Archives Mensuelles: décembre 2009

Dadis hors d’état de nuire?

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C’est trop tot pour le dire car en un an il avait instauré un pouvoir qui convenait à un petit cercle de ses amis et parents qui conservent toujours une grande puissance de nuisance au sien des différents corps de l’armée.

Pour ce qui est de sa personne meme, d’après l’AFP cité par plusieurs sources dont le Collectif guinéen contre le pouvoir militaire:

Le dirigeant par intérim de la Guinée, Sékouba Konaté, qui a rendu visite aujourd’hui au chef de la junte, Moussa Dadis Camara, hospitalisé à Rabat, a ensuite confié à différentes personnes qu’"on ne peut rien tirer de Dadis", a affirmé une source proche de la junte.

Konaté asseoid son pouvoir?

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Dans un billet daté du 28 décembre 2009, le site web guinee58.com rapporte que le Général Sékouba Kouyaté, le chef des autorités de facto de Guinée devait aller au Maroc pour rendre visite à son prédécesseur, le capitaine Dadis Camara.

Les mensonges d’état continuent toujours sur l’état de ce dernier.Personne ne sait dans quel état se trouve le sanguinaire Camara. Tantot il est dans le coma, tantot il est en mesure de reconnaitre ses proches collaborateurs, tantot il va rentrer bientot en Guinée. Enfin il paraitrait qu’il a été transféré dans une villa. En tout cas nombreux sont les Guinéens qui espèrent que le Maroc suivra les souhaits du Ministre français des affaires étrangères. Le retour du capitaine Camara en Guinée, meme dans un état végétatif n’est pas souhaitable. Selon de nombreuses sources, En plus de ses responsabilités personnelles dans les violences du 28 septembre révélées par les Nations Unies et l’ONG Human Right Watch, il a recruté des mercenaires qui entrainent une milice tribale dans une base non loin de Conakry.

Dans le meme billet le site informe aussi que le Général Sékouba Konaté :

"a ordonné, durant le week-end, au ministre chargé de la Communication à la présidence et au ministère de la Défense, Idrissa Chérif, de s’abstenir désormais de toute déclaration sur la Guinée et sur l’état de santé du chef de la junte, a confié un ministre proche du général. Les "déclarations tapageuses contre Bernard Kouchner et la France ne sont pas de nature à améliorer les relations entre la Guinée et l’Union européenne", qui vient de durcir ses sanctions contre la junte, a fait valoir ce ministre proche du chef de l’Etat par intérim. "Si les instructions du général ne sont pas respectées, Idrissa Chérif sera mis aux arrêts, nous sommes toujours en régime d’exception", a-t-il ajouté. M. Chérif avait plusieurs fois accusé le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, d’avoir cherché à "déstabiliser le régime" et "d’être en contact avec ceux qui ont tenté d’assassiner" le chef de la junte.

Malheureusement, les espoirs de voir dans cette décision une maitrise totale du pouvoir de la part du Général ont été déçus par les déchirements qui continuent à se manifester au sein de l’armée. En effet le ministre de la Justice, le colonel (de gendarmerie) Siba Lolamou, proche du chef de la junte Moussa Dadis Camara, semble défier le Général Sékouba Konaté. L’appartenance ethnique va-t-elle prévaloir sur les intérêts de toute la nation?

Menace syndicale sur la junte

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Le media online Guinée58 publie dans un article sous ce titre un article daté du 26 Décembre 2009. Il poursuit:

Réunis à Conakry pour faire le point sur la situation actuelle du pays, les 8 Centrales syndicales, la Société Civile et le Patronat, s’inquiètent de la dégradation de la situation politique, économique et sociale du pays et lancent un appel au dialogue.

Le mouvement social dénonce la cacophonie au sommet de l’Etat et rappelle que la crise politique n’arrange rien à la situation économique, au contraire, ne cesse de se dégrader.

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UA publication de la liste des auteurs des violences et leurs complices

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Le 24 décembre l’Agence de presse sénégalaise a publié ses nouvelles demandes de sanctions contre la junte guinéenne et ses complices faite revue et remise à jour par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA). Ce qui est dérangeant dans ces fermes prises de positions par les dirigeants des institutions africaines, c’est que ce sont les premiers à ne pas les appliquer. Ils les prennent, mais ce sont les autres pays qui les appliquent.

Rappelons que sur initiative de la France, l’Union européenne avait décidé dès la publication du rapport de la Commission des Nations Unies sur les violences à Conakry de durcir ses positions. Dans un communiqué de presse publié mardi dernier, cité par Jeune Afrique, elle disait:

Compte tenu de la gravité de la situation en République de Guinée, il convient d’imposer des mesures restrictives supplémentaires à l’encontre des membres du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) ainsi que des personnes physiques ou morales (. . . ) responsables de la répression violente ou de l’impasse politique dans la quelle se trouve le pays.

