Cela fait une semaine que M. Alpha Condé a pris ses fonctions. Il a parlé de réconciliation dans son discours et pendant la campagne (tout en semant la haine), mais il n’a encore pris aucune action concrète qui pousse vers une reconstitution du tissus social. Veut-il construire une Guinée unie sans qu’aucune ethnie ne sente victimisée? Il doit faire au moins un discours conciliateur acceptable par tout le monde s’il veut etre le Président de tous les guinéens.
Sait-on qu’il y a encore des personnes innocentes en prison, dont de nombreux mineurs? De source bien informée, je sais qu’il y a meme des enfants de 11 ans qui ont été emprisonnés avec des adultes criminels condamnés à mort.
Dans un article datè du 25 décembre 2010, le média online guinéen lejour.info, nous présente le portrait du nouveau Premier ministre guinéen, Mohame Said Fofana.
Je n’ai pas aimé la manière utilisée par M. Condé pour conquérir le pouvoir en Guinée, mais je dois reconnaitre que j’apprécie ce choix. Au delà de la volonté de donner satisfaction à ses oncles de la Basse-Guinée, ce choix semble aller dans le bon sens car ce n’est pas un des vautours gravitant au sein de l’Alliance qui l’a porté au pouvoir, qui ont charcuté le pays qui revient aux affaires. M. Saïd Fofana semble avoir des compétences de négociateur de haut niveau.
En tout cas, l’article nous apprend qu’il est économiste de formation et a été haut cadre du ministère du commerce avant de devenir directeur national du commerce et consultant. Il était précédemment directeur de la coordination, du suivi et de l’évaluation des projets au ministère du Commerce, de l’industrie et de la promotion du secteur privé. Ancien Secrétaire général de la chambre du Commerce national du commerce de Guinée M. Fofana a été aussi directeur national du commerce avant d’être Conseiller au Ministère du Commerce chargé du secteur Privé.
Alors directeur national du commerce et Président du comité national de négociation multilatérale, la Guinée a bénéficié de nombreuses opportunités au niveau des organisations internationales chargées des questions du commerce (OMC, CIC, CNUCED, ACP et UE) – A noter qu’à l’occasion d’une mission de l’OMC à Hong-Kong, M. Fofana a eu à présider la commission technique qui avait statué sur les problèmes liés aux produits agricoles.
En outre, c’est Mohamed Saïd Fofana qui a piloté les négociations pour l’intégration de la Guinée dans le système AGOA avant que le pays ne se fasse éjecter (carence de démocratie) à la suite de la prise du par le CNDD, le 23 décembre 2008. Nul doute, qu’avec son avènement à la tête du gouvernement, la Guinée retrouvera très rapidement sa place dans ce système d’exonération de taxe par l’administration américaines des produits agricoles en provenance des certains pays africains qui respectent entre autres critères, le respect de la démocratie.
Bien que condamnable, M. Alpha Condé a utilisé ces stigmatisations et autres méthodes comme le nettoyage ethnique pour conquérir le pouvoir. C’est diabolique! Mais c’est une tactic qui s’est révélée efficace. Comme la Cour supreme a confirmé les résultats et heureusement, CD Diallo (qui s’est montré pour une fois intelligent) les a acceptés, nous ne pouvons que nous incliner et nous battre pour la reconstitution du tissu social, la cohésion nationale et pour une Guinée pour tous.
Cependant nous ne pouvons que trouver révoltant qu’il continue à jouer sur cette corde meme après avoir atteint son but. Il fait des proclamations, Lapin Doré continue ses courbettes et tout le monde se tait sur les brutalités contre des innocents, les viols et les saccages. C’est comme si ça n’intéressait personne.
S’il veut entamer le long chemin de la réconciliation, il doit faire libérer immédiatement ces innocents, faire prendre en charge par l’état des soins pour les femmes violées et apporter une aide aux victimes des violences et des saccages.
A la fin de l’article, il y a des liens en mettant le curseur dessus, avec la touche controle enfoncé, on arrive aux enregistrements sonores. C’est horrible!
