au calendrier et observez ceci : Le mois d’octobre aura sa part d’exceptions : 5 samedis 5 dimanches 5 lundis
Ceci ne survient qu’une fois tous les 823 ans !! Les Chinois appellent cette exception « les sacs d’argent L’année 2011 compte également 4 dates inaccoutumées : 1/1/11 11/1/11  1/11/11  11/11/11
Ce n’est pas tout….  Pour vous amuser un peu, additionnez maintenant les deux ultimes chiffres de votre année de naissance et l’âge que vous avez atteint ou attendrez cette année.
Par exemple : année de naissance 54 + âge 57 = 111.  La somme sera la même pour tous, soit 111 !  Des années comme celle-ci sont connues pour être celles du gain."

International: Journée internationale contre l’impunité

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Ce 23 novembre le monde célèbrera la première Journée internationale contre l’impunité. Elle marque la date anniversaire du massacre dans la ville d’Ampatuan, aux Philippines, en 2009, un incident considéré comme le plus meurtrier de l’histoire

Provinces and regions of the Philippines

Carte administrative des Philippines. Image via Wikipedia

récente pour les journalistes. Des miliciens armés par la dynastie politique dont cette ville porte le nom, ont assassiné 57 personnes dont 32 journalistes et professionnels des médias.

Selon l’Association Mondiale des Journaux et des Éditeurs de Médias d’Information, plusieurs:

"suspects dont le cerveau présumé Andal Ampatuan junior, fils du maire local, et les poursuites engagées contre eux, la majorité d’entre eux dont des officiers de police et des membres de la milice d’Ampatuan sont toujours en liberté Jusqu’à présent la justice n’a pas élucidé ce crime et selon , plus de 100 suspects sont toujours en liberté car la culture de l’impunité continue de ronger la justice aux Philippines."

Mais que le massacre de journalistes reste impuni dans le monde n’est pas le monopole des Philippines car selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ): "

"au cours des dix dernières années, plus de 500 journalistes ont été tués. Dans neuf cas sur dix, les assassins n’ont jamais été pris."

L’impunité est une pratique que l’on rencontre dans le monde entier. En Guinée, cela fait plus de 53 ans que nous vivons dans l’impunité la plus absolue. Avec l’élection de Alpha Condé à la présidence, nous espérions que en une meilleure gouvernance. Mais, cet espoir a été déçu car il a continué la politique de répression de ses prédécesseurs contre des populations désarmées. Dans son gouvernement il y a des individus qui ont été accusés d’avoir commis des crimes contre l’humanité.

Pour commémorer le massacre des philippins, l’IFEX lance la campagne  "23×23" qui consiste à dénoncer 23 meurtres en 23 jours, à partir du 1er novembre:

chaque jour l’histoire d’un journaliste, d’un écrivain, d’un artiste ou d’un défenseur de la libre expression – comme Ismail – tué ce jour-là parce qu’il ou elle avait rapporté la vérité, et dont les meurtriers sont toujours en liberté.

Pour le premier billet l’IFEX  a choisi l’assassinat de Mohammad Ismail. Il était à:

quelques jours de la retraite comme chef de la rédaction d’une importante organisation de presse pakistanaise lorsqu’il a quitté son domicile pour faire une promenade le soir du 31 octobre 2006. On l’a trouvé le lendemain matin près de chez lui, le crâne fracassé. Cinq ans plus tard, ses tueurs courent toujours.

Le deuxième billet traite de celui de José Bladimir Antuna García, 39 ans, du Mexique:

"Reporter judiciaire, Antuna a été piégé par cinq hommes. Son corps portait une note qui se lisait ainsi : « Cela m’est arrivé parce que je donnais trop de renseignements à l’armée et parce que j’écrivais trop. »

L’ONG pour la protection de la liberté d’expression ajoute:

Demandez justice dans cette affaire en faisant parvenir un courriel au Président du Mexique, Felipe Calderón ici. Vous pouvez lui écrire en anglais, en arabe, en espagnol, en français ou en russe."