Selon l’ASI24, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA) a demandé la mise en œuvre de sanctions ciblées incluant le refus d’accorder des visas, des restrictions sur les voyages et le gel des avoirs, à l’encontre des membres civils ou militaires dont les activités ont pour objet de maintenir le statu quo anticonstitutionnel en Guinée.

Une liste des principaux responsables militaires et civils impliqués dans la tuerie du 28 septembre dernier dans le stade du même nom a été rendue publique avec les dates de naissance, numéros de carte d’identité et passeport des 88 personnes listées, dont ceux du chef de la Junte militaire, Moussa Dadis Camara et plusieurs membres de l’actuel gouvernement.

Le Conseil a, par ailleurs demandé, à la Commission de communiquer, dans un délai d’une semaine, aux Etats membres de l’UA, et aux fins de mise en oeuvre, la liste des individus visés par les sanctions. Il a décidé que « ces mesures et la liste susmentionnée seront communiquées au Conseil de sécurité des Nations unies et à tous les partenaires de l’UA, y compris l’Union européenne, l’Organisation de la Conférence islamique, l’Organisation internationale de la Francophonie et les autres membres du Groupe international de contact sur la Guinée, ainsi qu’à la Ligue des Etats arabes, afin de leur conférer un caractère universel ».

LISTE DES PRINCIPAUX RESPONSABLES MILITAIRES ET CIVILS IMPLIQUES

1. Capitaine Moussa Dadis Camara Président du CNDD (date de naissance ddn) : 01/01/1964 ou 29/12/1968 ; N° Passeport. : R0001318

2. Général Sékouba Konaté Deuxième Vice-président du CNDD, Ministre à la Présidence de la République chargé de la défense nationale ddn : 01/01/1964 ; Pass. : R0003405

3. Lieutenant Toumba Diakité Aide de Camp du Président

4. Commandant Moussa Keita Ministre Secrétaire Permanent du CNDD

5. Capitaine Claude Pivi Ministre de la Sécurité Présidentielle

6. Commandant Moussa Tiégboro Camara Secrétaire d’Etat à la Présidence chargé des Services Spéciaux, de la lutte anti‐drogue et du grand banditisme ddn : 01/01/1968 Pass : 7190

7. Colonel Oumar Sanoh Chef d’Etat Major Général des Armées

8. Colonel Ansoumane Kaba Chef d’Etat Major de l’Armée de Terre

9. Commandant Ibrahima Baldé Chef d’Etat Major de la Gendarmerie Nationale 10. Capitaine Mandiou Directeur du Bureau Dioubaté de presse de la Présidence

11. S. Lt Marcel Koivogui Adjoint de Toumba Diakité

12. Général Mamadouba Toto Camara Premier vice‐Président du CNDD, Ministre de la Sécurité et de la protection civile

13. Capitaine Mamadou Sandé Ministre de l’Economie et des Finances

14. Commandant Siba Lohlamou Ministre de la Justice, Garde des sceaux

15. Colonel Mamadou Korka Diallo Ministre du Commerce, de l’Industrie et des PME ddn : 19/02/1962

16. Colonel Mathurin Bangoura Ministre des Télécommunications et des NTIC ddn : 15/11/1962 Pass : R0003491

17. Colonel Abdoulaye Cherif Diaby Ministre de la santé et de l’hygiène publique ddn : 26/02/1957 Pass : 13683

18. Commandant Kélétigui Faro Ministre Secrétaire Général de la Présidence ddn : 03/08/1972 Pass : R0003410

19. Capitaine Théodore Kourouma Attaché de cabinet à la Présidence Ddn : 13/05/1971 Pass : Service R0001204

20. Capitaine Fodéba Touré CNDD Ministre de la Jeunesse et membre du CNDD, limogé de l’armée le 07/05/09 ddn : 07/06/1961 Pass : R0003417 / R0002132