Exclusif : Témoignages de jeunes filles peuhles victimes des viols de Labé évacuées à Dakar (avec images et enregistrements sonores)
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Guineeactu a pris contact avec quelques femmes victimes d’agressions sexuelles à Labé après la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle et qui ont été évacuées à Dakar. Une première correspondante a commencé à recueillir leurs témoignages mais elle n’a pas pu achever l’interview, foudroyée par ce qu’elle entendait : « Je n’ai pas pu continuer : mon cœur battait si fort que j’ai eu peur », dit-elle. Tout en priant son collègue de continuer l’interview, elle le prévint qu’il pourrait, lui aussi être pris de nausée…
Plusieurs femmes ont été violentées, à divers endroits, soit isolément soit en compagnie d’autres femmes. Dans un cas, c’était en public dans un pick-up. Après avoir enlevé le pagne de la fille, déchiré sa culotte et son slip, les militaires l’ont violée sur le banc de leur véhicule, devant des jeunes que les mêmes militaires avaient arrêtés. Puisque la fille tentait de résister, ils l’étranglaient, lui assénaient des coups un peu partout ; elle a même perdu des dents. Après tous les sévices, on l’a déposée à la sureté, nue comme elle est née. On a dû emprunter une jaquette pour l’attacher autour de ses hanches. C’est de là que ses parents l’ont ramenée chez eux.
Parmi ces nombreuses victimes de viols, certaines s’enfuient, gênées de divulguer leur malheur et tentent de se soigner à domicile. Mais d’autres, comme la fille violée dans le pick-up, étaient dans un état si grave qu’elles ont dû être hospitalisées. Parmi ces dernières, quatre ont été regroupées et ont bénéficié d’une prise en charge par une organisation caritative et sont venues pour les soins médicaux à Dakar, au Sénégal. Ces quatre sont accompagnées d’une de leurs parentes, qui a aidé à organiser leur évacuation. Voici la liste des quatre :
· F. Diaraye Diallo : 18 ans
· A. Oury Diallo : 20 ans
· A. Lamarana Diallo : 20 ans
· F. Korka Bah : 25 ans
Elles ont presque toutes subi le même calvaire. Enlevées par des hommes en uniforme venus dans des pickups, elles ont subi des viols multiples, des bastonnades et autres sévices. En les forçant à subir leurs sales besognes, les criminels ont fracturé les bras et les jambes de plusieurs de leurs victimes. L’une d’elles a sa jambe plâtrée.
Bref, nous vous livrons des extraits de nos multiples communications téléphoniques avec elles. Ci-dessous, le témoignage de Korka, une ménagère originaire de Koubia, qui était venue à Labé pour chercher du travail pendant la saison sèche.
Dites-nous comment ça s’est passé.
Venus dans un pick-up vert, ils m’ont prise près de la poste, le vendredi à 11 heures. Ils étaient habillés de tenues vertes, casqués et armés. Il y avait deux autres femmes dans le véhicule. Ils nous ont déposées dans une maison inachevée. Nous y avons trouvé trois autres femmes. Donc nous étions en tout 6 femmes dans la maison. Les trois femmes qui y étaient avant notre arrivée étaient des femmes des madrasas, toutes voilées. Mais elles étaient déjà épuisées… Plus tard ils les ont fait sortir, et on ne les a plus revues. Ils ont ramené leurs habits et leurs chaussures. C’est tout ce que nous avons revu d’elles. C’est comme ça qu’ils font : Ils violent les femmes jusqu’au moment où ils sentent la mort approcher et ils les envoient quelques part pour les tuer… Ils nous violaient pendant la journée. Ils sortaient à 18 heures pour revenir à 6 heures le lendemain. Les deux autres filles qui restaient avec moi avaient les jambes cassées…
Comment ont-ils cassé ces jambes ?
C’est en nous tordant les bras et les jambes ou en les frappant avec leurs fusils. Ils le font dès que vous leur résistez… Ils nous violaient dans la même chambre. Moi, ils me violaient « par devant » et « par derrière ». Après ma libération, quand j’allais au WC je n’évacuais que du sang. J’ai passé une semaine sans pouvoir m’asseoir …
Justement, comment vous a-t-on libérées ?
