Archives Mensuelles: août 2011

Guinée: Madifing Diané, ancien tortionnaire nommé ambassadeur au Sénégal

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L’association Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djalon (Ensemble pour le développement du Fouta-Djallon) dénonce la nomination de Madifing Diané  comme ambassadeur de la Guinée au Sénégal qui suscite beaucoup d’émoi parmi les militants des droits de l’homme, les associations de victimes et tous les citoyens guinéens soucieux de coopération et d’intégration régionale. Un appel a été adressé aux organisations internationales listées ci-dessous. Les destinataires sont autorisés à le transmettre à qui ils estiment nécessaire.

Voici comment Mr. Madifing est présenté. Il:
"fut un tortionnaire notoire durant le régime de Sékou Touré. Avant d’être recruté comme membre des équipes du sinistre Siaka Touré, Mr. Madifing Diané  fut instituteur à l’école primaire du camp Boiro. Son rôle consistait entre autres, à  tenir le registre des personnes à arrêter, à conduire des interrogatoires sous la torture et à préparer des rapports sur  les aveux  pour la présidence.  En outre il était en charge de la censure des aveux enregistrés avant leur diffusion à la radio nationale de l’époque. En plus, Mr. Madifing Diané  était le correspondant des agents secrets en charge de déstabiliser l’opposition qui était regroupée à l’extérieur pour échapper à la répression. A ce titre, comme il l’a lui-même reconnu, entre 1971 et 1984,  Mr. Madifing Diané  était en contact avec l’ancien espion du PDG, Jean-Marie Doré qui fut premier ministre du gouvernement de transition.  Lié à l’ancien président guinéen, Lansana Conté, par le même passé d’agent des services secrets de Sékou Touré,  Mr. Diané sera promu au rang de ministre de la sécurité par ce dernier.
D’après cette association, en sa qualité ambassadeur au Sénégal  Mr.  Diané aura pour  mission:
"d’infiltrer et de déstabiliser la communauté guinéenne.   Le président guinéen voit en cette communauté une base favorable à son ancien adversaire politique. Dans de récentes déclarations, Mr. Alpha Condé a fait allusion à des complots en préparation contre lui à partir du territoire sénégalais. Parmi les scenarios de la mission de l’ambassadeur, il y a celui de la création d’incidents contre  les citoyens  sénégalais établis en Guinée afin de susciter des mesures de rétorsion contre l’importante diaspora Guinéenne au Sénégal. Ces informations sont à prendre au sérieux étant donné  le nombre de citoyens guinéens (principalement peuls) résidant au Sénégal.   Notre association en appelle à la vigilance dans notre communauté,  à l’intérieur comme au Sénégal,  afin de déjouer toutes provocations de nature à compromettre les relations fraternelles entre les citoyens sénégalais et guinéens.
Cette nomination vient après celles de deux religieux El Hadj Mamadou Saliou Camara, imam de la grande mosquée Fayçal, et monseigneur Vincent Koulibaly, archevêque de Conakry, pour co-présider une «Commission provisoire de réflexion sur les conditions de mise en oeuvre et de réalisation de la réconciliation nationale», celle de personnalités figurant sur la liste de personnes ayant commis des actes contre l’humanité établie par  les Nations Unies et la promotion à des grades supérieurs de militaires qui se sont distingués dans la répression contre des manifestants désarmés.
L’élection d’un civil à la présidence de la Guinée, qui prétend avoir été professeur de droit à la Sorbonne, avait suscité quelques espoirs chez ces électeurs et des craintes de la part de ses nombreux détracteurs, malheureusement son action depuis son élection déçoit les premiers et donne raison aux seconds.

Libye: Enfin, on voit le bout du tunnel

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Mais qu’adviendra-t-il de l’Union africaine? Elle n’a pas osé prendre position clairement dans l’issue finale de cette trop longue comédie sanguinaire qu’a été le régime libyen, mais la principale source de financement de ce club de dictateurs. Lorsque je regarde le roi des rois d’Afrique, je pense au film de Charlie Chapelain "le Dictateur". Guedaffi récitait mieux ce rôle car c’était sa manière de gouverner. Il le vivait chaque jour chez lui et à l’étranger.