21. Capitaine Issa Camara CNDD

22. Commandant Oumar CNDD ddn : 26/12/1964 Baldé Pass : R0003076

23. Commandant Mamadi Mara CNDD

24. Commandant Almamy Camara CNDD ddn : 17/10/1975 Pass : R00023013

25. Lieutenant Colonel Mamadou Bhoye Diallo CNDD ddn : 01/01/1956 Pass : R0001855

26. Capitaine Daman (alias Dama) Condé CNDD

27. Capitaine Kolako Béavogui CNDD

28. Commandant Aboubacar Biro Condé CNDD ddn : 15/10/1962 Pass : 2443

29. Colonel Bambo Fofana CNDD

30. Lieutenant Colonel Kandia Mara CNDD Pass : R0178636

31. Colonel Sékou Mara CNDD

32. Commandant Cheick Tidiane Camara CNDD

33. Colonel Sékou Sako (alias Sékouba) CNDD

34. Lieutenant colonel Aédor Bah (alias Aédor) CNDD

35. Capitaine Nouhou Thiam Porte Parole CNDD

36. Commandant Bamou Lamah CNDD

37. Commandant Aboubacar Doumbouya CNDD

38. S‐Lt. Cheikh Ahmed Touré CNDD

Responsables civils 39. Kabiné Komara Premier Ministre et Chef du Gouvernement

40. Dr. Frédéric Kolié Ministre de l’Administration du Territoire et des Affaires politiques

41. Boubacar Barry Ministre d’Etat à la Présidence de la République chargé de la Construction, de l’Aménagement du territoire et du Patrimoine bâti public

42. Papa Koly Kourouma Ministre de l’Environnement et du développement Durable ddn : 03/11/1962 Pass : R11914

43. M. Mamadouba Max Bangoura Ministre du Plan et de la Promotion du Secteur Privé

44. Alhassan Onipogui Ministre du Contrôle d’Etat

45. Mamadou Thiam Ministre des Mines et de l’Energie

46. M. Louis Mbemba Soumah Ministre du Travail, de la Réforme Administrative et de la Fonction Publique

47. Cheikh Condé Fantamady Ministre de l’Information et de la Culture

48. Kadiatou Baldé Bah Secrétaire d’Etat à l’Energie

49. Djénabou Saïfon Diallo Ministre de la Coopération et de l’Intégration africaine

50. Moustapha Koutoubou Sanoh Secrétaire Général aux Affaires Religieuses

51. Alexandre Cécé Loua Ministre des Affaires étrangères et des Guinéens de l’étranger

52. Rougui Barry Kaba Ministre de l’Enseignement Pré universitaire, technique, professionnel et de l’Education civique

53. Alpha Kabiné Camara Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique

54. Mamadouba Max Bangoura Ministre du Plan et de la Promotion du Secteur Privé

55. Raymond Ounouted Ministre de la Pêche et de l’Aquaculture

56. Léonie Koulibaly Ministre de Tourisme, de l’Hôtellerie et de l’Artisanat

57. Joseph Kandouno Ministre des Audits de la Transparence et de la bonne gouvernance

58. Abdourahmane Sano Ministre de l’Agriculture et de l’Elevage

59. Mafoula Sylla Ministre de la Promotion Féminine de l’Enfance

60. Mamadi Kallo Secrétaire d’Etat chargé des TP près le Ministre d’Etat de la Construction, de l’Aménagement du Territoire et du Patrimoine bâti public

61. Mamadi Kaba Ministre des Transports

62. Fodéba Isto Keira Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Promotion de l’Emploi des Jeunes

63. Mamoudou Condé Secrétaire d’Etat, chargé de mission, des questions stratégiques et du développement durable (Porte-parole du Gouvernement) ddn : 09/12/1960 Pass : R0020803

64. Sékou Kissi Camara Secrétaire Général du Gouvernement

65. Jean Raymond Soumah Président du conseil National de la Communication

66. Mohamed Diop Gouverneur de Conakry

67. Ousmane Kaba Comité d’Audit et de Surveillance des Secteurs Stratégiques

68. Jean Alfred Mathos Comité d’Audit et de Surveillance des Secteurs Stratégiques

69. Habib Hann Comité d’Audit et de Surveillance des Secteurs Stratégiques

70. Maimouna Diallo Directrice de Cabinet du Président

71. Idrissa Cherif Cabinet du Président ddn : 13/11/1967 Pass : R0105758

72. Issa Ben Yacine Diallo Conseiller Spécial du Président

73. Alpha Yaya Diallo Directeur de la Douane, membre du CNDD

74. Mamadi Condé Représentant permanent de la Guinée auprès des Nations Unies ddn : 28/11/1952 Pass : R0003212

75. Moustapha Zayatte Médecin et Conseiller personnel du Président

76. Bouna Keita Membre du CNDD

77. Kerfalla Camara KPC, Entrepreneur PDG de GUICOPRESS

78. Morciré Camara Douanier, Membre du CNDD ddn : 01/01/1949 Pass : R0003216

79. Lieutenant Aboubacar Chérif Diakité (Alias Toumba ) Membre du CNDD (Aide de Camp du Président)

80. Mamadi Condé Membre du CNDD

81. Cheikh Ahmed Touré, Membre du CNDD

82. Mr. Mohamed Lamine Kaba Membre du CNDD

83. Ibrahima Khalil Diawara Conseiller Spécial de « Toumba » Diakité (Aide de camp du Président) ddn : 01/01/1976 Pass : R0000968

