Archives Mensuelles: janvier 2010

Les droits humains en Afrique et ce qu’il faut faire selon la FIDH

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A l’occasion del lLa 14 conférence au sommet des chefs d’état de l’Union africaine ouverte à Addis-Abéba le 25 Janvier et qui durera jusqu’au 2 février, la Fédération internationale des droits humains a publié une note d’analyse des situations à risques pour les droits et libertés sur le continent en 2010 et fait des recommandations pour chaque pays et invite les dirigeants africains à agir.

Mais n’oublions que c’est le Guide de la Jamahiriya qui est le Président en exercice de l’Union. Ce n’est pas très rassurant quant à l’écho.

Voici la partie concernant la Guinée

Guinée-Conakry
- Le 23 décembre 2008, quelques heures après l’annonce du décès du président Conté à 74 ans,après 24 ans en poste, des militaires du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) ont pris le pouvoir au mépris des dispositions onstitutionnelles et ont porté le capitaine Moussa Dadis Camara à la tête de l’État.- Le 28 septembre 2009, un massacre a été orchestré à Conakry au Stade du 28 Septembre lorsque
les forces de l’ordre n’ont pas hésité à tirer à balles réelles sur les participants à une manifestation pacifique.

Ces manifestants souhaitaient en toute légitimité exprimer leur opposition à la candidature de Moussa Dadis Camara à la prochaine élection présidentielle. Cette répression sanglante a entraîné la mort de plus d’une centaine de personne et fait plus d’un millier de blessés. Une fois de plus, les femmes ont été prises pour cibles, la répression s’étant également soldée par la perpétration de nombreux viols.

- Le 28 octobre 2009, le Secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-Moon a décidé d’instituer une commission d’enquête internationale chargée d’établir les faits et les circonstances des événements du 28 septembre 2009 en Guinée et sur leurs suites immédiates, de déterminer la nature des crimes commis, d’établir des responsabilités, d’identifier les auteurs dans la mesure du possible et de faire des recommandations.

Lors d’une mission d’enquête organisée du 29 novembre au 6 décembre 2009, la FIDH et son organisation membre en Guinée, l’Organisation guinéenne des droits de l’Homme (OGDH) ont recueilli d’importants témoignages et des éléments de preuves sur les violations graves et massives des droits de l’Homme perpétrées le 28 septembre 2009 et les semaines suivantes contre des civils en Guinée. Les informations recueillies donnent des raisons de croire que des crimes relevant de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI) ont été commis par des éléments des forces de sécurité, notamment des viols, des exécutions sommaires et des disparitions forcées.

Dans son rapport d’enquête, la Commission d’enquête internationale a elle aussi conclut « que la Guinée a violé plusieurs dispositions des conventions internationales qu’elle a ratifiées ». La Commission a estimé qu’il était « raisonnable de conclure que les crimes perpétrés le 28 septembre 2009 et les jours suivants peuvent être qualifiés de crimes contre l’humanité » ;

Le 3 décembre 2009, Dadis Camara a été victime d’une agression par balles. L’intérim est désormais assuré par Sékouba Konaté. Le 15 janvier 2010, la déclaration de Ouagadougou a été signée entre Dadis Camara, Sékouba Konaté et Blaise Compaoré, le médiateur. Cette déclaration confirme Sékouba Konaté dans son rôle de président par intérim et prévoit la tenue d’une élection présidentielle dans les six prochains mois. Le 18 janvier 2010, Jean-Marie Doré, porte-parole des Forces Vives a été désigné comme Premier Ministre du Gouvernement de transition.

Demandes
- Appeler les autorités guinéennes à prendre toutes les mesures nécessaires, dans le respect des
normes internationales, pour lutter contre l’impunité des responsables du massacres du 28 septembre 2009
quelles que soient leur fonctions ou leur niveau de responsabilité. Cet impératif de justice constitue une
condition essentielle à une sortie de crise et l’établissement d’un pouvoir légitime et d’une paix durable en
République de Guinée et dans la sous-région ;
- Soutenir les recommandations de la Commission d’enquête internationale notamment celles
appelant à la saisine de la Cour pénale internationale;
- Accompagner la Guinée dans la réforme du secteur de l’armée et du système judiciaire
- Rappeler au gouvernement guinéen ses obligations en matière de protection des victimes et témoins
- Soutenir le gouvernement de transition dans l’organisation d’élections libres, transparentes et indépendantes sous le contrôle d’observateurs régionaux et internationaux et évaluer le besoin d’un déploiement d’une mission africaine d’imposition de la paix sous mandat des Nations unies, chargée de garantir le bon déroulement du processus et sa sécurité ;
- Appeler à la dissolution immédiate, des milices et à la mise en place d’un processus de
désarmement, de démobilisation et de réinsertion des miliciens ;
- Soulever ces préoccupations et formuler l’ensemble de ces recommandations aux autorités guinéennes lors de la 8ème session de l’Examen périodique universel qui se tiendra en mai 2010.
- Soutenir l’enquête approfondie et les poursuites à l’encontre des personnes reconnues coupables de crimes contre l’humanité, et notamment, des massacres et violences sexuelles perpetrés le 28 septembre 2009.