Un autre perdant dans cette défaite d’un des plus grands prédateurs des droits humains est son ami Berlusconi! Mais il aura tout le temps de ruminer sur ses malheurs lorsqu’il sera mis à la porte lui aussi.

La grande inconnue maintenant est comment les insurgés vont traiter les noirs, en particulier les sub-sahariens.

Turquie: Actes concrèts de solidairté avec les somaliens

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J’ai été surpris d’apprendre que le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan accompagné de sa femme et de sa fille ainsi que d’une forte délégation de haut niveau.  En effet d’après plusieurs sources, dont afriquinfos.com, le Premier ministre turc avait à sa suite cinq ministres importants, des membres du parlement turc et des groupes de la société civile, tel que la société du Croissant-Rouge turc qui dirige actuellement les efforts humanitaires pour aider les populations en Somalie. Ils ont visité deux camps de réfugiés dans la capitale somalienne Mogadiscio, gérés par les agences d’aide turques. Ils ont rencontré des victimes de la sécheresse et de la famine installées dans les deux camps à Mogadiscio.

Formidable! D’habitude, lorsque des dirigeants de pays importants visitent des zones de guerre ou de grande instabilité politique, ils n’annoncent leur visite que lorsqu’elle a déjà commencé, voir terminée, pour éviter des surprises. M. Erdogan, non seulement ne le fait pas, mais il se fait accompagné de sa femme et de sa fille ainsi que d’une délégation si importante qu’on croirait qu’il allait à Washington, Paris, Londres, Pékin ou Delhi. Il donne ainsi une leçon aux autres dirigeants de ce monde qui préfèrent la parole à l’acte. C’est un acte de détermination et de courage.

En outre mercredi, l’Organisation de coopération islamique se sont réunis à Istanbul et a promis de faire un don de 350 millions de dollars en aide à la Somalie.

Espagne: JMJ2011 ou lancement par les religieux de la campagne électorale

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Madrid abrite depuis le 16 jusqu’au 21 août 2011,  les JMJ 2011, les XXVIe Journées Mondiales de la Jeunesse. C’est la deuxième fois que l’Espagne accueille les  JMJ  après Saint-Jacques de Compostelle en 1989. Cette grande kermesse est organisée par l’Église catholique depuis 1986 et réunit tous les deux ou trois ans des jeunes provenant du monde entier dans une grande métropole, en présence du Pape. Les JMJ sont le plus grand rassemblement de jeunes au monde. Le Pape Benoit XVI y est attendu ce jeudi 18 et restera dans la capitale espagnole jusqu’au dimanche 21,jour où il célèbrera une Sainte messe.

Par l’organisation de ces JMJ en Espagne avec les tensions qui opposent les bigots au gouvernement socialiste de José Luis Rodríguez Zapatero, à mon avis, l’église utilise la religion à des fins politiques. Elle instrumentalise la religion pour influencer le choix politique des espagnols en vue des élections prochaines. On me rétorquera que lorsque le choix de Madrid a été fait pour l’organisation de ces JMJ, on ne savait pas que des élections anticipées auraient eu lieu à peine trois après, mais je réponds que tout le monde savait que des élections générales auraient eu lieu quelques 7 mois plus tard. Les adversaires des socialistes que l’Eglise a toujours soutenu avec force, au plus haut niveau, pourront donc utiliser l’effet de ces JMJ sur une population plutôt pieuse pour séduire des électeurs.

C’est déjà depuis janvier 2005, soit moins d’un an après l’élection de M. Zapatero, que l’épiscopat espagnole avait réussi à faire condamner par le Papa Jean-Paul II, l’initiateur des JMJ, les réformes politiques et sociales d’un état archaïque, à la législation trop influencée par le dogmatisme religieux.

C’est donc avec un grand plaisir que je vois que des espagnols conscients du danger que constitue le mélange explosif de la religion et de la politique sont descendus dans les rues pour dénoncer l’action de l’Église.

Niger: Un téléphone rouge contre la corruption

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Abdoulaye Massalatchi; Jean-Loup Fiévet du service français de l’agence de presse Reuters font savoir dans un billet daté du 13 aout que les autorités nigériennes ont mis en place un "téléphone rouge" permettant à tout citoyen de dénoncer la corruption d’un dirigeant, un fléau qui mine l’économie du pays qui fait fréquemment les gros titres dans les journaux pour la précarité de la situation alimentaire. Malgré ses richesses minières et un potentiel agricole non négligeable dans la partie méridionale, ce pays est l’un des plus pauvres du monde et tandis qu’ailleurs responsables gouvernementaux ou d’ONG cherchent à sensibiliser les opinions et à aider le pays à subvenir aux besoins les plus élémentaires de la population il se trouvent des responsables au plus haut niveau de l’état pour détourner les deniers publics à l’avantage de leurs cliques.

Voici le texte de leur article:

"C’est une innovation", a expliqué samedi le Premier ministre, Brigi Rafini, en inaugurant cette ligne téléphonique. "C’est un instrument très important qui sera étendu à l’ensemble des pouvoirs publics".

Plusieurs responsables de l’ancien régime dirigé par l’ex-président Mamadou Tandja sont actuellement inculpés pour détournement de fonds publics.

Le nouveau chef de l’Etat, le président Mahamadou Issoufou, s’est engagé à purger le gouvernement de ses éléments corrompus et à promouvoir le principe de la bonne gouvernance pour attirer notamment les investisseurs étrangers.

D’après un rapport officiel, l’Etat a perdu plus de 86 milliards de francs CFA (186 millions de dollars) du fait de la dilapidation de l’argent public et d’autres pratiques de corruption lors des dix années de pouvoir de Mamadou Tandja.

Vendredi, dix responsables de l’ancien régime ont été reconnus coupables par un tribunal de corruption et de faux pour un montant d’environ 1,5 milliard de francs CFA.

Le Niger, pays enclavé du Sahel touché par une sécheresse récurrente, est l’un des plus gros exportateurs de minerai d’uranium au monde.

Burkina Faso, Guinée et Niger: Le prix de l’or monte, Semafo Inc trinque

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Une dépêche de l’agence d’information Reuters informe que l’entreprise minière Semafo Inc spécialisé dans l’exploration des mines d’or et présente en Guinée, au Burkina Faso et au Niger se frotte les mains. En effet au cours du 2nd trimestre 2011 ses bénéfices ont connu une forte croissance en raison de la flambée des prix de l’or sur le marché international. Bien refuge par excellence en période de crise, l’or a enregistré en moyenne une hausse de 26 pour cent à la fin de juin par rapport à l’année dernière suite aux problèmes d’endettement que connaissent les grandes économies.

C’est une véritable ruée vers l’or dans le monde entier à cause des tendances boursières beaucoup trop capricieuses. La conséquence est que le prix ne cesse de monter. Alors que l’once d’or valait à peine 1000 dollars en mars 2008, il s’oriente vers le doublement de ce prix. Aujourd’hui, il est plus recherché que jamais. L’once du métal précieux a atteint ce 11 aout le chiffre de 1813 dollars américains.

Semafo, exploite des mines d’or au Burkina Faso et au Niger en gagnant beaucoup d’argent. En Guinée, elle exploite la mine de Kiniero. Elle a fait savoir qu’elle augmentait son budget 2011 pour l’exploration de 8,5 millions de dollars pour sa mine rien que pour son site phare au Burkina.

Pendant que les actionnaires de cette multinationale se frottent les mains dans leurs salles de réunion dans les grandes capitales du monde les mains nos populations friment et la dépendance du développement de nos pays de ressources minières exportées sans aucune transformation se renforce. Cette dépendance, selon un rapport de l’ONU intitulé Rapport d’examen africain sur l’exploitation minière (Résumé):

la rente minière peut entraver le développement en accaparant l’attention aux dépens de questions économiques plus larges et du développement d’autres secteurs productifs. Cette situation est souvent due à ce qu’on appelle le syndrome hollandais ou la malédiction des ressources naturelles et fait que les revenus élevés générés par les minerais limitent la diversification des structures, ce qui empêche les économies de transformer l’abondance des ressources en croissance durable qui permet d’améliorer les conditions de vie des gens.

D’autre part l’exploitation minière provoque des problèmes environnementaux et une pollution de l’eau. Ce qui pourrait rompre l’équilibre naturel et entrainer des problèmes durables dans des pays comme le Burkina Faso et le Niger. En effet, parmi les nombreux impacts négatifs on peut relever, notamment, la contamination de l’eau des rivières, la destruction des terres et la détérioration des infrastructures.  Selon une étude de l’ONG canadienne, la Fondation de l’eau potable sure (FEPS), intutlé Exploitation minière et la pollution de l’eau:

L’exploitation minière affecte les bassins d’eau douce par l’utilisation d’eau pour le traitement du minerai et par la pollution faite lors des décharges d’effluent des mines. De plus en plus de mines menaces les sources d’eau sur laquelle nous dépendons tous. L’eau a été surnommée « l’eau la victime de l’exploitation minière » (James Lyon, interview, Mineral Policy Center, Washington DC). Beaucoup d’exploitation minière ont commencé l’extraction avec peu de souci pour l’environnement. Le prix que nous payons tous les jours pour l’extraction de minéraux est extrêmement élevé. L’extraction, naturellement, consomme beaucoup d’eau et peut polluer très sérieusement des cours d’eaux.

En outre, selon cette ONG, la pollution de l’eau causée par l’exploitation minière peut prendre des décennies même des siècles avant de se dépolluer après la fermeture de la mine.

 

C’est donc, à eux le magot et à nous les problèmes! Quelle injustice dans ce monde!!

Ghana : A la recherche de la “Femme idéale “, rencontre avec Linda Annan

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Kofi Annan. Linda est une journaliste et blogueuse ghanéenne qui contribue à Global Voices en couvrant la blogosphère ghanéenne.

Linda a fondé et édite Obaasema, un magazine en ligne pour les femmes. Obaasema signifie «femme idéale» en Twi, une langue ghanéenne. Créé en 2006, le magazine a un site web, une chaine sur Youtube, une chaine TV en ligne, une page Facebook ainsi qu’un compte Twitter.

Linda est née au Ghana, mais elle est partie pour les États-Unis adolescente. Aux États-Unis, Linda a obtenu un baccalauréat ès communication d’entreprise, et un certificat de journalisme de l’université Bernard M. Baruch à New York. Elle est récemment rentrée au Ghana et travaille dans les médias et les communications. Dans cette interview avec Steve Sharra, Linda parle  de son blog, de sa passion pour le partage des connaissances et de l’autonomisation des femmes, du magazine Obaasema, et des nombreuses autres choses qu’elle fait sur l’Internet.

Steve Sharra (SS): Pour commencer, parlez-nous de vous. Qui est Linda Annan ? Vous partagez un nom de famille avec une personnalité de renommée mondiale au Ghana,  celui de l’ancien Secrétaire des Nations Unies, Kofi Annan. Êtes-vous apparentés ?

Linda Annan (LA): Je suis une journaliste ghanéenne et spécialiste en communication avec une passion pour la politique et militante pour l’autonomisation des femmes et des jeunes ainsi que divers problèmes sociaux liés à l’Afrique. Non, je ne suis pas liée à Kofi Annan, bien que nous soyons tous les deux du groupe ethnique Fante.

SS: Où êtes-vous née, où avez-vous grandi, et où vivez-vous  actuellement ?

LA: Je suis née et j’ai grandi au Ghana où j’ai vécu jusqu’au milieu de l’adolescence. Après, je suis partie pour les États-Unis ; et je viens d’aménager au Ghana il y a trois mois.

SS: Qu’est-ce qui vous a ramenée au Ghana, et que faites-vous maintenant ?

LA: J’ai toujours eu  le désir de revenir au Ghana à un certain moment, la question était de savoir quand ? Cette année m’a semblé le bon moment, parce que mes projets concordaient et que le Ghana est maintenant mûr pour le genre de projets que je veux lancer. Par ailleurs, l’objectif, depuis que j’ai lancé le magazine Obaasema, était  finalement de le lancer au Ghana et dans d’autres pays africains. Il est maintenant temps de le faire. Ce que je fais actuellement : je travaille comme consultante associée dans un cabinet de communication en marketing.

SS: Vous avez une présence en ligne remarquable, à commencer par Obaasema, le magazine que vous avez fondé et que vous éditez. Dites-nous pourquoi et comment vous êtes créé ce magazine.

LA: Je vous remercie. J’ai lancé le magazine quelques mois après avoir obtenu mon diplôme d’études universitaires. En général, j’aime inspirer et responsabiliser les gens et comme je crois au pouvoir des mots et que je suis passionnée par les problèmes des femmes, il était logique que j’utilise ce moyen pour y parvenir. Le partage des connaissances est une autre chose que j’aime beaucoup faire et le magazine en ligne a été la plateforme idéale pour le faire. En outre, après le diplôme, j’ai réalisé la nécessité d’une plate-forme qui pouvait offrir une possibilité d’autonomiser et de donner l’exemple aux jeunes femmes africaines comme moi, par le biais de divers canaux. Comme c’était quelque chose que j’aurais désiré vivement avoir dans ma vie à l’époque, et que je connaissais d’autres femmes qui auraient aussi apprécié et en auraient tiré profit, j’ai décidé de créer le magazine Obaasema ; le nom de “Obaasema” en lui-même a beaucoup d’importance. En langue ghanéenne twi , il est traduit comme «femme idéale» – c’est la femme que j’aspire à être, et c’est la femme que j’appelle toutes les Ghanéennes à aspirer d’être. Quelle que soit cet « idéal », il doit absolument être enraciné dans quelque chose de sérieux.

SS: Qu’elle est le lectorat ciblé pour ce magazine ? Dans quelle mesure votre objectif a-t- il été atteint jusque-là ?

LA: Le public-cible de Obaasema est la femme africaine, même s’il est vrai que les problèmes des femmes se recoupent partout. Nos lecteurs ne sont pas les femmes africaines ou simplement des femmes d’ascendance africaine ; nous avons un lectorat potentiel mondial en ligne. La femme Obaasema peut être la femme à responsabilités dans une entreprise ou bien elle peut être l’artiste merveilleusement occupée à cultiver son art, ou une femme dans un village, sans aucune connaissance de ses droits. Toutes ces femmes ont besoin d’encouragement et doivent accéder à l’indépendance à différents niveaux pour avoir confiance dans leurs capacités de femmes. C’est là qu’intervient le magazine Obaasema. Je peux honnêtement dire que nous avons été capables d’accomplir la mission principale de Obaasema, qui est d’inspirer et de donner confiance ; bien évidemment, il y a bien du travail à faire encore. Grâce aux réactions  de nos lecteurs, nous savons que les lecteurs sont mis au défi de réfléchir sur eux-mêmes et de lutter pour des choses qui ont de l’importance, dans leurs relations avec les autres, les relations avec eux-mêmes ou dans l’accomplissement de leurs aspirations. Cela me réchauffe le cœur de voir que nos contributions à la société arrivent loin.

SS: Parlez-nous de votre travail avec Global Voices Online. Comment avez-vous commencé ?

LA: Je suis tombée sur Global Voices Online en 2009 et j’ai pensé que c’était une source incroyable d’ informations. J’aime la diversité de l’équipe de GV et je voulais en faire partie ; j’ai écrit des articles politiques sur le Ghana. Je n’ai pas été en mesure de contribuer pour un certain temps, mais j’ai hâte de le faire prochainement de manière plus active.

SS: Vous avez un blog, Abi parle. Qu’est-ce qui vous a poussée à ouvrir ce blog ?

LA: Je suis assez opiniâtre et comme je l’ai mentionné plus tôt, j’aime partager les connaissances avec les autres. «Abi Speaks» est une autre plateforme que j’utilise pour faire cela. Elle m’offre l’opportunité d’écrire librement ​​mes pensées, sans les limitations, par exemple, de Obaasema, qui est une publication officielle. En outre, «Abi Speaks” est ma façon de créer une autre voix, ma voix personnelle, en dehors de Obaasema.

SS: En 2007 vous avez été mise en vedette sur le magazine Black Star News dans sa rubrique “Entrepreneur du jour”. Comment BSN  vous a-t-il connue ? Qu’est-ce que cela vous a inspiré d’être sur le site BSN ?

LA: Black Star News m’a trouvée en ligne et m’a contactée pour une entrevue. Leur article a sans doute donné une certaine exposition médiatique à Obaasema, d’autant que le magazine en  était à ses débuts sur le web à l’époque.

SS: Que trouvez-vous d’intéressant sur la blogosphère ghanéenne ?

LA: J’aime le dynamisme de celle-ci ; l’audace affichée dans les articles est passionnante et indique que les Ghanéens font des progrès dans ce domaine de la «liberté». Les blogueurs ici sont assez actifs, ils se rassemblent et semblent avoir ainsi établi des liens amitiés avec les autres.

SS: Quelles sont vos ambitions futures pour Obaasema ? Et pour vous-même ?

LA: Dans les prochains mois, Obaasema online fera l’objet d’une refonte pour redonner de l’énergie à la publication. Quand nous aurons atteint le point que nous visons  dans cette nouvelle direction, un pas vers le lancement du magazine imprimé en Afrique va suivre. Mes ambitions personnelles : ma carrière dans les communications prend une tournure que je n’avais pas prévue, très positive, et je tente de me détendre et voir où Dieu me conduira dans ce domaine. Entre-temps, je voudrais étudier d’autres supports dans les médias pour aider Obaasema à progresser.

Afrique-Chine: Amitié avec les gouvernants ne veut pas dire amis des peuples

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Le site online de la Radio Chine Internationale (RCI) a publié un billet de l’agence de presse officielle du pays du Président Mao vantant les mérites des investissements de  la Chine pour les pays africains. Ces investissements seraient basés sur "les principes d’amitié, de libre consentement, d’égalité et de bénéfice mutuel, au lieu de s’ingérer dans les affaires intérieures des pays africains, tout en respectant les voies de développement choisies par ces derniers."

Si pour les premiers points qui qualifient ces investissements il est difficile de contester que le choix d’investir en Afrique est dicté par ces principes, il aurait été étonnant si ces motivations avait d’autres principes. Mais c’est valable pour tous les autres pays. On ne peut pas coopérer avec ses ennemis, ni par la force ni sans des intérêts réciproques. Pour ce qui est de la non-ingérence dans les affaires intérieures des pays africains, cela équivaut au renforcement des cliques au pouvoir et ne va pas nécessairement dans l’intérêt des populations. Le principal soutien parmi les grandes puissances aux pires dictateurs africains est toujours la Chine. Au Conseil de sécurité, c’est toujours la Chine qui bloque l’approbation de sanctions contre des dirigeants africains despotiques. Le Président soudanais Omar el-Béchir par exemple, malgré les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité au Darfour pour lesquels la Cour pénale internationale de La Haye a délivré en 2009 un mandat d’arrêt est reçu en grande pompe en juin 2011. Souvent, les investissements publics tiennent plus compte de la volonté des dirigeants que des critères économiques. Être ami des prédateurs de la liberté n’est pas être ami des africains.

L’article donne les valeurs des échanges économiques globaux entre la Chine et l’Afrique et son évolution dans le temps. On apprend ainsi que d’après un Livre blanc publié par le gouvernement de Pékin sur l’Afrique que:

la Chine a commencé à investir en Afrique dans les années 1980, les investissements directs chinois répartis dans 49 pays africains passant de 490 millions de dollars fin 2003, à 9,33 milliards de dollars fin 2009.

Toujours d’après cet article le groupe sud-africain Standard Bank prévoit que les échanges entre la Chine et l’Afrique devraient atteindre 50 milliards de dollars d’ici 2015.

Selon cet article:

En Guinée, par le biais du CIF qui a investi 50 millions de dollars, la Chine a contribué à la mise en place d’ une nouvelle compagnie aérienne, Air Guinée International. Le CIF investit aussi en Guinée dans le transport ferroviaire, le logement et la cimenterie.

Pour lire l’article sur les investissements chinois en Afrique cliquer ici.

Guinée: Lounceny Camara de nouveau Président de la CENI

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Mercredi 3 aout, M. Louceny Camara, a été confirmé Président de la Commission nationale électorale indépendante (CENI). Après un vote qui l’opposait à Amadou Oury Diallo par 15 voix contre 7 à son challenger, sur les 22 commissaires présents. De nombreux observateurs expriment leur surprise pour la personnalité de M. Camara et son action entre les deux tours des élections présidentielles de 2010 après la mort du Président Ben Sékou Sylla. Par une élection contestée, il avait accédé à la présidence de la CENI. Qu’il soit ami de son challenger ne suffit pas pour le considérer une personnalité au-dessus de tout soupçon. On lui reproche, en particulier, des amitiés compromettantes avec le parti au pouvoir.

Dans un billet paru sur guineebox.com trouve que:

Cette élection n’est que la suite logique de la stratégie d’Alpha Condé de choisir ses hommes qui doivent organiser les législatives. Le RPG, en plus de son agent masqué Lounceny Camara était représenté à la CENI. Le 21 juin 2011, Alpha Condé a démis deux membres de la CENI, Messieurs Abdoul Karim Bah et  Fantamady Condé pour les remplacer par des militants de son parti, Messieurs Cheick Mohamed Konaté et El Hadj Mohamed Cissé. La veille Lounceny Camara président contesté de la CENI avait suspendu Thierno Seydou Bayo parce que ce dernier avait protesté contre la signature d’un protocole d’accord entre Alhassane Condé et le président contesté de la CENI sans en informer l’institution. Cynique, Lounceny Camara viole les règles de la CENI en s’octroyant des pouvoirs de sanction dont il ne dispose pas. En effet, seuls le bureau et l’Assemblée plénière ont ce pouvoir (article 43 et 44 du Règlement intérieur de la CENI).

En tout cas le Collectif des Partis Politiques pour la Finalisation de la Transition, regroupant des partis comme l’UFR, la NGR ou l’UFDG, a dénoncé cette élection dans un communiqué publié le 4 aout à Conakry et repris par de nombreux sites web. Il y désapprouve l’élection d’un nouveau président de la CENI et incite le gouvernement à une rencontre:

Le Collectif des Partis Politiques pour la Finalisation a appris avec surprise l’élection d’un nouveau Président de la CENI en la personne de Mr Lounceny Camara qui assurait jusqu’alors la Présidence par intérim de l’Institution.

Cette élection intervient au moment même où le Collectif a sollicité une rencontre avec le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation pour un débat direct relatif au Processus Electoral. Au nombre des points à débattre figure la question de la CENI.

C’est pourquoi le Collectif désapprouve l’élection d’un nouveau Président à la tête de la CENI avant que le débat sur l’Institution n’ait lieu avec le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation.

Le Collectif incite le gouvernement à organiser dans les meilleurs délais une rencontre entre lui et le Collectif en vue de trouver des solutions Consensuelles permettant d’aller rapidement aux Elections législatives.

Burundi: Temps durs pour les journalistes

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Reporters sans frontières dénonce les convocations en série dont sont actuellement victimes la Radio Publique Africaine (RPA) et Radio Isanganiro, relevant du harcèlement. Bob Rugurika, rédacteur en chef de la RPA, initialement convoqué le 29 juillet 2011 au parquet auprès du tribunal de grande instance de Bujumbura, sera entendu le 1er aout. En l’espace de dix jours, il a été convoqué en justice à trois reprises afin de répondre des activités de la radio. Deux autres correspondants de la RPA à Ngozi (nord), Léonce Niyongabo, chef d’antenne, et la journaliste Yvette Murekesabe ont été convoqués aujourd’hui, le 29 juillet, pour "enquête judiciaire" et seront entendus de nouveau le 1er aout. Le même jour, Patrick Mitabaro, rédacteur en chef de Radio Isanganiro, devra se présenter au parquet auprès du tribunal de grande instance de Bujumbura pour "enquête judiciaire". Le Conseil national de la Communication (CNC) a récemment mis en garde ces deux radios pour des contenus pourtant diffusés sur d’autres stations.

Pour lire tout l’article: http://fr.rsf.org/burundi-les-convocations-en-serie-des-29-07-2011,40717.html