84. Dr. Seydou Dioubate Professeur de Sociologie à l’Université, 2ème Secrétaire Général du Bloc des Forces Patriotiques de Guinée, Porteparole

85. El Hadja Thierno Oumar Camara Président du Comité de Coordination du Bloc des Forces Patriotiques de Guinée

86. M. Pierre Koivogui Chercheur, Comité de Coordination du Bloc des Forces Patriotiques de Guinée

87. Dr. Koumandian Doumbouya Professeur, Chargé des Affaires Politiques, Bloc des Forces Patriotiques de Guinée

88. Aly Mamet Chef du Mouvement « Dadis doit rester » (DDR)

Enfin des nouvelles encourageantes de Conakry!

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Ce 23 décembre, l’armée et son CNND fêtait le premier anniversaire de la prise de pouvoir en Guinée. C’était un jour férié, mais la diplomatie ne s’est pas reposée. Sur le plan international, la France a demandé au Conseil de Sécurité de l’ONU d’agir rapidement pour traduire en justice les auteurs des atrocités.

A l’intérieur du pays, il y a eu aussi un discours différent. Le Ministre des affaires étrangères a dénoncé l’initiative de la France, mais le Ministre de la défense et chargé de diriger le pays pendant l’absence du capitaine Dadis Camara, a fait des déclarations encourageantes.

Il a affirmé, selon une dépêche de l’AFP, la volonté de la junte d’aboutir, "le plus tôt possible" à "des élections libres et démocratiques".

C’est un discours nouveau pour les Guinéens d’entendre le général appeler au "pardon" et à "l’indispensable réconciliation" nationale.

"Mes chers frères d’armes, aujourd’hui, notre préoccupation à tous demeure de conduire le plus tôt possible, et dans la confiance entre les différents acteurs de la paix sociale, (le pays) aux élections, les premières libres et démocratiques de notre histoire", a assuré le général, devant les militaires rassemblés au camp Alpha Yaya Diallo, siège de la junte.

"Telle est la préoccupation exprimée par les Guinéens, telle sera notre mission, rien ni personne (…) ne pourra nous distraire ou nous éloigner de cet idéal", a insisté le général Konaté, ministre de la Défense et dirigeant intérimaire de la junte.

"J’invite les autres, à leur tour, partis politiques, syndicats, société civile, la communauté internationale, à se joindre à nous pour déterminer ce que nous voulons pour la Guinée et les Guinéens et le réaliser ensemble", a-t-il dit.

Pramila Patten: «La junte militaire de Guinée-Conakry a effacé les traces»

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L’avocate mauricienne Mme Pramila Patten qui faisait partie de la Commission de l’ONU pour enquêter sur les violences de l’armée guinéenne le 28 septembre contre des civils qui assistaient à un meeting des leaders politiques du Forum des forces vives, a accordé une interview le 23 décembre à Jean-Pierre Bertrand du quotidien .lexpress.mu de Port-Louis

Voici quelques extraits

Parlez-nous de votre mission. Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées?

Tout d’abord, chaque commissaire avait 4 gardes du corps personnel. Nous avions également une équipe de secrétariat, composée d’une dizaine de personnes, des experts en Droits de l’Homme, en sévices sexuels… Ces personnes étaient là pour nous épauler dans l’enquête, d’autant plus qu’elles étaient déjà sur place et avaient déjà établi une liste de témoins à auditionner. Il y avait beaucoup de tension sur place. Le président Camara a mis sur pied une commission d’enquête nationale, qui a ouvertement entravé notre travail. Nous avions pris beaucoup de risques en auditionnant plus de 700 témoins que ce soit en Guinée ou à Dakar. Nous avions effectué des visites surprises dans les hôpitaux, interrogé des responsables de fosses communes, des chauffeurs qui ont transporté des corps, et il faut le dire, la majorité des traces a été effacée.

Dans ce climat de tension, ce n’était pas évident d’interroger et de tirer des informations de la population. Comment avez-vous procédé?

Les gens avaient très peur. Notre mission risquait d’échouer à cause de cette peur. Il nous fallait protéger les témoins. L’aide des ambassades nous a été très précieuse. Nous avons donné des droits d’asile à un bon nombre de témoins. Beaucoup ont été envoyés à Dakar où ils ont été pris en charge financièrement par la France ou un autre pays. Nous leur avons assuré des soins médicaux sans qu’ils donnent de l’argent en retour. Bref, les diplomaties nous ont bien aidés. Sans elles, nous n’aurions pas pu avancer.

Avez-vous interrogé le président Camara?

Le président avait promis au secrétaire général de l’ONU de collaborer. Nous l’avons donc auditionné, lui et quelques membres de son gouvernement. Le président a tenu parole. Il a coopéré et son audition s’est très bien passée. Nous ne pouvons pas en dire autant de certains de ses ministres qui ont été très hostiles et violents. Je vous parle, entre autres, du général Tumba, un aide de camp du capitaine Camara. Il nous a fait vivre un cauchemar vers la fin des auditions. Je pense qu’il ne s’attendait pas à ce que le président le laisse tomber et qu’il fasse des révélations sur lui. Il s’est senti trahi et a tiré sur le président et l’a blessé d’une balle à la tête. Le capitaine Camara se trouve actuellement au Maroc. Pour ma part, j’avais déjà senti une montée de tension. Je sentais que ça allait mal et j’ai quitté Conakry pour le Dakar après l’audition de Tumba. Mes collègues y étaient toujours et ont été bloqués dans leurs hôtels. Il a fallu l’intervention d’une équipe héliportée pour les sortir de là. C’était une fin de mission catastrophique mais qui n’a pas affecté notre travail.

L’UE durcit ses sanctions à l’encontre de la junte

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D’après une dépêche de l’agence AFP reprise par plusieurs medias dont afriqueeducation.com, l’Union européenne a décidé mardi de durcir ses sanctions à l’encontre de la junte guinéenne avec un gel des avoirs et une interdiction d’exportation de matériel pouvant servir à la répression dans le pays, ont indiqué des sources diplomatiques.
En outre, une liste de personnes liées au régime et déjà interdite de visa sur le territoire de l’Union européenne a été allongée, selon ces sources.
Le site web du nouvelobs.com, ajoute :
"Compte tenu de la gravité de la situation en République de Guinée, il convient d’imposer des mesures restrictives supplémentaires à l’encontre des membres du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) ainsi que des personnes physiques ou morales (…) responsables de la répression violente ou de l’impasse politique dans la quelle se trouve le pays", s’est justifiée l’UE dans un texte.
Une liste des personnes interdites de visa sur le territoire de l’UE a également été allongée. Celle-ci passe de 42 noms "à environ 70 noms", a souligné l’une des sources diplomatiques, le capitaine Dadis Camara y figurant "tout en haut", a-t-elle ajouté.
Les nouvelles sanctions incluent également le renouvellement « le gel de tous les fonds et ressources économiques qui appartiennent aux membres du CNDD et aux personnes physiques ou morales, aux entités ou aux organismes associés à ceux-ci". Cette mesure était envisagée depuis fin octobre.

D’après le nouvelobs.com « l’Europe a confirmé le retrait d’un projet d’accord de pêche la liant à la Guinée, avec aides financières à la clé. Cet accord, portant sur la pêche au thon, devait permettre la poursuite d’une coopération en place depuis 1983 pour les quatre prochaines années. Une aide 450.000 euros devait être allouée pour le développement de ce secteur et 1,6 millions d’euros supplémentaires sur quatre ans pour développer le système de contrôle des zones de pêches guinéennes. »
Ces nouvelles mesures de durcissement de l’attitude européenne sont une conséquence directe du contenu du rapport de la Commission d’enquête de l’ONU sur le massacre du 28 septembre à Conakry. Ce rapport décrit en détail la planification et l’exécution des violences impliquant les plus hautes autorités guinéennes, accusées de crimes contre l’humanité justifiant la saisine de la Cour pénale internationale (CPI). Le Ministre français des AE, Bernard Kouchner, parlant du rapport a dit qu’on ne pouvait pas les détails des atrocités sans avoir des larmes aux yeux.

SECRETARY-GENERAL TRANSMITS REPORT BY COMMISSION OF INQUIRY ON GUINEA

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The Secretary-General has transmitted the report of the International Commission of Inquiry on the 28 September 2009 events in Guinea to the Government of Guinea, the Security Council, the Commission of the African Union, and the Commission of the Economic Community of West African States (ECOWAS).

The report flows from the work of the Commission in Conakry, Guinea, from 15 November to 5 December 2009.

In a

statement issued over the weekend, the Secretary-General said he took this opportunity to remind the government of Guinea of its obligation to protect victims and witnesses, including those who cooperated with the Commission.

He also underscored the imperative need for the government of Guinea to seize this opportunity to break definitively with the violence that characterized the tragic events of 28 September.