Archives Mensuelles: mars 2010

Amnesty International et les condamnations à mort en Afrique

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Dans le rapport que publie Amnesty International sur les peines de mort prononcées dans le monde en 2009, de nombreux pays d’Afrique tant au Nord qu’au Sud du Sahara figurent parmi les plus sévères.

Pour les condamnations après l’Iran et le Pakistan, c’est l’Egypte qui occupe la troisième au niveau mondial, et tient la première place parmi les pays membres de l’Union africaine, avec 269 peines, suivie de l’Algérie septième mondiale avec 100, juste derrière les USA, le Soudan dixième mondial avec 60 peines de mort prononcées.rnrnAu Sud du Sahara le rapport dit qu’au cours de l’année, seulement deux pays ont pratiqué effectivement des exécutions,le Botswana (1) et le Soudan (9). Pourtant "au moins 194 condamnations à mort auraient été prononcées dans 19 pays : Bénin (au moins 5), Botswana (2), Burkina Faso (au moins 6), Éthiopie (au moins 11), Gambie (au moins 1), Ghana (au moins 7), Kenya (+), Liberia (3), Mali (au moins 10), Mauritanie (au moins 1), Nigeria (58), Ouganda (+), République démocratique du Congo (+), Sierra Leone (au moins 1), Somalie (12, dont six dans le Puntland et six dans la juridiction du gouvernement fédéral de transition), Soudan (au moins 60), Tanzanie (+), Tchad (+), Zimbabwe (au moins 7).rnrnCependant, il est encourageant de noter que la peine capitale a été abolie au Burundi et au Togo, deux pays dont le premier sort d’une longue guerre civile et l’autre d’une période d’instabilité. rnrnEn avril, le Burundi a adopté un nouveau Code pénal qui ne prévoit pas la peine capitale. Le député et ancien ministre de la Justice Didace Kiganahe un des auteurs de ce nouveau Code a déclaré aux enquêteurs de Amnesty: "C’est un Code pénal révolutionnaire qui abolit la peine de mort pour la première fois au Burundi. Ce vote a demandé du courage car les députés ont voté pour l’abolition de la peine de mort, en sachant que leurs électeurs étaient pour son maintien".

Au Burundi, le rapport relève que "Les dernières exécutions de personnes condamnées à mort par des tribunaux civils ont été pratiquées en 1997, six personnes ayant été exécutées à la suite de procès contraires aux règles d’équité les plus élémentaires. Une organisation de défense des droits humains locale a indiqué que, fin 2008, environ 800 personnes attendaient dans le quartier des condamnés à mort. Le nouveau Code pénal abolit la peine de mort et érige en infractions pénales la torture, le génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité".

C’est au mois de juin que le Togo, quant à lui, a aboli la peine de mort . Le ministre de la Justice Kokou Tozoun a déclaré, en annonçant l’abolition: "Le choix qu’a opéré le pays d’établir une justice saine qui limite les erreurs judiciaires [...] et garantit les droits inhérents à la personne humaine. Ce (nouveau) système n’est désormais plus compatible avec une législation pénale qui conserve encore la peine de mort et reconnaît ainsi aux juridictions un pouvoir absolu dont les conséquences sont irrémédiables.»

Amnesty relève qu’: "Un certain nombre de pays de l’Afrique sub-saharienne ont entamé un processus de révision constitutionnelle qui offre peut-être une occasion de faire voter le principe de l’abolition de la peine de mort. C’est le cas par exemple du Bénin, du Ghana, du Kenya, du Zimbabwe et de la Zambie. En novembre 2009, le gouvernement du Bénin a soumis à l’Assemblée nationale un projet de loi portant abolition constitutionnelle de la peine de mort. Au Ghana, une Commission de révision constitutionnelle a été créée en janvier 2010. Elle tiendra des séances de consultation publique, notamment sur l’abolition de la peine de mort. Elle doit présenter au gouvernement des recommandations et un projet d’amendement de la Constitution. Au Kenya, l’article 26 du projet de Constitution garantit le droit à la vie, mais ne va pas jusqu’à interdire le recours à la peine de mort. Le 3 février 2010, la Conférence constitutionnelle nationale de Zambie a décidé de garder la peine capitale dans le projet de Constitution qu’elle doit présenter au public pour consultation.

Source: http://www.amnesty.fr/index.php/amnesty/s_informer/actualites/etat_des_lieux_en_2009

Afrique du sud: Le nouveau visage de Soweto, township branchée

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Sous le titre "Soweto, township branché, fait le plein de touristes pour le Mondial-2010", le site web de TV5 Monde, publie un reportage qui nous montre un aspect de Soweto loin des clichés de la banlieue synonyme de violences que nous avons connue. Je l’ai lu avec un grand plaisir.

Le voici, reproduit en entier. Quelles sont vos impressions?

Hôtels, magasins, restaurants et discothèques fleurissent à Soweto, township branché au sud de Johannesburg, où de nombreux touristes ont choisi de séjourner pendant la Coupe du monde de football.

Situé à quelques kilomètres du stade flambant neuf de Soccer City, calebasse colorée de plus de 90.000 places qui accueillera le match d’ouverture et la finale du Mondial (11 juin/11 juillet), Soweto fait le plein pour la compétition.

"Avant, on avait honte de dire qu’on venait de Soweto, c’était synonyme de criminalité, bidonville et pauvreté", rappelle Frans Malotle, propriétaire d’une des maisons d’hôtes de plus en plus nombreuses dans cette ville à part entière, où vit un tiers des 3,8 millions d’habitants de Johannesburg.

Maintenant, "les gens veulent séjourner dans les townships. Notre B&B est complet durant le tournoi", assure-t-il.

Non loin de là, depuis le hall d’entrée d’un hôtel quatre étoiles, d’immenses portraits d’un Nelson Mandela tout jeune regardent en contrebas la rue poussiéreuse où les militants anti-apartheid ont affronté la police il y a 34 ans.

Le 16 juin 1976, le township a explosé sur les écrans de télévision dans le monde, lorsque 10.000 écoliers sont descendus dans la rue. La répression policière a fait des centaines de morts à travers le pays, cristallisant la mobilisation internationale contre l’apartheid.

Le musée Hector Pieterson, du nom du jeune garçon mort sous les balles des forces de l’ordre dont la photo a fait le tour du monde, retrace cet épisode, à côté d’une rue où ont vécu deux prix Nobel de la paix, l’archevêque anglican Desmond Tutu et Nelson Mandela, le premier président noir du pays, dont la petite maison est ouverte au public.

Ces images de pneus enflammés, de manifestations violentes et de brutalités policières restent attachées à la perception des townships dans le monde. A Soweto, la réalité a pourtant bien changé.

Les SOuth WEst TOwnships (Soweto) avaient été créés dans les années 1930 pour maintenir un réservoir de main d’oeuvre à l’écart de la ville blanche, selon le principe des ghettos noirs systématisé par les lois d’apartheid.

L’accès à l’eau et aux services de base y étaient limités, voire inexistants, la propriété privée interdite.

Après les premières élections multiraciales en 1994, la criminalité a d’abord explosé dans ces bidonvilles privés de tout. Mais Soweto a reçu une attention toute spéciale des pouvoirs publics.

"Soweto est passé du statut de township à celui de ville, avec ses centres commerciaux, ses rues goudronnées et une criminalité en baisse", résume Garth Klein, expert en développement urbain à l’Université de Witwatersrand (Johannesburg).

Les petits magasins abondent et un centre commercial, le Maponya Mall, permet aux résidents de faire toutes leurs courses sur place.

Les bidonvilles demeurent une réalité. Mais les petites maisons de briques de la classe moyenne s’étendent presque à vue d’oeil, côtoyant des quartiers aux villas luxueuses comme celle de Winnie Madikizela-Mandela, l’ex-femme du héros.

Et Soweto, c’est aussi un art de vivre. Le week-end, les fêtes informelles s’organisent autour des "braais" (barbecue). "Tu n’as pas besoin d’invitation", souligne Simphiwe Ngwena, 19 ans. "Tu te pointes juste et tu dis: salut!"

Source: http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Soweto-township-branche-fait-le-plein-de-touristes-pour-le-Mondial-2010.htm

Guinée: Thierno Siré fils de Diallo Telli, en grève de la faim

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Le site rfi.fr, l’une des principales sources d’information des Francophones d’Afrique a publié ce 30 mars un reportage nous informant des raisons de la grève de la faim de Thierno et de ses conditions physiques préoccupantes.

Voir l’article: http://www.rfi.fr/print/133667

Personnellement je pense qu’il appartient à chacun de nous de ne pas laisser seul Thierno faire cette grève sans soutien. En tant que démocrates et militants pour les droits humains que nous soyons ou pas des descendants directs des 50 000 victimes du Camp Boiro et des autres camps de la mort qu’il y a eu en Guinée depuis l’accession du pays à l’indépendance, nous devons soutenir son combat. Il y a plusieurs manières concrètes de le faire, au-delà des discours déjà entendus. Entre autre:

1. A Conakry les membres de l’Association des victimes du camp Boiro et de tous les autres peuvent se joindre à lui pour faire ensemble la grève, devant les institutions nationales, internationales et les ambassades des pays représentés à Conakry, en s’enchainant;

2. Se relayer tour à tour, chacun faisant la grève un ou plusieurs jours aux mêmes endroits;

3. A l’étranger tous ceux qui sont en mesure de le faire pourraient organiser des grèves de la faim devant les ambassades de Guinée, les médias internationaux, les institutions internationales et les ONG des droits humains.

Dans tous les cas, il faudra faire du tapage médiatique sur tout ce que vous faites.

Guinea: Rio Tinto-Chinalco talks over our heads

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The Australian mining corporation Rio Tinto and Chinalco are in talks to co-develop Guinea mine reports the Hong Kong Trade Development Council (HKTDC), the global marketing arm for Hong Kong-based manufacturers, traders and service providers on their official website.

I would like to recall that the actual Guinean government is a transition one and theu sould not be authorized to be involved in long term committment.

Here is the statement issued on March, 22nd by the Chinese corporation:

"Australian mining company Rio Tinto is in advanced talks with Aluminum Corp of China to jointly develop the Simandou iron ore project in Guinea, one of the most mineral- and metal-rich countries in Africa, the Wall Street Journal reported, citing a person familiar with the matter as saying.

The report said that a possible cooperation with Chinalco could offset some of the future development costs of the mine. At present, Rio Tinto is spending around US$10 million per month to develop and explore the iron ore mine, which will cost an estimated US$6 billion in total.

The negotiations are apparently seeking an exchange of intelligence on how to develop mining projects in the West African country, rather than Chinalco selling iron ore, according to the report.

Rio Tinto Chairman Jan du Plessis said on Monday in the firm’s annual report that the Australian company would try to strengthen its relationship with Chinalco and to look for business opportunities that will be of mutual benefit.

Media reports said earlier that Rio Tinto CEO Tom Albanese will meet executives of Chinalco during a trip to China in late March to discuss the possibility of setting up a JV with the Chinese firm."

Reprise du recensement électoral des Guinéens vivant à l’étranger

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Personnellement je trouvais que c’était mieux que les prochaines élections n’incluent pas les Guinéens vivant à l’étranger, car les ambassades ne sont pas prêtes pour s’embarquer dans de telles opérations. Leurs employés qui sont restés depuis 10 mois sans salaires ne peuvent pas concentrer sur ce travail.

Mais comme il en a été décidé autrement, chacun en ce qui le concerne, nous devons tous, faire le nécessaire pour qu’elles réussissent. Le nombre de Guinéens à l’étranger est estimé à 5 millions sur une population totale d’environ 10 millions. Cela veut dire que la diaspora compte presque autant de citoyens en age de voter que ceux qui sont à l’intérieur. Il est important que sa participation soit la plus importante possible. Le premier pas dans ce sens est d’aller s’enregistrer auprès des autorités compétentes pour le pays où vous vivez. Comme l’a dit M. Ben Sékou Sylla, le Président de la CENI, le 18 mars dernier au quartier Cameroun. Le moment:

"décisif, ce n’est pas le jour du vote, ce n’est pas le jour du recensement, c’est le jour où on dit oui nous sommes d’accord sur cette liste électorale. Tant que nous ne sommes pas d’accord, nous ne pourrons pas avoir les résultats que nous voulons".

Un article de rfi.fr, daté du 23 mars nous rappèle que les opérations de recensement des Guinéens résidant à l’étranger ont débuté depuis lundi 22 mars. L’article rappèle aussi que:

"C’est pour ceux qui n’avaient pas eu le temps de se manifester en septembre 2009 que les opérations reprennent. Elles ont quelques jours de retard sur le calendrier d’origine. La majorité des agents recenseurs n’a quitté Conakry qu’au soir du 21 mars. Selon le président de la Céni, c’est à partir du 22 mars qu’à Abidjan, Dakar et Paris, ils ont recommencé à enregistrer les futurs électeurs ; pour Washington et New York, les opérations débuteront le 24 mars.

La deuxième phase du recensement doit durer deux semaines. Elle se tient en tout dans dix-sept pays où la Guinée a une ambassade, là où vivent en priorité les Guinéens de la diaspora. Aujourd’hui, ils sont pour l’essentiel installés en Afrique de l’Ouest, en France et aux Etats-Unis. Beaucoup avaient fui leur pays sous le régime de Sékou Touré, avant 1984.

Bien que certains aient déjà voté aux présidentielles de 1993,1998 et 2003, les Guinéens de l’extérieur n’avaient jamais été officiellement et sérieusement recensés à des fins électorales ou autres."

Guinée: Manifestation contre les coupures de courant à Conakry

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Qualifier Kipé de quartier chic de Conakry, fait sourire ceux qui savent ce que c’est. Mais de toutes les façons le problème n’est pas là. Est-ce que des jeunes conscients et soucieux de l’avenir du pays peuvent-ils prendre l’initiative de revendiquer dans la situation délicate actuelle e la Guinée pour des problèmes, certes sérieux, mais qui ne datent pas d’aujourd’hui et que les autorités de transition ne peuvent pas résoudre? Ne feraient-ils pas le jeu de ceux qui voudraient une autre façon de procéder à la transition? En particulier ceux qui revent des bidasses aux postes de commande, des narco-trafficants, etc.? Il faut distinguer entre légitimes revendications et jouer pour des intérets particuliers.

Voici le reportage de RFI sur les évènements:
"Cinq personnes ont été légèrement blessées samedi 20 mars dans une manifestation à Conakry où la police est intervenue à coups de matraque et de gaz lacrymogène pour disperser de jeunes manifestants qui protestaient contre les coupures de courant dans un quartier chic de la capitale. Plusieurs manifestants ont été interpellés et conduits vers une destination inconnue.

C’est pour exprimer leur ras-le-bol des coupures répétées et prolongées du courant électrique que des jeunes du quartier de Kipé, un quartier chic de la capitale guinéenne, ont attaqué le siège de la société Electricité de Guinée. Les manifestants ont fait voler en éclats des sièges, des vitres et autres biens de la société lors de ce mouvement de colère comme l’a rapporté un manifestant.

« Depuis deux mois, nous n’avons plus de courant chez nous et s’il vient c’est rare, et à la fin du mois, il y a la facture qui vient. Et on ne peut pas payer la facture sans utiliser le courant, ça, c’est injuste. Nous sommes venus pour revendiquer, dire cela, pourquoi doit-on payer alors qu’on a pas d’électricité dans le quartier. On ne peut pas supporter cette situation. On en a marre maintenant. C’est assez. »

Une intervention des forces de l’ordre a provoqué l’ire des manifestants et conduit les évènements à prendre une autre tournure : gaz lacrymogène, bastonnades, et interpellations.

« On a revendiqué une fois, deux fois. Aujourd’hui si nous sommes là, affirme un autre manifestant, c’est pour que l’on négocie. S’ils ne veulent pas négocier nous serons obligés de faire des dégâts, de jeter des cailloux, ce que nous n’avons pas voulu faire. »

Plusieurs manifestants ont été interpellés et conduits vers une destination inconnue.

Source:http://www.rfi.fr/contenu/20100321-manifestation-contre-coupures-courant-conakry

MADAGASCAR: Une année de crise

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Lorsque les éléphants se battent qui paie? Voici le calvaire dans lequel une population laborieuse comme celle de Madagascar est plongée depuis un an. C’est un DJ qui a abandonné les plateaux et s’est emparé du pouvoir en toute illégalité!!!

ANTANANARIVO, 18 mars 2010 (IRIN) – L’impasse politique malgache masque une situation humanitaire de plus en plus fragile qui va continuer de s’aggraver si la crise actuelle n’est pas résolue.

Un an après la destitution de l’ancien président Marc Ravalomanana par Andry Rajoelina, le président actuel, aidé d’une partie de l’armée, le pays n’a toujours pas de gouvernement reconnu sur le plan international.

Le 17 mars, un an jour pour jour après le changement de pouvoir opéré à la manière d’un coup d’Etat, l’Union africaine (UA) a annoncé des sanctions à l’encontre d’Andry Rajoelina et de son gouvernement, connu sous le nom de la Haute Autorité de la transition (HAT), s’ils n’appliquaient pas les mesures convenues en vue du partage des pouvoirs, signées en 2009 avec les chefs des trois autres principaux partis politiques malgaches.

Au milieu des troubles politiques et du déclin économique, les organisations humanitaires s’inquiètent de constater une dégradation de la situation humanitaire et une diminution de la capacité à faire face aux situations d’urgence sur l’île, sujette aux catastrophes naturelles – la tempête tropicale Hubert, dernière calamité en date, a frappé la côte est de Madagascar le 10 mars, faisant au moins 36 morts et quelque 37 000 sans-abri.

En raison de la réduction substantielle des dépenses publiques opérée par le gouvernement, qui lutte pour faire face aux répercussions économiques conjuguées d’une crise politique nationale et d’une crise financière mondiale, celui-ci n’a pas été en mesure de remplir ses engagements fondamentaux dans les secteurs de la santé et de l’éducation.

« Ce sur quoi [tout le monde] devrait pouvoir s’accorder, c’est que plus la crise durera, plus la situation économique des Malgaches s’aggravera », a estimé John Uniack Davis, directeur national de CARE International (un organisme qui opère dans le domaine de la réduction de la pauvreté) à Madagascar.

« Ce qui est difficile depuis un an, c’est que les questions de sécurité alimentaire se sont aggravées dans le sud, et que certaines régions ont été touchées par des tempêtes tropicales et des inondations. C’est pourquoi nous observons les signes d’un déclin des moyens de subsistance, mais il est difficile pour les étrangers de comprendre ces différentes crises humanitaires distinctes et récurrentes, et de les séparer de la situation politique », a-t-il dit à IRIN.

Difficultés économiques

Madagascar a en effet connu une année difficile. La Banque mondiale a noté dans son bulletin de programmes de février que « la situation politique actuelle et la crise financière mondiale ont de lourdes conséquences sur l’économie de Madagascar, entraînant un recul de la croissance économique et des pertes d’emploi ».

La diminution de la demande des principaux produits d’exportation malgaches, notamment de la vanille, des clous de girofle, du café et des crevettes, reflète la récession qui touche le commerce international. En outre, conséquence directe de la crise politique, les bailleurs internationaux ont réduit leurs aides humanitaires non essentielles, qui représentaient jusque 70 pour cent des dépenses gouvernementales, a noté le Fonds monétaire international.

La Banque mondiale a fait état de 228 000 pertes d’emploi, essentiellement dans les zones urbaines et résultant en grande partie d’un recul net du tourisme et de la suspension d’un accord commercial préférentiel avec les Etats-Unis, duquel l’industrie malgache du textile dépendait fortement. Jusque 50 000 emplois sont aujourd’hui menacés par la fermeture des usines de textile, qui n’ont plus les moyens d’exporter aux Etats-Unis.

A Madagascar, selon la Banque mondiale, la croissance économique s’est effondrée pour atteindre à peine 0,6 pour cent en 2009, contre sept pour cent en 2008. Ces chiffres suggèrent que les investissements publics ont diminué d’environ 30 pour cent, la construction de 40 pour cent, les importations de 22 pour cent, et la consommation d’énergie de 15 pour cent.

Les revenus fiscaux avaient diminué d’environ un quart en 2009, et selon les conclusions d’un dossier rédigé en février par le principal économiste spécialiste de Madagascar à la Banque mondiale, « les autorités doivent veiller à ce que chaque dollar soit dépensé plus efficacement. L’économie locale est de toute évidence en récession depuis le deuxième trimestre de 2009 et les perspectives sont encore plus sombres pour 2010 ».

« Ils n’ont pas abandonné la population malgache … qui a déjà payé cher l’instabilité politique par le passé »
Difficultés sociales

Près de 70 pour cent des Malgaches vivent en deçà du seuil de pauvreté, selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). « Dans ce contexte … assurer le respect des droits fondamentaux de la population reste crucial », d’après un rapport publié par l’UNICEF en février. « La situation présente un risque d’augmentation du niveau de vulnérabilité, en particulier des enfants et des femmes ».

Les investissements sociaux auraient en effet diminué d’environ 200 millions de dollars, et la coupure budgétaire correspondante dans le secteur de la santé a remis en question la prestation des services de base, en particulier l’inoculation des vaccins courants, notamment les vaccins contre la rougeole, le tétanos et la polio ou le BCG (Bacille de Calmette et Guérin, un vaccin contre la tuberculose), subventionnés jusqu’à 50 pour cent par le gouvernement.

« Aujourd’hui, notre priorité est de surveiller la vulnérabilité des enfants et d’agir en conséquence, en tenant compte de l’érosion des services essentiels offerts aux enfants », a déclaré à IRIN Bruno Maes, directeur de l’UNICEF Madagascar. L’organisme prévoit un doublement des dépenses en vaccinations de routine pour 2010, pour combler le manque de fonds gouvernementaux et assurer que les enfants reçoivent des vaccins de routine en 2010.

Un soutien continu

Malgré le désengagement de certains bailleurs, la communauté internationale reste d’un grand soutien à Madagascar, selon Benoit Kalasa, Coordinateur résident par intérim du système des Nations Unies dans le pays. « Ils n’ont pas abandonné la population malgache … qui a déjà payé cher l’instabilité politique par le passé ».

La Banque mondiale, principal bailleur de fonds de Madagascar, n’a traité aucune demande de retrait de fonds depuis le 17 mars 2009 ; toutefois, « dans l’optique de réduire toute conséquence néfaste sur la vie des citoyens malgaches pauvres », la Banque a repris les décaissements en faveur des volets essentiels de certains projets, ayant un « impact direct sur le bien-être humain », tels que la nutrition, le VIH/SIDA et la sécurité alimentaire, a déclaré l’organisme dans son communiqué de février.

L’USAID, autre bailleur important, a mis fin à son aide au « développement », tout en augmentant son aide « humanitaire ». « Rares sont les bailleurs qui se sont retirés » complètement, a noté Richard Marcus, directeur du Programme d’études internationales de la California State University aux Etats-Unis, qui vient juste de rentrer de Madagascar.

Outre les fonds, il est également important que les bailleurs restent dans le pays « car il est relativement facile de mobiliser des fonds si les conditions le permettent lorsqu’il y a encore un bureau national en activité … négocier de nouvelles initiatives de financement et établir des infrastructures de financement peut prendre des années », a expliqué M. Marcus à IRIN.

Malgré tout, la réduction des dépenses de projets effectuées par les bailleurs se fait sentir, en particulier dans les secteurs sociaux tels que l’éducation ou la santé, et « cette pression va considérablement augmenter en 2010 », a averti M. Marcus.

« Financièrement, le gouvernement actuel est sans aucun doute sous pression », a-t-il ajouté, et sans aide externe des bailleurs, « il sera de plus en plus difficile de satisfaire les revendications salariales du secteur public. C’est une priorité à Madagascar, car les fonctionnaires sont bien organisés et ont déjà mené des actions sociales par le passé, en particulier dans la capitale ».

Résoudre la crise politique à Madagascar est un projet à long terme qui exigera des efforts d’éducation et une réforme politique complexe. Depuis le début de la crise, la communauté internationale a emprunté le chemin sinueux de la réconciliation entre les trois précédents présidents de l’île et le nouveau. Un Groupe de contact international a été constitué pour négocier le dialogue entre les parties.

« Plusieurs facteurs ont déclenché la crise actuelle : le premier était la mauvaise gouvernance, caractérisée par une collision entre les intérêts publics et privés [sous le régime de l’ancien président Ravalomanana] », a indiqué Guy Ratrimoarivony, directeur du Centre d’études diplomatiques et stratégiques, sis à Antananarivo, la capitale.

« Cela a contribué à provoquer un mécontentement populaire à un moment où Madagascar souffrait également de la crise économique mondiale. Rajoelina en a été le catalyseur, la personne venue représenter l’opposition ». Selon M. Ratrimoarivony, le dialogue politique devrait englober un débat national sur diverses questions aussi complexes que le fédéralisme et la décentralisation.

« Pour éviter une nouvelle crise, je crois que la société civile devrait jouer un rôle, et qu’il faut complètement restructurer la République. Nous devons commencer à la base, voir ce que veulent les gens et ce à quoi ils accordent de l’importance », a estimé M. Ratrimoarivony ; selon lui, Madagascar a besoin d’une nouvelle Constitution pour poser le fondement d’un Etat plus stable.

Toutefois, selon certains observateurs, la force du mouvement de la société civile malgache est généralement affaiblie par les partis pris politiques. « La société civile n’est pas indépendante, et les gouvernements successifs n’ont collaboré qu’avec les groupes qui les soutenaient », selon Hanitra Rafolisy, présidente de l’Union nationale des droits humains, plateforme des associations de défense des droits humains.

« Le nombre de chômeurs augmente chaque jour, le nombre d’enfants déscolarisés augmente chaque jour, et chaque jour la situation se dégrade », a-t-elle commenté.

Selon M. Ratrimoarivony, il faudra peut-être de nombreuses années pour trouver une solution durable à l’instabilité politique apparemment chronique qui touche Madagascar. « L’éducation est fondamentale ; nous avons besoin d’éducation et de temps. Cela pourra prendre une ou deux générations, mais nous devons commencer maintenant pour faire évoluer la mentalité des jeunes ».

« Tous les présidents qui ont pris le pouvoir depuis l’indépendance ont manipulé la Constitution pour satisfaire leurs besoins », a quant à lui fait remarquer M. Marcus. « La population semble plutôt écœurée par les dirigeants, et perçoit le problème comme une bataille entre ces derniers, dont elle fait les frais, mais à laquelle elle ne participe pas ».

cc/tdm/he/nh/ail

Source: http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportID=88471

Le Conseil de paix et de sécurité de UA rend compte sur la situation en Guinée

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Le conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine vient de se réunir à Addis Abeba pour faire une évaluation actualisée de la situation sociopolitique en Guinée. Guinéenews© vous publie ici dans son intégralité le communiqué de presse qui a sanctionné cette rencontre dans la capitale éthiopienne.

Communiqué de presse de la 220ème réunion du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine

Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine (UA), lors de sa 220ème réunion tenue le 11 mars 2010, a suivi une communication du commissaire à la paix et à la sécurité sur l’évolution de la situation en République de Guinée.

Le Conseil a félicité le Président Blaise Compaoré du Burkina Faso, Médiateur dans la crise guinéenne, pour son implication déterminante en vue d’assurer une transition réussie, et a salué la signature, le15 janvier 2010,de la Déclaration conjointe de Ouagadougou, document de référence pour la transition, qui marque un tournant décisif dans le processus de sortie de crise et constitue une contribution significative à la réalisation des objectifs de l’année de la paix et de la sécurité, proclamée par la session spéciale de la conférence de l’Union , tenue à Tripoli, le 31 août 2009.

Le Conseil a encouragé les parties guinéennes à préserver le consensus qui prévaut entre la classe politique, le Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) et toutes les composantes de la société guinéenne, et exhorté toutes les parties prenantes guinéennes au processus de transition à œuvrer à la mise en œuvre diligente et intégrale de la déclaration conjointe de Ouagadougou. A cet égard, il a invité les parties prenantes guinéennes à s’approprier cet instrument, à le consolider par tous les moyens appropriés, y compris à travers un accord politique global et inclusif, sans que cela n’enfreigne le déroulement et le rythme de la transition. Le Conseil a également invité toutes les parties prenantes, y compris les individus, les forces armées et partis politiques à placer l’intérêt supérieur du pays au- dessus de toute autre considération et à s’abstenir de tout acte capable de semer le germes de la division dans le pays et de mettre en péril la transition.

Le Conseil a pris note du processus de mise en place des institutions de la transition et de la volonté du Président de la transition de rétablir le fonctionnement normal des partis politiques sur l’ensemble du territoire national, d’assurer leur accès aux médias publics et de travailler résolument à la mise en œuvre de la réforme du secteur de la défense et de la sécurité.

Le Conseil a noté avec satisfaction la confirmation que les membres de CNDD, du CNT, le chef de l’État de la transition, le Premier ministre et les membres du Gouvernement d’union nationale, ainsi que les membres des forces de défense et de sécurité en activité, ne peuvent pas être candidats à l’élection présidentielle qui clôturera la transition, conformément au point 8 de la déclaration conjointe de Ouagadougou.

Le Conseil a, en outre, pris note du travail accompli par la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) en ce qui concerne l’enregistrement des électeurs. Il a pris note de la fixation par le Président de la transition, le Général Sékouba Konaté de la date du premier tour de l’élection présidentielle au 27 juin 2010. A cet égard, il a encouragé le CNT à s’atteler dans les meilleurs délais, au toilettage limité de la constitution et du code électoral, préalables à la tenue des élections.

Le Conseil a félicité la République fédérale du Nigéria pour sa contribution au budget électoral, et a lancé un appel aux autres États membres de l’UA pour qu’ils apportent aussi une contribution au financement, afin de permettre à la CENI de combler son déficit. Le Conseil a demandé à la commission de prendre toutes les dispositions nécessaires en vue du déploiement diligent d’une mission d’observation aux effectifs suffisants pour suivre le déroulement des différents scrutins prévus en Guinée, en particulier de l’élection présidentielle dont le premier tour est fixé au 27 juin 2010, et d’apporter tout autre appui nécessaire en vue du bon déroulement des élections.

Le Conseil a également lancé un appel aux partenaires bilatéraux et multilatéraux de la Guinée pour qu’ils apportent leur appui à la relance économique et aux réformes institutionnelles visant à la consolidation de la démocratie, de la réconciliation nationale et du développement économique, en particulier la démilitarisation de l’administration territoriale et la réforme du secteur de la justice identifiées comme tâches prioritaires.

Le Conseil a salué les efforts en cours visant à ramener la discipline au sein des forces de défense et de sécurité, à garantir la sécurité des populations et à lutter contre l’impunité. A cet égard, le Conseil attend avec intérêt les suites du rapport de la commission internationale d’enquête sur les événements du 28 septembre 2009.

Communiqué de presse transmis par Cissé Aboubacar, directeur de Communication du ministère des Affaires étrangères à Conakry, pour Guinnéenews©

Source: http://www.guineenews.org/articles/?num=20103166558

Nigeria: Encore des violences à Jos

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Nigeria: 11 morts, dont des femmes et enfants, dans des violences interreligieuses
Onze personnes, surtout des femmes et des enfants, ont été tuées aux premières heures de mercredi dans l’Etat nigérian du Plateau (centre) par des musulmans, où des violences inter-religieuses ont déjà fait ce mois-ci au moins une centaine de morts, a rapporté la radio publique.

Onze personnes, surtout des femmes et des enfants, ont été tuées aux premières heures de mercredi dans l’Etat nigérian du Plateau (centre) par des musulmans, où des violences inter-religieuses ont déjà fait ce mois-ci au moins une centaine de morts, a rapporté la radio publique.

AFP – Onze personnes, surtout des femmes et des enfants, ont été tuées aux premières heures de mercredi dans l’Etat nigérian du Plateau (centre) par des musulmans, où des violences inter-religieuses ont déjà fait ce mois-ci au moins une centaine de morts, a rapporté la radio publique.

Les assaillants, qui seraient membres de l’ethnie d’éleveurs fulani, étaient en vêtements militaires de camouflage lors de leur raid vers 01H30 locales (0H30 GMT) contre un village chrétien dans le district de Riyom, selon la même source.

Le président du conseil du district, Simon Wapmok, cité par les radios, a indiqué avoir aussitôt alerté la police et les militaires mais leur aide est arrivée trop tard.

Le 7 mars des éleveurs fulani avaient également lancé une attaque de nuit contre trois villages majoritairement chrétiens près de Jos, tuant au moins 109 personnes, essentiellement des femmes et des enfants, selon la police.

D’autres sources ont affirmé que le nombre de morts se situait plutôt entre 100 et 500, tandis que 8.000 personnes ont pris la fuite de chez eux.

Les violences dans cette zone centrale du Nigeria, à cheval sur les zones musulmanes du nord et chrétiennes et animistes du sud du Nigeria, ont déjà fait des milliers de morts depuis 2001 dans ce pays le plus peuplé d’Afrique avec 150 millions d’habitants.

source: http://www.france24.com/fr/20100317-nigeria-11-morts-dont-femmes-enfants-violences-interreligieuses

GUINEE: INFORMATIONS GENERALES SUR LE PROCESSUS ELECTORAL

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I. CONTEXTE

La dernière rencontre de la CENI avec les Forces vives remonte au mois d’août 2009 au siège de l’UFDG dans la Commune de Dixinn. Cette occasion avait été largement mise à profit par la délégation conduite par le Président de la CENI pour rendre compte de l’état d’avancement du processus dont une étape importante venait d’être franchie à savoir l’enregistrement des électeurs à l’intérieur du pays et la finalisation du traitement des données au site central. Plus de quatre millions d’électeurs étaient ainsi traités et se retrouvaient dans la base afis. D’autres activités non moins importantes liées au processus avaient aussi été déclinées dont la mise en œuvre était en cours au nombre desquelles il y avait :

- Le Recensement des guinéens de l’étranger dans les 17 pays identifiés d’accord partie avec les Forces Vives en octobre 2008

- La mise en place et la formation de 38 Cellules préfectorales de gestion du processus électoral ;

- La formation des démembrements de la CENI au manuel de procédure de gestion des moyens matériels et financiers

- L’élaboration d’une stratégie de communication électorale et sa mise en œuvre à travers les medias publics et privés

- Le renforcement du partenariat avec la communauté des donateurs

Le recensement des guinéens de l’étranger était en cours lorsque notre pays connut les événements douloureux du 28 septembre 2009 qui ont eu une incidence sur le dialogue politique entre les divers acteurs, les préparatifs des élections et le respect du chronogramme issu des résultats des travaux du Comité ad hoc mis sur pied à l’initiative des Forces Vives.

Le 15 janvier 2010, une Déclaration signée à Ouagadougou prévoyait entre autres respectivement la révision des listes électorales (point 7) et l’organisation des élections présidentielles dans un délai de 06 mois (point 8).

Cette déclaration a eu le mérite notamment de relancer la transition, régler la question de la séquence des scrutins, mais également de fixer le délai pour l’organisation de l’élection présidentielle.

Cette déclaration a été unanimement saluée par la classe politique et la communauté internationale. Pour leur part, la CENI et le MATAP en ont pris acte.

Tout en s’inscrivant résolument dans l’esprit de celle-ci et dans une approche constructive c’est-à-dire visant à faciliter sa mise en œuvre effective, la CENI et le MATAP ont jugé utile d’évoquer certaines questions dont la résolution diligente s’impose.

C’est à cette fin, qu’est élaborée la présente note technique, qui se présente comme un document d’appui à la mise en œuvre de la déclaration de Ouagadougou en général et d’une bonne gestion du processus électoral en particulier.

II. EVOLUTION ACTUELLE DU PROCESSUS ELECTORAL

II.1 : Recensement des Guinéens de l’Etranger

L’opération de recensement des guinéens de l’étranger s’est déroulée dans les dans les 18 ambassades et consulats retenus conformément aux recommandations issues de la réunion tenue en octobre 2008 avec les partis politiques à Novotel. Elle a enregistré 56.215 électeurs pour un total de 234 CD restitués au site central pour traitement.

De nombreux facteurs sont responsables de la faiblesse de cet enregistrement des électeurs à l’extérieur du pays : (i) la durée de 20 jours pour une opération de cette envergure était insuffisante notamment pour les pays de la sous région (ii) cette opération a le plus subi les impacts des événements du 28 septembre notamment en France (destruction des kits de recensement et pillage de l’Ambassade), en Belgique et au Gabon (iii) la méfiance de bon nombre de guinéens pour le recensement biométrique (IV) la distance et les coûts de transport entre les lieux de recensement (Ambassade et Consulats) et les provinces d’accueil des guinéens etc…

II.2 : Récupération des données sur le terrain

La deuxième phase de traitement au site central concerne les données issues du recensement des guinéens de l’étranger et celles récupérées sur le terrain à partir des kits déployés à l’intérieur du pays après les opérations de dedoublonnage. Cette opération de récupération était rendue nécessaire à cause des pannes constatées sur certains kits et qui ne permettaient pas le transfert des données sur les CD de traitement. Un logiciel de récupération a été conçu qui a permis de mettre à jour près de 500 CD actuellement en cours de traitement au site central.

II.3 : Sécurisation du site central

Grâce à un financement de l’Allemagne, la sécurisation du site central est pratiquement assurée. La pose de portes blindées, de caméras de surveillance, de détecteurs de fumée, d’alarme incendie et d’extincteurs, sont entre autres quelques éléments sécuritaires déjà opérationnels et qui sont renforcés par le recrutement et la formation d’un personnel de sécurité qui se relaie 24 h/24. Des badges d’identification et un registre de service de garde complètent le dispositif mis en place. Très bientôt un site secondaire sera disponible à la CENI avec un Logiciel approprié de traitement des résultats.

III. SITUATION ACTUELLE

III.1 : De la « Révision des Listes Electorales »

Le point 7 de la Déclaration de Ouagadougou prévoit la révision des listes électorales. Dans l’esprit des rédacteurs (Cf. propos Ibn Chambas), cette décision s’entend d’une finalisation du processus en cours et non d’une reprise de l’enregistrement des électeurs.

Il convient de rappeler qu’à ce jour plus de quatre (04) millions d’électeurs sont dans la base de données. L’opération a duré pratiquement 06 mois au niveau interne et entre 15 et 20 jours à l’extérieur avec les fortunes diverses évoquées plus haut.

La question de la révision des listes électorales a naturellement suscité un certain nombre de polémiques. En effet, certains acteurs politiques estiment qu’il faut procéder à une réouverture de l’opération d’enregistrement des électeurs tant à l’intérieur qu’à l’étranger. Par contre, d’autres soutiennent que les résultats déjà enregistrés sont assez significatifs voire acceptables pour aller au scrutin.

Si l’on s’en tient à l’esprit des rédacteurs de la Déclaration de Ouagadougou, (finalisation et non réouverture de l’enregistrement des électeurs), cette option et cette stratégie pourraient aider à gagner du temps.

Par contre, la reprise de l’enregistrement fait ressortir un certain nombre de contraintes relativement en termes

- de délai (au moins 15 à 21 jours) ;

- de budget (minimum 04 milliards de GNF) ;

- de délai du traitement des données au niveau du Site Central et de gestion du contentieux sur l’inscription.

En somme, il faudrait au moins trois (03) mois pour bien conduire toute reprise de l’enregistrement.

Ainsi, toute reprise du recensement tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, au-delà des enjeux politiques et stratégiques d’une telle décision, aura inéluctablement un impact aussi nien sur le respect du chronogramme que sur la mobilisation des ressources financières y relatives. Ce qui n’est pas évident.

Pour toutes ces raisons, une décision politique de haut niveau s’impose.

III.2 : De l’affichage et de la correction des listes provisoires

Du 25 au 28 janvier 2009 a eu lieu à Kindia, un séminaire atelier sur l’Affichage des listes électorales provisoires et la Gestion des moyens matériels et financiers. Cet atelier s’est fixé pour objectif de mettre en place un dispositif approprié de mise en œuvre d’une stratégie d’affichage des listes électorales provisoires et l’adaptation du chronogramme et du budget électoraux en fonction de la nouvelle donne politique induite par la déclaration de Ouagadougou.

Au sortir de cet atelier qui a eu le mérite de produire le nouveau chronogramme et son budget, il est envisagé dans les tout prochains jours, de procéder à l’affichage et à la correction des listes électorales provisoires dans les 924 CARLE que compte le pays. Vers la fin du mois de février l’impression des listes électorales débutera au site central où le traitement des données sera pratiquement achevé ;

III.3 : Du Chronogramme

Si la déclaration de Ouagadougou définit avec exactitude la durée de la transition (6 mois) et la séquence des élections (élection présidentielle), elle est restée muette sur le QUAND commence véritablement la transition. Si pour certains, le 15 janvier 2010 consacre effectivement le début de la transition avec la signature du transfert de pouvoir au Président par interim, pour d’autres, c’est la nomination du Premier Ministre de Transition qui doit inaugurer l’ère de la nouvelle transition. Pour d’autres encore, celle-ci ne commencera véritablement qu’avec la mise en place du nouveau Gouvernement d’union nationale.

Dans l’un ou l’autre des cas, la dynamique entretenue par la CENI et ses divers partenaires, y compris le MATAP, ouvre la possibilité d’organiser des élections dans les six mois à venir. Des préalables existent qui sont certes impérieux, mais est encore plus impérieux le respect des délais fixés par la déclaration de Ouagadougou. C’est pourquoi, le chronogramme élaboré, tout en s’appuyant sur les dispositions du Code électoral en matière de délais légaux, tient compte de cet impératif.

Il est cependant essentiel de savoir que l’on s’inscrit aujourd’hui dans la dynamique d’un cycle électoral (présidentielle, législatives, communales et communautaires) dont chaque séquence contribue à renforcer le tissu social, la culture démocratique et l’Etat de droit.

III.4 : Du Budget

L’élaboration d’un budget consolidé est un facteur de mobilisation des ressources nécessaires pour la conduite du processus et le bouclage des financements dans les meilleurs délais.

Suite aux événements du 28 septembre et 03 décembre 2009, l’on avait assisté à un gel de certaines contributions. Pour faciliter la mise en œuvre des actions devant conduire à l’organisation de l’élection présidentielle dans les six mois, il faudra rapidement lever le gel relatif aux ressources, inscrire et libérer les contributions financières de l’Etat au titre du budget national (BND), inviter les partenaires à concrétiser leur promesse de financement.

Le budget élaboré sera assorti d’un Plan de trésorerie qui tient compte des activités à mener, de la disponibilité des financements et de la validation dans les meilleurs délais d’une Stratégie visant à alléger les procédures de décaissement des contributions des partenaires.

Tout retard ou compromission dans ce sens aura un impact sur la mise en œuvre de certaines activités essentielles dans la conduite du processus.

Des discussions sont actuellement ouvertes avec les partenaires au développement impliqués dans le processus électoral, pour non seulement consolider le budget et l’adapter aux nouvelles réalités émergentes du pays mais aussi définir les modalités de mise à disposition et de couverture du GAP existant.

IV. PREALABLES OU QUESTIONS D’INTERET A RESOUDRE

Il s’agit essentiellement des questions nécessitant un consensus politique et des décisions stratégiques appropriées. Nous les avons citées plus haut.

1. du recensement des guinéens de l’étranger ;

2. de la mise à disposition des ressources financières pour le suivi du chronogramme et l’accélération des procédures de mise à disposition

3. du cadre juridique

4. de la réaffirmation de la volonté politique relative au processus électoral car en cette phase de notre transition, il est nécessaire que toutes les dispositions soient prises pour le maintien et la perpétuation d’un environnement propice à la préparation et la tenue des élections. Toute rupture de la trêve sociale et/ou perturbation de la paix sociale auraient un impact négatif sur la gestion du délai de la transition.

V. CONCLUSION

L’organisation des élections présidentielles permettra à la Guinée de mettre fin à la transition entamée depuis le 23 décembre 2008 et qui n’a pu être parachevée pour diverses raisons.

La dynamique suscitée par la Déclaration de Ouagadougou et le discours du 06 janvier 2010 du Président par intérim, nécessitent la conjugaison de tous les efforts pour la mise en place d’Institutions démocratiques à commencer par l’élection du Président de la République.

Toutefois, la mise en œuvre cohérente du processus dans le délai de 06 mois, requiert le réajustement en termes de réduction de certains délais légaux. D’où la nécessité de se pencher aussi et rapidement sur le cadre juridique et de s’entendre sur certaines dispositions légales.

La prise à temps de décisions appropriées par les Hautes Autorités sur chacune des questions sus évoquées et leur suivi, serviront assurément de signaux forts pour la mise en place et le renforcement de l’Etat de droit en Guinée.

Source: http://www.ceniguinee.org/index.php?option=com_content&view=article&id=170:note-technique-sur-levolution-du-processus-electoral&catid=50:notes-dinformation&Itemid=143