Dès qu’ils vous prennent ils retirent votre téléphone et enlèvent la puce, pour qu’on ne puisse pas vous appeler… Nous nous sommes libérées un jour, au petit matin, vers 5 heures, juste avant leur retour. La fenêtre de la chambre n’avait pas d’antivol mais elle était très haute. Les deux autres filles ne pouvaient plus se déplacer. Moi, je venais près de la fenêtre et criais pour appeler de l’aide. Par chance un homme qui était de passage m’a entendue et est venu. Il s’est approché doucement et m’a demandé pourquoi nous criions. Je lui ai expliqué ce qui se passait et lui ai demandé de nous aider. Il avait une Mercedes. J’ai donc réussi à tirer les deux autres, une à une, et à les faire passer par la fenêtre. L’homme les a récupérées de l’autre côté et les a mises dans la voiture. Ensuite il m’a aidée à sortir de la chambre. C’est ainsi que nous avons réussi à nous échapper… Après il m’a déposée près de l’hôpital, où je suis restée jusqu’au matin. Il a continué avec les deux autres, qui ont préféré rechercher leurs familles. L’une d’elles est de Koura Hôdè et l’autre de Petêwel… Je lui ai demandé son nom, mais il m’a dit qu’il ne nous aidait pas pour se faire un nom, qu’il nous aidait parce qu’il avait des enfants, lui aussi. Il ne m’a pas dit son nom…
Avant son enlèvement et sa séquestration, Korka était enceinte d’un mois et demi. Dans son cas, c’est deux hommes qui la violaient à tour de rôle. Pendant que l’un tord et maintient ses bras derrière sa nuque, l’autre la viole. Dans les interrogatoires on lui a demandé à plusieurs reprises combien de fois ils l’ont violée. Mais sa réponse a été toujours la même : pendant les trois jours de sa détention, elle ne connait pas combien de fois ils l’ont violée. Et pendant ces trois jours, elles n’ont rien reçu à manger ou à boire.
Ces quatre femmes sont juste un échantillon de très nombreuses victimes, enlevées çà et là, cruellement blessées dans leur corps et leur dignité par des personnes qui sont chargées de les protéger. Et nous savons qu’au moins trois d’entre elles ont été probablement assassinées, d’après ce que l’on comprend du récit de cette victime.
Il faut préciser qu’après ces odieux crimes, les criminels et les autorités locales, dont le gouverneur, ont tenté de les nier, d’intimider les victimes, et même d’escroquer leurs familles. Mais le pire, peut-être, est que ces crimes ont été motivés par les haines ethniques. Avant de saisir leurs victimes, les bourreaux leur demandaient pour qui elles avaient voté ou quelles étaient leurs relations avec le candidat de l’UFDG. Dans l’enregistrement sonore No. 6 (details_sur_les_auteurs_des_viols_et_les_motifs) on entend ceci :
« Il n’y avait aucun Peulh parmi eux… On a demandé à toutes les victimes et elles ont dit qu’il n’y avait aucun Peulh parmi leurs agresseurs. Ceux-ci parlaient tous le malinké, le soussou, ou le français. … Il n’y avait aucun Peulh parmi eux. D’après les victimes, lorsqu’ils les attrapaient, ils leur demandaient d’abord pour qui elles avaient voté. Ils leur disaient : "Tu as voté pour Cellou ou pour Alpha ?" Pour l’autre fille [celle qui a une jambe fracturée], c’est cette question qu’ils lui ont posée en premier lieu. Elle s’est tue. Alors ils lui ont demandé : "Qui est Cellou pour toi ?" Elle a dit : "C’est mon oncle." Il ne le fallait pas. C’est en ce moment qu’ils lui ont donné un coup de pied qui à cassé sa jambe. »
Les enregistrements sonores, pris pas téléphones, contiennent les explications de la femme qui a accompagné les victimes à Dakar (Mme Barry) et de brefs témoignages de Korka, juste pour la confirmation. Ils offrent tous les détails des faits résumés ici.
M. Condé a parlé de réconciliation nationale s’il veut être le Président de tous les Guinéens, il devrait arrêter de stigmatiser une ethnie. Quant aux problèmes entre les ethnies, il ne faudrait pas trop croire en cela car ils ne sont que le fruit de l’instrumentalisation politique de nos différences. Avant que lui n’en fasse un argument de sa campagne électorale et même post-électorale, il n’en existait pas de sérieux problèmes.