Que se passe-t-il, JMD?

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Les Guinéens commencent à se poser des questions devant les atermoiements de M. Jean-Marie Doré. Il devait présenter la liste de son gouvernement depuis le 28 janvier, il nous ne le voyons pas encore et JMD ne dit rien. Dans les rares déclarations faites jusqu’à présent il a entretenu l’ambiguité. Il a refusé d’indiquer s’il se présentera ou pas aux élections présidentielles qui devraient avoir lieu dans six mois. Il a déclaré que les accords de Ouaga n’existaient pas. Espèrons que que ce comportement est le fruit des consultations au sein du Forum des forces vives et des difficultés qu’il rencontre dans la sélection de son équipe.

Dans un article intitulé "Jean-Marie Doré le nouveau Premier ministre consulte", rfi.fr, nous rappelle la difficulté de son entreprise:

"Sélectionner une équipe gouvernementale consiste avant tout à éliminer des prétendants. Pour Jean-Marie Doré cette tâche ne devrait pas être simple tant les postulants sont nombreux. Mais le nouveau Premier ministre promet de composer très rapidement le nouveau gouvernement.

Pour cela le vieil opposant consulte, reçoit sans cesse, écoute chaque parti, chaque personnalité venue vendre ses mérites. Les anciens du régime Conté vantent leur expérience, les jeunes expliquent qu’un vent nouveau doit souffler sur la Guinée et les partis d’opposition font valoir un poids électoral inconnu, faute de scrutin crédible.

Les différents camps militaires disent qu’ils sont incontournables et les syndicats affirment qu’ils ne doivent pas être oubliés sinon la population descendra dans la rue.

Pour l’heure on ne sait toujours pas si, comme convenu, Jean-Marie Doré sera entouré de deux vice-Premiers ministres, en l’occurrence le général Toto Camara, et la syndicaliste Rabiatou Sérah Diallo.

En revanche, selon différentes sources, plusieurs éléments semblent désormais acquis : le général Sékouba Konaté serait prêt à déléguer une bonne partie de ses pouvoirs pour se concentrer sur la maîtrise de l’armée et des militaires seront toujours présents dans un gouvernement qui ne devrait pas excéder 25 à 26 membres."

Conséquences des viols sur les victimes

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Le Prof Ibrahima Barry,chirurgien pédiatre, président du conseil national de l’Ordre des médecins de Guinée, fondateur du Centre Mère et Enfants de Conakry et Nathalie Zajde maitre de conférences à l’université de Paris-VIII – Centre Georges-Devereux, ont signé un article intitulé La malédiction des femmes de Guinée, par Ibrahima Baldé et Nathalie Zajde publié par la version online du quotidien français lemonde.fr du 27 janvier, présentant la cauchemardesques des victimes des viols collectifs le 28 septembre 2009. Voici quelques extraits qui se passent de commentaires:

Les femmes que nous recevons dans cette cellule sont souvent arrivées plus d’un mois après les événements. Elles sont venues car elles souffraient trop : traumatismes crâniens, infections vaginales, grossesses, contaminations vénériennes et VIH, toutes en état de stress post-traumatique très avancé : elles ne dorment plus depuis des semaines, sursautent au moindre bruit, elles sont terrorisées et désespérées, ne parviennent plus à penser ni à travailler. Certaines tentent de se suicider, d’autres se sont mises à boire et à fumer pour noyer les foudroyantes reviviscences des scènes d’horreur, les brutales visions de corps piétinés, mutilés, les monceaux de cadavres auxquels elles ont été mêlées… et les réapparitions soudaines des visages de leurs violeurs surgissant devant leurs yeux, surtout le soir, quand vient la nuit. Elles sont ménagères, pauvres le plus souvent ; elles sont intellectuelles ou employées de l’administration et des ministères ; elles sont couturières ou vendeuses d’huile de palme sur les bords de route ; elles sont aussi femmes d’ingénieur, de médecin, de professeur, ou célibataires. Ce sont nos mères, nos sœurs, nos filles, nos grand-mères. Ce sont les femmes de Guinée !

Binta : "Vous vous rendez compte, moi, une veuve de 50 ans ! Ils m’ont arraché mes vêtements, j’ai été nue, totalement nue, allongée sur le dos à même le sol, le sexe nu, en plein jour, devant l’entrée du stade, et deux jeunes "bérets rouges" qui me violaient… des gamins ! Je les ai regardés au fond des yeux pour ne pas oublier leur visage, car je voudrais les revoir un jour ! Je leur ai hurlé : ‘Ce n’est pas moi que tu violes, c’est ta propre mère !’ Ça les a rendus plus enragés ; ils me disaient de me taire, ils me tapaient sur la bouche, frappaient ma tête, mais je ne me taisais pas. ‘Soyez maudits, vous êtes maudits, au nom de Dieu, je vous maudis !’ Et ils continuaient de me frapper ; ils m’ont jeté du sable sur le sexe ; moi, je n’avais plus rien à craindre, je ne ressentais plus rien, j’étais déjà… morte ! Je vous le dis comme je le leur ai dit : tous ceux qui ont fait ça sont maudits ! Ils vont tous mourir. Pas un n’échappera à la malédiction divine."

Débats organisée du Forum des forces Vives-France sur la Guinée

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Le Forum des forces Vives Section France organise une rencontre débat sur le dénouement de la crise guinéenne ce Samedi 30 Janvier 2010 de 14 heures à 18 heures au Foyer Protestant, 195 Avenue Victor Hugo 93300 Aubervilliers.

Tous les Guninéens et leurs, leurs familles et leurs amis y sont conviés. La Rencontre a pour objet d’ informer les participants de la situation politique de la Guinée et de remercier Monsieur le Maire et son équipe municipale de l’ aide et du soutien qu’ ils ont apportés en participant activement à la marche de protestation le 3 Octobre 2009 contre les massacres et viols perpétrés sur les populations civiles par la junte militaire à Conakry.

Au Programme :

1-Projection de films sur les évènements insurrectionnels suivis de tueries le 22 Janvier 2007 et les massacres perpétrés dans les rangs des Forces Vives le 28 Septembre 2009.

2- Allocution de Mr Jacques Salvator Maire d’ Aubervilliers.
3-Présentation de la Guinée.

4- Informations sur le déroulement de la crise politique en Guinée de 1958 à 2009.

5- Animation artistique.

6- Collation.

Le Pape rappelle les victimes de la Shoah

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A l’occasion de la Journée de la Shoah, le Pape Bénoit XVI a rappelé les victimes de cette tragédie et ceux qui protégèrent les persécutés au risque de leur vie dans de nombreux pays, mais malheureusement en nombre insuffisant.

Le service français de Radio Vatican a publié le reportage suivant ci-dessous:

Au terme de l’audience, Benoît XVI a lancé un appel à l’occasion du jour du souvenir qui commémore le soixante-cinquième anniversaire de la libération d’Auschwitz : « Que dieu tout puissant illumine les cœurs et les esprits pour que de telles tragédies ne se reproduisent jamais ». Le Pape s’est tourné en pensée vers cette ville polonaise tristement célèbre qui abrita de 1940 à 1945 le plus grand et le plus meurtrier des camps d’extermination de l’Allemagne nazie. Le 27 janvier 1945 des soldats de l’armée rouge libéraient le camp et découvraient l’étendue de l’horreur : cette journée est érigée en journée internationale du souvenir des victimes de la Shoah. Benoît XVI a, ce mercredi, tourné ses prières vers ces innombrables victimes d’une haine aveugle, raciale et religieuse, qui ont subi la déportation, la prison et la mort. Benoît XVI a également insisté sur le devoir de mémoire car le souvenir de ces faits suscite un respect toujours plus convaincu de la dignité de chaque personne pour que tous les hommes se voient comme une grande famille.

Journée de la Shoah: Auschwitz: Medvedev fustige ‘ceux qui justifient’ les crimes nazis

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D’après une dépêche de l’AFP publiée par plusieurs médias dont le quotidien online la-croix.com du 27/01/2010, à l’occasion de la Journée de la Shoah, le Président russe Medvedev fustige ceux qui trouvent encore des justifications pour cette tragédie dont les nazis ce sont maquillés.

Hier comme aujourd’hui, les criminels et leurs complices dans les violations des droits humains doivent être dénoncés, partout. Comme vous pouvez le constater cette dénonciation s’applique à notre pays dans une large mesure:

Le président russe Dmitri Medvedev s’en est pris mercredi à "ceux qui essaient de justifier les crimes des nazis", dans un message destiné aux participants aux cérémonies du 65e anniversaire de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau en Pologne.

"65 ans ont passé depuis que le fascisme a été vaincu et aujourd’hui encore, on entend les voix de ceux qui essaient de justifier les crimes des nazis ou de mettre sur un même plan les victimes et les bourreaux, les libérateurs et les occupants", écrit-il dans ce message, publié sur le site internet du Kremlin.

"Certains pays vont même encore plus loin et traitent les collaborateurs des nazis en héros. De telles tentatives de réécrire l’Histoire sont inadmissibles et nous devons unir nos efforts pour lutter contre eux", poursuit-il.

Le camp d’Auschwitz, créé en 1940 en Pologne occupée et libéré le 27 janvier 1945 par l’armée soviétique, est le symbole du génocide perpétré par l’Allemagne nazie.

D’anciens détenus, des soldats de l’Armée rouge qui les ont libérés il y a 65 ans et de nombreuses personnalités, dont le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, rendaient hommage ce mercredi aux 1,1 million de victimes du camp, dont un million de Juifs.

Bulletin humanitaire hebdo du 19 au 25 Janvier

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Le Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires du système des Nations Unies a publié son dernier rapport sur la situation humanitaire en Guinée. Voici son contenu:

"I – Situation Humanitaire

1.1Santé

Vaccination contre la fièvre jaune
Préparation en cours de la vaccination contre la fièvre jaune dans la préfecture de Mandiana par le comité national de gestion des épidémies. Cette vaccination de masse aura lieu du 31 janvier au 9 février 2010. La campagne sera financée par ECHO et bénéficiera de l’appui des partenaires du secteur santé à savoir le ministère de la santé et de l’hygiène publique, UNICEF, MSF Belgique et Suisse et l’OMS

Situation épidémiologique
Un des sujets contacts de la personne malade avec fièvre jaune confirmée de Mandiana a été testé positif au laboratoire de virologie de l’hôpital de Donka. Il s’agit de l’enfant de la malade.
Un cas de méningite a été testé positif au Méningocoque A (souche épidémique) au laboratoire de l’hôpital de Donka pour la semaine 2 de 2010. L’investigation est actuellement en cours.
Les cas de rougeole sont actuellement stationnaires depuis les 3 dernières semaines (de la semaine 52 de 2009 à la semaine 2 de 2010) avec une moyenne de 200 cas par semaine après une baisse de tendance à partir de la semaine 50 de 2009.

Appui aux structures sanitaires
Neuf centres de santé de la Préfecture de Guéckédou ont bénéficié le 22 janvier 2010, d’une dotation en médicaments essentiels de la part de l’OMS à travers l’ONG Hammer Forum. Ce don qui équivaut à une valeur de 167.621.150 de francs guinéens, soit l’équivalent de 30.480 dollars fait suite à une rupture importante des stocks de médicaments dans ces formations sanitaires.

1.2Sécurité Alimentaire / Nutrition

Le Programme de Suivi des Enfants, Femmes et Familles en Alimentation-Nutrition (SEFFAN)
Le rapport du programme de surveillance alimentaire et nutritionnelle mensuelle dans les cinq communes de la ville de Conakry a été circulé aux partenaires humanitaires comme chaque mois. Selon les résultats du mois de Janvier 2010, il ressort, entre autre observations : « une hausse remarquable des prix des denrées alimentaires de base – notamment le riz dans les communes de Matoto et Ratoma ; l’huile dans Dixinn, Kaloum, Matoto et Ratoma ; le poison dans Dixinn, Matoto et Ratoma ; la viande dans Dixinn, Kaloum, Matam et Ratoma – expliquerait l’aggravation de la diminution du pouvoir d’achat des ménages pour la majorité des secteurs vulnérables dans la ville de Conakry affectant ainsi l’état nutritionnel et sanitaire des membres de ménages ».

1.3Protection

Visite du haut commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (OHCHR) a Conakry
Arrivée à Conakry le 20 janvier 2010, la mission a rencontré les autorités guinéennes, des représentations diplomatiques et l’équipe pays des Nations Unies. La délégation était conduite par Scott Campbell, Chef de la Section Afrique du bureau des droits de l’homme à Genève et Mahamane Cissé-Gouro, représentant pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale basé à Dakar.
L’objet de la visite à Conakry portait principalement sur l’ouverture probable d’un bureau des droits de l’homme en Guinée. Cette ouverture faisait partie des recommandations du rapport de la Commission Internationale d’enquête sur les événements du 28 septembre. Les axes principaux d’une présence future d’OHCHR en Guinée seront l’observation de la situation en matière de Droits de l’Homme (monitoring, et la coopération technique avec le gouvernement et la société civile. La reforme du secteur de la sécurité, quand a elle, fera l’objet d’une mission conjointe (UNOWA – CEDEAO) spécifique prochainement en Guinée.
Malgré le fait que l’OHCHR ait constitué le secrétariat de la commission internationale d’enquête, le suivi des recommandations ne fait pas partie de ses responsabilités, mais de celles des NU, de la CEDEAO, etc. Le calendrier d’ouverture et la taille éventuelle d’un bureau des droits de l’homme OHCHR en Guinée dépendra de la mobilisation des ressources en cours et du support des agences des NU déjà en place. OHCHR compte couvrir non seulement Conakry mais également avoir des bureaux dans les grandes villes de l’intérieur du pays.
La visite à Conakry de la procureure adjointe de la Court Pénale Internationale (CPI) prévue initialement le 19 janvier a été reportée en février.

1.4Coordination

CERF urgence sous financée 2010
Les clusters santé, nutrition et sécurité alimentaire se sont réunit respectivement les 19 et 25 janvier pour identifier les projets humanitaires les plus urgents en manque de financement qui pourraient bénéficier de l’allocation de 2 millions de dollars mise a disposition par le fonds d’urgence des Nations Unies. Un total de 8 projets a été identifié. L’équipe pays des Nations Unies se réunira le mardi 26 janvier pour prendre la décision finale d’allocation avant de la transmettre au secrétariat CERF de New York.

Service Aérien Humanitaire/ Humanitarian Air Service (HAS)
Le Service Aérien Humanitaire géré par le PAM a transportés un total de 4.322 passagers en 2009 dont 2.185 des ONG, 1.020 des Nations Unies, 583 diplomates et partenaires gouvernementaux, 13 des medias, et 521 autres. Près de 85 tonnes de bagages et du fret divers ont également été transportees par l’avion du PAM. Le budget total pour 2010 est de 4.919.646 dollars. 10% de ce budget devrait être récupérés par les frais de réservation laissant un manque a gagner de 3,77 million de dollars devant être couverts par d’autres sources financières non encore identifiées. Pour l’heure le financement obtenu ne court que jusqu’en fin février 2010.

II – Situation Sociopolitique

La transition se poursuit en Guinée
Le nouveau premier ministre guinéen, Jean-Marie Doré prend officiellement ses fonctions mardi 26 janvier quelques jours après sa nomination à ce poste pour conduire la transition. L’ancien opposant guinéen va succéder à Kabinet Komara. Les tractations continuent pour la formation du nouveau gouvernement de transition dont la composition est attendue d’ici le 28 janvier.
Les membres des forces vives qui étaient encore à l’étranger suite aux événement du 28 septembre continuent a revenir au pays. Le président des Nouvelles Forces Démocratiques, Mamadou Mouctar Diallo et Cellou Dalein Diallo leader de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée, sont rentrés respectivement le vendredi 22 et le samedi 23 janvier à Conakry.
L’Union Européenne s’est dite prête à reprendre la coopération avec le gouvernement guinéen, a soutenir les élections présidentielles et a contribuer à la refonte de l’armée. L’Union Européenne a néanmoins estimé difficile la levée des sanctions ciblées contre les responsables des massacres du 28 septembre avant la fin de la transition. "

Victimes Camp Boiro: COMMEMORATION DE LA JOURNEE DES PENDUS

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Comme chaque année l’Association des victimes du Camp Boiro a commémoré la Journée des pendus du 25 Janvier 1971. A cette occasion elle a fait le discours suivant:

Comme les années précédentes, nous nous retrouvons de nouveau ce jour
24 janvier 2010 sur ce Pont du 8 novembre pour commémorer un triste anniversaire. Il s’agit des pendaisons du 25 janvier 1971.

Cependant, cette année, c’est aussi l’occasion pour nous de rendre hommage aux victimes du 22 janvier 2007 aux alentours de ce même pont, et de toutes les autres victimes innocentes pendues, fusillées ou tombées sous les balles des forces de défense et de sécurité de notre pays depuis 51 ans.

Cette année est toute particulière car il est prévu dans les mois à venir la destruction de ce pont dans le projet de réalisation de l’autoroute qu’il enjambe. Ce serait donc très probablement la dernière fois que nous allons nous retrouver sur ce pont.

La destruction va donc entraîner la désagrégation de l’ouvrage et la dispersion des matériaux par cet acte devenu inévitable à cause d’un projet d’intérêt national, certains seront très certainement amenés à penser qu’une page serait définitivement tournée. Cependant, nous devons savoir qu’il existe des matériaux que l’on ne peut détruire et qui survivent aux régimes et qui résistent au temps. Il s’agit de la pensée de l’homme car c’est elle qui nous permet aujourd’hui encore, de nous faire revivre les épopées de nos ancêtres. Il existe donc des pages que l’on peut détruire et faire disparaître par contre il y en a d’autres que l’on ne peut effacer car elles font déjà partie du registre de l’histoire de notre pays.

L’on comprendra alors que ce jour est une ultime occasion pour nous de nous incliner pieusement à la mémoire non seulement des quatre pendus du 25 janvier 1971 au fronton de ce pont à savoir :

-Baldé Ousmane
-Magassouba Moriba
-Barry Ibrahima dit Barry III
-Keita Kara de Soufiane

Mais c’est aussi l’occasion de rendre hommage à tous ceux qui ont été pendus dans la même semaine dans toutes les préfectures du pays et aux victimes des massacres du 22 janvier 2007 en ce lieu.

Il est fort regrettable que lorsqu’on parle d’impunité en Guinée, l’on ne se focalise que sur les délits financiers et économiques. Il faut toutefois savoir que si l’argent détourné peut être remboursé, un bien mal acquis confisqué, mais une vie injustement et délibérément ôtée ne pourra jamais être restituée : de ce fait, l’on a toujours eu à banaliser donc à encourager l’impunité lorsqu’il s’agit de crimes politique ou contre l’humanité ; c’est ce genre d’impunité qui a occasionné l’inqualifiable tragédie du Stade du 28 septembre 2009 qui s’est soldée par plus de 200 morts et des actes inimaginables de viols collectifs et publics perpétrés par les forces de défense et de sécurité.

Cette cérémonie survient au moment où le peuple de Guinée tout entier attend avec espoir et anxiété, l’amorce d’une nouvelle transition qui contribuerait à restituer aux Guinéens tous leurs droits jusqu’alors confisqués ou violés.

Si comme nous l’espérons de tous nos voeux, cela devenait un jour une réalité, alors les pendus et les morts du Pont 8 novembre et du Stade du 28 septembre ne seront pas morts pour rien.

Une fois encore nous lançons un appel pour la vérité, la justice et la réconciliation dans notre pays. En effet, si des ponts peuvent être détruits, des gradins lavés et des pelouses nettoyées, les morts eux, continuent à vivre à travers les veuves et les orphelins qui continuent à crier et répéter sans cesse

« PLUS JAMAIS CA » en Guinée

Que Dieu le Tout Puissant veuille bien recevoir toutes les victimes dans son Paradis. Amen !

Que Dieu aide la Guinée !

GUINÉE : ‘Difficile de lever les sanctions’ contre la junte avant l’élection

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Selon une dépêche de l’AFP reprise par le plus grand quotidien d’information du Sénégal rapporte que:

La levée des sanctions contre les membres de la junte guinéenne présumés responsables du massacre d’opposants le 28 septembre à Conakry "sera très difficile" avant l’élection d’un nouveau président en Guinée, a estimé hier l’ambassadeur d’Allemagne dans la capitale guinéenne.

"Il sera très difficile de lever les sanctions ciblées contre les personnes directement ou indirectement responsables des massacres du 28 septembre avant qu’un nouveau président soit élu et installé" en Guinée, a déclaré à la presse le diplomate Karl Prinz. "On va essayer de faire reprendre par nos experts ce dossier qui concerne aussi les partenaires les plus importants pour la Guinée, l’Union européenne, le Fonds monétaire international (Fmi) et la Banque mondiale", a poursuivi M. Prinz. Le diplomate allemand s’exprimait à l’issue d’un entretien avec le président par intérim de la Guinée, le général Sékouba Konaté. Il avait été reçu en même temps que les ambassadeurs de France, d’Espagne et des Etats-Unis.

L’Union européenne avait décidé en décembre de durcir ses sanctions à l’encontre de la junte guinéenne, accusée de crimes contre l’humanité.

Le 28 septembre, les forces de défense et de sécurité avaient battu, poignardé et tué par balles des opposants au régime militaire. La Commission d’enquête de l’Onu a fait état d’au moins "156 personnes tuées ou disparues" et d’"au moins 109 femmes victimes de viols et d’autres violences sexuelles". Les sanctions de l’Ue concernent notamment un gel des avoirs et des interdictions de visas pour au moins 70 personnes, dont le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara. Washington a également imposé des restrictions aux voyages vers les Etats-Unis de certains membres de la junte et du gouvernement.

L’homme politique Jean-Marie Doré a été officiellement nommé jeudi au poste de Premier ministre de la transition, après la signature d’un accord de sortie de crise prévoyant une élection présidentielle "dans six mois".

"On souhaiterait que la transition commence aussi tôt que possible, que le gouvernement soit formé aussi tôt que possible. On s’est félicité de la nomination du Premier ministre Jean-Marie Doré", a affirmé M. Prinz.

JMD mérite-t-il autant d’espoir?

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RFI, la radio sans aucun doute la plus écoutée d’Afrique francophone, a publié un article sur une interview accordée par Jean.Marie Doré intitulée "Jean-Marie Doré jette un pavé dans la mare au sujet des candidatures à la présidentielle". Il y déclare, notamment "que la question d’une candidature d’un membre du CNDD à l’élection présidentielle « n’a pas encore été débattue avec le nouveau chef de la junte ". À ce sujet, il a ajouté : « Aujourd’hui nous sommes avec un nouveau président du CNDD qui a un langage et une approche pragmatiques. Il suscite l’espoir de tous les Guinéens ».

La radio a poursuivi en lui posant la question, « vous qui avez toujours combattu les régimes militaires, pourriez-vous accepter qu’un militaire puisse se présenter ? », Notre JMD national a répondu: « S’il vous plaît, la question ne se pose pas au niveau de Jean-Marie Doré, mais au niveau de quelqu’un qui est prévu pour être Premier ministre. Donc je ne dis rien qui puisse engager le gouvernement et les Forces vives, tant que nous n’avons pas rencontré le président Sékouba Konaté ».

En ce qui concerne son éventuelle candidature à la prochaine élection présidentielle, il a déclaré : « Je ne suis pas encore nommé Premier ministre. On m’a proposé pour être Premier ministre. Quand je le serai, alors j’aurai une position sur tous les problèmes que vous soulevez. Je me réserve d’attendre qu’il y ait le décret qui nomme le Premier ministre, que j’aie vu les Forces vives, et le président Konaté et que de nos contacts il en résulte une ligne de conduite. À ce moment, vous aurez une nouvelle lecture de tous ces événements-là ».

Ces propos ont provoqué beaucoup d’interrogations sur la blogosphère guinéenne et africaine:

Jeudi 21 janvier, Toutou publie le commentaire suivant de l’interview:

"Finalement, c’est du même au pareil. Le même entêtement qui a conduit DADIS CAMARA là ou il est présentement. C’est a dire ne pas vouloir déclarer se constituer candidat a la présidence. Pourquoi tenir cette ambiguïté si ca doit être un problème pour la nation? Au dire de ses déclarations ambigüe JEAN MARIE DORE n’est pas l’homme de la situation, car le même problème va se poser certainement."

Vendred 22 janvieri, c’est une très longue analyse de la version online du journal burkinabè, lepays.bf, qui est reprise par plusieurs médias dont le site du Collectif guinéen contre le pouvoir militaire sous le titre "Jean.Marie Doré dérapage incontrôlé".