Chers amis participons tous à cette initiative pour que "PLUS JAMAIS CA" sur notre terre.

International: 77 ONG demandent à l’ONU de défendre les lois sur l’accès à l’information

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Le gouvernement de la Thaïlande a tenté de censurer les informations entourant les pires inondations que le pays ait connues depuis des décennies, qui ont forcé le déplacement de millions de personnes

Le gouvernement de la Thaïlande a tenté de censurer les informations entourant les pires inondations que le pays ait connues depuis des décennies, qui ont forcé le déplacement de millions de personnes
Philip Roeland

Une conférence des Nations Unies sur le développement durable était prévu du 4 au 6 juin 2012 à Rio de Janeiro, soit 20 ans après le sommet historique de 1992, d’où son nom de sommet de Rio+20. Mais selon la BBC, les dates pourraient fort probablement changer. En effet elles coïncident avec celles du Jubilé de diamant de la Reine Elisabeth IIqui sera célébré par le Royaume uni et les états du Commonwealth. Plusieurs dirigeants du monde entier y participeront. Les dirigeants de 54 nations du Commonwealth et les gouvernements du G20 ont demandé au Brésil un report de d’au moins deux semaines. Les dates nouvelles pourraient être du 20-22 Juin.

Quelque soit la date, ce sommet aura comme objectifs : garantir le renouvellement des engagements politiques avec le développement durable; évaluer les progrès vers les objectifs accordés au niveau international sur le développement durable et relever des défis nouveaux et émergents. Le sommet mettra également l’accent sur deux thèmes spécifiques: une économie verte dans le contexte de l’éradication de la pauvreté et le développement durable, et une structure institutionnelle qui favorise le développement durable. Les chancelleries, mais aussi les organisations de la société civile ont commencé à fourbir leur outils. C’est ainsi que le 31 octobre les 77 d’entre elles ont un mémoire au secrétariat de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (UNCSD) dans l’espoir que leurs recommandations feront partie de la déclaration finale du Sommet Rio+20. Malgré les doutes que ce genre de conférence peuvent provoquer en nous, elles sont à suivre avec intérêt parce que c’est de la confrontation des idées entre les différents habitants de la terre que peuvent naitre des solutions viables pour le futur.

Centro do Rio de Janeiro Rio Center

Le centre de Rio de Janeiro Image via Wikipedia

Cet article est aussi disponible en English et Español

Dans une initiative d’ARTICLE 19, 77 organisations de la société civile, membres de l’IFEX et du Réseau des défenseurs de la liberté d’accès à l’information (Freedom of Information Advocates, FOIA Network), demandent aux Nations Unies de défendre les lois sur l’accès à l’information, la transparence et des médias libres comme nécessités essentielles à la viabilité à long terme de l’environnement et de l’humanité. Les Nations Unies tiennent en juin 2012 à Rio un sommet des dirigeants des grandes économies du monde (Rio+20) afin de discuter d’objectifs en matière d’environnement et de développement durable.

« Le droit de chercher, de recevoir et de retransmettre des informations et des idées concernant le développement et l’environnement est fondamental si on veut assurer un développement durable et la protection de l’environnement », ont dit le 31 octobre les 77 signataires dans un mémoire transmis au secrétariat de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (UNCSD). L’objectif est d’inclure les recommandations du mémoire dans la déclaration finale du Sommet Rio+20.

Les groupes demandent l’adoption d’une nouvelle convention internationale qui ferait autorité en matière d’accès à l’information environnementale, de participation publique et d’accès à la justice dans les questions environnementales. Le mémoire demande que la déclaration finale du sommet propose une Loi des Nations Unies sur la liberté d’accès à l’information.

Ils demandent en outre que les États membres et l’UNCSD reconnaissent de manière explicite l’importance d’une « société civile indépendante, de la transparence et de la libre circulation de l’information » dans le rapport définitif de juin 2012 de l’UNCSD.

« Vingt ans après le Sommet de la Terre à Rio, les gouvernements doivent prendre des engagements sérieux et agir de façon à garantir que l’information est accessible au public », dit la Directrice générale d’ARTICLE 19, la Dre Agnès Callamard, dans une déclaration séparée.

Les membres de l’IFEX rapportent depuis quelques années de nombreux cas de répression gouvernementale contre ceux qui partagent des informations liées à l’environnement. Cette répression comprend par exemple l’emprisonnement du comédien Zarganar après que celui-ci eut remis en question les secours apportés par le gouvernement birman à la suite du cyclone Nargis en 2008; elle comprend aussi l’arrestation et la censure des journalistes chinois qui ont rapporté les scandales sur les aliments toxiques.

L’importance vitale de la libre circulation de l’information dans les questions environnementales a été soulignée fin octobre lorsque le gouvernement thaïlandais a censuré le site web « Thaiflood », qui prévenait les citoyens d’inondations massives qui ont fait au moins 400 morts et déplacé des millions de personnes depuis juillet.

D’après le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), le gouvernement a tenté de censurer les avertissements de crues, inquiet qu’ils ne suscitent la « panique » et exigé que le site web « Thaiflood » fasse approuver ses reportages avant de les afficher. Cela aurait de toute évidence mené à la censure ou au retard d’informations pouvant sauver la vie de bien des gens. Le personnel de « Thaiflood » a donc retiré sa base d’opération du Commandement des Opérations de secours aux victimes d’inondation (Flood Relief Operations Command), administré par l’État, et l’a transférée dans un bureau privé. Cette décision permet à Thaiflood de continuer à diffuser des informations non censurées, mais elle signifie aussi que le groupe n’a plus accès aux renseignements du gouvernement sur l’inondation.

Le CPJ ajoute le contexte que le gouvernement s’est attiré la condamnation générale après avoir fait des prédictions erronées ou contradictoires sur l’intensité et l’orientation des eaux de ruissellement. Les inondations actuelles sont les pires que la Thaïlande a connues en cinquante ans.

Source: http://www.ifex.org/international/2011/11/02/access_to_info/fr/

Guinée: Le Lynx fustige la désorganisation du pèlerinage 2011

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Dans son 31 octobre, l’hebdomadaire 2011 de Conakry "Le Lynx"   publie les commentaires de El Hadj Camara sur l’organisation du Hadj 2011. Voici le texte gracieusement fourni par la rédaction. Comme toujours, j’avertis les lecteur que l’article est écrit dans le langage typique de ce journal forgé à partir du Français.

Hadj 2011  Satan conduit la marche

Docteur – Professeur son Excellence El Hadj Koutoubou Sanoh était donc un as du pèlerinage. En deux temps, quatre mouvements, assaisonnés de billets d’avion impayés, il pouvait vous expliquer les tenants et les abrutissants de tout ce qui avait pu disparaître des caisses et du budget des Hadj 2009 et 2010. Là où l’explication était simple, on la compliquait. Là où elle était compliquée, on la compliquait davantage. Résultat: la fin de l’explication constituait une délivrance. On pouvait respirer à pleins poumons.

Seulement voilà. Avec le Hadj 2011, la tradition guinée-haine aura été respectée à la lettre. Celle-ci consiste à s’enfoncer chaque année davantage. A la malgouvernance de l’Administration, se sont ajoutés le vol et la tricherie de certains candidats au turban. On vole pour pouvoir visiter les lieux saints de l’Islam. On triche pour s’acquitter des exigences du 5è pilier de l’Isam. On ment pour obtenir le titre d’El Hadj. On embrouille le Consulat d’Arabie Saoudite pour mieux tromper les candidats malheureux au pèlerinage. Parce qu’il y a des candidats malheureux. Comme au Bac. Tout se passe comme si personne ne contrôle plus rien. Satan excepté. C’est lui qui conduit la marche.

Pourtant, cette “ pagaille organisée ” est une simple affaire de Toto. Si les opérations de pèlerinage sont bien ficelées, que mangeront les prédateurs ? Quelque 6800 visas avaient été négociés avec les Saoudiens. Plus de 8 000 ont été déjà délivrés. Au compte gouttes, affirment certains des déçus du pèlerinage 2011. Un simple petit contrôle effectué la semaine passée en Arabie Saoudite a permis de déceler 50 fraudeurs parmi les pèlerins. Il y en a qui se sont ingéniés à se rendre en Arabie Saoudite “ sans payer ”. Ou du moins, sans payer à une caisse connue. A l’heure qu’il est, ils ont dû commencer à faire leur “ Tawaf ” entre Safa et Marwa. En toute confiance.

Mais, ce petit exploit ne mérite pas que l’on s’y arrête, compte tenu des performances du 26è et du 27è convois. Les négociations pour le déroulement du Hadj 2011 ont été si rondement menées que ces convois-là n’ont pas pu atterrir directement à Médine. Le coucou a pris la direction de Jeddah. Pour déverser ses passagers qui ont été bloqués-là pendant deux jours. En ce qui concerne la Première Dame de la République qui était de ce convoi, une solution “ protocolaire ” a pu être trouvée. Le reste du lot a élu domicile là où bon lui semble. “ Jusqu’à ce que la situation se débloque ”.

C’est dans ce tohu-bohu que 8 ex-futurs pèlerins ont été appréhendés à Jeddah. Ils avaient tout simplement effectué le voyage avec des passeports d’autres candidats pèlerins, restés, eux, à Conakry. Quand nous mettions sous presse, Jeddah n’avait pas accepté d’annuler la décision de les réembarquer pour Conakry. Carrément.

Paradoxalement, que dis-je, parallèlement, des imams des préfectures de l’intérieur du pays, invités à la Mecque par le Président de la République, ont dormi à la belle étoile à  Conakry. “Faute de visas ”.

Le Secrétariat général aux affres religieuses a sorti une cinquantaine de ces précieux visas de l’Ambassade saoudienne. Mais, ce n’était guère une “ bonne nouvelle ” parce qu’ils étaient destinés à la même présidence de la République pour “ ses protégés ”. Entre invités et protégés, on savait parfaitement qui privilégier. A part ces quelques désagréments, le pèlerinage reste un privilège.

El Hadj Camara

Guinée: Indice de développement humain toujours plus bas

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Ce 2 novembre, le Programme des Nations unies pour le développement a publié son Rapport sur le développement humain pour l’année 2011. Ce rapport classe les pays et territoires du monde selon l’indice de développement humain (IDH) obtenu par l’élaboration des donnés sur les performances enregistrées dans différents domaines. La liste des premiers pays classés varie peu d’une année à l’autre: la Norvège, l’Australie, et les Pays-Bas arrivent en tête. Malgré la crise dont ils se plaignent, presque enregistrent une tendance à la hausse ou maintiennent leurs positions.

Ce discours est malheureusement aussi valable pour les pays en queue de la liste. De la 150ème à la 187ème places, c’est presque le monopole de l’Afrique, si des pays comme l’Afghanistan (172ème), Haiti (158ème), le Népal (157ème), le Yémen (154ème) et la Papouasie-Nouvelle-Guinée (153ème) n’avaient eu la mauvaise idée de s’insérer entre nous. La République démocratique du Congo, le Niger et le Burundi sont les cancres de cette hiérarchisation annuelle des pays en fonction de leurs niveaux de santé, d’éducation et de revenu.

Notre chère Guinée est 178ème, soit 10ème en commençant par le fonds, alors que l’année dernière, elle était 156ème, avec une place de perdue depuis 2005. Malgré les efforts de notre président démocratiquement élu, notre pays continue sa descente aux enfers.