La création d’une atmosphère de réconciliation nationale, ne devrait-elle pas commencer par la libération des innocents emprisonnés dont certains ont été prélevés de leur domicile par des militaires armés qui ont brisé des portes pour s’emparer d’eux?
Après la validation des résultats de la présidentielle par la Cour suprême, Cellou Dalein Diallo admet sa défaite ce 3 décembre 2010 . C’est un geste qui était espéré de sa part, mais le contraire n’était pas impossible car les hommes politiques partout dans le monde, mais surtout en Afrique mettent leurs intérêts au-dessus de ceux de la nation. Après les violations des droits des citoyens et les arrestations des militants peulhs de son alliance, il aurait pu etre sais de la folie des politiques et essayé de méconnaitre la victoire de son adversaire. Espérons que ce dernier va enfin mettre fin à la terreur dans laquelle vivent les originaires de la Moyenne Guinée Peulhs ou autres et libérer les innocents qui sont encore en prison. Voici le texte de l’interview de M. Cellou Dalein Diallo, Leader de l’UFDG publiée sur le site de son parti.
Juste après la proclamation des résultats définitifs par la Cour Constitutionnelle, l’Equipe UFDG-Online a recueilli les premiers sentiments du Leader de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG). Nous vous livrons ici cet entretien.
UFDG-Online : Bonjour Mr Diallo.
Cellou Dalein Diallo : Bonjour !
UFDG-Online : Nous sommes désormais sans aucun suspense; nous avons compris que la Cour Suprême a avalisé les résultats proclamés par la CENI le mois dernier. Quels sont vos sentiments ?
Cellou Dalein Diallo : D’abord, nous avons noté que la Cour Suprême a confirmé, sans aucune modification, les résultats provisoires tels que annoncés par la CENI le 15 Novembre 2010. Or, comme vous le savez, au vu des nombreuses anomalies et irrégularités qui ont entaché le scrutin, nous avions solennellement contesté ces résultats provisoires et introduit un recours devant la Cour Suprême.
Malheureusement, nos réclamations n’ont pas été prises en compte, malgré la solidité de notre dossier.
Toutefois, comme la décision de la Cour Suprême est sans appel, et eu égard á nos engagements antérieurs, nous prenons acte de cet arrêt rendu par cette autre institution de la République.
Nous avons pris la décision de prendre acte de cet arrêt en raison de notre attachement á la paix et á la Guinée unie et indivisible; ce qui nous commande d’étouffer notre frustration et notre souffrance pour demander à nos militants et sympathisants de garder le calme et la sérénité.
Pendant que le pays attend l’annonce des résultats définitifs de la présidentielle avec une appréhension certaine, nourrie d’espoir pour le Camp de C. D. Diallo et une tranquillité seulement apparente chez le vainqueur du deuxième tour pour la CENI, le petit peuple, en particulier peulh, souffre. Malheureusement, à présent l’unique source de terreur, de violences et d’humiliation, restent les forces de sécurité. Des militants de l’UFDG et des mineurs qui ne s’intéressaient même pas à la politique sont encore détenus dans les prisons et autres lieux de détention. Ce sont les familles qui sont obligées de leur apporter à manger en payant les geôliers pour faire la nourriture aux détenus, lorsque les parents découvrent le lieu de détention de leur enfant, les femmes leurs maris et les soeurs leurs frères.
HRW estime dans un communiqué de presse publié à Dakar le 29 novembre 2010 que les forces de sécurité ont fait usage d’une force excessive et "fait preuve de manque de neutralité politique lors de leur réponse aux violences liées aux récentes élections. Les violences ont opposé les partisans des candidats à la présidence Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo et les manifestants et les services de sécurité à Conakry et dans d’autres villes du 15 au 19 novembre 2010. Au moins sept personnes sont mortes et 220 ont été blessées".
L’ONG de défense des droits de l’homme "a mené des entretiens en Guinée auprès de plus de 80 victimes et témoins. Ces entretiens ont confirmé que les forces de sécurité, dominées par des groupes ethniques qui ont pour l’essentiel soutenu le parti d’Alpha Condé, ont eu recours à la force létale pour réprimer les violences causées par des membres du groupe ethnique peul, qui protestaient contre les irrégularités électorales à l’encontre de Cellou Dalein Diallo, leur candidat.
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Dans le rapport de l’ONG internationale de défense des droits humains déclareencore: