Archives Mensuelles: avril 2011

Guinée: Retour des langues maternelles à l’école?

Standard

Depuis quelques jours, le bruit courait que le gouvernement du Président Condé allait bientôt introduire l’enseignement des langues nationales dans le système d’enseignement dans le pays. C’est bien étrange que dans le monde entier, il n’y a rien de nouveau dans cette initiative. Mais en Guinée

Le 25 avril, j’ai reçu un message d’une amie me disant:

"Le décret vient d’être signé pour créer un ministère des langues nationales et de l’alphabétisation."

L’apprentissage des langues nationales devrait être rendu sur une base volontaire en dehors de l’enseignement formel. Elles devraient être enseignées, au choix de l’élève, comme matière au même titre que les autres matières.

Les intellectuels, partout dans le monde utilisent leurs langues nationales et écrivent des livres, des articles, des traductions et organisent des compétitions culturelles au niveau de leurs langues. Mais dans, au contraire, de nombreux pays africains, plus on est instruit moins on utilise sa langue maternelle. Nous la parlons rarement et nos enfants s’expriment mieux dans d’autres langues que les leurs, lorsqu’ils en ont quelques notions.

Un symposium organisé le 22 et le 23 Février 2010 à l’UNESCO, à l’occasion de la onzième Journée internationale de la langue maternelle, en commun avec l’Association internationale d’études sur la traduction et l’inter-culturalité (IATIS ), dans le cadre de l’Année pour le rapprochement des cultures. Des experts en études interculturelles et de la traduction ont réfléchi sur les activités de l’UNESCO dans le domaine des langues et du multilinguisme, ainsi que dans celui de la traduction scientifique et littéraire. A la suite des différents débats sur le sujet, l’UNESCO a publié plusieurs manuels pour l’enseignement des langues maternelles dont notre pays devrait s’inspirer.

Dans plusieurs pays d’Afrique, la célébration de la Journée internationale pour la langue maternelle se résume uniquement à des conférences dans des langues étrangères. Elle ressemble plus à des oraisons funèbres qu’à la célébration de langues qui remplissent des fonctions importantes pour le maintien de nos cultures traditionnelles.

C’est inconcevable que dans tout Conakry, on ne puisse pratiquement pas (ou peu) trouver un endroit où apprendre une langue nationale. Pour apprendre des éléments de soussou, par exemple, à Conakry, j’ai du recourir à un professeur privé.

Il faut bien préciser qu’en aucun cas cet enseignement ne devrait être imposé dans le but de remplacer le français comme outil d’enseignement. Elles ne sont pas appropriées pour cela et risqueraient de créer des barrières et approfondir les fossés entre les individus ne parlant pas la même langue dans le même pays.

Guinée: M. André Lewin ami de Sékou Touré, mais non de la Guinée

Standard

Dans le cadre de la manifestation "Les 72 heures du livre en Guinée" du 23 au 25 avril 2011, organisée par le Centre culturel franco-guinéen Kouyaté Sory Kandia de Conakry et la maison d’édition française l’Harmattan, l’ancien ambassadeur de France auprès du régime de Sékou Touré de 1975 à1979, a présenté le huitième tome de sa thèse de doctorat sur la Guinée, consacré à Ahmed Sékou Touré (AST). Tout ce qui concerne le premier président et grand dictateur guinéen intéresse beaucoup de monde dans ce pays et ailleurs.

Le tout Conakry intellectuel s’était donné rendez-vous ce dimanche au CCFG pour entendre ce que M. Lewin allait dire à ce peuple dont la majorité ne retient du long règne d’AST que la misère, les camps de concentration, les pendaisons, les fosses communes, les tortures, les humiliations de milliers d’innocents et le décollage économique et social manqué de la Guinée, malgré ses nombreuses ressources naturelles et son potentiel agronomique.

Des membres de l’Association des victimes s’étaient donnés la parole et mobilisés pour cette occasion, renvoyant leur assemblée générale d’une semaine. L’ancien ambassadeur de France est une personnalité qui déroute les guinéens. Fils d’une famille qui a du quitté Aix-la-Chapelle (Aachen) en 1938 pour fuir la dictature nazie, il s’est lié d’amitié avec un dictateur qui a fait plus de 50 000 victimes dans son pays, au point de demander à son médecin traitant, peu de temps avant de mourir, selon le site guineenews.com: « Est-ce que j’aurai le temps de vivre assez longtemps pour réparer le tord que j’ai fais à mon peuple »? Il se proclame ami de la Guinée, mais malgré tous les sévices que son ami sanguinaire a infligé au peuple de ce pays, il a courtisé tous les dirigeants qui l’ont ruinée, trouvant pour chacun des excuses pour sa faillite. Ce qui a conduit le Prof. Ansoumane Doré à relater dans un billet de janvier 2008 sur le site guineepresse.info: "Pour nous, les hommes d’où qu’ils viennent et qui cautionnent les marionnettistes et les m’as-tu vu qui vivent sur la misère du peuple guinéen, ne nous apparaîtront jamais comme des vrais amis de la Guinée."

Après la présentation du livre, l’assistance a voulu poser des questions, mais M. Sansy Kaba Djakité, directeur général de l’Harmattan Guinée, craignant des débordements a écourté les débats. Les membres de l’AVCB ont été déçus. Mais il semblerait que M. Diakité aurait cru à des bruits qui voulaient que nos membres aient planifié d’agresser M. Lewin. Il aurait cité notamment Mme Nadine Bari comme potentielle meneuse de l’action de perturbation planifiée. Pour tant tout esprit équilibré ne pouvait pas cru à de telles balivernes. En effet, cette dame, ancienne fonctionnaire de l’ONU et de l’Union européenne, veuve d’un intellectuel disparu sans jugement sous la dictature, auteur de plusieurs livres sur sa lutte pour savoir les circonstances dans lesquelles celui-ci a été tué en 1971, est tout sauf une championne de lutte ou de boxe. Il s’agissait donc clairement d’un simple manque de volonté d’approfondir le débat.

Les membres de l’AVCB a vite élaboré une stratégie pour faire connaitre ce que M. Lewin n’avait pas révélé au public, la portée de la terreur de son ami. M Telly Diallo, fils du premier secrétaire exécutif de l’Organisation de l’unité africaine qui fut une des illustres victimes de la dictature écrit sur notre Forum:

"pendant que nos doyens Nadine Barry et René Gomez participaient à la clôture officielle des 72 hrs du livre présidée par le ministre de la culture, dr Amadou Tounkara et moi-même étions au siège du Lynx pour une interview de l’AVCB; plusieurs sujets abordés dont la réconciliation, le besoin de justice en Guinée, l’incident au CCF hier, la CPI ,les dérives récentes avec tirs par balles sur la population, jugements en cour pénale d’enfants de 8 ans alors qu’il y a une cour pour les enfants,André Lewin et sa fixation alimentaire sur ast devenu son gagne pain….
notre attente depuis bientôt 3 mois pour être reçus par le PRG…..parution mercredi ou jeudi dans la Lance.. … On vous scannera une copie

Cote d’Ivoire: Ouattara suscite des espoirs

Standard

Le début de la fin du conflit en CI est un signe d’espoir pour toute l’Afrique de l’Ouest. Il a de bonnes cartes en main (compétence démontrée au niveau national et international, carnet d’adresses bien garnis et crédibilité), s’il les joue bien toute la région en pourra tirer profit.
Michel Camdessus, ancien directeur du FMI dit d’Alassane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire explique les raisons pour lesquelles il a confiance dans sa compétence. Dans une interview reprise sur le blog personnel de sethkoko.over-blog.com, l’ancien directeur du FMI dit de son ancien adjoint:

« Tu sais, m’a-t-il dit encore récemment, mon défi n’est pas celui sur lequel on m’attend, celui de l’économie. Il faut recréer un tissu fraternel entre les Ivoiriens, panser les déchirures ethnico-religieuses. » Sa priorité absolue est ce travail de réconciliation et de pardon. Il veut vraiment créer une commission vérité et réconciliation, comme Desmond Tutu.

Il le disait avant l’élection présidentielle, pendant la crise post-électorale et il l’a redit aussitôt après la capture de Laurent Gbagbo. À ses yeux, ce qui aboutirait à une formidable révolution pacifique, ce serait de voir les hommes de foi, oubliant leurs déchaînements partisans d’il y a quelques jours, collaborer pour construire l’avenir du pays.

Lampedusa: Pourtant l’Italie a besoin d’immigrés

Standard

Sur l’ile italienne de Lampedusa il ne reste plus qu’une centaine d’immigrés. Il y a à peine quelques jours, ils étaient estimés être plus de 5 000, pour la plupart âgés de 16 à 25 ans, à avoir atteint ce qu’ils croyaient être la terre promise fuyant des conditions de vie pénibles chez eux ou dans leur pays d’accueil pour ceux qui venaient encore de plus loin, des pays d’Afrique sub-saharienne. L’Italie, gouverné par des partis de droite et en vue d’élections importantes en Lombardie, a crié à l’invasion et demandé l’aide de l’Union européenne, alors meme que les gouverneurs de région membres du parti extrémiste La Lega refusaient d’accueillir ces migrants.

Devant le refus de ses partenaires d’accueillir une partie de ces personnes, M. Berlusconi et ses principaux ministres ont menacé de quitter l’Union européenne. Mais le Président de la République, Giorgio Napolitano s’est exprimé vivement devant de telles déclarations. Quelques unes de ces personnes sont distribuées dans les régions qui ont accepté de les recevoir. En outre, le gouvernement a commencé à faire des déportations massives vers la Tunisie, après avoir obtenu des nouvelles autorités de ce pays moyennant une assistance pour leur "réinsertion".

En réalité ces refoulements sont considérés par bcp de personnes comme de purs actes de racisme. Tous ceux qui ne sont pas aveuglés par la propagande de Berlusconi et la Lega relayés par une bonne partie des médias, l’économie italienne a besoin de ces immigrés, compte tenu du vieillissement de la population et la natalité trop basse pour permettre une croissance ou au moins le maintien du volume de la population à son niveau actuel. Le mépris avec lequel les médias sympathisant avec ces racistes est loin de l’intérêt de l’Italie, qui se retrouve avec des personnes auxquelles on attribue un niveau d’éducation élevé sans avoir dépensé un sou pour les procréer, les éduquer et les instruire.

Nigrizia, revue du monde noir des pères comboniens, commentant une étude du Ministère du travail écrivait le 11 mars, qu’entre 2011 et 2015, le besoin moyen annuel en main d’oeuvre en Italie sera d’environ 100 000 personne et que de 2016 à 2020, il sera en moyenne environ 260 000. Pour maintenir son niveau actuel, l’Italie a besoin d’1,8 million de travailleurs supplémentaires avant 2020. Mais peut-être, ses dirigeants politiques cherchent des blonds aux yeux bleus de religion catholique romaine.più

Guinée: Cellou D. Diallo remporte des prix pour la paix, mais le pouvoir utilise la violence contre ses militants

Standard

En Guinée, le chef de l’opposition, M. Cellou Dallein Diallo et ses partisans sont considérés avec mépris par les autorités actuelles, la communauté internationale continue de leur attribuer des tributs pour le comportement exemplaire qu’il a adopté après la proclamation des résultats finaux du deuxième tour des élections de novembre 2010 en Guinée. Son civisme l’a porté à accepter les résultats officiels proclamés par la court suprème de Conakry, malgré les nombreuses manipulations des résultats et des violences contre ses partisans, des viols et saccages contre les peulhs, son ethnie, dénoncées par plusieurs ONG des droits de l’homme. Ce contrôle de soi a évité à la Guinée une grave crise, semblable à celle enregistrée en Cote d’Ivoire.

Lors d’une conférence de presse le jeudi 7 avril à Conakry, rapportée par le blog de amdys banabananews.org, Cellou Dalein Diallo, leader de l’UFDG a fait savoir aux journalistes qu’il a remporté deux prix à l’étranger grace à son comportement post-électoral. Le premier est le Prix du Droit et de la Démocratie décerné par l’Observatoire panafricain de la démocratie (OPAD) qui lui sera remis à Lomé (Togo) le 29 avril et le second, Cauris d’Or du Mouvement des entrepreneurs du Sénégal, MEDES, lui sera remis ce mois..

Pendant que des institutions nationales et internationales reconnaissent et applaudissent au comportement responsable de M. Diallo, le Président Alpha Condé répondent par des mesures vexatoires et le refus du dialogue, qu’ils prônent pourtant, mais sans proposer des discussions concrètes avec ceux qui ne pensent pas comme eux. Depuis son élection M. Alpha Condé n’a pas encore fait un discours rassembleur, ceux qui ont voté contre lui se sentent visés en permanence par lui et son gouvernement. Après plus de 100 jours depuis son élection, il n’a toujours pas visité les régions du pays, où l’opposition a gagné. Il multiplie les actes anticonstitutionnels, procède à des nominations douteuses à de hautes fonctions de l’état, notamment des personnes accusées de crimes contre l’humanité dont les noms figurent dans les listes élaborées par les commissions d’enquête des Nations Unies et d’Human Rights Watch, sur les violences de l’armée contre des civils qui manifestaient pacifiquement le 28 septembre 2009 au stade du même nom à Conakry.

Le 30 avril, les violences des forces de l’ordre ont encore versé du sang guinéen pour des raisons politiques. Elles ont tenté de disperser avec violence des partisans de M. C. Dallein Diallo à l’aéroport de Conakry. Il y aurait eu 3 morts, par balles. Des responsables de son parti ont été arretés dont Mme Yarie Briqui, membre influent du bureau national des femmes de l’UFDG, arrêtée et conduite au PM3 de Matam..

Le blog guinea-forum.org, citant guineenews, fait aussi savoir qu’:

SOMETHING HERE

A l’occasion de l’arrivée du président de l’UFDG, El Hadj Cellou Dalein Diallo, trois journalistes de la presse privée locale ont été brutalisés, menacés et injuriés par le gouverneur de Conakry, le commandant Sékou Resco Camara et ses hommes.

Selon Condé Billy Nankouman, Directeur de l’Information à la Radio Continental FM, que nous avons joint au téléphone, il était 15 heures lorsqu’il a été brutalité par une quinzaine d’agents de police et de gendarme à Bambeto

SOMETHING HERE

.

Rwanda: 17 ans déjà!

Standard

Au message suivant que j’ai écrit sur ma page Facebook, j’ai reçu le message après d’une amie qui me donne une bonne nouvelle concernant la reconnaissance de l’apport de Mbaye Diagne, un jeune capitaine du contingent sénégalais de la MINUAR qui s’est sacrifié pour sauver des vies lors du génocideau Rwanda:

Voici un de ces jours de mon plus profond "blues". Le 6 avril, d’il y a 17 ans au Rwanda… D’un coté, c’est un devoir de mémoire, mais de l’autre ce sont de nombreux jours avant et après que j’aurais voulu mettre entre parenthèses dans ma vie, pour ne plus y penser. Mais on ne peut pas commander à la mémoire d’effacer certains traumatismes que nous avons vécus ou dont on a simplement entendus parler.

Je m’incline devant la mémoire de toutes ces victimes innocentes, qui ont perdu la vie, comme mon père, seulement pour leur appartenance ethnique. Amis du Rwanda, en ce jour de tristesse, je suis avec vous pour repenser ensemble à la condamnation à mort, pour ce seul fait, de ces nombreuses victimes, hommes, femmes et enfants.

On aimerait répéter le slogan que l’Association des victimes du Camp Boiro a fait sien, "Plus Jamais ça!", plus comme espoir que comme réalité car depuis ces faits douloureux, il y a tant de martyrs pour les mêmes raisons à travers le monde dont mon propre pays, encore aujourd’hui.

Breda a écrit : « Aujourd’hui la Secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a remis un prix au courage du Capitaine Mbaye Diagne et d’autres hommes et femmes qui se sont distingués au Rwanda et en Bosnie, il y a eu une téléconférence organisée par l’ambassade USA à Dakar en la présence de la famille, de la veuve et des amis de l’Association du Capitaine Mbaye Diagne pour la culture de la paix pour rappeler le devoir de protection en l’occasion du 60° anniversaire de la Convention sur les réfugiés; les ambassades de Kigali et Sarajevo étaient aussi reliées. »

THEME : Les cent jours du nouveau Président Alpha Conde – Où va la Guinée ?

Standard

A l’occasion des 100 jours que les guinéens ont vécu depuis l’élection du Président Alpha Condé, 8 organisations de la société civile et des partis politiques regroupant des sensibilités politiques et sociales de toutes les régions du pays, ont publié un communiqué de presse pour faire le bilan du nouveau gouvernement. Le nouveau président loin de se démarquer des agissements du pouvoir contre l’intérêt du pays, devenus coutumes dans depuis 1958, a formé un gouvernement de plus de 40 membres dont certains sont accusés de crimes contre l’humanité, qui tarde à se mettre sérieusement au travail. M. Condé a voyagé dans de nombreux dont l’Angola, la Libye, le Burkina Faso et la France, mais il n’a effectué aucun voyage dans certaines parties du pays ni fait aucun discours rassembleur. Mais au contraire il a pris des mesures populistes visant certaines catégories de la population, notamment les commerçants et les propriétaires de bureaux de change qui risquent de porter des coups sérieux à la reprise économique.

Voici le texte intégral de ce communiqué de presse:

SOMETHING HERE

THEME : Les cent jours du nouveau Président Alpha Condé – Où va la Guinée ?

En tant que partis politiques d’opposition et organisations de la société civile, nous avons le devoir de faire la critique de l’action gouvernementale et de son orientation en général, au regard de ce que nous pensons être l’intérêt supérieur de notre pays, l’avenir et le bien être de ses populations. Dans un esprit constructif mais sans complaisance, nous apporterons notre contribution au débat politique et proposerons au pays les solutions qui nous paraissent être les mieux à même de répondre aux énormes défis auxquels la Guinée fait face.

L’accession d’un civil élu à la magistrature suprême, quelles que soient les conditions de son élection, a ouvert une page nouvelle dans l’histoire de notre pays, meurtri par plus de cinquante ans de dictatures sanglantes, de corruption et de misères. Dans ce contexte, prenant en compte l’énormité de la tâche à accomplir par les nouvelles autorités et les usages observés ailleurs dans les démocraties, nous nous sommes volontairement abstenus de toute déclaration pendant les cent premiers jours du nouveau président. Et pourtant, ce n’était pas les sujets à débats qui manquaient au cours des trois derniers mois!

I.LE CONSTAT

1.Politique générale et Institutions

Dans la plupart des actes posés par le nouveau pouvoir, nous n’avons décelé aucun souci de respecter la lettre, les principes et l’esprit de la Constitution et des lois existantes, bref les règles établies de l’Etat de droit.

Ainsi nous avons eu, dans une précipitation suspecte, la nomination anti-constitutionnelle de deux personnalités négativement marquées par leur esprit partisan, à la tête des deux institutions républicaines que sont le Conseil National de la Communication et le Médiateur de la République. Ces deux postes, hautement importants pour la promotion de la concorde nationale et la défense des libertés, auraient mérité d’être occupés par des personnalités consensuelles, respectées par tous et capables de faire preuve d’équité et d’autonomie, voire d’indépendance, par rapport au pouvoir en place et tout le corps social.

Il y a eu ensuite la destitution à Conakry de maires, de conseillers municipaux et de chefs de quartiers dont le seul tort est de n’avoir pas soutenu le candidat élu. Nous n’avons eu connaissance d’aucune procédure légale particulière montrant, preuves à l’appui, les griefs reprochés à ces élus appartenant à l’opposition. Tous les nouveaux chefs de quartier et les Délégations spéciales des mairies des communes sont des membres du RPG ou de la mouvance présidentielle, à la discrétion du Ministère de l’administration territoriale. Ces décisions, parfaits abus d’autorité, relèvent du règlement de comptes politiques et violent ouvertement les textes et le principe du respect du pluralisme démocratique.

Pour le reste, la politique gouvernementale est complètement illisible, si elle existe ! Il a fallu attendre plus de deux mois et demi avant que le Premier Ministre ne daigne présenter au Conseil National de Transition (CNT), un discours de politique générale, sans aucune possibilité de débat et encore moins de vote. Plus grave, le gouvernement n’a présenté au CNT aucun budget intérimaire devant sous-tendre son action.

Un coup de barre à droite, un autre coup de barre à gauche, le gouvernement donne l’impression de naviguer à vue et de n’avoir aucune politique cohérente et programmée, dans aucun domaine. La valse des décrets et contre-décrets a repris comme à la pire époque du dictateur Lansana Conté, à la différence notable cependant que pour ce dernier, ces errements sont intervenus à la fin d’un règne de plus de vingt ans et non au début! Cette fois, les groupes occultes, véritables fossoyeurs de l’unité et la concorde entre les nationalités et à qui appartiennent en dernier ressort les décisions importantes, sont identifiés : ce sont des coordinations régionales évoluant autour du chef de l’Etat, sans aucune existence légale ni aucun pouvoir constitutionnel. Ces groupes qui agissent à visage découvert au vu et au su de l’autorité publique qui s’en rend complice, violent ouvertement la Constitution en cherchant à substituer l’appartenance communautaire ou régionale à la citoyenneté guinéenne.

Le Premier Ministre lui-même reconnaît que « la promotion est rarement basée sur le mérite ». Dans cette optique toute la valse de nominations à laquelle nous avons assistée depuis trois mois, est teintée de la volonté farouche des nouvelles autorités de placer systématiquement des fidèles et des partisans à tous les postes de responsabilité dans l’appareil d’Etat, sans trop être regardants sur la compétence ou la probité. On peut dire qu’au cours de ces cent premiers jours, nous avons enregistré un net recul en matière de respect du caractère républicain et neutre de l’administration par rapport à la période antérieure. Cette dangereuse tendance à la restauration du Parti-Etat totalitaire, aggravée par la menace qui pèse sur les libertés, si elle continue, est porteuse de graves conflits internes, préjudiciables à l’unité et à la concorde, indispensables pour relever ensemble, les énormes défis auxquels doit faire face le pays.

Tant que nous n’aurons pas une assemblée législative démocratiquement élue, le retour à l’ordre constitutionnel ne sera pas effectif. C’est le lieu de rappeler que lors
des négociations de Ouagadougou entre l’opposition représentée par le Forum des Forces Vives et le CNDD, il avait été convenu de commencer le cycle électoral par les présidentielles ; les législatives et les communales viendraient après. Le départ des militaires du pouvoir était à juste titre considéré comme une première urgence. Il est vrai qu’aucun document n’avait été signé en ce sens à l’époque. L’unique référence est la Déclaration de Ouagadougou du 15 janvier 2010 d’où les Forces Vives étaient exclues. Cette déclaration lénifiante tenant en deux feuillets, n’impliquait comme par hasard, que trois militaires putschistes, sous les auspices du Groupe International de Contact sur la Guinée. L’Accord Politique Global Inter-guinéen, véritable pacte élaboré par le Forum des Forces Vives, fixant les prérogatives et les obligations de tous les acteurs politiques pendant la transition, avait effectivement posé le principe de la tenue des élections législatives six mois après les présidentielles. La transition ne se termine donc qu’après la mise en place de toutes les institutions de la république, c’est-à-dire après les élections législatives. Mais ce document capital pour l’avenir de notre pays n’a jamais été signé et pour cause! Une puissante coalition de forces obscures a empêché que notre peuple ne puisse disposer d’un instrument juridique solide permettant de contrôler les actes posés par le gouvernement de transition issu de la Déclaration de Ouagadougou. Nous reviendrons sur les conséquences dramatiques de cette omission pour l’avenir du processus démocratique en Guinée.
En tout état de cause, les élections législatives doivent être organisées dans les plus brefs délais, en impliquant tous les acteurs politiques dans l’ensemble du processus. Il n’est pas concevable que notre pays s’installe dans la durée sans disposer d’une assemblée du peuple élue à l’issue d’un scrutin libre, équitable, honnête et transparent.

Par ailleurs, dans un souci de moralisation des comportements des hauts serviteurs de l’Etat, la nouvelle constitution dans son article 36 a imposé au Président de la république, aux membres de son gouvernement et à d’autres hauts fonctionnaires, l’obligation de déclarer leur patrimoine dès leur entrée en fonction. La loi prévoit que ces déclarations sont déposées à la Cour Suprême, aux Impôts et au Journal officiel. A ce jour, on ignore si toutes les personnes astreintes à cette formalité l’ont effectuée.

2.Sécurité – Libertés

Les citoyens ont apprécié à juste titre le retour des militaires dans les casernes et la fin de l’état d’exception imposé au pays. De même, la levée des barrages routiers, véritables postes de tracasseries et de péages illégaux, a été saluée par tous. Mais hélas, depuis quelque temps réapparait une grave menace sur la sécurité des citoyens et leurs biens : des coupeurs de route munis d’armes de guerre et parfaitement organisés, terrorisent les voyageurs sur plusieurs axes routiers et parfois même à quelques dizaines de kilomètres de la capitale ! Ces bandes volent, tuent et violent en toute impunité. La fuite de jeunes militaires armés du camp de Kissidougou il y a trois semaines n’est pas pour rassurer les populations.
Au plan des libertés publiques, les signaux délivrés par le nouveau pouvoir ne sont guère rassurants : les déclarations de Mme la Présidente du CNC contre la liberté de presse ne sont pas prêtes d’être oubliées. Des journalistes « mal-pensants » commencent à recevoir des intimidations. Depuis trois mois, contrairement à, ce qui se passait sous la transition et même à l’époque du pouvoir du Général Lansana Conté, les partis d’opposition n’ont pas accès aux médias publics.
Pire, sous le prétexte de contrôler les prix ou de faire appliquer la mesure sur la fermeture des bureaux de change, des sbires civils dont certains sont porteurs d’ordres de mission du RPG et des militaires, conduits par le Colonel Tiebgoro Camara, ont fondu sur les marchés de Conakry, se livrant à des exactions et à des extorsions au détriment des commerçants. Ces actions qui ne sont pas sans rappeler les pratiques de la Police économique de sinistre mémoire sous le régime du Parti-Etat, constituent des violations flagrantes et intolérables des libertés individuelles des citoyens. Plutôt que de s’attaquer comme c’est son devoir au grand banditisme et aux trafiquants de drogue qui sont toujours actifs parmi nous, ce « vétéran » du 28 septembre 2009 préfère criminaliser des professions parfaitement licites et se livrer à des extorsions diverses de sommes d’argent ou des marchandises comme le riz ou le poisson.
De nouveau, comme à la période la plus répressive de la dictature du Parti-Etat, de paisibles citoyens, de par leur profession de commerçants ou de simples marchands, sont injustement accusés d’être des saboteurs, des trafiquants, des voleurs. C’est la méthode bien connue des boucs émissaires, chargés d’endosser la responsabilité de tous les maux de la société et de tous les échecs des gouvernants.

3. Gouvernance financière et économique

Dès avant sa prestation de serment, le Professeur Alpha Condé avait prescrit au gouvernement de transition d’arrêter immédiatement les engagements de dépenses
Par la suite, nous avons observé de réels efforts du nouveau pouvoir pour mettre un terme à la gabegie ambiante et aux énormes détournements via les marchés publics. La réinstauration du principe de l’unicité de caisse et de l’engagement des dépenses exclusivement sur la base des fonds disponibles au Trésor, a considérablement diminué les saignées à la Banque centrale. Même s’il reste encore beaucoup à faire pour stabiliser les finances publiques, ces mesures, si elles sont poursuivies, contribueront à restaurer la confiance des bailleurs de fonds et à stabiliser enfin la monnaie pour juguler l’inflation.
Dans le sens de la nécessaire réduction du train de vie de l’Etat, on se serait attendu à ce que le nouveau Président compose un gouvernement resserré. Au lieu de cela, nous avons eu un gouvernement pléthorique, pulvérisant tous les records précédents! On ne peut pas vouloir réduire les déficits publics et l’inflation tout en faisant exploser les frais de fonctionnement de l’Etat.

Des dispositions ont été prises pour mettre fin au scandale de la perception des loyers de la Cité de Nations par les ministres, pour leur propre compte. Il a été annoncé des mesures pour la récupération de biens immobiliers du domaine national illégalement attribués. Dans ce sens, il y a eu la nationalisation de la Cité des chemins de fer, gérée par un Italien, ancien associé du Général Lansana Conté. Par contre, le décret illégal annulant la privatisation de la Ferme avicole de Dioumaya à Dubreka a été pris, sans égard pour la nécessité d’assurer la continuité de la production de cette unité et la sauvegarde des 80 emplois permanents existants.

Une campagne de recouvrement des créances de l’Etat a été engagée. Une longue liste de débiteurs a été rendue publique depuis plus d’un mois. Mais à ce jour, aucune information officielle n’a été communiquée sur les recouvrements réels enregistrés, faisant craindre là aussi, une mesure décidée, uniquement pour obtenir un effet d’annonce auprès du public.

Dans le domaine minier, le Président de la République a annoncé la suspension de la délivrance de nouvelles concessions et l’audit des contrats existants. Des appels d’offres internationaux ont déjà été lancés à cet effet. Tous les nouveaux contrats
devraient être en conformité avec un Code minier en gestation. Ces mesures nous paraissent salutaires pour permettre à la Guinée de tirer un meilleur parti de l’exploitation de ses richesses naturelles. Mais à notre avis, il faudrait aller plus loin sur le pourcentage de participation de l’Etat et surtout sur la nécessité de ralentir la conclusion de nouveaux contrats jusqu’à ce que la production énergétique permette de transformer sur place le minerai brut en métal (fer, aluminium, etc.). C’est à cette seule condition que nous pourrons réellement retenir une bonne partie de la valeur ajoutée sur place et donner un coup de fouet décisif à l’industrialisation, grosse pourvoyeuse d’emplois.

Nous avons eu par la suite ce qu’il faut bien appeler «l’affaire GETMA-BOLLORE ». Nous n’avons rien contre l’une ou l’autre des compagnies, toutes deux françaises. Certains d’entre nous ont même eu à travailler avec des filiales du groupe Bolloré en Afrique. La grande interrogation dans cette affaire est relative aux conditions de l’attribution du marché à Bolloré, de gré à gré, dans la précipitation. Car, contrairement à toutes les proclamations de foi du Président Alpha Condé sur l’exigence de transparence et la nécessité de faire jouer à fond la concurrence, pour de défendre au mieux les intérêts de la Guinée, un marché aussi important a été attribué en violation des procédures existantes sur les marchés publics. Les accointances notoirement connues dans ce dossier font craindre à juste titre que les trafics d’influence tant décriés dans la Françafrique, n’aient joué un rôle déterminant dans la prise de cette décision.

4. Politique économique et sociale

Le chef de l’Etat n’a pas manqué de dire qu’il a hérité d’un pays et non d’un Etat. Au bout de 52 ans d’errements, d’incurie et de prédation, la faillite économique de notre pays est une cruelle réalité que vivent dans leur chair, des millions de nos compatriotes. Personne ne pouvait donc raisonnablement exiger de la nouvelle équipe qu’elle résolve immédiatement tous les problèmes du pays. Par contre, le peuple est en droit d’exiger que la nouvelle politique n’aggrave pas ses conditions misérables d’existence. Or, force est de constater que le marasme économique est total ; le peu d’activités qui existaient, tournent au ralenti. En trois mois, l’inflation sur les produits de première nécessité dépasse 30%. Nous assistons à une explosion de la misère qui a atteint un niveau sans précédent dans le pays depuis 1975 de triste mémoire. La famine est endémique dans le pays, en ville comme à la campagne. Le Premier Ministre lui-même reconnait que « nombreux sont les compatriotes qui ont à peine un repas par jour ». Dans les villes, il y a aujourd’hui moins d’électricité et moins d’eau qu’au début de l’année 2011. Dans les campagnes, nous n’avons connaissance d’aucune initiative nouvelle pour creuser des forages au bénéfice des populations. La vérité est qu’actuellement, les populations guinéennes sont dans un état d’urgence humanitaire.
Quelles ont été les réponses du gouvernement? C’est d’abord de se réfugier derrière le lourd héritage des 52 années précédentes. Il y a eu ensuite ces mesures dérisoires de la gratuité des consultations prénatales et la suppression de l’impôt de capitation qui, à 5000 FG le ticket, ne préoccupait plus personne.
Mais nous avons surtout eu la campagne de distribution du riz au prix subventionné de 160 000 FG le sac contre 300 000 au prix du marché. Des cartes de ravitaillement sont vendues avec la promesse de fourniture de riz, d’huile et de sucre à un prix de faveur. Nous en sommes donc revenus au fameux système du ravitaillement cher au Parti-Etat, c’est à dire le contrôle des citoyens par le tube digestif, avec toutes les dérives qui y sont attachées! Mais cette fois, non seulement, les «bénéficiaires» doivent préfinancer l’achat, mais ils n’ont aucune garantie d’être servis. Pire, les autorités profitent de la confusion de la marque entre ce riz et celui vendu par le circuit normal pour se livrer à des saisies de stocks de riz et de poissons. Les stocks confisqués sont vendus de force aux prix officiels ne correspondant pas du tout au coût réel. Bien entendu, les quantités disponibles étant dérisoires par rapport aux besoins de toute la population des villes comme de la campagne, les acheteurs ne peuvent être que des privilégiés choisis par les chefs de quartiers aux ordres de l’administration et du RPG. Ainsi donc l’action du gouvernement n’aboutit qu’à la désorganisation des circuits de distribution, créant une rareté artificielle du produit, au détriment des consommateurs qu’on prétend aider.
Cette politique rétrograde qui n’est sous-tendue par aucune action sérieuse d’accroissement de la production agricole locale, montre jusqu’à quel point le gouvernement n’a pas de politique économique viable. Sinon comment imaginer que la Guinée, avec les terribles expériences vécues dans le passé, en arrive en 2011à recourir à des politiques d’économie de guerre dont le seul praticien actuel dans le monde est la Corée du Nord ? Même Cuba a abandonné cette politique pour s’en remettre – timidement – il est vrai, aux lois du marché. Combien de temps le gouvernement pourra t-il continuer ces subventions?
Nous estimons que le gouvernement devrait mettre en œuvre une politique s’appuyant sur les lois du marché, en partenariat avec les professionnels du secteur. Dans le même temps, les subventions aux importations devraient être plutôt dirigées vers la paysannerie, afin de l’aider à accroître la production agricole, le moyen le plus sûr d’accroitre l’offre et de réduire durablement les prix. D’autres mesures incitatives pourraient être prises pour mieux réguler le marché et garantir un approvisionnement régulier en produits de première nécessité.

Devant l’effondrement total du Franc guinéen sur le marché des devises, le nouveau gouvernement a décidé la fermeture des bureaux de change rendus responsables de la catastrophe! Plus amusant est que le gouvernement, illustrant une fois de plus son manque d’imagination, a déclaré être entrain de réfléchir à une nouvelle réglementation des changes! C’est sans doute la politique bien connue de « j’agis tout de suite et je réfléchirais après ». Toujours est-il que pour un pays vivant en grande partie des envois de ses émigrés, cette politique a rendu la vie encore plus difficile pour des millions de Guinéens.
Cette politique de diabolisation des acteurs du marché s’apparente à celle du médecin qui, au lieu de chercher un vrai remède pour guérir le malade, s’acharne plutôt sur le thermomètre. Sinon comment prétendre que ce sont les changeurs qui sont responsables de la dégringolade de la monnaie ? De mars 1960 à avril 1984, la valeur de la monnaie guinéenne avait été divisée par dix. Et pourtant, à l’époque, il n’existait aucun bureau de change dans le pays. Ceux qui étaient pris avec des devises pouvaient facilement se voir couper la tête. Même au cours de la période antérieure, la monnaie guinéenne a connu des périodes de stabilité qui pouvaient être assez longues, malgré l’existence du marché libre. En fait, les autorités connaissent parfaitement les raisons fondamentales de la faillite de la monnaie guinéenne. Mais sont-t-elles seulement prêtes à dire toute la vérité au peuple de Guinée? Le gouvernement a annoncé son intention d’auditer aux fins d’annulation, tous les marchés de cette période. Mais pourra-t-il encore sauver quelque chose ?

La terrible réalité est que depuis 2009, les gouvernements successifs se sont livrés à une prédation sans précédent et à des gaspillages incroyables de ressources. Le Gouverneur de la Banque centrale a révélé qu’en deux ans, les pompages du Trésor à la Banque centrale ont atteint 6000 milliards de FG, soit trois fois plus que de 1958 à 2008! Il est connu que depuis 2009, des centaines de marchés de gré à gré ont été signés. Dans certains cas, la surfacturation peut atteindre 500% ! Beaucoup de ces marchés ont été entièrement payés d’avance, les complices au gouvernement étant pressés de récupérer leurs commissions avant de rendre les clés au président qui sortira des urnes. Depuis donc 2009, devant la décision ferme de la communauté internationale de refuser de s’engager financièrement en Guinée, les autorités ont utilisé de façon criminelle la planche à billets à leur disposition pour bâtir des fortunes colossales. Cette énorme masse de Francs guinéens a tout naturellement atterri sur le marché libre des changes, entraînant une dépréciation de plus de 50% en deux ans. Les connaisseurs de ces circuits estiment d’ailleurs que cette énorme masse de billets n’a pas encore été totalement absorbée par le marché des changes. La pression sur le Franc guinéen va donc continuer, nonobstant tous les efforts à court terme pour réduire la masse monétaire.
Là aussi, le gouvernement devrait chercher de vraies solutions pour réussir le sauvetage du Franc guinéen en jouant sur l’offre et la demande de devises. Nous n’avons jamais prôné la pratique d’un libéralisme sauvage comme celui que nous avons connu au cours de la période antérieure. Nous nous prononçons pour une économie s’appuyant sur les règles d’un marché libre, mais régulé et encadré, en consultation avec tous les acteurs, pour un développement harmonieux, porteur de justice sociale.

5. Réconciliation nationale

Après les événements graves de Kouroussa et Siguiri, suivis de ceux qui ont éclaté en réaction à Conakry, Labé, Pita et Dalaba, entre les deux tours de l’élection présidentielle, la communauté nationale a subi de graves traumatismes. La Guinée qui n’est pas loin de là, une nation, est aujourd’hui menacée de dislocation, par la faute de politiciens égoistes qui se servent de l’appartenance communautaire pour arriver à leurs fins.
Plus grave, toute l’histoire de la Guinée depuis 1958 est jalonnée de crimes et de violences de toutes sortes contre des citoyens innocents. On ne parle plus des victimes et des crimes du Parti-Etat, des assassinats de juillets 1985, ni de ceux de 2006-2007, ni des morts, disparus ou violés du Stade du 28 septembre, ni des victimes des événements de novembre-décembre 2010 au cours desquels le viol a été utilisé comme arme de terreur politique.
C’est certainement sur ce chapitre que le nouveau président était le plus attendu. Pendant la campagne, il n’a eu cesse que de répéter qu’il allait s’attaquer à l’impunité, promettant d’être le président de tous les Guinéens. Mais hélas, force est de constater qu’il n’a pas été au rendez-vous.
A aucun moment dans ses discours, il n’a donné l’impression de s’adresser à toute la communauté guinéenne. Au contraire, il s’est plutôt ostensiblement adressé à ses électeurs et électrices. Le Président a parlé de «Vérité et réconciliation», mais aucun acte concret n’a été posé pour donner un contenu à ce projet salutaire pour recoudre le tissu communautaire déchiré. Rien ne dit que les audits qui sont agités de temps en temps ne seront pas de simples armes dirigées contre des adversaires politiques.
Nous estimons que la Guinée a urgemment besoin d’une véritable Conférence nationale – Vérité, justice et réconciliation – pour tirer les leçons des erreurs du passé, bâtir un nouveau consensus en ressoudant toute la communauté, en finir avec l’impunité, afin de lancer le peuple à l’assaut de la reconstruction.

II. LES PROPOSITIONS

1. Relance du processus électoral

Il est de la première urgence de relancer le processus électoral pour permettre la tenue des élections législatives, communales et communautaires.
Pour ce faire, les acteurs politiques et tous les partenaires du processus doivent travailler dans un esprit de consensus, dans le respect des textes légaux votés par le CNT. Le chronogramme pourrait être le suivant :
- Adoption par le CNT des textes sur la CENI et promulgation par le Président de la République
- Mise en place d’une nouvelle CENI et de ses démembrements
- Mise en place de nouvelles CARLE
- Lancement de la révision des listes électorales en Guinée et à l’extérieur – Recensement dans des pays qui avaient été injustement omis lors du premier recensement
- Fixation du chronogramme des élections.

Cette fois nous demandons qu’aucune élection ne soit convoquée avant que toutes les cartes électorales n’aient été distribuées aux ayants droit.

2. Mesures économiques et sociales d’urgence

Le gouvernement doit réaliser que la grande majorité des Guinéens est à bout et ne peut pas supporter l’attente des programmes de développement à long terme. Il y a donc nécessité de lancer un programme d’urgence pour améliorer les conditions de vie de la population, avant que les initiatives éventuelles prises pour un développement durable ne produisent leurs effets.

A cet effet, nous préconisons les mesures suivantes :
A.Rechercher en urgence des ressources financières d’origine interne (redevances domaniales et fiscales, créances de l’Etat, etc.) et externe (emprunts auprès de bailleurs de fonds bilatéraux ou multilatéraux, dons, etc.).
B.Négocier avec les organisations syndicales une augmentation immédiate des salaires des serviteurs de l’Etat et des retraités afin de rattraper au moins en partie l’inflation qui a grevé leur pouvoir d’achat depuis 2007. Le taux pourrait aller de 30 à 50% d’augmentation selon le niveau de salaire, avec priorité aux bas salaires. Le secteur privé sera encouragé à faire un geste dans le même sens.
C.Procéder à la remise en état des installations existantes de fournitures d’eau et d’électricité ; engager des forages en zones rurales.
D.Engager des actions d’urgence en faveur de l’agriculture, de l’éducation et de la santé.
E.Tout ce programme sera accompagné d’un budget à soumettre à un vote du CNT.

Ces mesures seront accompagnées d’un effort sans faille de continuation de l’encadrement de la dépense publique, la récupération des créances et des recettes de l’Etat et l’assainissement du fichier de la Fonction publique et des Forces de sécurité.

La collaboration avec le secteur privé sera renforcée afin de garantir le succès de ces mesures destinées avant tout à relancer l’économie et à soulager la population.

III. POUR L’UNION DE TOUTE L’OPPOSITION

Depuis la fin des élections présidentielles, tout le monde politique s’interroge sur les formes que pourraient prendre la concertation et l’organisation des forces politiques. Nous avons toujours prôné l’union de toutes les forces politiques et sociales sincèrement engagées dans la lutte pour le changement véritable. A cet égard, nous pensons qu’il est indispensable de tirer les leçons du passé. Ainsi, nous avons été témoins de l’énorme espoir soulevé par la constitution du Forum des Forces. Cette organisation a bien conduit la lutte contre la junte militaire. Mais nous devons reconnaître que les Forces Vives sont responsables de l’énorme catastrophe politique, économique et sociale que vit le peuple de Guinée en ce moment. Plutôt que de promouvoir le changement, le Forum des Forces vives a enfanté un gouvernement qui a achevé de ruiner notre pays. D’énormes fortunes ont été bâties sur le dos des victimes du Stade du 28 septembre.

Plus grave, la participation des syndicats et de la société civile au gouvernement a privé le peuple de toute force revendicatrice et de tout recours face au pouvoir politique.
Des initiatives sont prises en ce moment pour reconstituer les Forces vives. Mais nous estimons pour notre part, qu’il ne nous est pas possible de nous associer à des regroupements quelconques sans tirer d’abord les dures leçons du passé récent. Nous n’avons aucune attitude sectaire à l’égard de quelque parti que ce soit. La confusion et l’amalgame ne peuvent servir de base à un regroupement fécond de l’opposition. Vouloir regrouper sans principe tous les partis, y compris des « mouvanciers » déçus de l’Arc en ciel ou des exclus du partage, n’est pas le meilleur moyen d’offrir de véritables perspectives de changement à la population.

En revanche, nous préconisons la constitution d’un véritable front de l’opposition afin de défendre les acquis de la lutte pur la démocratie et pour œuvrer au progrès de la Guinée.
Les partis signataires de la présente déclaration font appel à toutes les autres forces d’opposition, afin de constituer ce front.

Guinée: Témoignages sur les funérailles de Mgr. Tchidimbo et sur la reprise des violences à Conakry

Standard

Les funérailles de l’ancien archeveque de Conakry, Mgr Tchidimbo ont eu lieu dans la cathédrale de Ste Marie à Kaloum, le quartier administratif et des affaires de la capitale guinéenne. Voici quelques témoignages publiés dans le Forum de discussion de l’Association des victimes du camp Boiro (AVCB):

M. Abdoulaye Condé fils de victime de la dictature sanguinaire de Sékou Touré écrit:

La cérémonie des obsèques de Monseigneur Tchidimbo hier samedi 2 Avril 2011 fut pleine d’émotion quand son Eminence Robert Cardinal Sarah a dépeint le régime atroce et sanguinaire du « dictateur Sékou Touré ». La Cathédrale était en larmes. Notre Cardinal n’a pas tarit de mots pour qualifier le régime inhumain du dictateur Sanguinaire Sékou Touré. Et un des moments pathétiques de la Cérémonie fut le témoignage de Abbas (un compagnon de prison de Mgr Tchidimbo, ndr) qui lut le poème à lui dédié par l’Archevêque Tchidimbo au camp Boiro . Tout un symbole !

Ironie de l’histoire, Monseigneur T. est décédé un 26 mars comme son bourreau et a vécu 26 années après le trépas en enfer de ce dernier.

M. Telly Diallo, autre fils de victime illustre, ndr) dit:
J’ajoute au compte rendu de Abdoulaye qu’après les prélats guinéens, français et africains qui ont déroulé le magnifique rituel des funérailles, la parole a ete donnée à l’AVCB
qui a rendu hommage au défunt avant même la famille éplorée…..Henriette Conté (veuve du Président Lansana Conté, ndr) était dans l’assistance….elle a du oublier qui était le chef d’etat major adjoint lorsque Mgr Tchidimbo pourrissait en prison……
TDT
Ce même jour que M. Telly Diallo a écrit ce témoignage, il y a eu des violations policières contre les partisans du candidat aux élections présidentielles Cellou Dallein Diallo qui voulaient aller à l’aéroport pour recevoir leur leader qui revenait de l’étranger. Depuis qu’il a reconnu les résultats des élections présidentielles pour éviter au pays une situation à l’ivoirienne, Cellou Dallein Diallo vivait principalement à l’étranger. Ses partisans ont voulu célébrer son retour en organisant un accueil pacifique à l’aéroport de Gbessia à Conakry. Pour cela ils ont demandé l’autorisation des maires des communes que le cortège aurait traversées. Ceux-ci ont tous refusé, arguant que c’était de la compétence du gouverneur de Conakry. Les militants se sont adressés à ce dernier, qui leur a refusé le rassemblement l’autorisation de se rassembler sous le prétexte qu’il n’y avait rien à feter pour le retour d’un simple citoyen dans son pays. Le jour de l’arrivée du leader de l’opposition, les forces de sécurité ont commencer ont commencé à disperser avec violence tout assemblement dans le quartier principalement habité par des peulhs, l’ethnie de M. C. D. Diallo. Elles les ont frappés sans discernement et confisqué leurs mobylettes.

A propos de ces graves violations des droits à la liberté de manifester pacifiquement, TDT ajoute

on vient de m’informer par téléphone que les forces d’insécurité ont tué par balles ce matin au moins deux jeunes en route pour acceuillir dalein qui rentre aujourd’hui….j’ai appelé un journaliste qui confirme et me demande de ne pas sortir……

Le Président Alpha Condé, un civil, qui a été élu lors de la présidentielle de 2010, avait promis de rompre avec les pratiques de violences des régimes qui ont gouverné la Guinée depuis son indépendance en 1958, qui bafouaient les droits humains, a formé un gouvernement de plus de 40 membres en recyclant des anciens hauts fonctionnaires et ministres des régimes sanguinaires. Dans le gouvernement il y a des ministres qui sont parmi les personnes qui figurent sur la liste de ceux qui ont commis des délits contre l’humanité.

Guinée: Comment Mgr Tchidimbo décrivait les conditions de sa prison

Standard

La dépouille mortelle de Mgr Raymond-Marie est attendue ce vendredi à 18:45 heures en provenance de Vénasque, à une dizaine de km de Carpentras, où le premier archevêque noir de Guinée est décédé le samedi 24 mars entre 19 et 20 h, d’un arrêt cardiaque. Il était né à Conakry le 15 aout 1920 d’un père anglais et d’une mère gabonaise. Il a passé 84 mois de sa vie, à partir du 23 décembre 1970, dans "l’univers concentrationnaire " de son ami Sékou Touré du temps du combat pour l’indépendance de la Guinée. Il nous décrit ici ses premiers contacts avec cet univers (extrait de son livre "Noviciat d’un évêque :huit ans et huit mois de captivité sous Sékou Touré", publié par Fayard en 1987 à Paris):

"De mon domicile, je fus conduit au Camp Alpha Yaya, camp situé sur une colline, en face de l’aéroport de la ville. Enchaîné, je fus mis au secret, dans un cachot long de 2,20 m large de 0,90 m.

Je demeurai ainsi au secret jusqu’au 27 décembre, sans eau sans nourriture."

Après cette période sans eau ni nourriture que tous les prisonniers ont connue, désigné sous le nom de mise en condition,:

"Je comparus devant cette commission le 5 janvier, et lui demandai les raisons de mon arrestation !

Pour toute réponse, on me lut un long chef d’accusation, et on m’invita à faire une déposition dans laquelle je devais me reconnaître coupable, et dire que j’agissais en complicité avec les personnes dont la liste m’avait été communiquée.

Devant mon refus de dénoncer qui que ce soit, l’on me donna un avant-goût de ce qu’était les tortures à l’électricité. Pendant trente minutes, à intervalles réguliers, on m’envoya des décharges d’électricité, tantôt aux oreilles, tantôt aux seins, tantôt au sexe ! Au bout d’une demi-heure, je commençai à m’évanouir. Alors on me ramena dans mon cachot, avec cette liste, et toujours enchaîné ; car on ne devait m’enlever mes chaînes que si j’acceptais de faire ce qui m’était demandé.

Par providence, un de mes geôliers avait eu le temps de me glisser dans l’oreille qu’il fallait que je tienne bon, et que je n’accepte aucune de leurs propositions, autrement ce serait la catastrophe, pour moi et pour tous ceux que je dénoncerais. Et il m’apprit, par la même occasion, qu’un Allemand arrêté le 24 novembre 1970, M. Seïbold, était mort à la suite des tortures subies ; et que la nouvelle de ce décès ayant filtré en ville, cela faisait grand bruit à l’extérieur.

Alors, je décidai de faire la grève de la faim, tant que je ne serais pas délié de mes chaînes.

En déclenchant cette grève, j’étais certain qu’ils prendraient peur ces messieurs et qu’ils finiraient par m’enlever mes chaînes ; ne désirant pas la mort d’un second étranger, dans leur prison. Je tins jusqu’au 9 janvier 1971 ; et puis, je tombai dans un coma qui dura quatre jours.

Comme prévu, dès les premiers signes de coma, on me transporta, m’a-t-on dit, dans une cellule un peu plus large, et un peu mieux éclairée. On me délivra les mains de mes chaînes, et l’on m’installa sur un lit « piquot » ; premier confort, depuis le 23 décembre 1970. On me fit veiller, les deux premiers jours, par le médecin militaire du camp, le médecin-commandant Soriba Sylla.

La faveur me fut alors donnée, au cours de ce coma, de vivre le phénomène de la mort apparente ; cette mort apparente, pendant laquelle un individu présente tous les signes extérieurs d’un cadavre : l’immobilité totale ; même celle des paupières; l’impossibilité physique absolue de faire le moindre signe pour faire savoir que non seulement l’on n’est pas encore mort, mais que l’on perçoit bien tout ce qui se fait autour de soi, et que l’on comprend tout ce qui se dit.

Je compris mieux alors ces recommandations que l’on nous faisait dans les cours de théologie pastorale, quant à l’assistance spirituelle à apporter aux agonisants qui ne sont pas encore morts réellement.

Je revois encore cette scène macabre où le caporal Sâ Balla ; chrétien de la tribu Kissi et adjoint du chef chargé de garder des détenus du Camp Alpha Yaya ; se mettre à genoux à mon chevet, se pencher sur moi, l’oreille attentive. Il essayait désespérément de déceler un souffle de vie ; ce fut en vain ! J’étais à ce point affaibli, que tout mon être était inerte : pas même léger soulèvement de poitrine qui eût été une lueur d’espoir…

Je le revois encore, ce caporal, se relever tout triste, et dire d’une voix mêlée de tristesse aux deux soldats qui l’accompagnait: « il est mort !»

J’eusse aimé, ce matin-là, pouvoir leur crier : « non, je ne suis pas encore mort ». Mais l’énergie m’avait fui après huit jours de diète totale. Nous sommes le 13 janvier 1971, à onze jours du verdict qui emportera des centaines de personnes — pendues ou fusillées — à la fosse commune.

C’est alors que mes braves gardiens en référèrent à la commission centrale du tribunal révolutionnaire, pour avoir l’autorisation de m’enterrer.

Avoir l’autorisation ! Il importait d’être couvert car, à leurs yeux, je représentais un très « gros morceau » : un archevêque de l’Église catholique, qui, de surcroît, était de nationalité française. Il n’était donc pas question de m’envoyer à la fosse commune à la sauvette.

On dépêcha alors à mon chevet le médecin-commandant Soriba Sylla, pour constatation de décès. Ainsi, l’irréparable fut évité ! Après deux piqûres intra-musculaires administrées par ce médecin pour me remonter un peu, je plongeai dans un profond sommeil.

Repensant à cette scène, plusieurs mois après, je réalisai avec horreur, que beaucoup de mourants comme moi, mais prisonniers obscurs des camps d’extermination de Sékou Touré, auront été ainsi enterrés vivants ; étant donné que le contexte animisto-musulman dans lequel nous vivions voulait que les cadavres soient rapidement enterrés.

Mais sur le plan spirituel, ce coma fut pour moi l’occasion de pénétrer un peu plus avant dans le mystère troublant de la destinée : damné ou élu ! Et de me convaincre une fois pour toutes que la vie éternelle — heureuse ou malheureuse — est une affaire liée à la vertu d’espérance."

Son neveu, un juriste fonctionnaire nous dit qu’après "les sévices subis au Camp Boiro, son cœur était malheureusement devenu très fragile même si par la grâce de Dieu, il a tenu aussi longtemps.

Monsigneur Tchidimbo vivait depuis qu’il avait pris sa retraite au Vatican, dans le village de St Didier (Vaucluse), tout prêt du village de Vénasque,à une dizaine de km de Capentras."

Guinée: Compte-rendu de l’Assemblée générale du 27 mars de l’AVCB

Standard

La visite de Mme Navi Pillay, Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, en Guinée du 13 au 15 mars dernier semble avoir eu des répercussions encourageantes. L’Association des victimes du camp Boiro, la première née de cette trop longue liste des victimes de violations des droits de l’homme s’est vue relancée. Ses membres passent plus fréquemment sur les ondes des radios et lors de sa visite à Conakry du 13 au 15 mars, Pillay Haut commissaire des l’ONU aux droits humains avait bien saisi la soif de justice que toutes les associations des victimes de violences de l’état lui ont dénoncées Dans d’un communiqué de presse résumant les discussions qu’elles a eues.

"J’ai été particulièrement émue par leur courage et leur soif de justice afin que ces crimes ne se reproduisent plus. Lorsque justice est rendue, cela signifie que les auteurs ont été poursuivis et jugés et que les victimes ont pu recevoir des réparations pour les violences endurées.

Lors de mes entretiens avec les membres du gouvernement, j’ai fait part de mon inquiétude concernant l’impunité persistante pour les auteurs de nombreuses et graves violations des droits de l’homme commises durant le processus électoral. Je réitère ce message à la Guinée : il faut mettre fin à la culture d’impunité. Aujourd’hui, les auteurs des plus atroces violations des droits de l’homme demeurent libres et ne sont pas inquiétés pour les actes qu’ils ont commis.

Le gouvernement devrait envoyer un message fort à ces auteurs de graves violations des droits de l’homme en procédant à des enquêtes et en poursuivant les violations des droits de l’homme alléguées dont celles qui sont commises par les forces de sécurité.

Au court de ma visite, j’ai également pu rencontrer des victimes de torture qui ont pointé du doigt les forces de sécurité. Pour qu’une démocratie devienne pleine et entière, le respect des droits de l’homme doit être effectif et les secteurs de la Justice et de la Sécurité doivent urgemment faire l’objet de réformes. Ceci doit constituer une priorité. Ces réformes doivent permettre un accès à la justice pour tous, conformément aux standards internationaux d’un procès équitable.

Durant mes rencontres avec les survivants de violence, ces derniers ont exprimé leur désir de voir la mémoire des victimes préservée. Ils redoutent que la nouvelle génération n’oublie ce que les victimes de violations des droits de l’homme ont subi dans le pays. Je suis convaincue qu’il est important que la jeune génération connaisse son histoire, bonne comme mauvaise, afin de promouvoir les droits de l’homme."

Les membres de l’AVCB qui se rencontraient pour la première fois en Assemblée générale après la visite de Mme Pillay, ont discuté en premier lieu du rapport sur la rencontre avec la Haut commissaire aux DDH de l’Onu et les répercussions de l’annonce par décret de la création de la commission nationale des DDH avec Mr. Kaba du Rhaddo local à sa tète, puis le rappel des activités liées à la célébrationdu 24 mars, Journée internationales des victimes et du droit à la vérité, instituée par l’Onu ; et la reconnaissance du mouvement scout et du ministre de la jeunesse à l’égard de notre regretté Tibou Tounkara, premier Commissaire du mouvement des Eclaireurs de Guinée, bien avant l’indépendance ;

Le bureau a ensuite insisté pour que les cotisations de 2011 soient déposées par les membres et Mme Nadine Barry s’apprête à informer sur le site nos frères et sœurs de la diaspora sur comment déposer leur contribution de façon pratique pour eux ;

Le bureau s’engage sur de nouveaux chantiers ; nous avons maintenant la sœur Hadiatou Barry qui siégera en permanence comme notre représentante au sein de la société civile qui va redémarrer ses activités ; notre président, Dr Marega lors d’un séjour à Dakar, il y a une semaine a pris contact avec la société civile sénégalaise et établi un rapport avec elle; nos délégués serons à notre place réservée pour les assises de la justice cette semaine.

Aboubacar Conte nous a tous conviés pour la session de la fin du mois de avril afin que l’assemblée générale ai lieu chez lui en face de l’immeuble Baldé Zaïre le dimanche 24 avril 2011 a 10 heurs GMT